De Gay Comix à Gay Comics : le parcours d’une publication pionnière
[mai 2026]
Gay Comix, une publication américaine parue de 1980 à 1998, vingt-cinq numéros plus un numéro « spécial », est un jalon majeur des représentations queer en bande dessinée. Pourquoi ? Parce que, durant toute la durée de son existence, elle a servi de point de ralliement à ces auteurices que l’on n’appelait pas encore LGBT.
Couverture Gay Comix #1, Rand Holmes, 1980
Le contexte éditorial
Dans quel contexte éditorial apparaît Gay Comix ? Nous sommes à la fin des années 1970. Aux États-Unis, l’énorme majorité des publications de bandes dessinées se fait dans la presse.
La plus ancienne forme de BD, ce sont les comic strips, ces bandes qui paraissent dans les quotidiens. Ce sont essentiellement des bandes d’aventure tous publics et des séries à gag, comme Garfield ou Peanuts.
L’autre grand support de la bande dessinée à cette époque, ce sont les comic books, des fascicules de 36 pages imprimés sur mauvais papier, remplis à moitié de publicités. Les éditeurs de comic books les plus connus sont DC, éditeur de Superman, Batman et Wonder Woman, et Marvel, éditeur de Spider-Man, des X-Men et autres Avengers. Leurs comic books sont alors vendus chez les marchands de journaux, dans les supermarchés et, depuis quelques années, dans des magasins spécialisés en BD, les comic shops. Les comic shops ont commencé par être des librairies d’occasion, destinées aux fans voulant compléter leurs collections. Mais dans le courant des années 1970, ces magasins se sont mis à vendre aussi des BD neuves. Ils se fournissent en nouveautés via des diffuseurs/distributeurs spécialisés. Ces diffuseurs ne distribuent pas seulement les comic books grand public de Marvel et DC. Ils ont aussi à leurs catalogues les productions de petits éditeurs indépendants et de ce qui reste des éditeurs de comix underground.
Qu’est-ce que les comix underground ? Ce sont des publications qui sont apparues dans les années 1960, dans le sillage du mouvement hippie. Ces comix dont le nom s’écrit avec un « x » car pour adultes sont des publications du même format que les comics mainstream mais seule leur couverture est en couleurs, l’intérieur étant en noir et blanc, sans publicité. Alors que le contenu des comics mainstream est soumis à l’approbation d’un organisme d’auto-régulation, la Comics Code Association, les comix ne subissent aucune auto-censure et sont donc nettement pour adultes au niveau de leur contenu. On y parle ouvertement de sujets jusque-là tabous dans les bandes dessinées : sexe, drogues, violence.
Le terme « underground » est un faux ami. Il ne signifie pas « souterrain ». Ce ne sont pas des BD dont les éditeurs auraient leurs bureaux dans le métro. Le terme se réfère à la presse underground, qui est une presse parallèle à la grande presse, une presse destinée aux jeunes, aux étudiants, aux hippies, à ceux qui refusent plus ou moins ouvertement le « système ».
Les comix underground ont connu leur âge d’or de 1967 à 1973, période où ils bénéficiaient de l’attrait de la nouveauté, d’une attitude plus libérale de la société et des institutions vis-à-vis des représentations de la sexualité, et d’un réseau de diffusion propre à la presse parallèle dans son ensemble. Cruciaux dans ce réseau de diffusion sont les head shops, des magasins où l’on trouve tout le matériel nécessaire au bon hippie : bâtonnets d’encens, posters psychédéliques, articles pour fumeurs… et comix underground. Mais en 1973, une décision de la Cour Suprême des États-Unis établit les critères définissant la notion d’obscénité comme relevant, entre autres, des standards de la communauté. Cela va permettre à de nombreuses autorités locales de fermer leurs head shops. Pour la distribution des comix underground les comic shops vont prendre le relais. Malgré cela, les années 1970 voient un lent déclin des comix underground, les éditeurs survivants cherchant des formules susceptibles d’intéresser les lecteurs. Le gros avantage de l’underground, c’est que, contrairement à ce que l’on fait dans le mainstream, on est censé s’adresser à des lecteurs adultes et l’on peut aborder des thématiques que le mainstream ne peut pas aborder.
