la balade sauvage - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
Acheter vos billets musée en ligne
FR | EN
pour la sécurité sanitaire de tous, nous vous informons que le port du masque est obligatoire dans nos espaces pour les personnes de plus de 11 ans.
accueil > à l'affiche au cinéma > la balade sauvage

la balade sauvage

ciné répertoire
Badlands
Usa - 1973 - 1h35
sorti en France le 4 juin 1975
Interdit aux moins de 12 ans
film - version originale sous-titrée en français
de

Terrence Malick

scénario : Terrence Malick
direction de la photographie : Brian Probyn, Tak Fujimoto, Stevan Larner
musique ou chansons : George Tipton
avec : Martin Sheen (Kit Carruthers), Sissy Spacek (Holly Sargis), Warren Oates (père de Holly), Gary Littlejohn (le sherif), Alan Vint (le sherif adjoint), Ramon Bieri (Cato), Bryan Montgomery et Gail Threlkeld (le jeune couple), John Carter (Mr. Scarborough), Dona Baldwin (la servante), Charles Fitzpatrick (Jack), Gail Threlkeld (petite-amie de Jack)
séances : semaine du mercredi 12 octobre 2011
mercredi 12 jeudi 13 vendredi 14 samedi 15 dimanche 16 lundi 17 mardi 18
18:30
21:00
16:45
18:30

synopsis

Evocation de la folle équipée de deux jeunes amants auxquels on refuse le droit de s'aimer. Ils laissent sur leur passage de nombreux cadavres dont le père de la jeune fille, qui refusait que celle-ci fréquente un éboueur...

notes de production

L’histoire de La Balade sauvage est inspirée d’un fait divers, l’histoire de Charles Starkweather (1), et sa petite amie qui ont tué 11 personnes en 1958 dans le Nebraska et le Colorado. Obnubilé par James Dean (15), le jeune adolescent n’avait que dix-neuf ans au moment des faits et Caril Ann Fugate (2) qui l’accompagnait quatorze. Charles Starkweather finit électrocuté tandis que sa petite amie fut relâchée après avoir passé dix-huit ans en prison.
Leur histoire inspira un premier film au traitement très différent, The Sadist (3) de James Landis en 1963. Le téléfilm Murder in the heartland (4) de Robert Markowitz serait également tiré du fait divers.
Côté musique, Bruce Springsteen a composé une chanson sur Charles Starkweather intitulée Nebraska sur l’album éponyme (5) sorti en 1985.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Starkweather
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Caril_Ann_Fugate
(3) https://www.imdb.com/title/tt0057465/
(4) https://en.wikipedia.org/wiki/Murder_in_the_Heartland
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Nebraska_(album)

Les couples en fuite étaient à la mode en 1973. Deux autres longs métrages importants produits la même année avaient un sujet équivalent à celui de La Balade sauvage : Nous sommes tous des voleurs (6) de Robert Altman et Sugarland express (7) de Steven Spielberg.
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Nous_sommes_tous_des_voleurs
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Sugarland_Express
D’autres films se sont inspirés de cette histoire :
- Sailor et Lula (8) de David Lynch
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Sailor_et_Lula
- True romance (9) de Tony Scott
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/True_Romance
- Kalifornia (10) de Dominic Sena
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/Kalifornia
- Tueurs nés (11) d’Oliver Stone
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Tueurs_nés

Dès cette première œuvre, encensée par la critique, Terrence Malick fut qualifié de cinéaste-culte, une réputation que la rareté de sa production (3 films seulement en 25 ans de carrière) ne fit que conforter. Si le thème de l’équipée meurtrière de jeunes amants avait déjà été traité, entre autres dans (Les Amants de la nuit) (12) par Nicholas Ray, (Le Démon des armes) (13) par Joseph H. Lewis et (Bonnie and Clyde) (14) par Arthur Penn, Malick en fit une réflexion sur la fascination des médias et le pouvoir de l’image, notamment par le rapprochement entre Kit et un autre rebelle de l’écran, James Dean (15) (le plan de Martin Sheen de dos, la carabine sur les épaules, est repris de Géant) (16). Auteur complet de son film, il confia à certains de ses acteurs diverses fonctions au sein de l’équipe : ainsi, Dona Baldwin fut chargée des coiffures et des costumes et Gary Littlejohn, des véhicules. Le réalisateur apparaît lui-même dans le rôle d’un vendeur.
Images et loisirs
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Amants_de_la_nuit
(13) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Démon_des_armes
(14) http://www.citebd.org/spip.php?film1248
(15) https://fr.wikipedia.org/wiki/James_Dean
(16) https://fr.wikipedia.org/wiki/Géant_(film)

