[Juillet 2019]
On a toujours cru que les stylèmes, pour utiliser un néologisme qui nous semble important dans l’analyse critique de la BD, étaient le propre de l’artiste graphique, reléguant le scénariste à une espèce de support scriptural de ce style propre d’un dessinateur ou d’un autre. Certes, Royo, Laura, Kim, Keko, pour ne citer que les plus connus des collaborateurs d’Antonio Altarriba, ont une personnalité indéniable qui fait qu’on les reconnaît au premier coup d’œil. Mais les scénarios d’Altarriba sont eux aussi parfaitement identifiables dès la première vignette, dès le titre même, tellement ses stylèmes reviennent à chaque album, à chaque roman graphique.