Couverture de Dynamite Damsels #1, Roberta Gregory, août 1976
Couverture de Barefootz Funnies #2, Howard Cruse, Kitchen Sink Press, 1976
Howard Cruse, Headrack in "Gravy on Gay", Barefootz Funnies #2, 1976
Couverture de Gay Hearthrobs n°1, 1978
Les débuts de Gay Comix : la période Cruse
À la fin des années 1970, l’éditeur Denis Kitchen, qui dirige la maison d’édition Kitchen Sink Press, recherche des idées de thèmes pour ses comix. Il a remarqué qu’un tout petit éditeur, Larry Fuller, avait déjà sorti deux numéros d’un comix intitulé Gay HeartThrobs, d’une qualité inégale. Kitchen se dit qu’il peut faire mieux et contacte le dessinateur Howard Cruse. Howard est un auteur régulier de Kitchen qui a contribué des histoires courtes dans Snarf, Dope Comix, et qui a à son actif trois numéros d’un comix solo, Barefootz Funnies. Dans un numéro de 1976 de Barefootz Funnies, Cruse a réalisé une histoire intitulée « Gravy on Gay » où l’on voyait le personnage de Headrack, le peintre ami de Barefootz, décider que lui aussi devait participer, par son œuvre, au mouvement de Gay Liberation. C’était, pour Cruse, une manière de coming out, cependant assez discret.
Ce que va lui proposer Denis Kitchen va demander un engagement beaucoup plus radical : Kitchen lui propose de devenir rédacteur en chef d’un nouveau comix qui s’appellerait… Gay Comix ! Autant dire que, dans le petit milieu de la bande dessinée américaine, cela équivaudrait à un vrai coming out professionnel, avec les conséquences négatives que cela pourrait avoir. Malgré les risques, Howard Cruse accepte la proposition.
Reste à trouver d’autres auteurs et autrices pour Gay Comix. Pour ce faire, Denis Kitchen envoie un courrier à tous les contacts de son rolodex, courrier dans lequel il dit en substance : « je ne sais pas si ce projet est susceptible de vous intéresser, mais nous préparons un nouveau titre intitulé Gay Comix, si vous souhaitez y participer, envoyez-nous vos propositions ».
Le premier numéro de Gay Comix sort en septembre 1980. Comme tous les comix underground, il compte 32 pages intérieures en noir et blanc sous une couverture en couleurs. Au sommaire, on trouve bien évidemment une BD réalisée par Cruse lui-même, mais aussi des bandes de trois autrices qui ont déjà abordé l’homosexualité dans leurs BD, Mary Wings, Roberta Gregory et Lee Marrs. La couverture est due à l’auteur canadien Rand Holmes, qui avait inclus une scène gay dans une de ses BD dès 1973. Trois autres auteurs font leurs débuts dans la presse underground : le cartoonist multi-cartes Billy Fugate, Kurt Erichsen, qui vient du fanzinat, et Demian, artiste multi-médias. Finalement, le casting inclut un auteur européen, le néerlandais Théo Van Den Boogaard.
Cruse va rester rédacteur en chef pendant les quatre premiers numéros de Gay Comix, publiés fin 81, fin 82 et fin 83. Il faut noter qu’à partir du numéro 3, le titre passe à 44 pages, soit 40 pages intérieures et 4 de couverture, une pagination qu’il conservera pratiquement jusqu’à la fin. Durant ces quatre années, les arrivées les plus notables sont celles de Jennifer Camper, de Burton Clarke, un auteur noir qui réalise la couverture du numéro 3, de Joe Sinardi, Robert Triptow, Vaughn et Jerry Mills. Il faut également signaler l’arrivée d’un auteur français, Patrick Marcel. D’autre part, dans le numéro 3 paraît la première histoire réalisée par une personne trans. Il s’agit de « I’m Me ! » par David Kottler, dont ce sera a priori la seule BD publiée.
