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reprise

France - 1996 - 3h12
sorti en France le 26 mars 1997
documentaire - film francophone
de

Hervé Le Roux

direction de la photographie : Dominique Perrier
séances : semaine du mercredi 30 mai 2018
mercredi 30 jeudi 31 vendredi 1er samedi 2 dimanche 3 lundi 4 mardi 5
20:15*
18:00*
séance spéciale :
* dans le cadre de l’exposition "Mai 68 et la bande dessinée"
* dimanche 18h00 dernière séance

synopsis

1968. Les élèves de l'Idhec tournent un court métrage, «La Reprise du travail aux usines Wonder», le 10 juin, marquant la fin d'un long conflit. 1996. Bernard Tapie avait acquis l'usine en 1984 et restructuré l'entreprise en supprimant de nombreux emplois. Parti du désir de revoir une femme entraperçue dans le court métrage, criant sa révolte, le réalisateur est retourné sur les lieux, presque trente ans plus tard, pour retrouver les acteurs du conflit. Même s'il n'a pas découvert cette femme, le cinéaste a enregistré vingt heures de témoignages de syndicalistes, d'ouvriers et d'ouvrières revenant sur les luttes sociales qui ont émaillé leur condition dans les années 70...

notes de production

On se souvient de l’argument d’Une Femme disparaît (1), la comédie policière d’Hitchcock : dans un train qui traverse l’Europe centrale, une jeune Anglaise, Iris, fait la connaissance d’une charmante vieille dame, miss Froy, qui disparaît bientôt. La plupart des voyageurs prétendent n’avoir jamais vu Miss Froy, et Iris manque tourner folle à les convaincre du contraire. Hervé Le Roux est un brin dans la posture de cette Iris. Il a bien vu ce qu’il a vu mais une fois qu’il interroge les acteurs-témoins de cette vision, plus personne ou presque ne semble se souvenir. En clair : intrigué par une archive de mai 68 filmée par des élèves-cinéastes de l’Idhec (2) à l’heure de la reprise du travail aux usines Wonder de Saint-Ouen (3), Hervé Le Roux a voulu en savoir plus sur une jeune ouvrière qui accapare l’écran, pleurant et hurlant qu’elle ne rentrera pas, qu’elle ne mettra plus les pieds « dans cette tôle ». Et Le Roux de lancer les filets de sa recherche dans toutes les directions...
http://next.liberation.fr/culture/1997/03/26/a-la-poursuite-d-une-wonder-femme-reprise-film-de-herve-le-roux-1996-duree-3h12-en-1968-une-ouvriere_198947
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Une_femme_dispara%C3%AEt
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Institut_des_hautes_%C3%A9tudes_cin%C3%A9matographiques
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Wonder_(entreprise)

En 1997 sortait discrètement un formidable documentaire devenu culte depuis : Reprise. L’enquête d’un cinéaste, Hervé Le Roux, pour retrouver une jeune femme dont il ne connaissait que le visage et la voix grâce à un petit film amateur tourné en mai 68 : une ouvrière des usines Wonder (3) refusant la reprise du travail, disant non à tout. Pour passer du fantasme à la réalité, Hervé Le Roux a réalisé une fresque sociale et romantique qui plonge Vertigo (4) et Les Temps modernes (5) dans le bain acide de mai 68, fouillant le passé pour éclairer notre condition humaine contemporaine. Le cinéaste, décédé ce 26 juillet 2017, racontait tout ce que sa caméra n’a pas montré dans un livre du même nom. En voici les premières pages...
https://www.lesinrocks.com/cinema/films-a-l-affiche/reprise-2/
(4) http://www.citebd.org/spip.php?film1807
(5) http://www.citebd.org/spip.php?film1678

En 1993, Hervé Le Roux signe son premier long-métrage intitulé Grand bonheur (6), avec au casting Lucas Belvaux (7), Pierre Berriau (8) et Marilyne Canto (9). Aux faux airs de Jacques Rivette, cette comédie dramatique suivait avec mélancolie une bande d’étudiants qui se défait à Paris, en plein été. Mais la vraie consécration pour Hervé Le Roux viendra surtout en 1996 avec son remarquable et donc superbe documentaire Reprise, produit par Les Films d’ici avec le partenariat du Ministère du Travail et des affaires sociales, qui obtiendra le Grand prix du jury au festival de Belfort. Nous sommes le 10 juin 1968, des étudiants en cinéma filment la reprise du travail aux usines Wonder de Saint-Ouen (3). Une jeune ouvrière dit qu’elle ne rentrera pas. De nos jours, la recherche de cette femme prend le tour d’une enquête quasi-obsessionnelle... En mars 1997, ce documentaire à la durée exceptionnelle (180 minutes) sortait dans une salle du Quartier Latin (10) à Paris, provoquant de nombreux débats à chacune de ses projections...
https://www.challenges.fr/cinema/il-a-realise-reprise-et-on-appelle-ca-le-printemps-le-cineaste-herve-le-roux-est-mort_555349
(6) http://www.cinematheque.fr/film/52270.html
(7) http://www.citebd.org/spip.php?film1876
(8) http://www.agencesartistiques.com/Fiche-Artiste/510641-pierre-berriau.html
(9) http://www.citebd.org/spip.php?film2065
(10) http://cinesaintandre.fr/
Selon Marilyne Canto, le propre des films d’Hervé, c’est qu’il y a une joie incroyable qui s’en dégage. Mais c’est vrai que ces films-là sont passés inaperçus, alors qu’ils dégagent une grande liberté de vivre, une vraie gaieté. Déjà rien que les titres : Grand bonheur, On appelle ça... le printemps.. (11)
https://www.challenges.fr/cinema/il-a-realise-reprise-et-on-appelle-ca-le-printemps-le-cineaste-herve-le-roux-est-mort_555349
(11) https://www.cahiersducinema.com/produit/on-appelle-ca-le-printemps/

