Sandra Federici, L’Entrance des auteurs africains dans le champ de la bande dessinée européenne de langue française (1978-2016), L’Harmattan, « Logiques sociales », 2019.
Les commentateurs de l’œuvre de Killoffer soulignent fréquemment la diversité des registres de son dessin, son penchant pour les situations scabreuses et extrêmes. Il est exact que son œuvre parcourt plusieurs champs narratifs. Sa maîtrise exceptionnelle du dessin à la mine de plomb lui permet de représenter avec une minutie scrupuleuse la vie qui anime ses sujets et de détailler au plus près les textures dont ces derniers sont constitués. La poésie crue et cruelle des scènes contraste avec la douceur de son crayon lorsqu’il rejoint les univers de Roland Topor ou de Max Ernst.
Des planches parues dans Lapin au début des années 1990 jusqu’aux dessins exposés par la galerie Anne Barault à la fin des années 2010, le travail de Killoffer accorde une attention minutieuse et presque obsessionnelle aux textures, aux surfaces et aux matières organiques. Où le mène cette attention ?