Howard Cruse a écrit que lorsqu’il avait rédigé son appel à contribution, il avait écrit qu’il voulait des histoires « parlant de gens, pas de parties génitales ». Il a reconnu par la suite qu’il avait peut-être un peu trop appuyé sur cette idée puisque, dit-il « la première vague de propositions évitait si consciencieusement les représentations ouvertes du sexe que l’obscénité festive si visible dans la culture gay urbaine de la fin des années 70 n’était visible nulle part. »
Ces quatre premiers numéros sont riches en BD d’un très haut niveau. Citons, entre autres, « I’m Me ! » courte BD autobiographique trans de David Kottler (Gay Comix 3), « Another Coming Out Story » (Gay Comix 3) où Roberta Gregory parle d’alcoolisme et « Cy Ross and the S.Q. Syndrome » (Gay Comix 2) de Burton Clarke, où il est question de racisme dans le milieu gay. Les contributions d’Howard Cruse dans chaque numéro sont remarquables.
« Billy Goes Out » (Gay Comix 1) suit un jeune gay new-yorkais dans ses pérégrinations nocturnes dans les bars et les back-rooms quelques mois après le décès accidentel de son compagnon. « Jerry Mack » (Gay Comix 2) est un flashback sur la « tentation homosexuelle » d’un pasteur, lorsqu’il était jeune dans les années 1950. « Dirty Old Lovers » (Gay Comix 3) raconte la sortie nocturne d’un couple de gays d’âge mûr, tous deux respectables piliers de la communauté, mais qui sont aussi des hommes sachant rire et profiter de la vie. Enfin, « Safe Sex » (Gay Comix 4) aborde le sujet alors tout neuf du surgissement du SIDA et des réactions qu’il suscite. Ce n’est pas vraiment un récit, mais un kaléidoscope d’images disposées semble-t-il au hasard dans des cases aux formes irrégulières, comme autant d’éclairs dans l’orage en train de gronder, montrant des réactions allant de l’optimisme un peu forcé à l’horreur totale en passant par un humour très sombre. Dans une case mémorable, un jeune home à moitié dans l’ombre déclare : « Billy’s dead. » (« Billy est mort »). Et voilà que l’épidémie de SIDA prend soudain le visage humain de ce jeune Billy dont nous avions, le temps de quelques pages, partagé la vie trois ans plus tôt.
Ces numéros de Gay Comix contiennent également deux éléments originaux pour un comix underground : d’une part une présentation des auteurs et autrices et des contacts pour trouver ou commander leurs éventuelles autres publications, d’autre part un courrier des lecteurs. Les courriers des lecteurs sont plutôt l’apanage des comics mainstream, publiés tous les mois ou tous les deux mois. Les comix underground, publiés de manière irrégulière, n’ont jamais inclus de courrier des lecteurs.
Dans le numéro 4, Howard Cruse annonce qu’il arrête d’être rédacteur en chef de Gay Comix. C’est en effet le moment où il lance sa série Wendel dans le magazine bimensuel gay d’information The Advocate.
David Kottler, "I'm Me!", Gay Comix #3, 1982
Roberta Gregory, "Another coming out story", Gay Comix #3, 1982
Burton Clarke, "Cy Ross and the S.Q. Syndrome", Gay Comix #3, 1982
Howard Cruse, "Billy goes out", Gay Comix #1, 1980
La période Triptow
Le remplaçant de Cruse est Robert Triptow. Son premier numéro en tant que rédacteur en chef, le numéro 5, coïncide avec un changement de papier, le papier blanc et épais des quatre premiers numéros étant remplacé par un papier plus léger et de moins bonne qualité.
Le ton de Gay Comix se fait plus léger aussi, le nouveau rédacteur en chef déclarant par la suite « s’il y avait une différence d’attitude éditoriale, elle était juste dans le fait que je voulais mettre en avant l’humour. » Ce cinquième numéro est aussi le dernier publié par Kitchen Sink Press. Le numéro 6, paru fin 1985, est le premier édité par Bob Ross, un éditeur gay de San Francisco. La fréquence de parution augmente pour devenir trimestrielle. Cependant, le rythme est dur à tenir et le numéro 9 (hiver 1986) est entièrement consacré à des reprises de la bande Poppers animée par Jerry Mills dans le mensuel In Touch. En 1987, la fréquence de parution n’est plus que de deux numéros par an. En 1988 paraît un seul numéro, le 12. Le numéro 13, en partie finalisé, ne sortira qu’en 1991.