Pour interprèter le rôle du père de Sissy Spacek, Terrence Malick a fait appel à Warren Oates. Le comédien est surtout connu pour sa collaboration avec Sam Peckinpah (17).
(17) http://www.citebd.org/spip.php?film834

La Balade sauvage est produit par Edward R. Pressman (18). En plus de Terrence Malick, cet industriel finança les films de deux autres jeunes cinéastes : Paul Williams et surtout Brian De Palma avec Sœurs de sang (19) et Le Fantôme du paradis (20). Pressman produira entre autres dans les années qui suivent Le Bateau (21) de Wolfgang Petersen, Conan le barbare (22) de John Milius, Mort sur le grill (23) de Sam Raimi, Wall street (24) de Oliver Stone ainsi que Bad lieutenant (25) et The Blackout (26) de Abel Ferrara.
(18) https://fr.wikipedia.org/wiki/Edward_R._Pressman
(19) https://fr.wikipedia.org/wiki/Sœurs_de_sang
(20) http://www.citebd.org/spip.php?film1330
(21) https://fr.wikipedia.org/wiki/Das_Boot_(film)
(22) https://fr.wikipedia.org/wiki/Conan_le_Barbare_(film)
(23) https://fr.wikipedia.org/wiki/Mort_sur_le_grill
(24) https://fr.wikipedia.org/wiki/Wall_Street_(film)
(25) https://fr.wikipedia.org/wiki/Bad_Lieutenant
(26) https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Blackout_(film)

Avec La Balade sauvage, Terrence Malick expérimente pour la première fois une narration soutenue par une voix-off, principe qu’il utilisera à nouveau dans ses deux films suivants, Les Moissons du ciel (27) et La Ligne rouge (28). C’est ici Sissy Spacek qui commente sa fuite avec détachement. La voix-off permet donc de créer une distanciation entre la manière dont le spectateur et les personnages perçoivent les évènements.
(27) http://www.citebd.org/spip.php?film518
(28) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Ligne_rouge_%28film,_1998%29

Dans tous ses films, Terrence Malick accorde une importance capitale à la photographie et à la lumière. Le cinéaste n’a donc pas hésité à renvoyer les deux premiers techniciens qu’il avait engagé à ce poste avant de se satisfaire du troisième.

Terrence Malick n’avait pas encore trente ans, et il était encore étudiant dans le célèbre American film institute (29) quand il débuta les prises de vue de ce qui allait devenir son premier long métrage, l’acte initial d’une filmographie et d’une carrière complexes et fascinantes. Alors qu’en ce début des années 70, le cinéma américain respire de la pulsation nouvelle, saccadée et tumultueuse, d’une génération de cinéastes qui passera ensuite à la postérité sous le nom de Nouvel Hollywood (30) et qu’à peine quelques années plus tôt, Arthur Penn décrivait peu ou prou la même histoire d’amoureux meurtriers en fuite avec (Bonnie and Clyde) (14), Terrence Malick affirme déjà dans Badlands son regard, sa personnalité, en prenant le contre-pied de cette mouvance contemporaine agitée pour livrer un drôle de film méditatif, troublant et sensoriel. Tout l’attirail de ce qui deviendra dès son long-métrage suivant, Les Moissons du ciel (27), le b.a.-ba du vocabulaire malickien se trouve déjà dans Badlands : ce vent qui chatouille la cime des arbres ; ces lumières violacées à l’heure du crépuscule ; ces plans de coupe animaliers saugrenus ; ces regards profonds qui se perdent dans l’immensité de la nature et dans l’indécision de l’esprit ; ces pieds nus qui barbotent dans le flux d’un cours d’eau ; ces mains qui effleurent la courbure des épis de blés… chacun d’eux opérant comme une strophe, un vers ou une rime, de ce poème visuel d’une grande beauté...
http://www.dvdclassik.com/critique/la-balade-sauvage-malick
(29) https://fr.wikipedia.org/wiki/American_Film_Institute
(30) https://fr.wikipedia.org/wiki/Nouvel_Hollywood

