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Vous n’avez encore rien vu

France - 2012 - 1h55
Compétition officielle Cannes 2012
film - film francophone
de

Alain Resnais

scénario : Laurent Herbiet, Alex Reval
d'après l'oeuvre de : Jean Anouilh
direction de la photographie : Eric Gautier
musique ou chansons : Mark Snow
avec : Mathieu Amalric (lui-même), Pierre Arditi (lui-même), Sabine Azéma (elle-même), Jean-Noël Brouté (lui-même), Anne Consigny (elle-même), Anny Duperey (elle-même), Hippolyte Girardot (lui-même), Gérard Lartigau (lui-même), Michel Piccoli (lui-même), Denis Podalydès (Antoine d'Anthac), Michel Robin (lui-même), Jean-Chrétien Sibertin-Blanc (lui-même), Michel Vuillermoz (lui-même), Lambert Wilson (lui-même)
séances : semaine du mercredi 26 septembre 2012
mercredi 26 jeudi 27 vendredi 28 samedi 29 dimanche 30 lundi 1er mardi 2
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séances : semaine du mercredi 3 octobre 2012
mercredi 3 jeudi 4 vendredi 5 samedi 6 dimanche 7 lundi 8 mardi 9
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séances : semaine du mercredi 10 octobre 2012
mercredi 10 jeudi 11 vendredi 12 samedi 13 dimanche 14 lundi 15 mardi 16
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séances : semaine du mercredi 17 octobre 2012
mercredi 17 jeudi 18 vendredi 19 samedi 20 dimanche 21 lundi 22 mardi 23
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synopsis

"Je vous appelle pour vous apprendre une effroyable nouvelle. Votre ami Antoine d’Anthac est mort". C’est en substance le message que reçoivent successivement Lambert Wilson, Sabine Azema, Pierre Arditi et le reste de la troupe conviée par Resnais pour son nouveau film. Chacun joue son propre rôle et tous se retrouvent, selon la volonté du défunt. Surtout, tous ces acteurs ont joué – nous dit-on – la pièce Eurydice écrite par d’Anthac (Denis Podalydès). S’ils sont réunis, c’est pour regarder la captation d’une mise en scène de cette pièce par une troupe de jeunes comédiens inconnus "La Compagnie de la colombe". Ils devront décider à l’issue de la représentation si cette pièce mérite en effet d’être encore jouée…

notes de production

Vous n’avez encore rien vu signe la neuvième collaboration entre le cinéaste Alain Resnais et l’actrice Sabine Azéma, qui travaillent ensemble depuis leur rencontre en 1983 ! André Dussolier et Pierre Arditi sont eux aussi des habitués, avec respectivement sept et huit films tournés sous la houlette du réalisateur !

Outre les onze acteurs avec qui il a déjà collaboré, Alain Resnais a fait appel à des comédiens avec lesquels il n’a pas eu l’occasion de tourner auparavant tels que Denis Podalydès, Andrzej Seweryn, Hippolyte Girardot et Michel Robin : j’avais été fasciné par le phrasé de Denis Podalydès dans les films de Bruno Podalydès ou d’Arnaud Desplechin, par son côté caméléon quand il fait des lectures de livres à la radio. J’avais admiré Hippolyte Girardot dans Rois & reine et Un conte de Noël de Desplechin ou dans Lady Chatterley de Pascale Ferran. Andrzej Seweryn était extraordinaire par exemple en Dom Juan dans la pièce de Molière. J’ai vu Michel Robin sur scène ou en coulisses je ne sais combien de fois depuis ses rôles chez Roger Planchon à la fin des années 50, partage-t-il.

Vous n’avez encore rien vu réunit deux pièces de Jean Anouilh suite à une suggestion de Laurent Herbiet. Le scénariste a en effet proposé de composer un scénario à partir d’Eurydice et d’une autre pièce du même auteur qui n’est autre que Cher Antoine ou l’amour raté. En montrant le lien entre les deux pièces, Alain Resnais a présenté son film en disant : Eurydice serait alors une pièce du dramaturge Antoine d’Anthac, cet éternel insatisfait qui doute de lui et ne se sent pas aimé.

