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portrait d’une enfant déchue

ciné répertoire
Puzzle of a downfall child
Usa - 1970 - 1h44
film - version originale sous-titrée en français
de

Jerry Schatzberg

scénario : Adrian Joyce, Jerry Schatzberg
direction de la photographie : Adam Holender
musique ou chansons : Michael Small
avec : Faye Dunaway (Lou Andreas Sand), Viveca Lindfors (Paula Galba), Barry Primus (Aaron Reinhardt), Barry Morse (Dr. Galba), Roy Scheider (Mark), Ruth Jackson (Barbara Casey), Barbara Carrera (T.J. Brady), John Heffernan (Dr. Sherman),
séances : semaine du mercredi 11 avril 2012
mercredi 11 jeudi 12 vendredi 13 samedi 14 dimanche 15 lundi 16 mardi 17
20:30*
séance spéciale :
* présenté par Michel Ciment dans le cadre de "Positif fête ses 60 ans" en partenariat avec la Charente libre et... Positif source Carlotta films tarif unique 3,5 €

synopsis

Une jeune femme, très belle mais perturbée, vit seule dans un chalet sur une plage, ressassant son passé, un enchevêtrement d'illusions et de mensonges. Elle s'appelle Lou Andreas Sable, c'est une ancienne mannequin célèbre dont la vie est entrée dans une spirale infernale, plongeant dans la toxicomanie et la dépression nerveuse. Elle raconte son histoire à Aaron Reinhardt, une connaissance qui projette de faire un film sur elle, mais les détails qu'elle donne ne sont pas vrais. Lou a apparemment eu un amant qui a abusé d'elle. Elle a aussi un penchant pour des relations sexuelles avec des hommes étranges. Sa destinée l'a amenée à épouser Mark, un publicitaire, mais apparemment elle l'a plaqué le jour de leur mariage, ce qui a été le point de départ de sa descente dans la drogue jusqu'à une tentative de suicide...

notes de production

Le film a été présenté en ouverture de la catégorie Cannes classics lors du 64ème Festival International de Cannes en 2011.

Le réalisateur Jerry Schatzberg est avant tout un photographe. Pour son premier film, il voulait parler de son mannequin préféré, Ann Saint Marie, et de la dépression qu’elle vivait : quand j’ai commencé comme photographe de mode, c’était déjà un mannequin très important et elle m’intimidait beaucoup, raconte-t-il. Puis, peu à peu, les créateurs lui ont fait comprendre qu’elle n’était pas assez jeune, alors qu’elle n’avait même pas trente ans. Elle sombra alors dans une dépression. A ce moment-là, Jerry Schatzberg proposa à Faye Dunaway de jouer le rôle de la femme. Il avait rencontré l’actrice en la photographiant pour Esquire : j’ai pu lui présenter Ann Saint Marie, pour qu’elle puisse voir comment elle était dans la vie et repérer des détails importants comme sa façon bien spécifique de s’exprimer.

Désireux depuis longtemps de faire du cinéma, Jerry Schatzberg décida au milieu des années 60, de se lancer après avoir travaillé sur un projet avorté d’émission télévision. Il travailla d’abord à un premier état du scénario avec le français Jacques Sigurd (1). Après avoir lui-même écrit deux autres moutures du script, il en confia la rédaction à un autre scénariste, alors même que Warner bros. lui proposait un contrat pour deux films à petit budget. Mais comme le nouveau script ne ressemblait plus en rien à son propre projet, il renonça au contrat. Ray Wagner, le producteur de Petulia de Richard Lester (2), lui conseilla de travailler avec l’une des scénaristes de ce dernier film, Adrian Joyce (pseudonyme de Carol Eastman) qui avait en outre signé le script de La Mort tragique de Leland Drum (The Shooting, 1967) de Monte Hellman (3). Ils travaillèrent près de dix mois ensemble pour obtenir un scénario de trois cent pages qui fut ramené à cent soixante pour qu’il soit réalisable.
Images et loisirs
(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Sigurd
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Petulia
(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/The_Shooting

