Quelques initiatives éditoriales récentes, aux États-Unis comme dans plusieurs pays d’Europe, ont remis en lumière un genre apparu vers 1920 et qui s’est éteint dans les années 50, le roman en gravures. La raison de ce regain d’intérêt est qu’à l’heure où fleurissent des albums de bande dessinée sans texte (voir l’article sans paroles), ces œuvres du passé, quoique produites en marge de l’industrie du divertissement et relevant plutôt de la « grande culture », sont perçues comme l’une des sources lointaines de ce que l’on nomme aujourd’hui le roman graphique. Pour Art Spiegelman, elles relèvent d’une « histoire secrète » de la bande dessinée, et Scott McCloud y voit les « chaînons manquants » de l’histoire du neuvième art.