Métamorphoses héroïques - Quand les héros de la BD prennent corps
La Cité Internationale de la Bande Dessinée et de l’Image d’Angoulême accueille à partir du 9 avril 2026 la collection de sculptures imaginées et réalisées par Samuel Boulesteix.
© Juliette Jimenes
Samuel Boulesteix transforme des figures emblématiques de la bande dessinée en œuvres tridimensionnelles. Ses sculptures ne se contentent pas de reproduire : elles interprètent, densifient et incarnent des icônes familières, offrant au spectateur une expérience nouvelle entre reconnaissance et étrangeté. Dans cet espace, le trait s’épaissit, l’image devient présence, et le héros quitte la page pour exister dans le volume.
© François Passerini
« La pop culture m’a toujours fasciné, ses styles, ses mondes, son énergie : un vivier inépuisable. Très tôt, j’ai choisi la sculpture comme langage, et ce sont les personnages de bande dessinée qui m’ont ouvert le plus grand territoire. Tout l’intérêt qu’il y a à passer du narratif à la statuaire se joue lors de la transposition. Lors du changement de langage — tout le défi étant de trouver le bon. La magie sur papier n’est pas celle du modelage, à chacun ses ficelles. Pour que cette transposition trouve à s’incarner pleinement, j’ai dû forger ma propre matière : le composite, dont la faculté d’hybridation m’a ouvert un champ inépuisable de possibilités. La rencontre du métal comme du minéral avec la résine permet d’épouser tous les styles, toutes les époques — ce dont regorge précisément ce vaste monde de la bande dessinée. Avant chaque modelage, j’ouvre un espace où se croisent des idées, des agencements, jusqu’à trouver un angle, une vision porteuse. Si la ressemblance est primordiale, elle n’est pas le seul gage de réussite. Car l’intérêt qu’on porte à une sculpture doit s’inscrire dans la durée. Une bande dessinée se lit puis se referme, un spectacle se quitte à la tombée du rideau, une sculpture, elle, ne se range pas. Elle reste là, à notre vue, éternellement. Inscrire nos chers héros de bandes dessinées dans une forme de postérité, voilà le défi que tente de relever chaque jour avec moi l’équipe de l’atelier Boulesteix Collection qui m’accompagne dans cette aventure faite à la fois d’art et d’artisanat d’art. De nos explorations du composite sont nées des matières innovantes, des alliages de bronze, de marbre, de terre cuite et de fer, tout un nuancier au service d’une vision utopique de ce que pourrait être la statuaire POP. »
Samuel Boulesteix
SAMUEL BOULESTEIX
Depuis l’adolescence, Samuel Boulesteix plonge régulièrement ses mains dans le chaudron magique de la pop culture pour en ressortir des sculptures de son interprétation.
En amoureux de la BD, du monde de la figurine, comme de la sculpture dans tous ses états, il fait se croiser les styles, toujours en recherche d’esthétique nouvelles, convaincu qu’il n’existe pas d’art qui soit mineur.
Depuis sa première sculpture para-BD en 2001, chaque nouveau projet est pour lui un laboratoire esthétique, une occasion de plus de transcender un personnage par son approche du volume.
© François Passerini






