Le Solitaire - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
familles et jeune public groupes scolaires et parascolaires visiteurs en situation de handicap
FR | EN
accueil > à l'affiche au cinéma > Le Solitaire

Le Solitaire

ciné répertoire
Thief / Violent streets
Usa - 1981 - 2h02
sorti en France le 20 mai 1981
Compétition officielle Cannes 1981
interdit aux moins de 12 ans
film - version originale sous-titrée en français
de

Michael Mann

scénario : Michael Mann
d'après l'oeuvre de : Frank Hohimer (The home invaders)
direction de la photographie : Donald E. Thorin
musique ou chansons : Tangerine dream, Craig Safan
avec : James Caan (Frank), Tuesday Weld (Jessie), Willie Nelson (Okla), James Belushi (Barry), Robert Prosky (Leo), Dennis Farina (Carl), William L. Petersen (gérant du bar Katz & Jammer), Tom Signorelli (Attaglia), Michael Paul Chan (serveur au restaurant chinois), John Kapelos (un mécanicien), Bruce A. Young (un mécanicien)
séances : semaine du mercredi 13 juin 2012
mercredi 13 jeudi 14 vendredi 15 samedi 16 dimanche 17 lundi 18 mardi 19
21:25
21:25
18:15
21:00
séances : semaine du mercredi 5 août 2015
mercredi 5 jeudi 6 vendredi 7 samedi 8 dimanche 9 lundi 10 mardi 11
14:00
14:00
14:00

synopsis

Après avoir passé de nombreuses années en prison, Frank n'aspire plus qu'à mener une vie tranquille avec sa femme et ses enfants. Mais sous l'influence néfaste de Leo, qui veut s'adjoindre ses services, Frank se laisse corrompre pour un dernier braquage, pensant que ses problèmes d'argent seraient ainsi résolus. Bien évidemment, sa version du rêve américain tourne au cauchemar…

notes de production

Violent streets qui apparaît le plus souvent comme titre original est en fait le titre de distribution en Grande Bretagne. Thief est bien le titre original étatsunien.

Le Solitaire marque les débuts de Michael Mann derrière la caméra pour le grand écran, ce dernier s’étant déjà illustré pour la télévision (1). Le metteur en scène commence d’ailleurs avec un polar, l’un de ses genres de prédilection, où il s’illustrera notamment avec Heat (2). James Belushi, qui n’était pas officiellement crédité dans Furie (3) de Brian De Palma, fait également ici ses débuts.
(1) En fait, un distributeur français avisé (Prodis) profite du passage du Solitaire à Cannes pour sortir simultanément (le 6 mai 1981) sur les écrans un film de tv (Comme un homme libre) (4). Interprété par Peter Strauss, The Jericho mile (son titre original) ne manque toutefois pas d’intérêt.
Gilles Marchal - la Cité
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Heat_(film,_1995)
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Furie_(film,_1978)
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Comme_un_homme_libre

Le film est basé sur le roman The Home invaders : confessions of a cat burglar de Frank Hohimer, nom de plume de John Seybold (1923-2005), un voleur de bijoux, qui, au moment du tournage, était encore en prison.

Pour préparer Le Solitaire, Michael Mann s’est entouré d’authentiques voleurs et officiers de l’ordre à qui il a d’ailleurs occasionnellement donné quelques rôles, essentiellement à contre-emploi, à l’image de Dennis Farina, policier dans le civil, mais criminel devant la caméra du réalisateur.
http://miami-vice.e-monsite.com/pages/content/guest-stars/john-santucci.html
Dans la scène d’ouverture, c’est un vrai coffre-fort estimé à 10 000 dollars que fracture James Caan à l’aide d’outils eux aussi authentiques fournis par l’ex-braqueur John Santucci (5), devenu conseiller technique sur le film.
(5) http://miami-vice.e-monsite.com/pages/content/guest-stars/john-santucci.html

Le Green mill (6), bar possédé par James Caan dans le film, est l’un des plus vieux établissements de Chicago. Il fut, à l’époque, fréquenté par Charlie Chaplin (7), William S. Hart (8) et Wallace Beery (9).
Images et loisirs
(6) http://www.yelp.fr/biz/green-mill-chicago
(7) http://www.citebd.org/spip.php?film1136
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/William_S._Hart
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/Wallace_Beery