... Jamais sans doute depuis Le Garçon aux cheveux verts (Joseph Losey, 1948) (4), une première œuvre américaine n’avait témoigné d’une maîtrise aussi confondante. Et il ne me déplaît pas que ce soit le nom de Losey qui vienne sous la plume pour introduire Jerry Schatzberg et son Portrait d’une enfant déchue, suivi bientôt de Panique à Needle Park (5) que les spectateurs français ont pu voir cette année, car Schatzberg, au-delà de toutes les dissemblances, possède en commun avec l’auteur de Haines (6) cet art de montrer en toute lucidité l’incroyable profondeur d’une blessure secrète. Son ton - c’est peut-être cela la mise en scène, en tout cas la respiration profonde d’un cinéaste et ce qui au fond nus concerne en définitive dans son art après les enquêtes thématiques et autres - son ton est celui de la modulation avec de brusques accès de fièvre et de violence. Une pièce aux volets mi-clos (chambre à Manhattan, living-room en bord de mer) par où passe une lumière bleutée abrite des êtres qui échangent des confidences feutrées ou des regards en quête d’amour et de compréhension. Voici le lieu qui définit le mieux la sensibilité de Schatzberg. L’endroit semble coupé du monde mais on devine le lever du jour ou l’arrivée de la nuit : le cinéaste s’approche alors au plus près des corps , saisit leurs mouvements secrets, l’inflexion d’une voix, la rareté d’un geste. Cette sensation de cueillir le sentiment à sa source, cette fraîcheur d’un regard sont, bien sûr, le fruit d’un travail extrème mais le cinéaste, assuré dans sa démarche, n’a nul besoin d’afficher quelque signe extérieur de richesse. En un temps où le nouveau cinéma américain se vautre dans l’effet, de Jack Nicholson à Dennis Hopper, de Stuart Hagman à Mike Nichols, Schatzberg choisit la simplicité : son effort consistera à dominer et le décor et la lumière et le déplacement de ses acteurs dans le cadre qu’il a élu. Encore cette domination ne se veut-elle jamais forcée, asphyxiante, tout attaché qu’est l’auteur à créer une impression de liberté dans les tragédies qu’il met en scéne. Dans Portrait d’une enfant déchue, de lents travellings latéraux découvrent la salle de séjour où Faye Dunaway se confesse. Dans Panique à Needle Park, un brusque travelling arrière précède Kitty Winn poursuivant affolée son chien qui vient de se noyer. La simplicité des moyens vient ici servir harmonieusement le climat d’une scène. On m’objectera que cette simplicité évidente dans Panique à Needle Park n’est pas aussi manifeste dans Portrait d’une enfant déchue. Mais la complexité formelle de Portrait d’une enfant déchue correspond aux exigences du sujet (souvenirs, scènes imaginaires, rêves, etc...) et chaque solution plastique ou de montage frappe par sa sobriété et sa rigueur, mieux, sa profonde nécessité interne...
Michel Ciment in Positif n° 132 (novembre 1971)
(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Gar%C3%A7on_aux_cheveux_verts
(5) http://fr.wikipedia.org/wiki/Panique_%C3%A0_Needle_Park
(6) http://fr.wikipedia.org/wiki/Haines_%28film%29

Entretien avec Jerry Schatzberg
Faye Dunaway, avec ses pommette saillantes, a parfois un air asiatique.
Je suis peut-être le seul à lui trouver une ressemblance avec Gene Tierney qui m’a toujours semblé très orientale...
Michel Ciment in Positif n° 132 (novembre 1971)

