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Analyses
12 juin 2019

yves saint laurent et la bande dessinée : "la vilaine lulu"

[Juin 2019]

En 1956, le jeune Yves Henri Donat Mathieu-Saint-Laurent, alors âgé de vingt ans, travaille au côté de Christian Dior en tant qu’assistant et réalise parfois les croquis pour les collections. Le soir venu, un des employés de la maison, Jean-Pierre Frère, s’amuse à se travestir : « Souvent, après six heures, un collaborateur de Christian Dior se déguisait. Un soir, il avait remonté ses pantalons jusqu’aux genoux. Je me souviens, il portait de longues chaussettes noires. Dans la cabine des mannequins, il avait trouvé un jupon de tulle rouge et un chapeau de gondolier. Tout petit, presque inquiétant, avec son air têtu et rusé, il m’avait impressionné et je lui avais dit : « Tu es la vilaine Lulu [1] ».

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Analyses
11 juin 2019

mode et bande dessinée. quand le dernier cri est celui de tarzan

[Juin 2019]

« Le dispositif sémiotique de la bande dessinée (...) s’est révélé suffisamment souple pour se configurer/se reconfigurer sur des supports variés » [1], assez souple pour s’imprimer sur du coton ou de la soie comme il l’était sur du papier journal ou la toile d’un peintre ; assez souple pour devenir une seconde peau marquée de signes, une peau colorée, satinée, métallisée. La bande dessinée contamine l’imaginaire collectif, l’art puis la mode, qui la transforme à nouveau en consommable, comme un retour à ses origines. Son élasticité la fait passer de la low à la high culture, du kiosque à journaux au musée, du prêt-à-porter de masse à la haute couture.

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Analyses
6 juin 2019

crinolines et falbalas : propos peu élégants sur les gravures de mode dans la bande dessinée

[Juin 2019]

Depuis le XIXe siècle, les dessinateurs humoristiques proposent des allégories de la Mode et de ses victimes, volontiers tournées en ridicule. Mues par le fouet de Dame Fashion qui les fait sauter à travers un cerceau comme des chiens de cirque, les femmes tournent en rond dans le grand manège de la Mode [1]. En changeant sans cesse de toilette, elles papillonnent : ainsi la femme est-elle représentée vêtue en papillon [2] dans Punch, or the London Charivari, en 1844, ou dans Ally Sloper’s Half Holliday [3], en 1885. Elle fait même l’objet d’une chasse au filet chez Gustav Verbeek [4]. L’allégorie perdure jusqu’au temps présent, avec l’héroïne girlie de Fabienne Legrand, qui se pare d’une robe post-moderne aux ailes de papillon devant Karl Lagerfeld en personne [5].

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Analyses
4 juin 2019

les poupées de papier (deuxième partie)

[Juin 2019]

Les comic strips américains, publiés dans la presse quotidienne et prioritairement destinés à un public d’adultes, ont toujours reflété les évolutions de la société.
Les années 1920 ont ainsi vu l’émergence d’un certain nombre d’héroïnes correspondant à l’archétype de la flapper, jeune femme moderne et indépendante, émancipée sur le plan des mœurs, et qui se piquait d’élégance.

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Analyses
3 juin 2019

soie, dentelle, cuir et acier

[Juin2019]

« Azura descendait l’escalier enveloppée de flammes, et elle avait l’apparence d’une grande prostituée couverte d’un manteau de pourpre et d’écarlate, ornée d’or, de pierres précieuses et de perles, ivre du sang des hommes venus de la Terre. » En termes passionnés, Umberto Eco rend hommage aux envoûtantes antagonistes des héros de l’Âge d’or des comics américains qui ont hanté son imaginaire [1]. Ici, il fait allusion à la reine-sorcière de la planète Mongo, qui drogue Flash Gordon pour en faire son amant, dans un récit de 1935.

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