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Dictionnaire
20 mai 2019

science-fiction dans les mangas

Certains évoquent, pour l’apparition de la science-fiction au Japon, le conte d’Urashima Tarô, qui est évoqué pour la première fois en 720 de notre ère. Dans cette fable (dont Lafcadio Hearn donne une version dans le premier chapitre de son ouvrage Out of the East – Reveries and Studies in New Japan, 1895), Urashima Tarô, un jeune pêcheur, visite un palais sous-marin. Il y passe trois jours mais découvre en rentrant à son village que trois cents ans ont passé – sa maison en ruine, ses parents morts et lui-même oublié depuis longtemps. Pour autant, cela en fait-il véritablement un récit de science-fiction ? Ou faut-il y voir une nouvelle illustration de la frontière ténue qui existe entre fantastique et science-fiction – notions que les Anglo-saxons regroupent d’ailleurs parfois sous le même terme de fantasy ?

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20 mai 2019

abstraction

La bande dessinée abstraite a été labellisée et en quelque sorte officialisée comme catégorie, sinon comme genre, avec la parution, en 2009, de l’anthologie Abstract Comics éditée chez Fantagraphics par Andrei Molotiu.
Depuis cette date, on a vu plus d’un auteur creuser ce sillon, et un ou deux éditeurs l’encourager. Nous n’avons pas assez de recul pour savoir s’il s’agira d’un phénomène éphémère ou d’une forme de bande dessinée qui perdurera aux côtés des productions ordinaires, fondées sur la représentation et la narration. En tout état de cause, il est peu vraisemblable que la bande dessinée abstraite occupe davantage qu’une niche ; elle ne semble pas de nature à séduire le grand public, qui entretient d’autres attentes à l’endroit du médium. Mais, depuis cette position marginale qui est constitutivement la sienne, elle interroge la définition de la bande dessinée comme telle, elle oblige à en réconsidérer les fondements mêmes. Jusque-là en effet, la bande dessinée était par essence mimétique parce qu’elle obéissait à une vocation narrative et qu’elle se positionnait comme une littérature.

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20 mai 2019

guerre

Sous ce terme faussement monolithique se cache une impressionnante diversité (historique, technique, thématique, idéologique) qui a donné lieu à un corpus bibliographique d’une ampleur insondable dans lequel la bande dessinée a décliné le phénomène guerrier sous d’innombrables formes. Toutes les guerres, qu’elles soient antiques, médiévales, modernes, totales, mondiales, froides, coloniales, des gangs, des mondes ou de super-héros, ont été dépeintes sous toutes les approches imaginables : historiques, politiques, pédagogiques, réalistes, fantaisistes, humoristiques, héroïques, propagandistes, antimilitaristes, etc.
S’il fallait se demander pourquoi la guerre est si présente dans la bande dessinée, sans doute faudrait-il alors rappeler qu’en tant que creuset de l’histoire de l’humanité, la guerre fait l’objet d’une constante fascination à laquelle aucun art ni média n’a jamais su résister ni échapper. Pétrie du « caractère essentiel du sacré » (Caillois), la guerre est l’une des rares puissances propres à faire et à défaire des empires et des civilisations. Théâtre de toutes les passions, des plus viles aux plus nobles, et spectacle de toutes les déraisons, la guerre est aussi porteuse de valeurs universelles telles que le patriotisme, l’héroïsme, la fraternité, la virilité, la force, le courage, le sacrifice ou l’esprit d’aventure. Chargée de l’électricité qui galvanise les pulsions de vie et de mort qui œuvrent au cœur de la psyché des hommes, la guerre suscite l’exaltation autant que la répulsion.
Aussi généralistes que peuvent être ces propos préliminaires, ils contribuent déjà à expliquer pourquoi un médium narrativo-visuel comme la bande dessinée a immédiatement cédé au chant des sirènes de la guerre. En second lieu, il convient d’ajouter que la bande dessinée a longtemps été produite conjointement à des organes de presse généraliste et donc pensée comme un média culturel populaire dans lequel le sensationnel y était accueilli avec complaisance. Enfin, il faut se garder d’oublier que la bande dessinée s’est longtemps adressée en priorité à un lectorat juvénile et masculin volontiers attiré par l’aventure, l’action et les faits d’armes. L’addition de tous ces ingrédients aide à comprendre en quoi la guerre constitue l’un des sujets fétiches du neuvième art, un véritable pivot thématique et générique qui l’accompagne depuis ses débuts.

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20 mai 2019

canon

L’ensemble des classiques de la littérature forme ce qu’il est convenu d’appeler le canon littéraire, et le plus large consensus règne quant à la composition de ce répertoire des œuvres qu’il « faut » connaître et, si possible, avoir lu. 
Le recul du temps est nécessaire à la constitution du canon. Les œuvres célébrées au moment de leur publication (celles, par exemple qui reçoivent un prix littéraire important) n’y rentreront pas nécessairement. Il suffit de considérer la liste des lauréats du Goncourt pour être éclairé là-dessus.
À l’école, l’un des buts des cours de français était naguère d’initier les enfants à ce canon à travers l’étude d’extraits choisis, de les familiariser avec ce qui a été écrit de meilleur – et, ce faisant, de leur inculquer des notions de valeur et de hiérarchie entre les œuvres. Mais aujourd’hui les enseignants doivent reconnaître qu’ils n’ont plus guère la possibilité de remplir cet office. L’émiettement de la culture, l’effondrement de la transmission, le remplacement du mérite littéraire par le conformisme idéologique ont porté de sérieux coups à la notion de canon. Elle est, par ailleurs, de plus en plus mise en cause dans son fondement même. L’heure est à l’abolition des hiérarchies. L’idée que certains textes seraient « fondateurs » ou « classiques » est remise en cause. La déconstruction du canon est à l’ordre du jour.

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20 mai 2019

festival

Dans un communiqué en date du 10 août 2017, la ministre de la Culture se félicitait à juste titre de ce que « les festivals composent aujourd’hui en France un paysage riche et varié qui recouvre l’ensemble du champ culturel : la musique, les arts de la rue, le cirque, le cinéma, le livre, la bande dessinée, les arts visuels, la danse, le théâtre, la marionnette, le conte, l’histoire, l’archéologie ». On en dénombrerait environ 3000 chaque année, sur l’ensemble du territoire.
Les festivals de bande dessinée ne sont ni les moins nombreux ni les moins dynamiques.

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