... Jerry Schatzberg devinait-il à l’époque l’aspect autobiographique que prendrait son premier film avec le temps ? Mal accueilli par la critique et le public américain, Portrait d’une enfant déchue ressortit aux Usa défiguré par un prologue explicatif et une voix off pompeuse. Aujourd’hui, il reste surtout connu en France. L’année suivante, Schatzberg tourna Panique à Needle Park puis L’Epouvantail (1973) qui, malgré sa Palme d’or, fut également incompris dans son pays. Issu de la publicité et de la photo, Schatzberg ne venait ni des cours de cinéma à l’université, ni des productions Roger Corman (7). Auteur majeur des années 70, il ne devait pas se mêler au mouvement du nouvel Hollywood. Après sa formidable trilogie, il ne rencontra jamais le succès, traçant une route solitaire scandée de productions plus ou moins hasardeuses. Devenus des classiques, ses trois premiers films ont été finalement peu vus et étudiés comparé à d’autres œuvres de la même époque. Inédit en dvd, Portrait d’une enfant déchue ressort d’ailleurs pour la toute première fois en salles depuis 1971. Jerry Schatzberg reste donc aussi estimé qu’isolé. Il y a six ans, dans un dossier consacré au cinéma américain des années 70, nous publiions l’un de ses plus célèbres autoportraits. L’auteur y saisissait son propre refet à distance. Un reflet fragile et presque illisible : une silhouette fissurée dans le puzzle d’un miroir brisé.
Adrien Gombeaud in Positif n° 608 (octobre 2011)
(7) http://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Corman

Jerry Schatzberg
Né le 26 juin 1927 à New York.
C’est lui qui a réalisé la photo mythique de la pochette du Blonde on blonde de Bob Dylan (1966)...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jerry_Schatzberg

Adrian Joyce
Née le 19 février 1934 à Glendale (Californie), décédée le 13 février 2004 à Los Angeles.
http://www.imdb.fr/name/nm0247628/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Carole_Eastman

Adam Holender
http://www.allocine.fr/personne/filmographie_gen_cpersonne=41329.html

Michael Small
Né le 30 mai 1939 à New York, décédé le 24 novembre 2003 New York.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Small

Faye Dunaway
Née le 14 janvier 1941 à Bascom (Floride).
Bonnie et Clyde en 1967 fait d’elle une star...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Faye_Dunaway

Viveca Lindfors
Née Elsa Viveca Torstensdotter Lindfors le 29 décembre 1920 à Uppsala (Suède) et décédée le 25 octobre 1995 dans la même ville.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Viveca_Lindfors

Barry Primus
Né le 16 février 1938 à New York.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Barry_Primus

Barry Morse
Né le 10 juin 1918 à Londres, décédé le 2 février 2008.
Dans les années 60, c’est lui le flic qui traque sans relâche le docteur Richard Kimble dans la série Tv Le Fugitif ...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Barry_Morse

Roy Scheider
Né le 10 novembre 1932 à Orange (New Jersey) et décédé le 11 février 2008 à Little Rock (Arkansas).
Il parcourt les années 70 en tournant régulièrement dans les films les plus marquants de cette décennie...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Roy_Scheider

Barbara Carrera
Née le 31 décembre 1945 ou 1951 à Bluefields (Nicaragua).
Débute sa carrière comme mannequin lorsqu’elle a 17 ans...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Barbara_Carrera

extrait(s) de presse

Critikat - "Portrait d’une enfant déchue" est une tragédie moderne et romantique...
Les Inrocks - A sa sortie américaine, confidentielle malgré la célébrité de son actrice principale et la taille du distributeur (Universal), le film se fait éreinter par la critique...
L'Express - Pour le spectateur, le choc de cette découverte est total, d'une évidente puissance...
Culturopoing - C’est donc grâce à Faye Dunaway que le film va pouvoir se monter...
Lumière 2011 - "Panique à Needle Park", second film de Jerry Schatzberg, est sorti en France avant "Portrait d’une enfant déchue", entraînant une méprise de la critique...
France tv - Difficile et âpre leçon de vie que traduit "Portrait d’une enfant déchue"...
Ciné club de Caen - Le film ne plait alors ni au public ni à la critique et Pierre Rissient convainc le patron de la Universal de le laisser distribuer le film en France...
Dvd classik - On peine à comprendre que la critique américaine ait pu aussi mal considérer ce premier film...