(...) Revoir aujourd’hui La Balade sauvage à la lumière de ses films suivants permet de mieux cerner ce qui motive Malick : un rapport dévot aux souvenirs, illustré par les photos d’antan, les symptômes d’une émotion, les objets jetés aux ordures, incendiés sur chant liturgique ou enterrés comme talismans sacrés. Un rapport au cosmos souligné par la splendeur panthéiste, ces plans d’un poisson ou d’un chien agonisant dans les herbes.
Le cinéma de Terrence Malick illustre un sentiment d’appartenance à un au-delà métaphysique. D’où l’étrangeté du comportement de Kit, si désireux de faire des vagues, de laisser une trace. D’où les commentaires désarmants d’Holly, si attachée à vivre le bonheur de l’instant qu’elle paraît imperméable au tragique. Il s’agit, comme aurait dit Heidegger (31) de se montrer, d’être là. L’urgence de ces personnages est celle d’une fureur de vivre, Holly lançant sa baguette de majorette et Kit brandissant sa carabine comme une baguette magique : ils défient le monde.
On trouvera l’explication de ces comportements chez le philosophe américain Stanley Cavell (32), dont Malick fut l’élève, et qui analyse le décalage entre la profondeur à laquelle une vie d’homme ordinaire demande à être exprimée et la surface des moyens ordinaires à travers laquelle cette vie doit s’exprimer...
https://www.lemonde.fr/cinema/article/2011/06/14/revoir-la-balade-sauvage-et-cerner-terrence-malick_1536007_3476.html
(31) https://fr.wikipedia.org/wiki/Martin_Heidegger
(32) https://fr.wikipedia.org/wiki/Stanley_Cavell

(...) Depuis son âge d’or dans les années 1970, le road-movie a subi de nombreuses mutations. Revenir sur La Balade sauvage, c’est donc revenir au classicisme d’un genre, ce qui n’est pas sans constituer un certain paradoxe étant donné le souffle nouveau que ce film a représenté en son temps. Mais trente-cinq ans plus tard, on est en droit de se demander si La Balade sauvage a conservé toute sa modernité ou s’il ne pâtit pas du passage du temps. Quel écho de la révolte de la jeunesse américaine des années 1970 contre l’autorité (gouvernementale, parentale, etc.) aujourd’hui ? Si l’escapade insouciante de Holly et Kit comme réponse au carcan social paraît aujourd’hui un peu naïve et présente une idée de la liberté un peu vieillotte, mieux vaut y voir le premier maillon d’une œuvre à venir. Le premier long-métrage de Malick pose déjà la question qui hantera toute sa filmographie : comment créer un lieu de vie idéal au sein d’une terre hostile (déclinée dans The Tree of life (33) en situation hostile : la mort d’un enfant). Le titre original de l’œuvre vaut ainsi qu’on le rappelle : Badlands, ces mauvaises terres que l’on brûle au son d’un chœur religieux (faut-il passer par l’Enfer pour parvenir au Paradis ?) et qu’on brûlera à nouveau dans la plus belle séquence des Moissons du ciel (27), lors d’une apocalyptique attaque de sauterelles...
https://www.critikat.com/actualite-cine/critique/la-balade-sauvage/
(33) https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Tree_of_Life

(...) Cette ambiguïté est ce qui fait la réussite de La Balade sauvage de par son traitement visuel d’une stupéfiante légèreté : pas question d’un plaidoyer pour l’amour fou, ni d’une condamnation en règle de la culture de masse américaine et de la délinquance juvénile. Non, il s’agit juste de trouver la meilleure distance possible entre les spectateurs et les protagonistes à travers la voix off atone de Holly qui raconte son parcours sanglant comme s’il s’agissait de ses dernières grandes vacances (impression renforcée par le fait qu’elle sorte des livres de son casier au lycée pour ne pas mettre ses études en péril). Ce détachement est autant présent chez elle que chez lui et l’on vient à se demander si leur union aux terribles conséquences n’est pas le fruit d’un énorme malentendu : ils pensent être amoureux mais la description de leur quotidien avant et après l’irrémédiable tend à montrer plutôt l’indifférence. Après qu’ils ont fait l’amour pour la première fois, ils sont déçus (Je suis contente que ce soit terminé ! dira-t-elle) ; dans sa cavale meurtrière, on ne sait pas réellement si Kit tient à Holly parce qu’il l’aime ou parce qu’il a besoin d’un témoin pour admirer ses exploits (il dit lui-même qu’il ne veut pas mourir sans qu’une fille ne le pleure). D’ailleurs Kit est rarement agressif et il ne tue pas par plaisir, c’est juste une nécessité pour arriver à ses fins, le paradis, le Canada comme terre promise où il espérerait bien devenir montagnard, loin de tout. Mais l’euphorie des premiers instants de liberté chez Kit et Holly devient rapidement étouffante et insupportable à mesure qu’ils s’éloignent de la civilisation. Car c’est là que réside le paradoxe, Kit s’enfonce davantage dans la modernité en tentant de la fuir puisqu’il obtient la plus moderne des inventions par ses actes : la célébrité. En témoigne la fin ahurissante où Kit se rend aux autorités après avoir échafaudé un pathétique totem de pierre pour, plus tard, être interviewé comme une rock star par les policiers qui l’ont arrêté et dont il a abattu les collègues...
https://www.ecranlarge.com/films/839857-balade-sauvage-la/critiques

