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Dictionnaire
20 mai 2019

dessin vivant

Mademoiselle Jeanne ne touche plus terre. Dans un état d’excitation extrême, qui semble provoquer une légère lévitation, elle dévore des yeux le dessin que Gaston est en train de graver au canif sur un marronnier. Les premiers signes apparaissent sur l’écorce : ce sont les initiales de Gaston et de Jeanne et il semble que Gaston entame le dessin d’un cœur les enserrant… Dans un état d’excitation croissante, Mademoiselle Jeanne regarde le dessin qui advient, elle minaude, elle sautille… avant de déchanter dans la dernière case du strip. Le dessin est fini et il n’est pas du tout conforme à ses espoirs : ce qui aurait pu devenir un cœur entourant les initiales des deux amoureux est finalement le portrait grossier d’un bonhomme aux yeux bigleux et aux oreilles décollées.
Dans ces six cases de Franquin, on peut reconnaître toutes les composantes de l’expérience du dessin vivant. Mais avant d’aller plus loin, il convient de définir cette notion.

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20 mai 2019

théâtre

Théâtre et bande dessinée ont une histoire commune qui remonte au XIXe siècle. Inventeur de la littérature en estampes, Rodolphe Töpffer était aussi un auteur dramatique. Dans les mêmes années qui le virent composer ses albums, il écrivit quelque huit pièces, des comédies jouées dans la pension qu’il dirigeait à Genève, dans lesquelles il figurait lui-même en tant que comédien. Ses talents d’acteur comique régalaient ses proches. On imagine qu’il se souvenait des moyens de produire tel ou tel effet sur le public quand il dessinait ses personnages et inventait pour eux des saynètes bouffonnes.

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20 mai 2019

critique

La critique de bande dessinée s’est développée beaucoup plus tard que le médium lui-même. Pendant des décennies, les bandes dessinées ont été produites, ont circulé, ont été lues par des millions de lecteurs, sans donner lieu à aucune appréciation, aucun jugement, aucune médiation. Sauf, naturellement, les critiques adressées à la BD en tant que telle par les éducateurs, longtemps hostiles, par principe, à cette « sous-littérature » accusée de tous les vices (Morgan, 2003, livre deux).
Pour un regard plus sérieux et plus ouvert, il faut attendre les prémices du mouvement bédéphile. En France : quelques articles épars, de Robert Champigny (sur Pogo, dans Critique en février 1957), d’Edgar Morin (« Tintin, le héros d’une génération », La Nef No.13, 1958), de Robert Benayoun ou de Claude Beylie (qui fut le premier à utiliser le terme de « neuvième art », dans Lettres et médecins, en mars 1964), notamment, sans oublier les premiers essais en librairie : Le Petit Monde de Pif le chien (1955), de Barthélemy Amengual, Le Monde de Tintin (1959), de Pol Vandromme, Bande dessinée et culture (1966), d’Evelyne Sullerot – mince volume dont j’ai pu écrire qu’il marquait peut-être la naissance d’une théorie esthétique de la bande dessinée. Tout cela est aujourd’hui bien connu.

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20 mai 2019

amour

Quand on demanda à Yslaire les raisons du succès de Sambre, il répondit : « Il y a eu peu d’histoires d’amour racontées en bande dessinée. Sambre était pratiquement la première. (…) Ce n’est toujours pas un genre très visité. » (La Légende des Sambre, Glénat, 2003, p. 94).
Cette réponse est à la fois vraie et fausse. Vraie car, sauf sous la forme des romance comics et, plus récemment, des shôjo mangas, la bande dessinée n’a justement pas érigé la catégorie des « histoires d’amour » en genre, à côté du récit historique, fantastique, policier ou de super-héros. Vraie aussi pour la simple raison que, dans l’espace francophone, la production s’est longtemps adressée prioritairement à l’enfance et que la sous-représentation des personnages féminins y était de règle. On ne peut, par ailleurs, qu’être frappé par le nombre d’ouvrages (essais ou « beaux livres » à l’imagerie racoleuse) consacrés à l’érotisme dans la bande dessinée (c’est alors la production moderne pour adultes qui est concernée), alors que le thème de l’amour, lui, n’a guère été étudié en tant que tel. 
Yslaire se trompe pourtant, dans la mesure où, depuis un quart de siècle, l’amour tient une place de plus en plus importante dans les fictions dessinées. Il est, par exemple, le thème obsessionnel d’un Bastien Vivès, depuis les albums qui l’ont révélé, Le Goût du chlore (2008) et Dans mes yeux (2009). Mais on n’aura garde d’oublier que Töpffer déjà, dans l’histoire des Amours de Mr Vieux Bois (1837), s’était attaché à peindre un coup de foudre et une passion aveugle. Le héros, longiligne et sec comme son nom l’indique, s’enflammait pour une inconnue rencontrée à la promenade. Pour les beaux yeux de « l’Objet aimé » (qui restera anonyme et muette), il se métamorphosait en une caricature d’amoureux transi, passant de la plus grande exaltation au plus profond désespoir. Quelques décennies plus tard, le Sapeur Camember de Christophe courtisait et finissait par épouser la bonne et cuisinière du colonel, Mam’selle Victoire, ce « soleil resplendissant de toutes les vertus domestiques ».

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20 mai 2019

galerie

Les galeries spécialisées en bande dessinée connaissent aujourd’hui un développement spectaculaire. Si leur origine remonte aux années 1970, l’ouverture de la plupart d’entre elles est postérieure aux années 2000 et concentrée dans les cinq dernières années. 
L’année 2013 aura vu à Paris l’apparition de trois d’entre elles : la galerie Glénat, la galerie Champaka ainsi que la galerie BD Artwork, une galerie virtuelle qui organise des expositions dans des lieux variés. À l’heure actuelle, Paris compte au moins une quinzaine de galeries spécialisées (Martel, Oblique, 9e art, Huberty & Breyne — anciennement Petits Papiers —, Barbier et Mathon, Napoléon, Jean-Marc Thévenet, Daniel Maghen, Anne Barrault, Julien Brugeas, etc.), et il ne faut pas oublier les galeries belges (Petits Papiers, Slomka, Brüsel, Thierry Goossens, etc.) ou suisses. Le milieu, en pleine effervescence, connaît une concurrence importance : les galeries déménagent, se rénovent, s’agrandissent, se spécialisent et innovent pour s’assurer de rester à la pointe du marché. En dépit de leur succès, elles ne sont pourtant pas à l’abri de la faillite : la Gallery, par exemple, fondée à Paris par le montréalais Laurent Imbert, a brutalement fermé en 2011.

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