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Main basse sur la ville

ciné répertoire
Le Mani sulla citta
Italie - 1963 - 1h45
Lion d'Or Mostra de Venise 1963
film - version originale sous-titrée en français
de

Francesco Rosi

scénario : Francesco Rosi, Raffaele La Capria, Enzo Forcella
direction de la photographie : Gianni Di Venanzo
musique ou chansons : Piero Piccioni
avec : Rod Steiger (Eduardo Nottola), Salvo Randone (De Angeli), Guido Alberti (Maglione), Carlo Fermariello (De Vita), Angelo D'Alessandro (Balsamo), Vincenzo Metafora (le maire), Dante Di Pinto (le président de la commission), Marcello Cannavale (un ami de Nottola), Alberto Conocchia (un ami de Nottola), Terenzio Cordova (le commissaire), Dany Paris (la maîtresse de Maglione)
séances : semaine du mercredi 12 octobre 2011
mercredi 12 jeudi 13 vendredi 14 samedi 15 dimanche 16 lundi 17 mardi 18
19:00*
séance spéciale :
* Archiciné Conférence menée par Pascale Lacourarie, médiatrice et Nathalie Guillaumin-Pradignac, directrice de Via patrimoine. Tarif unique : 3.5 €

synopsis

Poussée par l'entrepreneur Nottola, la municipalité de Naples utilise des terrains agricoles pour lancer le construction d'un gigantesque programme immobilier. Les spéculateurs en profitent, mais la proximité du chantier provoque l'écroulement d'une maison ancienne et la mort d'un enfant, ce qui déclenche de vives polémiques au sein du conseil municipal, alors que de nouvelles élections se préparent. Tandis que l'enquête sur l'accident s'enlise, les stratégies électorales s'affinent...

notes de production

En 1973, soit dix ans après avoir tourné Main basse sur la ville, le réalisateur Francesco Rosi retrouvera l’acteur Rod Steiger pour le rôle de Gene Giannini dans Lucky Luciano.

Main basse sur la ville marque la première collaboration scénaristique entre Francesco Rosi et le scénariste Raffaele La Capria. Par la suite, ils signent tous les deux les scénarios de La Belle et le cavalier (1967), Les Hommes contre (1970) et celui de Le Christ s’est arrêté à Eboli (1979), tous réalisés par Rosi.

Lors de leurs recherches pour le film, Francesco Rosi et Raffaele La Capria ont assisté à de vrais conseils municipaux afin de restituer au mieux la réalité. Ainsi, l’interprétation de De Vita marque le premier – et dernier - rôle au cinéma pour Carlo Fermariello, véritable conseiller municipal communiste dans la vie.

A l’expression rituelle, les faits et les personnages sont imaginaires, les auteurs ont ajouté mais la réalité sociale qui les produit, elle, est authentique (carton final).
C’est dire si, une fois encore, Rosi a choisi d’utiliser le cinéma comme moyen d’information privilégié, faisant du spectateur un témoin actif. Cette ville, objet de la spéculation, c’est Naples, la grande cité du sud de l’Italie, dont sont natifs Rosi et son scénariste Raffaele La Capria. Ce souci d’authenticité a poussé Rosi à chercher la majorité de ses interprètes parmi des personnes directement issues du contexte, de façon (voir Positif n°69, mai 1963) à ce que s’opère une identification entre le mode de pensée et le comportement dans la vie de la personne choisie et le mode de pensée et le comportement du personnage à interpréter. Principe qui trouve son aboutissement lors des séquences du conseil communal, assemblée composée de vrais colonels, d’anciens conseillers municipaux, de vrais journalistes...
Images et loisirs

Le mouvement qui régit les deux oeuvres maîtresses de Francesco Rosi fait songer à celui que provoque sur la surface plane des eaux la chute soudaine d’une pierre. Des cercles concentriques se forment, s’élargissent, provoquant avec eux des remous, puis lentement tout redevient calme. Dans Salvatore Giuliano, la mort de Giuliano puis celle du dernier témoin de l’affaire, dans Main basse sur la ville, la chute d’un immeuble et l’inauguration d’un nouveau chantier de construction prennent dans leur étau un récit qui n’a pour but que de montrer la permanence d’un statu quo. En un sens l’univers de Rosi est celui de la nécessité, comme celui de Lang auquel il fait penser dans son dernier film par la rigueur de la mise en scène, la conduite inexorable de l’action, la conception abstraite qui préside à ses engrenages, et l’importance toute particulière accordée à l’acteur comme véhicule d’une idée. Il s’en distingue pourtant, car chez Lang cette nécessité se trouve renforcée par un dramatique renversement final des perspectives morales dans lesquelles le film semblait s’inscrire. Rosi exclut bien sûr un tel point de vue métaphysique. Pour lui l’idée de nécessité ne saurait être liée dialectiquement qu’à celle de liberté. Ce que Salvatore Giuliano et Main basse sur la ville montrent c’est la toute puissance de certaines forces réactionnaires qui dans un contexte politique donné ne sauraient se manifester autrement. Mais ces films invitent les spectateurs à une action qui, changeant les données mêmes du problème, transformerait du même coup la situation actuelle de l’Italie. L’atmosphère oppressante que ressent chaque individu devant ces films, il peut vouloir qu’elle cesse s’il prend conscience de la possibilité qu’il a d’ouvrir toutes grandes les fenêtres.
Michel Ciment, Positif n°60, avril-mai 1964