Durant ces quatre années, le contenu de Gay Comix s’éloigne de ses racines dans l’underground pour se rapprocher des BD que l’on trouve dans la presse gay, qu’elle soit d’information ou « de charme ». Il est symptomatique que le numéro consacré à un seul auteur soit un spécial Poppers, une bande qui paraît dans l’un de ces mensuels « de charme ». Même si le nouveau rédacteur en chef Robert Triptow produit personnellement des histoires d’un niveau comparable à celui de la période Cruse, en particulier « I Know You Are But What Am I? » [Je sais que tu l’es mais moi, je suis quoi ?], superbe récit sur une enfance gaie dans un milieu réactionnaire, ou « Birds of a Feather » [Qui se ressemble…] hilarante réminiscence du détournement d’un journal de lycée par un groupe d’ados gays, Triptow ouvre les portes à un humour plus consensuel, satire bon enfant de la vie gaie, parfois reprise directement de journaux de la communauté. Cela n’exclut pas de parler de sujets désagréables comme l’homophobie et surtout le SIDA, dont il n’est plus possible de faire abstraction dans la deuxième moitié des années 1980, mais sur un ton humoristique qui s’efforce de désamorcer l’angoisse qu’ils peuvent susciter. Le meilleur apport de la période Triptow reste néanmoins l’arrivée de la série Leonard and Larry de Tim Barela, une sorte de sitcom sur la vie d’un couple gay de Los Angeles.
Couverture de Gay Comix #6, Jerry Mills, 1985
Un hiatus de trois ans
Le numéro 13, toujours théoriquement sous la direction éditoriale de Triptow, paraît en 1991, quand Gay Comix redémarre avec pour rédacteur en chef Andy Mangels. Alors que la couverture annonce une parution « été/automne 1988 », l’ours des pages intérieures corrige l’information en « été 1991 ». Une bonne moitié des pages publiées est datée de 1988, donc il est clair que le numéro a été laissé en plan. Pourquoi ? On ne le saura jamais, Triptow n’ayant jamais fourni d’explication à son départ, contrairement à Cruse,. Ce que l’on peut supposer, c’est que le projet Strip AIDS USA, auquel il participe en tant que co-rédacteur en chef, a dû beaucoup l’occuper. Strip AIDS USA est un gros ouvrage collectif réalisé en soutien à la lutte contre le SIDA. Triptow a également supervisé une anthologie de BD gay intitulée Gay Comics (sans X) parue en 1989 chez Plume Books, une division de la New American Library. L’essentiel des bandes publiées dans ce livre viennent de Gay Comix.
Couverture de Gay Comix #13, Michael J. Goldberg, 1991
De Gay Comix à Gay Comics : la période Andy Mangels
Gay Comix redémarre donc à l’été 1991 avec la parution du numéro 13. Le paysage éditorial a changé durant cette absence. Le marché américain des comics est en plein boom, mais ce qui anime ce boom, c’est une jeune génération d’artistes « superstars » qui ont renouvelé l’esthétique des super-héros. Durant l’été 1990, le premier numéro d’une nouvelle série de Spider-Man écrite et dessinée par Todd McFarlane s’est vendue à 2,5 millions d’exemplaires. L’été suivant, deux autres comics Marvel, X-Force 1 par Rob Liefeld et X-Men 1 par Chris Claremont et Jim Lee, ont fait des scores encore plus phénoménaux. C’est ce même été que Gay Comix réapparaît.