Même si le film est officiellement inspiré de la pièce Euridyce de Jean Anouilh, il s’agit en réalité d’une adaptation très libre, qui pourrait davantage s’apparenter à un hommage.

La première fois qu’Alain Resnais a vu la représentation d’Eurydice de Jean Anouilh au théâtre a été très marquante : j’ai assisté à la création d’une vingtaine de ses pièces depuis la fin des années 30. En sortant d’Eurydice au théâtre de l’Atelier il y a soixante-dix ans, j’étais si ému que j’ai fait le tour de Paris à bicyclette et que j’ai revu la pièce la semaine suivante, confie-t-il. Après avoir lu plusieurs pièces d’auteurs différents pour le projet de ce film, le réalisateur a fini par choisir Anouilh en se rappelant cette émotion.

Vous n’avez encore rien vu présente un film dans le film. En effet, les acteurs sont invités à visionner une captation de la pièce de théâtre Eurydice, jouée par la troupe de jeunes la Compagnie de la Colombe. Alain Resnais a préféré confier la réalisation de cette captation à Bruno Podalydès : c’était une expérience, un jeu. Si j’avais dû inventer moi-même cette mise en scène théâtrale d’une jeune troupe de 2012, j’aurais eu l’impression de tricher, je n’aurais pas été sincère. Il était plus stimulant de le demander à un confrère et ami proche de cette génération. L’acteur-réalisateur s’est alors chargé de la captation avec beaucoup de liberté : le pari qui m’amusait, c’était d’attendre le montage pour découvrir comment ses images et les miennes se rencontreraient, ajoute Resnais. Podalydès a réalisé une captation de la pièce complètement indépendante du film et qui dure en réalité 28 minutes.

Avant de filmer la représentation théâtrale d’Eurydice, Bruno Podalydès a essayé de se familiariser avec les troupes de jeunes en allant au Festival d’Avignon. Il a ensuite rejoint Resnais en Bretagne pour discuter avec lui de ses idées de mise en scène : la Compagnie de la Colombe devait être une troupe débutante, sans moyens mais avec de l’envie. À l’intérieur de ce cadre, Alain voulait que je dispose de la plus grande liberté et que la captation ne ressemble en rien à ce qu’il allait tourner. Nous avons passé quatre beaux après-midi à relire le scénario et à parler à bâtons rompus, rapporte Podalydès.

Bruno Podalydès a choisi des jeunes comédiens novices dans le domaine parmi lesquels on trouve des stagiaires de la Comédie Française et des jeunes du Conservatoire. Il a aussi fait appel à Vimala Pons avec laquelle il a joué dans un court métrage de Baya Kasmi peu de temps avant ce tournage : j’ai aussi réuni une jeune équipe technique, ce qui me paraissait indispensable pour mieux nous mettre dans la peau de la Compagnie de la Colombe. Nous avons tourné en cinq jours, à une cadence rapide, quelques semaines avant le tournage d’Alain. J’ai filmé un peu plus que ce qui était strictement nécessaire, de façon que les comédiens entrent dans l’action demandée et en sortent le plus naturellement possible, partage Podalydès à propos de cette expérience.

La représentation d’Eurydice qui a été filmée par Bruno Podalydès n’a pas eu lieu sur une scène théâtrale. Tout s’est passé dans des entrepôts déserts : je cherchais un type de friches industrielles qu’une commune aurait pu prêter à une jeune troupe pour qu’elle y installe un décor provisoire. Ce devait être un lieu de répétitions presque dû au hasard. Ces entrepôts, c’était un espace gigantesque qui offrait quantité de possibilités et qui poussait les acteurs au jeu théâtral (...) Je suis allé chercher les bidons qui étaient dans l’entrepôt d’à côté pour en faire le comptoir du buffet de la gare, décrit le metteur en scène.

