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Analyses
24 juillet 2015

un art adulte, c’est-à-dire en situation de risque

[Juillet 2015]

Le No.292 de la Nouvelle Revue Française (janvier 2010) offrait un dossier sur la bande dessinée, étonnant à plus d’un égard. La revue ne s’est pas moquée du monde (le pouvait-elle ?), comme ne s’était pas moqué du monde, cinq ans plus tôt, Art Press avec son numéro spécial Bandes d’auteurs (1). A la différence, toutefois, du magazine dédié à l’art contemporain, la revue de la maison Gallimard n’a pas voulu expressément « annoncer la couleur ».

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Analyses
24 juillet 2015

bayou : les dix ans d’un concept

La prestigieuse maison d’édition Gallimard, fondée en 1911 par Gaston Gallimard se lance dans la bande dessinée sur le tard, en 2005, avec la création de la collection “Bayou” dirigée par Joann Sfar. En réalité, depuis 1988, Gallimard était déjà devenu l’actionnaire majoritaire des éditions Futuropolis fondées en 1972 par Florence Cestac et Etienne Robial. Cependant, il a fallu attendre 2004-2005 pour qu’une véritable politique éditoriale dédiée au neuvième art émerge en propre au sein de la grande maison d’édition.

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Analyses
24 juillet 2015

le nouveau géant qu’on n’attendait pas

[Juillet 2015]

Pour son centenaire, la maison Gallimard a publié en 2011 un historique élégant sous la forme d’un dépliant égrenant les grandes dates de la vie de la maison [1] : on y trouve zéro référence à la bande dessinée. Faut-il en déduire que, il y a fort peu d’années encore, l’éditeur de Gide, de Valéry, de Proust, de Sartre et de Le Clézio ne se considérait pas comme un acteur dans le monde de la littérature graphique ? Ou choisissait-il d’avancer masqué ?

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Dictionnaire
29 juin 2015

justesse

J’ai emprunté, en plusieurs autres textes, une distinction formulée par Emmanuel Kant dans sa Critique de la faculté de juger, celle qui oppose deux formes de beauté, la « beauté libre » et la « beauté adhérente ». Cette dernière est définie comme la beauté de l’objet subordonné à une fin, laquelle « détermine ce que la chose doit être et par conséquent un concept de sa perfection ». Dans la mesure où le dessin de bande dessinée est assujetti à un projet narratif, dans la mesure où il obéit à un scénario et se met au service de l’histoire, on peut certainement dire de lui qu’il est, en effet, déterminé par une fin. Ce qui m’a conduit à suggérer que, pour ce qui le concerne, la notion de beauté – fût-elle « adhérente » – doit sans doute être requalifiée en justesse. Le terme, du reste, se rencontre fréquemment dans la bouche et sous la plume des dessinateurs.

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Analyses
25 juin 2015

lectures du désastre

[Juin 2015]

Le 25 novembre 1915, un journal français révélait des informations strictement secrètes concernant la guerre en Orient. Les Pieds-Nickelés, Croquignol, Filochard et Ribouldingue, coiffés d’un fez, vêtus d’un pantalon bouffant, cambriolaient le trésor du Sultan ottoman avec la complicité de son ministre de la Guerre Enver Pacha. Qui plus est, ce journal du jeudi, L’Épatant, publié sous une couverture en couleurs, révélait que ledit Enver Pacha, généralissime des armées ottomanes alliées à l’Allemagne, avait séjourné plusieurs années auparavant dans une prison française où il avait croisé Filochard.

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