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Analyses
8 février 2019

une femme qui regarde les hommes regarder les femmes

[Février 2019]

C’est l’histoire d’un homme : son âge n’est pas précisé mais il ne perd pas encore ses cheveux. Il est blanc, svelte, artiste et probablement cultivé. Il n’a pas de nom, si bien qu’on peut facilement y projeter un archétype masculin. Il s’adresse à nous, lectrices et lecteurs, il va se confier à nous. Sa souffrance personnelle ? Les passantes étendent leur beauté devant lui et le tentent. Son épouse dort trop longtemps le matin alors il s’ennuie d’elle et part à la rencontre d’autres femmes. Il est obsédé par son désir et c’est « pour ne pas devenir fou » qu’il embrasse la première d’entre elles. « Parfois, je me dis que j’ai un problème, peut-être une douleur d’enfant mal soignée », écrit-il dans son journal. Le pauvre narrateur des Amours suspendues, roman graphique de Marion Fayolle, n’en finit plus de se trouver des excuses : c’est évidemment à cause de son papa ou de sa maman qu’il ne pense qu’à séduire.

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Analyses
29 janvier 2019

la vie secrète des jeunes : un documentarisme énigmatique

La Vie secrète des jeunes est un strip vertical de huit cases, paru de 2004 à 2014 dans Charlie Hebdo, et repris sous forme de planches, en trois recueils parus à L’Association. Le principe du strip est de reproduire sans commentaire des scènes entrevues dans l’espace public parisien, le métro, le bus, les cafés.

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Analyses
23 janvier 2019

esther ou les mystères des "cahiers"

[Janvier 2019]

À l’origine de cet article, un constat et une envie. Le constat : celui de l’immense succès des Cahiers d’Esther. L’envie : celle d’étudier ce qu’une petite fille a dans la tête dans les années 2010, au seuil de l’adolescence. Projet envisageable à condition de prendre le titre pour argent comptant et de considérer qu’il s’agit bien des cahiers d’une enfant de dix ans. Projet qui s’est vite heurté à l’œuvre en elle-même, qui soulève, selon moi, de tout autres problématiques. Avant d’entrer plus avant dans l’explication, brève présentation de l’œuvre.

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Analyses
7 janvier 2019

{l’arabe du futur} : un récit au conditionnel

« Je m’appelle Riad Sattouf. En 1980, j’avais 2 ans... »
L’incipit du premier tome de L’Arabe du futur (ci-après : AF) fait trop directement écho à celui de Persepolis, de Marjane Satrapi, pour que ce soit le fruit du hasard. Souvenez-vous : « Ça, c’est moi quand j’avais dix ans. C’était en 1980. » Huit ans d’écart entre les deux auteurs, donc, mais des récits mémoriels qui commencent la même année, une même façon d’introduire un récit au passé en se présentant à nous enfant. Satrapi relatait la chute du Shah d’Iran et l’instauration de la dictature des mollahs. Sattouf, comme en écho, signale, dès les premières pages de sa chronique (AF t.1, p. 10), l’arrivée de Khomeiny en France.

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Analyses
18 décembre 2018

bande dessinée et cinéma : une histoire partagée

[Décembre 2018]

Si l’on prend l’œuvre de Rodolphe Töpffer comme point d’origine de l’histoire de la bande dessinée, celle-ci est antérieure de plus d’un demi-siècle à l’invention du cinématographe, puisque le dessinateur genevois était contemporain d’une autre invention, celle du daguerréotype.
Cependant, dès l’instant où l’industrie cinématographique a vu le jour, elle n’a pas cessé d’emprunter à la bande dessinée et de la nourrir en retour. On peut dire que ces deux nouveaux arts du récit en image se sont immédiatement reconnus comme cousins : ce sont, en effet, tous deux, des arts mimétiques, dramatiques.

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