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Analyses
20 mars 2019

les paysages de la paranoïa

[Janvier 1994]

Alex Barbier est au nombre de ces auteurs de bande dessinée dont les pages fascinent d’abord par leurs seules qualités plastiques. Ses albums se laissent feuilleter comme des livres de peinture. La richesse de sa palette, où dominent l’or, le vert, le jaune blafard, le bleu électrique et le violet profond ; la force d’une vision singulière, qui soutient la crudité de certaines scènes et l’inquiétante étrangeté de beaucoup d’autres ; ses images à définition variable, qui nimbent souvent les acteurs du récit dans un halo fantomatique, mais accusent simultanément la netteté quasi photographique d’un élément de décor ou d’un détail anatomique ; tout cela captive assez l’attention pour que le lecteur se contente d’être un contemplateur.

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Analyses
15 mars 2019

être une super-héroïne dans les comics :invisibilité, doublon, érotisation

[Février 2019]

Lorsqu’on songe aux super-héros, on pense à la force surhumaine (Superman, Hulk, la Chose), à la puissance (Thor, Luke Cage), à la maîtrise du combat athlétique (Batman, Dardevil, Iron Fist). Il s’agit au départ d’un genre narratif que l’on peut qualifier d’action. Il est connu que ce genre s’inspire à la fois de la science-fiction et des histoires policières. On ne songe pas d’abord aux super-héroïnes, le plus souvent personnages secondaires dans l’histoire globale de ce genre, statistiquement bien inférieures en nombre.

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Analyses
15 mars 2019

anna sommer : l’innocence et son inverse

[Mars 2019]

Lorsqu’on parle à son éditeur, Frédéric Pajak, d’un article à venir pour ce dossier, le couperet tombe : Anna Sommer n’est pas féministe et ne fait pas de bande dessinée. Pourtant, en 2018, son album L’Inconnu (Les Cahiers dessinés, 2017) a été en lice pour le Fauve d’or au festival d’Angoulême et elle a été l’invitée d’honneur du festival BDFIL à Lausanne. Enfin, Anna a accepté de répondre à nos questions.

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Analyses
5 mars 2019

dessine-moi un monstre

[Mars 2019]

Alors que la soirée avait déjà été riche en émotions, l’arrivée d’Emil Ferris sur scène plongea la salle dans une atmosphère électrique, emprunte de magie et de mystères. Lentement, impressionnante, souveraine et magnifique, les cheveux noirs, légèrement poivre et sel, ondoyant sur ses épaules, sa main droite appuyé sur une canne, la gauche tenant un carnet, elle s’est avancée vers le pupitre. Sa canne n’avait rien d’ordinaire. Elle reproduisait les nervures et les nœuds d’une branche de bois authentique mais à la croissance contrariée : plusieurs coudes anguleux dessinaient sur toute sa longueur la forme d’un éclair.

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Analyses
5 mars 2019

colorful magic

[Mars 2019]

Noël 2018 : je feuillète les nouveautés au rayon bande dessinée d’une grande librairie bordelaise. Dans mon dos, j’entends un vendeur assurer à une cliente que Moi, ce que j’aime, c’est les monstres repartira du prochain Festival international de la bande dessinée d’Angoulême couronné d’un prix. L’ouvrage figure dores et déjà parmi les meilleures ventes du moment. Un mois plus tard, les 1,5 kilos de magie colorée d’Emil Ferris auront effectivement réussi à ensorceler le Grand Jury et recevront le Fauve d’or du meilleur album de l’année.

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