Waste land (documentaire) - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
familles et jeune public groupes scolaires et parascolaires visiteurs en situation de handicap
FR | EN
accueil > à l'affiche au cinéma > Waste land (documentaire)

Waste land (documentaire)

Gb, Brésil - 2010 - 1h38
Prix du public Sundance 2010 Prix Amnesty international Berlin 2010
documentaire - version originale sous-titrée en français
de

Lucy Walker

direction de la photographie : Heloisa Passos
musique ou chansons : Moby
séances : semaine du mercredi 17 octobre 2012
mercredi 17 jeudi 18 vendredi 19 samedi 20 dimanche 21 lundi 22 mardi 23
20:30*
séance spéciale :
* ciné mardi soirée-débat en partenariat avec le Collectif du 17 octobre, journée du refus de la misère tarif unique 3,5 €

synopsis

Dans la plus vaste décharge du monde, l’artiste brésilien Vik Muniz de Brooklyn (où il vit), retrouve son Brésil natal pour un projet artistique inédit : photographier les « catadores » (les ramasseurs de déchets recyclables) dans des mises en scènes composées à partir d’objets et matériaux rescapés des poubelles. Tout au long de cette aventure, le projet va prendre une toute autre dimension. Au fur et à mesure de sa collaboration avec ces personnages hors du commun, Vik va saisir tout le désespoir et la dignité des catadores, alors même qu’ils parviennent à réinventer leur vie en prenant part à son œuvre d’artiste...

notes de production

Produit par Fernando Meirelles et rythmé par les mélodies de Moby, le film de Lucy Walker propose une réflexion sur la responsabilité de l’artiste envers son environnement et sur l’idée utopique qu’une œuvre peut parfois changer une vie.
Waste land nous offre la preuve éclatante du pouvoir de l’art, au delà de la frénésie des cotes des artistes contemporains, redonnant ainsi un nouveau sens à la valeur de l’œuvre.

L’artiste Vik Muniz fait des portraits des catadores, ceux qui vivent de la collecte dans la décharge. Lucy Walker parle de son travail : Vik joue entre les niveaux de proximité et de distance, entre le matériel utilisé et l’idée véhiculée, entre les coups de pinceau et la scène dépeinte sur la toile. (...) Vik veut que ces portraits servent de miroir dans lesquels les catadores peuvent se refléter. L’idée de facteur humain est au coeur des portraits et de mon film.

Lucy Walker nous explique l’implication de Vik Muniz dans son documentaire : dans Waste land, Vik Muniz s’interroge sur les éventuelles blessures que pourrait causer le changement de mode de vie que son projet artistique offre ponctuellement aux catadores, comme une parenthèse enchantée fadce à leur quotidien plutôt terrible.

La réalisatrice Lucy Walker a suivi pendant trois ans l’artiste Vik Muniz dans sa volonté de partager la vie des catadores, ces Brésiliens qui vivent dans la décharge Jardim Gramacho, la plus grande du monde, et qui recyclent les déchets pour les transformer en œuvres d’art. Cette longue période permettait à la cinéaste de suivre la métamorphose des catadores et de faire un parallèle entre leur processus de création artistique et leur propre évolution qui, prenant part à l’action de Muniz et au film, se façonnent aussi une vie nouvelle.

J’ai toujours été intéressée par les problèmes liés aux déchets. La difficulté de s’en débarrasser, ce qu’ils disent de nous, pourquoi ils nous dérangent. Leur masse, leur diversité mais aussi leur destination finale. C’est de cet intérêt que naît dans la tête de Lucy Walker l’envie de faire ce film, Waste land, sur une décharge brésilienne, un projet auquel elle pense depuis qu’à l’université de New York, elle se lie avec Robin Nagle, professeur d’un de ses cours de cinéma qui a pour thématique les ordures.

Lucy Walker se souvient très bien de la première fois où elle s’est rendue dans une décharge, une vision qui ne l’a jamais quittée et qui l’a guidée pour faire son documentaire : Robin nous a emmenés visiter la décharge de Fresh Kills, archi connue depuis pour être le lieu de dépôt des débris du World Trade Center. L’endroit était terrifiant : des clôtures de partout, des quantités cauchemardesques de sacs plastiques, des dégagements réguliers de méthane, des amas gigantesques de déchets. Les montagnes d’ordures étaient plus hautes que la Statue de la Liberté. Cà et là des rats, des mouettes des chiens... Et une odeur putride...

