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Rencontre et dédicaces avec Léa Murawiec - "Bon Débarras"

Après le succès du Grand Vide, que la Cité avait accompagné avec l’École européenne supérieure de l’image (ÉESI) et Magelis, Léa Murawiec revient avec Bon Débarras, une bande dessinée sur le deuil et la mémoire.

© Éditions 2042- Léa Murawiec

Chez Léa Murawiec, les choses débordent toujours un peu. Dans Le Grand Vide, les êtres disparaissaient lorsque l’’on cessait de penser à eux. Dans Bon Débarras, au contraire, les morts restent partout. Dans les objets qu’ils ont touchés, dans les habitudes qu’ils laissent derrière eux, dans les familles qui continuent de s’organiser autour de leur absence comme autour d’un meuble impossible à déplacer. Alors il faut des passeurs. Des « reliquaires ». Des personnes chargées d’accompagner les vivants dans cette drôle d’opération : trier ce qui mérite d’être conservé de ce qu’il faudrait enfin laisser partir. 

Bon Débarras est un livre qui parle moins de la mort que de ce qui lui résiste. Les objets. Les maisons. Les habitudes. Les souvenirs. Tout ce qui continue de vivre un peu après nous. Mais ce qui frappe, c’est la façon dont cette histoire devient matière. Les cases débordent, les objets envahissent les corps, les intérieurs semblent saturés de souvenirs. Et puis soudain, quelque chose s’ouvre. Un silence. Une douceur étrange. Une main qu’on serre avant de mourir. 

Le talent de Léa Murawiec est peut-être là : faire de la mémoire une matière vivante. Avec ses noirs profonds, ses formes extensibles et ses architectures impossibles, son dessin cherche constamment l’équilibre entre la surcharge et le vide. Les objets prennent vie, les maisons retiennent quelque chose de ceux qui les ont habitées, les vivants apprennent à composer avec les absents. Rien n’est tout à fait figé, rien n’est tout à fait perdu.

LÉA MURAWIEC

Diplômée de l’école Estienne en 2015, Léa Murawiec part l’année suivante en Erasmus à Shanghai. Une expérience qui marque le regard et le style de cette fan absolue de mangas. Elle poursuit ses études en passant à la bande dessinée à l’EESI à Angoulême. Parallèlement, elle cofonde Flutiste, un des collectifs de microédition les plus fous de sa génération (elle y publie, en 2022, Semi Science Fiction ). Avec Le Grand Vide, sa première bande dessinée, sortie en 2020 aux Éditions 2042, elle s’impose comme une révélation majeure. Traduite dans une dizaine de langues, multirécompensée (Prix du Public France Télévisions au FIBD 2022, Mention Comics Young Adult à Bologne, Prix Révélation Ignatz...), elle collectionne donc les breloques. Une source d’inspiration pour Bon Débarras ?

© éditions 2042