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Analyses
16 juillet 2019

deux ou trois choses que je sais d’antonio

[Juillet 2019]

La première fois que j’ai vu Antonio Altarriba c’était, je crois, lors d’une des éphémères universités d’été d’Angoulême organisées par le CNBDI. Assis dans le public, posant des questions très articulées, livrant de fines analyses, il m’était apparu comme l’un de ces universitaires portant sur notre médium buissonnier un œil austère et scientifique. Quelques échanges aimables en fin de session m’avaient laissé un goût de revenez-y. Il me faudrait patienter quelques années, comme le reste du monde, pour accéder aux trésors que recelait le crâne de cet homme d’apparence si sérieuse…

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Dictionnaire
8 juillet 2019

femme (1) : représentation de la femme

La bande dessinée a longtemps été produite majoritairement par des hommes pour des jeunes lecteurs eux aussi masculins. 
Il existait cependant une bande dessinée « pour les filles », qui, dans l’espace francophone, s’est exprimée dans toute une série de magazines spécialisés (La Semaine de Suzette, Fillette, Lisette, Mireille, Ames Vaillantes, Bernadette, Line…) ; il y eut aussi, dans les années cinquante, une bande dessinée « sentimentale », dont les fleurons étaient, d’une part, les séries quotidiennes publiées par France Soir, comme 13 rue de l’espoir, et, d’autre part, les « romans dessinés » qui précédèrent les romans-photos dans la presse du cœur). La vérité est que les bandes dessinées sentimentales n’étaient certainement pas lues que par des femmes. Jan Baetens a même montré que certaines thématiques récurrentes des « romans dessinés », comme la vitesse ou la technologie, étaient clairement destinées à intéresser un lectorat masculin.
Dans le même temps, les périodiques de bande dessinée supposés s’adresser à tous les publics – les Tintin, Spirou, Pif, Vaillant, Pilote où, selon les spécialistes, se sont écrites les grandes pages de l’histoire du média ─ déclinaient surtout l’aventure au masculin et ciblaient de façon plus ou moins consciente un public de garçons. Ainsi l’Oncle Paul, figure emblématique de Spirou, s’adressait-il à ses seuls « neveux ». Il a été remarqué que, dans Astérix, « les femmes sont absentes du premier album. Il faut attendre Le Devin en 1972 pour qu’elles aient le droit de goûter à la potion magique, et Le Cadeau de César en 1974 pour qu’elles prennent place au banquet final. » (Lipani Vaissade : 72) Le château de Moulinsart est l’exemple type d’un microcosme composé exclusivement d’hommes. Haddock, Tournesol, Tintin et Nestor y vivent en phalanstère. On ignore même s’il y a une bonne ou une cuisinière au château. De même, le village des Schtroumpfs est une communauté masculine. Aussi, quand le féminin (en la personne de la Castafiore ou de la Schtroumpfette) pénètre en de tels lieux, c’est sur un mode nécessairement perturbateur, fauteur de troubles.
On se souvient peut-être que la Schtroumpfette est une invention du méchant sorcier Gargamel, créée à dessein pour déstabiliser le monde harmonieux des Schtroumpfs − même si c’est au Grand Schtroumpf qu’elle devra d’être transformée en blonde fatale. Rappelons ici la sidérante « recette » de Gargamel : « Un brin de coquetterie, une solide couche de parti-pris, trois larmes de crocodile, une cervelle de linotte, de la poudre de langue de vipère, un carat de rouerie, une poignée de colère, un doigt de tissu de mensonge, cousu de fil blanc, bien sûr, un boisseau de gourmandise, un quarteron de mauvaise foi, un dé d’inconscience, un trait d’orgueil, une pointe d’envie, un zeste de sensiblerie, une part de sottise et une part de ruse, beaucoup d’esprit volatil et beaucoup d’obstination, une chandelle brûlée par les deux bouts… » (Peyo, La Schtroumpfette, 1967.)

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Analyses
27 juin 2019

des illustrateurs de choix

[Juin 2019]

L’illustration de mode est un art en soi, où brillent des dessinateurs (Erté, Paul Iribe, René Gruau...) et dessinatrices (Megan Hess), qui ne sont pas intéressés par la narration et ne se sont jamais aventurés dans le 9e Art. Seul Jean-Philippe Delhomme a flirté avec la BD, notamment à ses débuts, dans les pages du magazine Rock & Folk.

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Analyses
14 juin 2019

la bande dessinée raconte la mode

[Juin 2019]

À égalité sans doute avec celui de la danse et celui du cheval, l’univers de la mode a toujours fait rêver les jeunes filles. Mais, à la différence des deux premiers, il continue, bien après l’adolescence, d’intéresser les lectrices de tous âges. Alors que la bande dessinée a longtemps privilégié un lectorat majoritairement masculin (ces dames, nous disait-on, préféraient les romans-photos), il n’y a rien d’étonnant à ce que les auteurs et les éditeurs désireux de s’adresser aussi au « beau sexe » aient fait de la mode un sujet récurrent.

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Analyses
12 juin 2019

l’anti-mode, ou : quand l’habit fait le héros

[Juin 2019]

Certains personnages de bande dessinée, féminins tout particulièrement, suivent l’évolution vestimentaire et sont toujours habillés à la mode du temps.
Mais beaucoup d’autres portent un costume inaltérable, et cette mise, contribuant de façon décisive à la fabrication de leur identité, les rend iconiques – à l’instar des grand héros mythiques : Tarzan et son pagne, Zorro avec sa cape, son loup, son chapeau et son épée, Charlot avec son chapeau melon et sa canne. De ces personnages indifférents à la mode, on peut dire qu’ils portent un uniforme et que celui-ci à la fois les arrache au temps et, au même titre que leur morphologie, fait complètement partie de leur design, comme une seconde peau.

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