Vik Muniz est né en 1961 dans une famille ouvrière à Sao Paulo. Jeune homme, il s’est fait tirer une balle dans les jambes alors qu’il essayait de s’interposer dans une bagarre. Assuré, il a reçu une compensation financière pour ses blessures et a utilisé cet argent pour partir à New York où il vit et travaille depuis lors. Il a commencé sa carrière comme sculpteur mais s’est intéressé peu à peu à la photographie, à travers les photos de son oeuvre d’abord, puis à part entière. Dès lors, il mêle nombre de différents matériaux dans son processus photographique. Son travail rencontre à la fois la critique et le public et est exposé à travers le monde, notamment au Musée d’Art Moderne de Rio où il enregistre le deuxième taux de fréquentation après Picasso. C’est là que Vik eu l’idée de commencer sa série de photographies autour des déchets.

Jardim Gramacho, la décharge gigantesque dans laquelle sont tournées de nombreuses scènes du film est la plus grande du Brésil et une des plus grandes au monde. Elle est à l’ombre de la fameuse statue du Christ Rédempteur, qui, trônant en haut du pain de sucre, lui tourne le dos. Ce site reçoit plus d’ordures par jour qu’aucun autre au monde (7000 tonnes arrivent, produisant 70% des déchets de Rio et de toute l’étendue alentour).
Créée en 1970 comme une usine de tri sanitaire, cette étendue de terrain devint vite le repaire d’une large communauté anarchique de charognards pendant la crise économique des années 1970-1980. Ces catadores comme on les appelle, collectent et vendent du métal écharpé ainsi que des matériaux recyclables. Ils s’établirent bientôt de façon fixe, dans une favela (prenant le nom de Jardim Gramacho) surplombant la décharge comptant aujourd’hui 13000 habitants tous entièrement dépendants de l’économie née du marché des déchets.
En 1995, le département de santé de Rio tenta de réhabiliter le terrain et officialisa le métier de catador, accordant des permis à certains tout en renforçant les règles de sécurité, interdisant par exemple la présence d’enfants dans la décharge.
Aujourd’hui, ce sont près de 3000 catadores qui travaillent sur le terrain (bien que seulement 1752 soient officiellement inscrits), déplaçant 200 tonnes de matériaux recyclables par jour. La décharge doit fermer en 2012 et des Ong se battent pour soutenir les catadores en leur enseignant un autre métier.

C’est l’artiste électro Moby à qui l’on doit les tubes Play, Porcelain ou encore Natural blues, qui a composé les musiques de Waste land. Ce n’est pas la première fois que le musicien participe à un film puisqu’il s’est fait connaître du public international en remixant le thème mythique de James Bond de John Barry pour Demain ne meurt jamais avant de composer les bandes originales des films Go et Southland tales. Il a rencontré Lucy Walker à New York, où, pendant ses études, la réalisatrice travaillait aussi comme musicienne et Dj.

Waste land a été sélectionné dans nombre de prestigieux festivals et a récolté quelques prix. Il a été nommé lors de la 83ème cérémonie des Oscar dans la section Meilleur film documentaire.

Lucy Walker
http://www.toutlecine.com/star/biographie/0025/00251241-lucy-walker.html

Moby
Né Richard Melville Hall le 11 septembre 1965 à New York.
Artiste de musique électronique, multi-instrumentiste, il chante et joue de la guitare, des claviers, de la basse et des percussions...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Moby

extrait(s) de presse

La Croix - "Wasteland" surgit sur l'écran comme une oeuvre inoubliable qui transfigure le spectateur lui-même, emporté par des vagues d'émotion et de reconnaissance pour cet artiste magnifique...
Le Figaro - Un documentaire saisissant.
Le Point - Le projet de Muniz est surtout l'occasion de pénétrer un très étonnant univers qui est d'abord un décor cinématographique hallucinant...
Les Inrocks - Lucy Walker filme cette aventure avec empathie...
L'Express - "Waste land" raconte une belle aventure humaine...
L'Humanité - Lucy Walker filme en vérité avec une granulosité idoine...
Libération - "Waste land" tient toute sa promesse.
Positif - L'histoire est édifiante, les personnages sont admirables...