Formellement, les centaines de fascicules fabriqués artisanalement par le jeune Norbert Moutier et sa mère font directement référence à l’édition commerciale de magazines illustrés pour la jeunesse des années 1940 et 1950. Bien qu’ils aient été maintenus dans la sphère privée jusqu’à leur découverte en 2020, ils s’apparentent à ce que Thierry Groensteen appelle la « bande dessinée au second degré » et qui fut l’objet d’une grande exposition au CIBDI, en 2011. L’histoire des formes de réécriture ludique, comique ou satirique en bande dessinée se prolonge par l’étude de la production amateure d’un lecteur nommé Norbert Moutier. Dans ce second article, j’essaierai de mettre en évidence les formes du jeu de références à l’édition commerciale par lequel naît et se développe « Collection Aventures ». À partir d’exemples précis, je tenterai aussi de qualifier et de situer les différentes pratiques de réécriture à l’œuvre dans l’entreprise artisanale du jeune Norbert et de sa mère, Simonne Moutier.