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Analyses
19 juin 2015

“maestro” : chronique d’une découverte

[Juin 2015]

« Il est notoire que tous les romans parus depuis J.C. sont bâtis d’une façon uniforme quant à l’aspect extérieur et en plus tous ils sont écrits. Eh bien, moi, J’ai l’idée d’y apporter une innovation que je crois de nature à intéresser vivement le public !
Et c’est ?
Mais tout simplement de créer un genre nouveau : le roman dessiné.
 »

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Dictionnaire
10 juin 2015

gestuaire

Le premier à s’être intéressé aux postures et aux mouvements des héros de bande dessinée fut le sémiologue et narratologue français Claude Brémond, qui publia dès 1968 un article programmatique : « Pour un gestuaire des bandes dessinées ». Selon Brémond, l’attitude, le geste, la mimique du personnage dessiné forment ensemble un « complexe ». Il pariait sur un lexique très réduit et, en disciple de Propp, préconisait de l’étudier à partir des « signifiés narratifs » (la surprise, la colère, la menace, etc.) à l’intérieur du « seul cadre de référence acceptable » pour lui : l’analyse du récit. Le programme de recherche que ce texte annonçait ne fut malheureusement jamais entrepris.
Brémond se référait à Barthes pour opposer les gestes fonctionnels (ceux signifient la situation, la participation du personnage à l’histoire) aux gestes indiciels (ceux qui caractérisent ce qu’il est) mais la distinction – pas toujours facile à établir – remonte à Aristote. Il soutenait en outre que la bande dessinée privilégie le spectaculaire sur le narratif, le geste qui « fait image » sur celui qui se contente de dénoter.
Je garderai ici la notion de gestuaire pour désigner le répertoire des gestes prêtés à un personnage, mais en modifiant quelque peu la perspective : Brémond voyait les personnages dessinés comme des actants mus par un code, je les vois plutôt, pour ma part, comme des acteurs développant un jeu.

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Dictionnaire
10 juin 2015

présence

« De même que les portraits ne parlent pas ni les mélodies ne regardent, de même les sculptures sont immobiles et les danseurs sans visage ni voix, de même les poèmes se dérobent au sens et le cinéma s’emporte dans son propre mouvement. Ce qu’on nomme œuvre de l’art expose chaque fois une manière singulière de se soustraire à la présence… », écrit le philosophe Jean-Luc Nancy (2006 : 125). La bande dessinée ne fait pas exception, sans doute, même si cette soustraction à la présence est évidemment relative. Dans la mesure où elle est à la fois un art du récit et un art mimétique, nul doute en effet que la bande dessinée nous rend présents, par l’action et la figuration, ses personnages de papier. Si tel n’était pas le cas, leurs aventures nous laisseraient indifférents. La participation du lecteur au récit repose, comme l’on sait, sur l’empathie, poussée, dans certains cas, jusqu’à l’identification. La fierté et la ruse de Tintin sont les nôtres, tout comme les emportements du Capitaine Haddock. Nous sommes désolés pour Charlie Brown et pour Jimmy Corrigan.

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Dictionnaire
10 juin 2015

physiognomonie

« Quand j’étais un enfant qui dessine des bonhommes sur ses cahiers, j’avais un moment solennel. C’était quand je mettais à mes bonhommes, des yeux. Et quels yeux ! Je sentais que je leur donnais la Vie et je sentais la vie que je leur donnais. J’avais les sensations de celui qui souffle sur la boue. » Ainsi s’exprimait Paul Valéry dans ses Cahiers (1988 : 29-30). 
L’expérience rapportée dans ces lignes est sans doute l’une des plus communément partagées par tous ceux qui, à l’âge adulte ou dans l’enfance, en professionnels ou en simples amateurs, se sont mêlés de dessiner. On éprouve un sentiment de miracle devant le fait que quelques traits suffisent à simuler la vie, à donner de l’expression. Et pas n’importe quelle expression mais, Töpffer y insistait, toujours et nécessairement « une expression quelconque parfaitement déterminée ». L’historien d’art Ernst Gombrich validera et baptisera du nom de « loi de Töpffer » cette observation faite par l’artiste genevois : même jetée sur le papier sans intention particulière, une tête humaine, « par le seul fait qu’elle a été tracée », ne peut pas ne pas donner à voir, a posteriori, une expression précise, qu’il est possible de lire, d’identifier, de décrire.

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Analyses
10 juin 2015

de l’écriture dramatique à l’écriture graphique

[Juin 2015]

Les bandes dessinées « parlantes » relèvent d’une semiosis mixte, où l’iconique se conjugue au verbal. Le verbal dans la bande dessinée est constitué, pour l’essentiel, de dialogues. Ce que nous lisons dans les bulles sont les paroles censément émises par des personnages, que nous voyons par ailleurs en action.

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