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insensibles

France, Espagne, Portugal - 2012 - 1h45
sorti en France le 10 octobre 2012
interdit aux moins de 16 ans
film - version originale sous-titrée en français
de

Juan Carlos Medina

scénario : Luis Berdejo, Juan Carlos Medina
direction de la photographie : Alejandro Martinez
musique ou chansons : Johan Söderqvist
avec : Alex Brendemühl (David), Tomas Lemarquis (Berkano), Irene Montala (Anais), Silvia Bel (Judith), Derek de Lint (professeur Holzmann), Bea Segura (infirmière Magdalena), Juan Diego (Adán)
séances : semaine du mercredi 6 février 2013
mercredi 6 jeudi 7 vendredi 8 samedi 9 dimanche 10 lundi 11 mardi 12
21:00*
séance spéciale :
* "Hantises hispaniques" mardi 12 - 21:00 en présence de Juan Carlos Medina soirée organisée en partenariat avec Hidden circle tarif préférentiel 2 films 7 € (voir fiche du film "L'Esprit de la ruche")

synopsis

A la veille de la guerre civile espagnole, un groupe d’enfants insensibles à la douleur est interné dans un hôpital au cœur des Pyrénées. De nos jours, David Martel, brillant neurochirurgien, doit retrouver ses parents biologiques pour procéder à une greffe indispensable à sa survie. Dans cette quête vitale, il va ranimer les fantômes de son pays et se confronter au funeste destin des enfants insensibles...

notes de production

Avec Insensibles, l’Espagnol Juan Carlos Medina signe son premier long métrage.
Pour le réalisateur, le message de son film repose sur la capacité d’accepter la souffrance : ce qu’elle nous fait entrevoir de la vérité et comment elle nous construit. C’est à la découverte de cette maladie qui rend insensible à la douleur, que le film a trouvé des bases solides de narration, encrant le scénario dans quelque chose de plus physique, de plus viscéral. Donc forcément de plus adapté à un traitement cinématographique.

C’est la rencontre du réalisateur avec Luiso Berdejo qui a permis au projet de voir le jour. En effet, Juan Carlos Medina a commencé l’écriture de son scénario en 2003, mais aucune de ses versions n’arrivaient à le satisfaire. Lors d’un festival, il a rencontré le scénariste à qui l’on doit le terrifiant [●Rec] (1), et lui a alors proposé une collaboration sur Insensibles.
(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/REC_(film)

Le régime franquiste est une période douloureuse de l’histoire espagnole. De ce fait, il y a encore peu de films qui traitent de cette époque. Le terrain a pourtant été ouvert par Guillermo del Toro avec L’Echine du diable (2) et avec Le Labyrinthe de Pan (3), en mêlant le surnaturel à la réalité brute de la guerre civile.
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/L’%C3%89chine_du_Diable
(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Labyrinthe_de_Pan

Les essais pour trouver les acteurs se sont déroulés pour la plupart à Barcelone vers la fin du mois de février 2011, mais les derniers acteurs ont été trouvés seulement deux semaines avant le début du tournage. Si certains comédiens viennent du théâtre national de Catalogne, Tomas Lemarquis a été repéré par le réalisateur grâce à son rôle dans Nói albínói (4), un film islandais de Dagur Kari.
(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%B3i_l’albinos

Jouant à la fois sur le registre du drame, de la politique, de la guerre et de l’horreur, Juan Carlos Medina espère faire réfléchir et procurer un choc esthétique chez le spectateur.

Le comédien Tomas Lemarquis a dû subir près de six heures de maquillage pour tourner la scène finale. Pour les besoins du tournage, il a même accepté de dormir avec ce maquillage toute une nuit. Seulement, sa peau a fait une réaction allergique et les fausses scarifications y sont restées gravées durant plusieurs jours.

Les prises de vue en extérieur ont été effectuées durant le mois de juillet 2011 en Catalogne puis à Canfranc, près des Pyrénées, du côté espagnol. Le tournage en intérieur a duré quatre semaines, pendant lesquelles l’équipe a investi un ancien hôpital construit sous le régime de Franco, près de Barcelone.

Avec un tel sujet, le réalisateur ne pouvait pas éviter quelques scènes de violence. Comme il en témoigne : il fallait un traitement frontal, traumatisant. Mais pour Juan Carlos Medina, la violence, ici, appartient plus au domaine du rêve ou du cauchemar.

Le réalisateur avoue avoir été très marqué par Requiem pour un massacre (5) de Elem Klimov, dans lequel le spectateur découvre la guerre à travers les yeux d’un enfant. Mais c’est surtout dans L’Esprit de la ruche (6) tourné en 1973, que Juan Carlos Medina a puisé son inspiration, utilisant la monstruosité de façon métaphorique.
(5) http://fr.wikipedia.org/wiki/Requiem_pour_un_massacre
(6) http://www.citebd.org/spip.php?film228

Le réalisateur Juan Carlos Medina a utilisé la toute dernière génération de caméra numérique, la Arri Alexa (7), pour faire son film. C’est notamment avec cet appareil que Lars von Trier a tourné Melancholia (8) et que Nicolas Winding Refn a réalisé Drive (9).
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Arri_Alexa
(8) http://www.citebd.org/spip.php?film739
(9) http://www.citebd.org/spip.php?film753

Irene Montala et Félix Gómez ont tourné ensemble dans la série Herederos (10), où l’histoire de la famille Orozco est rythmée par les trahisons et par la course à l’héritage. Les deux acteurs se sont donné la réplique durant la saison 2 et la saison 3, entre 2008 et 2009.
(10) https://es.wikipedia.org/wiki/Herederos

