[Juin 1988]
On (re)lira ci-dessous la première partie d’une longue étude sur « le système Schulz » parue dans les Cahiers de la bande dessinée No.81. La seconde partie (non reprise ici) portait sur les personnages et les thématiques les plus saillantes des Peanuts.
Que la création, chez Schulz, procède du système, c’est ce que la présente étude s’efforcera d’attester. Le mot « système », ici, n’enferme aucune connotation négative. Il désigne simplement le recours à certaines lois fixes, à certains processus stables, à la fois dans l’usage de cette forme spécifique qu’est le « gag strip » et dans l’organisation du microcosme inventé par Schulz : le petit monde des Peanuts.
Bien loin d’être une tare, ce caractère systématique apparaîtra, en cours d’analyse, comme l’atout majeur d’une œuvre où la rigueur des prémisses est la condition même de l’inventivité dans les développements.