Avec l’aide des conseils de François Philippi, superviseur des effets spéciaux, Bruno Podalydès a fait fabriquer un pendule de Foucault spécialement pour le film : je tenais à ce que le pendule soit autonome, qu’il mène sa vie, que les comédiens s’écartent pour le laisser passer. Quel que soit le rythme de la scène, il y avait, visible, un temps objectif, inéluctable, explique-t-il.

À l’occasion de Vous n’avez encore rien vu, Alain Resnais a retrouvé le compositeur Mark Snow pour la troisième fois après avoir collaboré avec lui dans ses deux précédents films : Coeurs (2006) et Les Herbes folles (2009) : je voulais que la musique donne l’équivalent de l’hypnose dans laquelle les invités d’Antoine sont plongés par les souvenirs qui les assaillent. Mark Snow était donc idéal, explique le réalisateur.

Pendant le tournage du film, Resnais a mis des musiques de Mark Snow pour aider ses acteurs à plonger dans l’atmosphère voulue : le monteur Hervé De Luze et moi, nous avions aussi placé des morceaux de Snow sur le montage provisoire afin de mieux trouver le rythme du film, raconte le cinéaste. Lorsque le compositeur a vu le montage provisoire avec ses anciennes musiques, il s’est exclamé : si je comprends bien, il faut que je fasse encore mieux que moi-même !, ce qu’il a en effet, réussi à faire d’après le réalisateur.

Contrairement à certains cinéastes qui sillonnent la planète pour trouver le lieu de tournage idéal, Alain Resnais reste très attaché à la région parisienne et ses environs. Il a ainsi tourné son film dans les studios de Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis.

Pour Les Herbes folles, il était prévu que le réalisateur adapte une pièce de théâtre pour le producteur Jean-Louis Livi. En se mettant à lire des pièces de théâtre, le cinéaste est tombé par hasard sur le roman de Christian Gailly dont il s’est inspiré pour faire son film. La commande de Jean-Louis Livi a finalement été réalisée avec Vous n’avez encore rien vu.

Lorsqu’on a parlé d’œuvre testament pendant la conférence de presse de Vous n’avez encore rien vu, Alain Resnais a exprimé sa position : j’essaye toujours en faisant un film de ne pas penser au précédent, de ne pas me répéter, donc Si je m’étais rendru compte pour ce film que ça pouvait passer pour un espèce de testament, je crois que je n’aurais jamais eu ni l’audace ni l’énergie de le tourner.

Entretien avec Alain Resnais
Le titre du film est déjà un enchantement. Comment en êtes-vous arrivé là ?
Je dirais qu’il s’est faufilé tout seul dans la salle de montage. On l’a dit d’abord en blaguant puis c’est devenu une espèce de proverbe entre Hervé de Luze (le monteur, ndlr) et moi. On ne pensait pas du tout que ça allait rester...
http://www.ozap.com/actu/-vous-n-avez-encore-rien-vu-d-alain-resnais-l-equipe-du-film-repond-aux-journalistes/440987

Alain Resnais
Né le 3 juin 1922 à Vannes.
Passionné de photographie, de peinture, de bédé et de littérature, il tourne ses premiers courts métrages, dont une adaptation de Fantomas...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Resnais

Laurent Herbiet
Né à Annay le 9 août 1961.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Laurent_Herbiet
http://www.commeaucinema.com/personne/laurent-herbiet,23772

Jean Anouilh
Né le 23 juin 1910 à Bordeaux, décédé le 3 octobre 1987 à Lausanne
Son œuvre théâtrale commencée en 1932 est particulièrement abondante et variée...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Anouilh

Eric Gautier
Né le 2 avril 1961 à Paris.
Un des techniciens les plus représentatifs du jeune cinéma français...
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ric_Gautier_%28directeur_de_la_photographie%29

Mark Snow
Né Martin Fulterman le 26 août 1946 à New York.
L’une de ses compositions les plus célèbres est le thème de la série The X-Files...