(...) Malick comme l’a été Kubrick (34) est un réalisateur à part entière, un génie du 7ème art, un artiste hors du commun qui, à l’aide d’une imagerie forte arrive toujours à conférer une puissance divine et émotionnelle rare aux histoires qu’il conte. La Balade sauvage ne fait pas exception à ce principe-là. Bien qu’étant son premier film, les débuts du cinéma malickien ouvrent la voie à une filmographie qui depuis ce film jusqu’au récent vainqueur à Cannes ne cessera de suivre une logique filmique et sensorielle dont ressortent clairement des thèmes de prédilection, dotés pour la plupart d’un fort accent autobiographique.
Ce film induira ainsi pour la première fois la complexité des rapports paternels, la nature comme terre sacrée (comme dans tous ses films), la religion (également) et les errances amoureuses (Days Of heaven (27), The New world) (35) le tout porté par une voix-off qui est devenue depuis sa marque de fabrique en quelque sorte. L’histoire est reprise d’un fait de société des années 50... Ce funeste road trip (36) tend à illustrer avec ici dans les rôles principaux Martin Sheen et Sissy Spacek, une époque de transition, une époque où l’on recherche des icônes, où l’on tend à exister et dans laquelle il faut se battre pour aimer...
Il faut ainsi retenir que La Balade sauvage est un must-see absolu, un fantastique film à l’esthétique qui, encore aujourd’hui, à l’ère du tout numérique, reste exceptionnel, plongé dans l’ambiance très typique d’une Amérique profonde, de terres sauvages où les errements de ce couple maudit font écho aux questionnements d’une époque.
http://www.critique-film.fr/la-balade-sauvage/
(34) http://www.citebd.org/spip.php?film1636
(35) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Nouveau_Monde_(film,_2005)
(36) https://fr.wikipedia.org/wiki/Road_trip

Terrence Malick
voir fiche du film Les Moissons du ciel
http://www.citebd.org/spip.php?film518

Brian Probyn
https://www.imdb.com/name/nm0698266/

Tak Fujimoto
Né le 12 juillet 1939 à San Diego.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Tak_Fujimoto

Stevan Larner
https://www.imdb.com/name/nm0488377/

George Tipton
https://www.imdb.com/name/nm0864169/

Sissy Spacek
voir fiche du film Carrie au bal du diable
http://www.citebd.org/spip.php?film1552

Martin Sheen
Né Ramón Antonio Gerard Estevez le 3 août 1940 à Dayton.
Il faudra attendre Apocalypse now pour que le comédien ait enfin une notoriété mondiale...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Martin_Sheen

Warren Oates
Né le 5 juillet 1928 à Depoy, décédé le 3 avril 1982 à Los Angeles.
On se souvient de lui notamment dans les westerns de Sam Peckinpah et de Monte Hellman...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Warren_Oates

Gary Littlejohn
https://www.imdb.com/name/nm0514724/

Alan Vint
https://www.imdb.com/name/nm0899106/

Ramon Bieri
voir fiche du film Le Convoi de la peur
http://www.citebd.org/spip.php?film1550

Bryan Montgomery
https://www.imdb.com/name/nm0599738/

extrait(s) de presse

Critikat - "La Balade sauvage" a conservé toute sa modernité...
Chronic'art - La beauté du film tient en grande partie à cette balance constante entre les étapes obligées du road movie classique et les résistances à son déroulement. La Balade sauvage en tire sa profonde modernité...
Plan-c - Une fuite en avant poétique où le quotidien ne s'oublie pas...
Filmosphère - Démarrer sa carrière sur un film aussi proche de la perfection c’est assez démentiel !
Plume noire - Laissez-vous entraîner dans ce voyage au boût des "mauvaises terres" et des limites de l'homme.
Comme au cinéma - Malick signe ici son premier poème pastoral...
Télérama - Les premiers films rayonnent souvent d'une force lumineuse, et "La Balade sauvage" est l'un des plus beaux de tous les temps...
Phil Siné - "La balade sauvage" s’avère passionnant en ce qu’il contient déjà en germe toutes les obsessions et le style qui deviendront l’essence même du cinéma malickien...