Il ne sera pas question ici des grands genres hérités de l’Antiquité grecque (le drame, l’épopée, l’œuvre lyrique), ni de la tragédie, du sonnet, de la fable, de l’élégie..., qui sont les genres généralement évoqués par les théoriciens de la littérature « sérieuse ».
Dans le domaine de la bande dessinée, j’ai cru reconnaître dans le voyage, le merveilleux et la bêtise les trois thématiques dominantes de la production du XIXe siècle, qui était essentiellement satirique (Groensteen 1998 : 16). Avec les débuts du comic strip américain, on voit perdurer le merveilleux, qui trouve son fleuron en Little Nemo in Slumberland, mais de nouveaux genres émergent : le kid strip (ces enfants turbulents que sont les Katzenjammer Kids, Buster Brown ou Bicot, tous héritiers des Max und Moritz de Busch), le family strip (centré sur la vie du couple et l’univers domestique, que celui-ci soit calme et pacifique ou, au contraire, dévasté par la guerre conjugale), le sport strip (la boxe et les courses hippiques sont particulièrement prisées) ou encore le funny animal strip, pour ne citer que ceux-là.