1991 est également l’année où le Comics Code est révisé, ce qui permet dorénavant de mentionner l’homosexualité dans les comics mainstream. Ni une, ni deux, l’un des plus anciens super-héros gays, Northstar, dont l’homosexualité n’avait jamais été dite clairement, fait son coming-out. Beaucoup de comics s’adressent dorénavant à des lecteurs adultes. C’est dans ce contexte qu’Andy Mangels reprend les rênes de Gay Comix. Qui est-il ? Il se définit lui-même comme le premier scénariste de comics mainstream ouvertement gay, ce qui est sans doute un peu exagéré car il ne travaille ni pour DC ni pour Marvel, mais pour de petits éditeurs indépendants. Très actif dans le fandom, Mangels est l’auteur d’un grand dossier paru dans le magazine Amazing Heroes sur le thème « Gays in Comics » et il anime tous les ans un panel sur ce thème à la Comic Con de San Diego.
Mangels part du constat qu’il n’existe plus vraiment de BD underground mais une BD « alternative » libre d’aborder des thèmes très divers pour un lectorat adulte. Il souhaite multiplier les passerelles entre les différents secteurs de la BD où des thématiques ou des auteurices LGBT sont présents. Dans son premier numéro, le 14, qui sort à l’hiver 1991, il annonce que le titre sera trimestriel et que sortira tous les six mois un numéro spécial consacré à un seul auteur, ce qui fera dans les faits de Gay Comix un bimestriel. Effectivement, au printemps 1992 sort Gay Comix Special 1 consacré à la série Leonard and Larry. En dehors de la couverture, il ne s’agit pas d’inédits, mais de reprises de la série que Tim Barela anime depuis 1989 dans les revues The Advocate puis Frontiers. La présentation intérieure change : il y a désormais une pleine page d’édito, où Mangels parle de l’actualité de Gay Comix et des plans pour les numéros à venir, mais aussi une page de sommaire et une autre page consacrée aux participants au numéro.
Au numéro 15, qui sort au printemps 1992, il change le titre Gay Comix avec un « x » en Gay Comics avec « cs ». Il fait également un appel au courrier afin de relancer la rubrique « courrier des lecteurs », qui était absente depuis 1984. Cette rubrique reviendra dès le numéro suivant, le 16, qui paraît à l’été 1992.
Mangels encourage particulièrement la création de superhéros gays, dont il est parfois lui-même scénariste comme Sentinel/Pride (dessiné par J.A. Fludd puis par Brandon McKinney). Il poursuit également une politique revendiquée de mixité. Et il intègre dans les pages de Gay Comics une nouvelle génération de dessinateurs queer. On trouve ainsi des gens comme Ivan Velez Jr., qui a réalisé en solo le comic indépendant Tales of the Closet et est en train de démarrer une carrière de scénariste dans le mainstream. Il y a aussi Donna Barr, qui anime depuis 1987 le comic indépendant The Desert Peach, dont le héros-titre est le frère cadet et très gay d’Erwin Rommel. Et puis il y a les petits jeunes, venus de zines photocopiés comme Strange Looking Exile (1991-1994), OH… (1992-1998) et Boy Trouble (1994). C’est ainsi que l’on voit apparaître au sommaire de Gay Comics des noms comme ceux de Rob Kirby, David Kelly, tous deux animateurs de Boy Trouble ou celui de Joan Hilty, l’une des piliers de OH….
L’année 1993 est la plus productive pour Gay Comics, qui sort quatre numéros, même si l’un de ces numéros, le 19, était en fait le numéro spécial Alison Bechdel qui a été intégré à la série régulière. Mais à partir de 1994, les choses commencent à se gâter. Un seul numéro sort cette année-là, et une série anthologique de super-héros qui est annoncée ne verra jamais le jour. Aucun numéro ne sort en 1995. En 1996, deux numéros, à trois mois d’intervalle.
L’arrêt définitif de Gay Comics en 1998 au vingt-cinquième numéro ne surprend personne. Cependant, le comic part en beauté avec un numéro spécial de 80 pages contenant des textes des trois rédacteurs en chef, des BD d’une page d’un maximum d’auteurs et d’autrices ayant participé à l’histoire de Gay Comics, sept pages de présentation de tous les auteurs et autrices ayant œuvré dans le titre et une page de chronologie qui met en relation les numéros de Gay Comics avec les événements importants de l’année de leur sortie.
Couverture de Gay Comics #19, Alison Bechdel, été 1993
Howard Cruse, "Safe Sex", Gay Comix #4, 1983






