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Analyses
15 janvier 2020

Moyennement

[Janvier 2020]

L’œuvre de Lewis Trondheim est immense par la taille, et fréquemment par l’originalité.
Il a écrit et dessiné pour les adultes et les enfants, des histoires complètes d’un strip, d’une planche ou de cinq cent, des pastiches de genre survoltés ou des illustrations intimes et contemplatives, de simples pochades et des expérimentations raffinées. On pourrait s’y perdre. Mais, au fil des ans, on se repère sans mal dans la production monstrueuse de Trondheim et on y retrouve, sous mille formes et formats différents, les mêmes obsessions.
Par contraste avec l’immensité de l’œuvre, elles tiennent presque toutes au refus de toute grandeur.

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Analyses
7 janvier 2020

sur le motif

[Janvier 2020]

Lewis Trondheim est un auteur opiniâtre et volontaire, animé par un souci constant d’autoamélioration du niveau de ses réalisations comme auteur de bandes dessinées. S’il n’est pas besoin de rappeler l’épreuve initiale qu’il s’était infligée, de dessiner 500 pages à titre d’exercice, pour apprendre à dessiner (il en sortit Lapinot et les carottes de Patagonie, soit bien plus qu’un exercice), on sait moins qu’il n’avait entrepris le blog des Petits Riens que dans le but d’apprendre à mettre ses dessins en couleur.

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Analyses
7 janvier 2020

les formidables aventures du second degré.formes et fonctions de l’ironie chez lewis trondheim

[Janvier 2020]

A première vue, Lewis Trondheim est un sujet de choix lorsqu’on s’intéresse à l’ironie en bande dessinée : c’est un « artiste quelque peu contradictoire » (expression utilisée par Loïc Massaïa en introduction de son entretien avec Trondheim sur le site du9.org), qui porte un masque d’oiseau grognon pour raconter son quotidien plus ou moins aventureux et dont les œuvres, malgré la recherche de simplicité formelle qui les caractérise souvent, ne s’adressent pas à un public enfantin ou ignorant des codes de la bande dessinée. On peut également hésiter quant au degré de « sérieux » de sa pratique artistique : entre exploration avant-gardiste, anecdotes autobiographiques et aventures parodiques, sa palette est large, et dans nombre d’albums, c’est bien la lecture au second degré qui permet d’apprécier à la fois le propos, l’élaboration formelle et l’humour de cet auteur.

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Analyses
7 janvier 2020

un créateur joueur

[Janvier 2020]

Et si la théorie du jeu telle qu’elle est formulée par le psychanalyste D.W. Winnicott et prolongées par d’autres auteurs nous permettait d’adopter un autre point de vue sur les différentes facettes de l’œuvre de Lewis Trondheim ? C’est l’hypothèse que j’ai avancée dans le cadre de mon mémoire de Master 1 Bande Dessinée à l’ÉESI d’Angoulême que je soutiendrai en juin 2020 et dont je restitue ici les premiers éléments de réflexion.

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Analyses
7 janvier 2020

un homme libre qui s’oblige

[Janvier 2007]

Il y a assurément peu de chances que Lewis Trondheim puisse apparaître au lecteur pressé comme un auteur adepte de la contrainte. L’abondance de sa production semble de prime abord peu conciliable avec la recherche et le travail exigés par l’observation de règles strictes, ce que ne viendront pas démentir les déclarations de l’intéressé, qui se décrit volontiers comme un grand paresseux et explique sa paradoxale prolixité par la seule « efficacité » (il ne travaillerait qu’une à deux heures par jour, pour produire une ou deux planches). Le style de son écriture et la forme de la plupart de ses scénarios ont davantage des allures d’improvisation ou d’écriture automatique, paraissent trahir la désinvolture ou la hâte, manifestent en tout cas toujours une grande facilité, à l’opposé de l’effet que peuvent produire les travaux issus de contraintes fortes. Enfin, dans toute leur variété, les styles graphiques qu’il adopte n’entrent pas en contradiction avec ce sentiment.

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