Comme les Français, les Italiens connaissent les scandales de la construction ; plus heureux que les Français, ils ont un cinéma qui a le courage d’en parler et de plus, trouvent pour le faire un cinéma de talent. Il est difficile de parler de l’incidence du film dans la réalité italienne, il serait intéressant en particulier de savoir quelle a pu être son influence réelle. A-t-il aidé à une prise de conscience du spectateur italien, lui a-t-il permis de mesurer les limites du système démocratique tant vanté ? Faute d’une enquête rigoureuse, ces questions ne peuvent pour l’instant que demeurer sans réponses. Par contre, il est parfaitement possible, dès à présent, d’affirmer que Main basse sur la ville est un évènement cinématographique, qui ouvre des perspectives exaltantes...
Il suffirait d’analyser Main basse sur la ville pour mettre en relief les tares principales des démocraties modernes ; cela ajouté à ses qualités artistiques, suffit pour donner au film une place de choix dans l’histoire du cinéma.
Guy Gauthier, la Saison cinématographique 64

Trente ans après la sortie de Main basse sur la ville, Francesco Rosi, toujours avec la participation de son complice Raffaele La Capria, réalisa un documentaire sur la ville de Naples, à l’occasion de la projection du film dans une université d’architecture. Rosi filme le débat qui suit, où des politiques, universitaires, étudiants et artistes donnent leur point de vue sur la ville, sur ce qui a changé ou non en trente ans...

Petite notule rigolote
Beaucoup de poncifs, un peu de vérité. C’est pourquoi le premier film de Francesco Rosi (1) est indéfendable.
François Truffaut, Les Cahiers du cinéma n°88
(1) C’était à propos du film Le Défi (La Sfida, 1958) qui n’était pas en fait le premier film de Rosi, celui-ci ayant déjà réalisé Les Chemises rouges (Camicie rosse, 1952) et Kean (1956).

Entretiens avec Francesco Rosi
Vous avez appris votre métier en travaillant avec Luchino Visconti.
Ce fut une rencontre extraordinaire avec le cinéma. Le tournage de Terra trema (2) a duré six mois, dans un village sicilien, sans acteurs professionnels. Visconti écrivait jour après jour le découpage...
(2) La Terre tremble (1948).
http://www.zintv.org/spip.php?article569
Comment avez-vous fait votre entrée dans le monde du cinéma ?
Avant de faire du cinéma, j’ai essayé quelques autres routes, mais j’ai toujours eu l’intention d’arriver au cinéma. Je voulais m’inscrire au Centre Expérimental du Cinéma, mais mon père m’en a dissuadé et m’a conseillé de m’inscrire à la faculté de droit de Naples. J’ai fait mon service, et, en rentrant, j’ai commencé à travaillé à la radio , à Naples, avec le Psychological Worker Branch en 44/45. En même temps, je désirais créer un journal pour enfants, je dessinais, je faisais des marionnettes ; j’avais également illustré Alice au pays des merveilles...
Réalisé par Michel Ciment, traduit de l’italien par Paul-Louis Thirard, Positif n°69, mai 1965

Francesco Rosi
Né le 15 novembre 1922 à Naples.
Son premier film, Le Défi, remporte le prix du jury à la Mostra de Venise en 1958...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Francesco_Rosi

Raffaele La Capria
Né à Naples en 1922.
Il séjourne en France, en Grande-Bretagne et aux Usa avant de s’établir à Rome...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Raffaele_La_Capria

Gianni Di Venanzo
Né le 18 décembre 1920 à Teramo, décédé le 3 janvier 1966 à Rome.
Exerce d’abord au cinéma comme cadreur sur Les Amants diaboliques de Luchino Visconti (1943)...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gianni_Di_Venanzo

Piero Piccioni
Né à Turin le 6 décembre 1921, décédé à Rome le 23 juillet 2004.
Il remporta de nombreux prix, et son style très particulier mélangeant jazz, bossa nova...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Piero_Piccioni

Rod Steiger
Né Rodney Stephen Steiger le 14 avril 1925 à Westhampton, décédé le 9 juillet 2002 à Los Angeles.
Oscar du meilleur acteur en 1967 pour le rôle du shérif Bill Gillespie pour Dans la chaleur de la nuit de Norman Jewison...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Rod_Steiger
http://en.wikipedia.org/wiki/Rod_Steiger

Salvo Randone
Né le 25 septembre 1906 à Syracuse, décédé le 6 mars 1991.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Salvo_Randone
http://it.wikipedia.org/wiki/Salvo_Randone

La conférence (durée 30’)
Après l’urgence des reconstructions d’après guerre, les municipalités se trouvent confrontées à des choix politiques afin de répondre à la demande urgente de construction de logements en grand nombre : établir de nouveaux quartiers en périphérie des villes ou bien intervenir dans les centres anciens. Cette période des années 1950 et 1960 voit la mise en en place des principes de la construction industrialisée des grands ensembles mais aussi des politiques de sauvegarde des centres historiques.
Conférence menée par Pascale Lacourarie, médiatrice et Nathalie Guillaumin-Pradignac, directrice de Via patrimoine.

extrait(s) de presse

aVoir-aLire - Une œuvre exceptionnelle...
Critikat - Un film à mi-chemin entre l’enquête pure et la peinture sociale, toujours, malheureusement, d’une actualité désespérante...
Dvd classik - Pas de théatralité chez Rosi, mais bel et bien cette exigence de vérité qui aura traversé toute la carrière du réalisateur...
Télérama - De la première à la dernière image, le film est passionnant...