Thriller, film de terreur, mélodrame fantastique ? Difficile de catégoriser cet Insensibles, premier film de Juan Carlos Medina. Et c’est sûrement ce qui a poussé l’ancien critique François Cognard (11) à produire ce long métrage (il est déjà ce producteur au nez creux du superbe Amer) (12). Ici on est surtout en terrain émotif, celui de l’histoire espagnole avec un grand H et de son douloureux passé. Une véritable corde sensible qui sert ici de réel argument à la différence d’un Balada triste (13), d’un L’Échine du diable (2) ou même d’un Labyrinthe de Pan (3) qui ne se servaient de la référence que pour mieux ancrer leur conte dans une certaine tangibilité. Insensibles déploie son funeste poème sur un héros en quête d’identité, véritable reflet de l’âme de son pays, ou quand le destin d’une nation se répercute des décennies après dans la vie d’un simple quidam. Comme une cicatrice jamais réellement cautérisée et qui se rouvrirait progressivement, laissant ainsi perler le sang d’une tragédie...
http://www.filmdeculte.com/cinema/film/Insensibles-4555.html
(11) http://www.revues-de-cinema.net/Critiques/FRA_COGNARD%20Francois_Biographie.php
(12) http://www.citebd.org/spip.php?film381
(13) http://www.citebd.org/spip.php?film1184

Entretiens avec Juan Carlos Medina
"Insensibles" a été projeté en France à l’occasion de festivals, à l’Étrange festival de Paris d’abord, puis à Lyon à l’occasion des "Séances hallucinées". Une question nous taraude alors comment avez-vous l’idée d’un tel film, d’où est-ce parti ?
Je voulais faire un film sur une figure représentative, une sorte d’incarnation du mal absolue historique des années de la guerre civile et de l’après-guerre civile en Espagne. Cette figure que l’on voit dans le film, ce monstre appelé « Berkano » est donc apparue assez vite lors de la conception du projet...
http://www.culturopoing.com/cinema/entretien-avec-juan-carlos-medina-realisateur-de-insensibles/20121009
Pensez-vous qu’à travers le sujet et le traitement à plusieurs niveaux qui en est fait dans le film, vous avez fait un premier long-métrage très ambitieux ?
Je ne me suis pas vraiment posé la question de savoir si le sujet est très ambitieux pour un premier film, c’est vraiment un film que j’avais besoin de faire. Je pense qu’il faut avoir de bonnes raisons de se battre pendant huit ans pour faire un film, les difficultés à surmonter sont énormes pour mettre un pied dans le monde du cinéma, que l’on vous fasse confiance avec un long-métrage quand vous n’avez réalisé que des courts... Il faut que le projet soit à la hauteur des efforts et des sacrifices consentis pour le mener à bien. Insensibles est l’aboutissement d’un long cheminement pour moi, mais ça en valait la peine. C’est un film qui m’a permis de raconter une histoire qui me tient vraiment à cœur et de mettre en œuvre bon nombre d’idées de mise en scène. J’ai souhaité que le film vous entraîne dans un univers complexe, dangereux, sombre, flamboyant...
http://www.cinespagne.com/interviews/2414-juan-carlos-medina-insensibles

Juan Carlos Medina
http://www.imdb.com/name/nm0575726/

Luis Berdejo
http://www.imdb.com/name/nm1084937/

Alejandro Martinez
http://www.imdb.com/name/nm1830534/

Johan Söderqvist
Né à Täby (Suède) le 11 février 1966.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Johan_S%C3%B6derqvist

Alex Brendemühl
voir fiche du film Le Médecin de famille
http://www.citebd.org/spip.php?film1173

Tomas Lemarquis
voir fiche du film Snowpiercer, le transperceneige
http://www.citebd.org/spip.php?film1190

Irene Montala
Née le 18 juin 1976 à Barcelone.
http://www.imdb.com/name/nm0598890/

Silvia Bel
Née Sílvia Bel Busquet à Barcelone le 24 juin 1970.
https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%ADlvia_Bel

Derek de Lint
Né Dick Hein de Lint à La Haye le 17 juillet 1950.
http://www.imdb.com/name/nm0513190/

Bea Segura
http://www.imdb.com/name/nm1123309/

Juan Diego
http://www.imdb.com/name/nm0225921/

extrait(s) de presse

Critikat - "Insensibles" se révèle une expérience cinématographique puissante, une tentative brillante d'utiliser le genre horrifique pour exorciser le passé.
Ecran large - Juan Carlos Medina trace avec talent une toile implacable sous fond de fantastique...
Le Journal du dimanche - Attention, film choc! Pour son premier passage derrière la caméra, Juan Carlos Medina aborde frontalement un sujet encore douloureux en Espagne : l'horreur de la guerre civile et du franquisme.
L'Ecran fantastique - Juan Carlos Medina (...) témoigne d'une étonnante maturité, illustrant un scénario passionnant, (...) entraînant le spectateur dans des chemins de traverse d'autant plus inquiétants qu'ils touchent à la part la plus personnelle, la plus secrète : l'enfance.
Fiches du cinéma - Inclassable, perturbant, à la lisière du fantastique, ce premier film ambitieux impose Medina comme un conteur hors pair.
Les Inrocks - Une fresque historique et horrifique parfois confuse mais très belle.
Positif - Quelques belles scènes fantastiques et oniriques initient une aura de mystère qui ne fera que croître.
Le Monde - Le premier long métrage de Juan Carlos Medina vaut surtout pour une noirceur habilement travaillée et une certaine manière de montrer la quête du personnage principal comme un cauchemar oppressant et sans issue.