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Analyses
1 octobre 2015

victor hussenot, ou les couleurs de la parole

[Octobre 2015]

Dans les bandes dessinées sans paroles, il n’est pas rare de trouver des phylactères. Même s’ils sont parfois vides (exhibant ainsi l’absence du langage), la plupart du temps ils renferment des signes ou des images. La parole y est ramenée à une pure iconographie, c’est-à-dire une espèce de synthèse hiéroglyphique où la chose représentée vaut pour le mot ; celle-ci s’inscrit dans une syntaxe absente que la situation permet de reconstruire partiellement. Dans Les Gris colorés, de Victor Hussenot (La 5ème Couche, 2015), on ne trouve pas un seul mot mais beaucoup de bulles ; et dans ces bulles, pas un seul signe, pas un seul référent tangible. Elles ne sont pas vides pour autant, elles ne sont pas complètement désertées par le sens, elles ne se contentent pas de creuser le blanc atone de la page : elles sont gorgées de couleur. Les petites saynètes de l’album reposent sur une délicate synesthésie chromatique faisant des tonalités de l’aquarelle le plus vibrant des bavardages visuels.

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Analyses
1 octobre 2015

depuis la fenêtre de rabaté

[Octobre 2015]

C’est l’été.
La pièce se passe dans la rue devant quatre immeubles étroits contigus. On peut remarquer un bistro et une laverie automatique en rez-de-chaussée.
La pièce se déroule sur une semaine, durée nécessaire à repeindre la devanture d’un petit immeuble.

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Analyses
1 octobre 2015

thomas ott : la mécanique du silence

[Octobre 2015]

L’œuvre de Thomas Ott, auteur de bandes dessinées, illustrateur, artiste plasticien et réalisateur, est caractérisée par sa forte unité. Depuis ses débuts vers le milieu des années 1980, ses bandes dessinées sont toutes entièrement muettes. Thomas Ott est un représentant incontournable de cette pratique tant il lui semble indéfectiblement associé. Loin d’être une tentative expérimentale isolée, elle constitue chez lui une véritable marque de fabrique, définitoire de son identité d’artiste. Au même titre que la carte à gratter, technique qu’il a adoptée depuis ses débuts pour ne plus la quitter, le silence unifie son œuvre et la rend reconnaissable entre toutes.

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Analyses
1 octobre 2015

une histoire de la bande dessinée muette (1)

[Octobre 2015]

De Caran d’Ache à Thomas Ott, on trouve, tout au long de l’histoire du 9e art, des œuvres muettes, où le récit, purement visuel, se trouve « réduit au silence ». Il n’est plus à démontrer que la bande dessinée peut se passer de texte et n’est donc pas, constitutivement, un mode d’expression mixte (ou polysémiotique). Mais l’importance et la diversité du corpus des histoires « sans paroles » demeurent trop souvent ignorées. En voici un survol indicatif (divisé en deux parties, compte tenu de sa longueur).

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Dictionnaire
22 septembre 2015

parodie

Innombrables sont les récits dessinés qui se moquent d’un film, d’un roman, d’une série télévisée, d’une bande dessinée antérieure, ou encore d’un personnage mythique, que son statut d’icône de la culture (savante ou populaire) a conduit à s’incarner dans différents médias.
Dans le champ de la bande dessinée, le phénomène de la parodie a un caractère massif. Il est aussi ancien que l’art du récit dessiné, et son développement s’explique par ce que le critique américain Joseph Witek analyse comme « le penchant [des comics] pour le grotesque, l’exagération et l’extrapolation fantaisiste ».

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