Recherche

Vous cherchez un contenu particulier sur notre site ?

Analyses
4 juin 2019

les poupées de papier (deuxième partie)

[Juin 2019]

Les comic strips américains, publiés dans la presse quotidienne et prioritairement destinés à un public d’adultes, ont toujours reflété les évolutions de la société.
Les années 1920 ont ainsi vu l’émergence d’un certain nombre d’héroïnes correspondant à l’archétype de la flapper, jeune femme moderne et indépendante, émancipée sur le plan des mœurs, et qui se piquait d’élégance.

Plus de détails
Analyses
3 juin 2019

soie, dentelle, cuir et acier

[Juin2019]

« Azura descendait l’escalier enveloppée de flammes, et elle avait l’apparence d’une grande prostituée couverte d’un manteau de pourpre et d’écarlate, ornée d’or, de pierres précieuses et de perles, ivre du sang des hommes venus de la Terre. » En termes passionnés, Umberto Eco rend hommage aux envoûtantes antagonistes des héros de l’Âge d’or des comics américains qui ont hanté son imaginaire [1]. Ici, il fait allusion à la reine-sorcière de la planète Mongo, qui drogue Flash Gordon pour en faire son amant, dans un récit de 1935.

Plus de détails
Analyses
22 mai 2019

yves saint laurent et le dessin de mode

[Juin 2019]

Dans la mode, deux principaux types de créateurs peuvent être distingués : ceux pour qui le dessin est la première étape de la création et ceux qui commencent par draper un textile sur un mannequin. Pour Yves Saint Laurent (1936-2008), couturier français reconnu pour le style qu’il a développé pendant quatre décennies, le dessin est au cœur du processus créatif des collections. Au départ de chaque création, le croquis permet au couturier d’exprimer sa vision et ses intentions ; il est le révélateur de son talent.

Plus de détails
Analyses
22 mai 2019

figurer la mode

[Juin 2019]

La représentation du costume est sans doute aussi ancienne que celle de l’homme et l’on pourrait voir dans les figurations sumériennes ou égyptiennes des ancêtres communs de la BD et de l’illustration de mode. On pourrait aussi considérer le premier manuel pour tailleur, celui d’un Espagnol, Juan de Alcega, qui date de 1589 [1], comme une lointaine préfiguration du dessin de couturier. A cette époque, celle des grandes découvertes, la curiosité des lettrés commence à se manifester à l’égard du costume : comment s’habillait-en Terra Incognita ?... Plus de 200 collections de gravures et d’eaux-fortes publiés entre 1520 et 1610 ont tenté de répondre à cette question. Ce sont des recueils de personnages habillés selon leurs coutumes locales, comme un avant-goût des planches de Little Nemo par Winsor McCay !

Plus de détails
Dictionnaire
20 mai 2019

onomatopée et son

Étonnant paradoxe auquel nous confronte la bande dessinée : privée par nature de son, comment peut-elle, par la magie du trait et du dessin, faire retentir des bruits et donner à entendre des mélodies ? 
Historiquement parlant, le lien entre le son et l’image intervient assez tôt. Dès la période carolingienne, des signes abstraits sont directement inscrits dans l’image pour évoquer la musique. Au IXe siècle, le chant comme le son des trompettes sont représentés systématiquement par des tirets parallèles, avec des variations de couleurs ou de formes exprimant des différences de volume sonore. Bien avant l’apparition de la parole en lien avec l’image, l’expression du son (comme de l’odeur) se manifeste par des signes ou des pictogrammes. C’est au XVe siècle qu’apparaît la représentation de la portée musicale où figurent des notes de musique (Livre du trésor de Vénerie) et des onomatopées (Calendrier des bergers). Il semble que les enlumineurs aient cherché à doter leurs images d’une expression sonore afin de leur donner une plus grande efficacité narrative. Même si les exemples de sons transcrits dans l’image sous forme d’onomatopées ou de symboles graphiques ne sont pas si nombreux (quelques dizaines d’exemples sur plusieurs centaines de milliers d’images médiévales), le phénomène mérite d’être relevé. Car ces conventions vont nourrir les créateurs d’images à venir. On retrouvera ainsi cette expression pictogrammatique du son dès les débuts de la bande dessinée avec Rodolphe Töpffer en 1831 (Histoire de M. Jabot, p. 30 : « M. Jabot rêve à des airs de mazourke »).
En créant une bande-son qui illustre des actions non verbales – nous excluons de cet article le son en tant que paroles des personnages –, la bande dessinée s’appuie donc sur une convention validée par la tradition. Cet artifice que tout lecteur accepte par connivence se développe selon des procédés multiples variant suivant les époques et reposant sur des codes précis issus d’un contexte et d’une histoire. La bande-son sans cesse renouvelée par les auteurs de bande dessinée invite le lecteur à une expérience sensorielle augmentée, en l’immergeant dans une ambiance particulière, en stimulant son imaginaire.

Plus de détails