[octobre 2013]
Le talent de portraitiste d’Albert Uderzo se conjugue au pluriel. Il sait être réaliste lorsqu’il peint le grand César, la belle Falbala ou bien le vaillant Comix (Le Grand Fossé). Il excelle également dans l’art des trognes, qu’elles relèvent du registre dramatique – telle la figure inquiétante du devin Prolix (Le Devin) – ou de la charge comique qu’illustre, entre autres, un Salamix (Astérix en Corse, pl. 30.). Plus généralement, Albert Uderzo qualifie ses personnages de « grotesques qui sont loin de l’architecture de l’humain mais qu’on arrive à faire accepter au lecteur, par leur mobilité, par leur aisance dans le mouvement ». À rebours, la caricature, elle, accentue certains traits physiques d’un modèle humain clairement reconnaissable.