Mathieu Amalric
Né le 25 octobre 1965 à Neuilly-sur-Seine.
Première apparition au cinéma en 1984 dans Les Favoris de la lune d’Otar Iosseliani...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mathieu_Amalric

Pierre Arditi
Né le 1er décembre 1944 à Paris.
Interprète fétiche du réalisateur Alain Resnais...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Arditi

Sabine Azéma
Née le 20 septembre 1949 à Paris.
Rencontre Alain Resnais qui va donner un tournant décisif à sa carrière...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Sabine_Az%C3%A9ma

Jean-Noël Brouté
Débute sa carrière au cinéma en 1984 avec Souvenirs, souvenirs de Ariel Zeitoun...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-No%C3%ABl_Brout%C3%A9
http://www.commeaucinema.com/personne/jean-noel-broute,15007

Anne Consigny
Née le 25 mai 1963 à Alençon.
Commence au théâtre à neuf ans dans une pièce de Jean-Louis Barrault aux côtés de Geneviève Page...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Anne_Consigny
http://www.lexpress.fr/styles/vip/anne-consigny-si-vous-etiez_749185.html

Anny Duperey
Née Anny Ginette Lucienne Legras le 28 juin 1947 à Rouen.
Nommée pour le César de la meilleure actrice dans un second rôle pour Un éléphant ça trompe énormément (1977)...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Anny_Duperey

Hippolyte Girardot
Né le 10 octobre 1955 à Boulogne-Billancourt.
Sa carrière cinématographique ne débutera qu’au début des années 80, notamment dans le film Le Bon plaisir de Francis Girod...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Hippolyte_Girardot

Gérard Lartigau
Né le 6 mars 1942 à Monaco.
http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9rard_Lartigau
http://www.imdb.com/name/nm0489311/

Michel Piccoli
Né le 27 décembre 1925 à Paris.
Remarqué dans Le Doulos de Jean-Pierre Melville, il est révélé au grand public avec Le Mépris de Jean-Luc Godard au côté de Brigitte Bardot...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Piccoli

Denis Podalydès
Né le 22 avril 1963 à Versailles.
Entre à la Comédie-Française en 1997...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Denis_Podalyd%C3%A8s

Michel Robin
Né le 13 novembre 1930 à Reims.
Grand prix d’interprétation du jury au Festival de Locarno pour Les Petites fugues d’Yves Yersin (1979)...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Robin

Jean-Chrétien Sibertin-Blanc
Né le 31 octobre 1960 au Luxembourg.
Frère de la réalisatrice Anne Fontaine...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Chr%C3%A9tien_Sibertin-Blanc
http://www.commeaucinema.com/personne/jean-chretien-sibertin-blanc,15348

Michel Vuillermoz
Né le 18 décembre 1962 à Orléans.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Vuillermoz
http://www.commeaucinema.com/personne/michel-vuillermoz,16659

Lambert Wilson
Né le 3 août 1958 à Neuilly-sur-Seine.
Débute en 1977 dans Julia, sous la direction de Fred Zinnemann...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Lambert_Wilson

extrait(s) de presse

L'Express - Un hommage au verbe, un hymne au cinéma, une déclaration d'amour au théâtre...
Télérama - On laisse aux futurs spectateurs le plaisir de découvrir le stratagème potache qui amène tous ces mots de désir et de désespoir dans la bouche d'acteurs n'ayant plus, en apparence, l'âge du rôle...
Evene - Le poète Resnais nous convie, une fois de plus, à une expérience de cinéma inédite, mélancolique mais facétieuse, à la fois sereine et surréaliste. Et c’est magnifique.
Le Point - Source d'inspiration du théâtre, le mythe d'Orphée et Eurydice l'est également pour le cinéma et, après Jean Cocteau, c'est au tour d'Alain Resnais de l'explorer au travers de "Vous n'avez encore rien vu"...
In the mood for... Cannes - Alain Resnais prouve une nouvelle fois qu’il peut réinventer encore et encore le dispositif cinématographique, nous embarquer là où on ne l’attendait pas...
Libération - "Vous n’avez encore rien" vu fuse d’intelligence et de bonté à propos des choses de l’art et de la vie...