[octobre 2004]
Dans de nombreuses cases où il se représente, David B. a les traits du lecteur. Mais, au fond, qu’est-ce qu’un lecteur ? Disons pour aller vite que c’est quelqu’un qui revient plus ou moins régulièrement sur les lieux de l’écriture, qui sait physiquement qu’une œuvre est un chantier, qu’une librairie (ou une bibliothèque) est un champ de fouille. Le lecteur peut être un personnage de fiction (selon Borges, Blanchot ou Quignard), le digne rival de l’auteur en matière d’apparaître et de disparaître, autrement dit : un revenant. S’aventurer sur le terrain que David B. ne cesse d’épandre, agençant ses figures de prédilection avec un sens subtil de la variation, c’est aller à la rencontre de ces fantômes qui, loin de n’appartenir qu’à l’histoire familiale de l’auteur, se révèlent peu à peu comme des ombres familières.