Michael Mann est un précurseur et un touche-à-tout. Ses Deux flics à Miami (10), à la télé au début des années 80, est une série très en avance sur son temps, par ses choix de scénario et de mise en scène. Il est le premier à avoir montré à l’écran le personnage d’Hannibal Lecter dans Le Sixième sens (11) (Manhunter, 1986), bien avant la sortie du Silence des agneaux (12) (1991). Ceux qui ont vu et apprécié Drive (13) récemment (Nicolas Winding Refn, 2011) ne pourront s’empêcher de faire la comparaison avec ce Solitaire de trente ans d’âge.
Gilles Marchal - la Cité
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/Deux_flics_%C3%A0_Miami
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Sixi%C3%A8me_Sens_(film)
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Silence_des_agneaux_(film)
(13) https://fr.wikipedia.org/wiki/Drive_(film,_2011)

Michael Mann s’inscrit dans une lignée de cinéastes modernes (Fuller (14), Peckinpah (15), Eastwood (16), Scorsese (17)) dont les éclats lyriques s’accommodent ou se nourrissent de la dérision nihiliste. Avec une naïveté de bon aloi, il se trouve à son tour célébrer l’individualisme le plus désespéré, celui qui s’accomplit dans le martyre ou le solipsisme, l’acte gratuit ou le suicide déguisé. Le rêve américain se réduit ici au collage réalisé par James Caan en prison, sorte de programme vital dont il détruira lui-même les composantes (l’épouse, les enfants, la villa en banlieue, une activité légitime...) après les avoir patiemment rassemblées. Cassé du dedans, le solitaire pourrait appartenir à la tribu de ces losers eastwoodiens qui croient circonvenir un système honni en en détournant les règles à leur profit. Les moralités paradoxales de Fuller ne sont pas si loin lorsque la fiction télescope, sans se soucier de vraisemblance, des réalités hétérogènes ou des signes contradictoires : le baptême du bébé dans le restaurant chinois et la tirade passionnée de James Caan à l’assistance publique ne dépareraient pas, respectivement, The Crimson kimono (18) et The Naked kiss (19)...
Thief, le titre original, faisait écho à Taxi driver (20), l’absence d’article marquant dans les deux cas le caractère ontologique de la condition assignée au héros : Violent streets, aujourd’hui, nous renvoie bien sûr à Mean streets (21), encore que fasse sans doute défaut à Michael Mann l’expérience vécue que s’efforçait d’exorciser Scorsese. Parlera-t-on d’exercice de style ? L’avenir nous dira si la filiation annoncée ci-dessus n’est pas fortuite...
Michael Henry in Positif n° 244 - 245 (juillet - août 1981)
(14) http://www.citebd.org/spip.php?film1365
(15) http://www.citebd.org/spip.php?film724
(16) https://fr.wikipedia.org/wiki/Filmographie_de_Clint_Eastwood
(17) http://www.citebd.org/spip.php?film917
(18) https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Crimson_Kimono
(19) https://fr.wikipedia.org/wiki/Police_sp%C3%A9ciale
(20) https://fr.wikipedia.org/wiki/Taxi_Driver
(21) https://fr.wikipedia.org/wiki/Mean_Streets

Il y a donc chez Michael Mann la volonté de rendre compte des mœurs et du comportement d’individus appartenant à des classes sociales très nettement marginalisées. Pour ce faire, il n’hésite pas à tourner Comme un homme libre dans l’enceinte même du pénitencier de Folsom (22), en mêlant une demi-douzaine de comédiens à plusieurs dizaines de détenus qui faisaient aussi office de conseillers techniques, et, pour Le Solitaire, d’avoir recours à d’authentiques policiers et (ex) casseurs aux titres d’acteurs et de conseillers ainsi qu’à un véritable outillage en parfait état de fonctionnement.
En fait, la démarche de Michael Mann, tant dans sa théorie que sa praxis, s’apparente à celle de l’Ettore Scola de Affreux, sales et méchants (23). Comme lui, outre qu’il se réclame aussi d’obédience marxiste, il entend en effet témoigner d’un type de sous-culture qui ne fait jamais que reproduire les schémas socioculturels d’une société en marge de laquelle se trouvent ou sont censés se trouver les membres de la classe sociale dont elle est l’émanation...
Alain Garel in La Revue du cinéma n° 363 (juillet - août 1981)
(22) https://fr.wikipedia.org/wiki/Prison_d’%C3%89tat_de_Folsom
(23) https://fr.wikipedia.org/wiki/Affreux,_sales_et_m%C3%A9chants

Dans la rubrique Il est bon de rire parfois, voici une critique qui a l’avantage d’avoir résisté aux affres du temps et qu’il est plaisant de relire avec une certaine délectation.
On se croirait devant un Melville (24) d’après 1960 : tout dans la vue, rien dans les mains. Le niveau psychologique est nul. Aucun personnage ne réussit à dire plus d’une phrase. C’est du cinéma de super-marché : acheté à cause de la publicité, à consommer le plus vite possible, et l’emballage n’est pas repris. Ceci dit, il serait étonnant que Michael Mann en reste là. Il sait ce qu’il veut.
Dominique Rabourdin in Cinéma 81 n° 271 - 272 (juillet - août 1981)
(24) https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Pierre_Melville