Avant de mettre la main à la pâte, Le Roux a été critique aux Cahiers du cinéma (12), puis a collaboré à des courts-métrages, été l’assistant-réalisateur d’Alain Bergala (13) et participé à l’écriture de scénarios. Documentariste talentueux mais discret, il fut également l’auteur de deux long-métrages, Grand bonheur (1993) avec Lucas Delvaux et Marilyne Canto (une bande d’étudiants qui se dissout à Paris sous le soleil d’aout) et On appelle ça... le printemps (2001), toujours avec son égérie Marilyne Canto.
Après ce film qui ravit un petit public fervent mais s’avéra un échec commercial, Hervé Le Roux, telle son héroïne de Saint-Ouen, disparut totalement des écrans radars de la critique.
http://www.lesinfluences.fr/Pas-de-Reprise-pour-le-cineaste-Herve-Le-Roux.html
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/Cahiers_du_cin%C3%A9ma
(13) https://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Bergala

Frédéric Bonnaud (14), directeur de la Cinémathèque française (15) a annoncé ce 26 juillet la disparition de Hervé Le Roux, réalisateur du mythique documentaire sur le monde ouvrier, Reprise. On n’avait guère de nouvelles de lui depuis plusieurs années. Il aurait été retrouvé mort à son domicile de Poitiers...
https://www.lesinrocks.com/2017/07/27/cinema/herve-le-roux-realisateur-qui-redonne-ses-lettres-de-noblesse-au-monde-ouvrier-est-mort-11970098/
(14) https://fr.wikipedia.org/wiki/Fr%C3%A9d%C3%A9ric_Bonnaud
(15) https://fr.wikipedia.org/wiki/Cin%C3%A9math%C3%A8que_fran%C3%A7aise

77 Rue des Rosiers, avant-hier, l’usine (3) était encore là. Dans le même état que Le Roux : finie. Des affiches annoncent qu’on va la démolir. Un parking (800 places) va creuser le sol contaminé de l’enceinte, les riches marchands américains des puces pourront y réserver leur chambre (on murmure qu’un Hôtel 5 étoiles est prévu)...
http://www.davduf.net/sur-les-traces-d-herve-le-roux-reprise-demolition

Entretien avec Hervé Le Roux
Les femmes ont une place particulière dans le film.
Ce sont les OS, à la différence des hommes qui sont des ouvriers formés, et qui peuvent à cette époque de plein emploi retrouver du travail ailleurs. Les hommes ont les moyens de se défendre et ils ont un nom, on connaît le nom de tous les hommes du film de chez Wonder. Les femmes n’ont que des prénoms, elles ont commencé à travailler à 15 ans, elles n’ont pas la possibilité de partir sauf en cas de rupture familiale forte, inenvisageable à l’époque. Le paternalisme joue : on confond tout. Ce sont à la fois des femmes qui travaillent, mais elles nettoient aussi les ateliers et l’été, elles vont en colonie de vacances !
https://www.critikat.com/actualite-cine/entretien/herve-le-roux/

Hervé Le Roux
Né le 21 août 1956, décédé le 26 juillet 2017 à Poitiers.
Il travaillait sur un nouveau film, Portrait de madame Manet sur un canapé bleu...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Herv%C3%A9_Le_Roux

Dominique Perrier
https://www.imdb.com/name/nm0674684/

extrait(s) de presse

Les Inrocks - Tourné comme un reportage ordinaire, doté d'une plastique très banale, "Reprise" est pourtant un très grand film, quasiment la preuve tangible d'une forte intuition théorique...
Cairn - Dans le film de Hervé Le Roux, le reportage direct de 1968 constitue en quelque sorte la scène primitive, à partir de laquelle s’organisent les pistes de recherche explorées aujourd’hui...
Libération - Hervé Le Roux aimait à dire qu’il avait eu «une longue expérience étudiante», s’essayant à peu près à toutes les disciplines «sauf médecine»...
Le Monde - « Reprise », un chef-d’œuvre sur trente années d’histoire de la classe ouvrière française...
L'Humanité - Enquête romanesque et grand film politique, "Reprise" reconstitue pas à pas l’histoire d’un lieu et des individus qui l’ont peuplé...
Froggy delight - Ce documentaire a des allures de film policier, avec quelques échos de "Vertigo" de Alfred Hitchock...
Le Figaro - C'est un luxe et une morale, pas seulement au cinéma. Il faut saluer Hervé Le Roux d'avoir pratiqué cette belle vertu de l'attention vraie.