[Juin 2015]
Mettre en scène Quartier lointain, de Jirô Taniguchi (Shōgakukan, 1998 ; Casterman, 2002 et 2003), pouvait sembler un pari risqué. Les thématiques traitées abordées dans ce manga ne sont pas aisées à transposer. L’histoire d’Hiroshi Nakahara – un homme de 48 ans quittant 1998 pour vivre une nouvelle version de son adolescence en 1963, période qu’il modifie ipso facto –, est le récit d’une transformation et d’une réconciliation intérieures : les révélations intimes, dédoublées entre le souvenir et le présent, importent davantage que la narration de son passé. Jirô Taniguchi : « J’ai brodé sur cette idée : la possibilité de retrouver sa vie et son corps d’enfant tout en gardant son esprit d’adulte. Avec évidemment toutes les conséquences que cela impliquerait et surtout cette question lancinante : si je remontais le cours du temps, profiterais-je de tout ce que je sais pour changer l’avenir ? » [1]