En deux films, Michael Mann impose un style efficace et volontiers lyrique, un goût des fictions carrées, nerveuses, se déployant autour d’un conflit crucial : l’histoire de Murphy le coureur fêlé de Comme un homme libre commençait, bien avant le début du film, par le meurtre du père, motif de sa condamnation. Celle de Frank, le truand rebelle du Solitaire, se conclut par le même geste : doté de deux pères symboliques, il sauve le premier pour le perdre sur un lit d’hôpital, et abat le second, père tentaculaire et tout-puissant qui voulait, littéralement, le posséder.
Jacques Valot in La Saison cinématographique 1981

Michael Mann
Né le 5 février 1943 à Chicago.
Commence sa carrière en tant que scénariste de séries tv comme Vega$ ou Starsky et Hutch...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Mann
http://www.fr.inforapid.org/index.php?search=Michael%20Mann

Donald E. Thorin
Né en 1934 à Omaha (Nebraska).
http://www.toutlecine.com/star/biographie/0004/00043300-donald-e-thorin.html
http://www.imdb.fr/name/nm0004241/

Tangerine dream
Groupe musical allemand formé en 1967.
Fera une prestation exceptionnelle à la cathédrale de Reims en 1974, avec Nico en première partie...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Tangerine_Dream

Craig Safan
Né le 17 décembre 1948 à Los Angeles.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Craig_Safan

James Caan
Né le 26 mars 1940 à New York.
Surtout connu pour son rôle de Sonny Corleone dans Le Parrain...
http://fr.wikipedia.org/wiki/James_Caan

Tuesday Weld
Née le 27 août 1943 à New York.
La blonde Jessie du Solitaire sera aussi Carol, objet de convoitise dans Il était une fois en Amérique...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Tuesday_Weld

Willie Nelson
Né le 30 avril 1933 à Abbott (Texas).
Son nom est plus spécialement attaché au style Outlaw country...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Willie_Nelson

James Belushi
Né le 15 juin 1954 à Chicago.
Le frère cadet de John Belushi a réussi à se faire un prénom...
http://fr.wikipedia.org/wiki/James_Belushi

Robert Prosky
Né le 13 décembre 1930 à Philadelphie, décédé le 8 décembre 2008 à Washington.
Visage familier des téléspectateurs pour ses prestations dans Hill street blues où il incarne le Sergent Stan Jablonski...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Prosky

Dennis Farina
Né le 29 février 1944 à Chicago, décédé le 22 juillet 2013 à Scottsdale (Arizona).
A servi dans la police de Chicago avant de devenir acteur. On le voit régulièrement sur le petit écran en détective Joe Fontana dans New York, police judiciaire...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Dennis_Farina

William L. Petersen
Né le 21 février 1953 à Evanston (Illinois).
Connu aussi pour incarner le personnage de Gil Grissom dans la série Les Experts - Las Vegas (la meilleure)...
http://fr.wikipedia.org/wiki/William_L._Petersen

extrait(s) de presse

Charlie hebdo - "Le Solitaire" témoigne de l'incroyable maîtrise formelle du cinéaste, de cet univers déjà tout armé qu'il développera dans ses deux futurs chefs-d'oeuvre, "Heat" et "Miami vice"...
Le Monde - Il faudrait détailler chaque séquence du "Solitaire" pour mettre en valeur la singularité et la beauté que Michael Mann confère à ces situations classiques...
Les Inrocks - C’est un polar brutal et stylisé, avec James Caan à son meilleur en braqueur idéaliste...
Critikat - "Le Solitaire" est un séduisant brouillon de tout ce qui va faire la filmographie d’un des cinéastes américains majeurs de ces trois dernières décennies...
Ecran large - "Le Solitaire" est déjà la matrice de tout ce que sera, dans le futur, le cinéma de Mann...
Film de culte - "Le Solitaire" est immédiatement considéré comme l'un des meilleurs films noirs américains...
Culturopoing - Les dix premières minutes d’ouverture de "Thief" sont sans doute l’un des plus beaux morceaux de bravoures du début des années 80 dans le cinéma américain...
Dvd classik - Le couple que forme Tuesday Weld et James Caan est d'une poignante sincérité, et le rendez-vous galant manqué virant à leurs touchantes confessions respectives sur leurs existences fracassées se révèle l'un des plus beaux moments du film, une merveille de scène intimiste...