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Analyses
5 mars 2019

colorful magic

[Mars 2019]

Noël 2018 : je feuillète les nouveautés au rayon bande dessinée d’une grande librairie bordelaise. Dans mon dos, j’entends un vendeur assurer à une cliente que Moi, ce que j’aime, c’est les monstres repartira du prochain Festival international de la bande dessinée d’Angoulême couronné d’un prix. L’ouvrage figure dores et déjà parmi les meilleures ventes du moment. Un mois plus tard, les 1,5 kilos de magie colorée d’Emil Ferris auront effectivement réussi à ensorceler le Grand Jury et recevront le Fauve d’or du meilleur album de l’année.

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Dictionnaire
5 mars 2019

sans paroles

Dès la parution des premières planches dans Métal hurlant No.1 en 1975, Arzach, de Moebius, fit sensation, en raison de sa beauté plastique, du caractère énigmatique du récit proposé, mais surtout de son mutisme. Il s’agissait d’une bande dessinée sans « bande son », d’un spectacle purement visuel. La bande dessinée muette avait déjà une longue histoire derrière elle, mais à l’époque de la réception d’Arzach, le projet d’une bande dessinée sans paroles passa pour être d’une grande audace. Peu de lecteurs se souvenaient d’un récit également silencieux de Raymond Poïvet, demeuré assez confidentiel, Allô ! Nous avons retrouvé M.I.X. 315 ! Il est vivant. Nous allons le sauver !! Dessinées en 1965 mais publiées pour la première fois en octobre 1971 dans le No.5 du prozine Comix 130, ces douze planches répondaient à la volonté de l’auteur d’explorer les possibilités d’une bande dessinée « pensée graphiquement », qui ne soit plus inféodée à une intrigue, un prétexte anecdotique. Comme l’a justement relevé Philippe Lefèvre-Vakana, de nombreux éléments de l’histoire de Poïvet se retrouvent dans Arzach : « le singe géant, la végétation tentaculaire, les habitations troglodytes aux ouvertures circulaires, les oiseaux-montures, l’arche en ruine… On retrouve même cette étrange sensation d’un monde qui se meut au ralenti. »

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Analyses
8 février 2019

lettre à sylvie rancourt

La bande dessinée Mélody raconte les aventures auto-fictionnelles de son auteure Sylvie Rancourt, danseuse nue à Montréal dans les années 1980. Souvent qualifiée à tort de « naïve » par son fond comme par sa forme, Mélody devrait bien davantage être considérée comme une œuvre révolutionnaire. 
 

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Analyses
8 février 2019

une femme qui regarde les hommes regarder les femmes

[Février 2019]

C’est l’histoire d’un homme : son âge n’est pas précisé mais il ne perd pas encore ses cheveux. Il est blanc, svelte, artiste et probablement cultivé. Il n’a pas de nom, si bien qu’on peut facilement y projeter un archétype masculin. Il s’adresse à nous, lectrices et lecteurs, il va se confier à nous. Sa souffrance personnelle ? Les passantes étendent leur beauté devant lui et le tentent. Son épouse dort trop longtemps le matin alors il s’ennuie d’elle et part à la rencontre d’autres femmes. Il est obsédé par son désir et c’est « pour ne pas devenir fou » qu’il embrasse la première d’entre elles. « Parfois, je me dis que j’ai un problème, peut-être une douleur d’enfant mal soignée », écrit-il dans son journal. Le pauvre narrateur des Amours suspendues, roman graphique de Marion Fayolle, n’en finit plus de se trouver des excuses : c’est évidemment à cause de son papa ou de sa maman qu’il ne pense qu’à séduire.

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Analyses
29 janvier 2019

la vie secrète des jeunes : un documentarisme énigmatique

La Vie secrète des jeunes est un strip vertical de huit cases, paru de 2004 à 2014 dans Charlie Hebdo, et repris sous forme de planches, en trois recueils parus à L’Association. Le principe du strip est de reproduire sans commentaire des scènes entrevues dans l’espace public parisien, le métro, le bus, les cafés.

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