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les sentinelles

France - 2016 - 1h31
sorti en France le 8 novembre 2017
documentaire - film francophone
de

Pierre Pezerat

direction de la photographie : Xavier Robert, Pierre Guichard, Mathieu Le Bivic, Pierre Pézerat
musique ou chansons : Gilles Pézerat, Vivien Pézerat
séances : semaine du mercredi 2 mai 2018
mercredi 2 jeudi 3 vendredi 4 samedi 5 dimanche 6 lundi 7 mardi 8
20:45*
séance spéciale :
* projection suivie d’un débat animé par la Confédération paysanne et Attac - tarif unique 3,50€

synopsis

Josette Roudaire et Jean-Marie Birbès étaient ouvriers, en contact avec l'amiante. Paul François, agriculteur, a été intoxiqué par un pesticide de Monsanto, le Lasso. Henri Pézerat, chercheur au CNRS, a marqué leurs vies en les aidant à se battre pour que ces crimes industriels ne restent pas impunis… La justice s’est-elle prononcée pour les responsables du grand mensonge de l'amiante ? Que fera-t-elle pour ceux de la catastrophe annoncée des pesticides ?

notes de production

Pour les scientifiques, les sentinelles écologiques désignent des espèces dont la sensibilité sert d’indicateur précoce des changements de l’environnement d’un écosystème. Elles les révèlent par des signes cliniques visibles de l’altération de leur physiologie, par la présence d’anticorps, voire par leur mort. Un arbre qui jaunit trop tôt, une truite mal en point… Dans ce documentaire, les sentinelles sont des femmes et des hommes empoisonnés par leur travail...
https://reporterre.net/Les-Sentinelles-ces-femmes-et-ces-hommes-empoisonnes-par-les-toxiques-et-les

C’est une histoire humaine, avec le regard d’un fils sur son père. D’une certaine façon, c’est pour moi l’occasion de partager avec lui, a posteriori, un sentiment que je n’avais pas analysé jusqu’ici, qui est un profond respect pour le milieu ouvrier. Ce n’est pas un reportage, il ne se veut pas objectif. Le point de vue des industriels ne m’intéresse pas, la langue officielle, très peu pour moi, seul celui de l’avocat de Monsanto (1), caricatural, est évoqué.
Pierre Pézerat
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Monsanto

Après une longue carrière à TF1 en tant que technicien sur les plateaux et les régies, puis comme responsable technique pour le journal de TF1, Pierre Pézerat décide au lendemain de sa retraite de réaliser le tournage du film Les Sentinelles. Il part à la rencontre des victimes de l’amiante et des pesticides et livre un film bouleversant et émouvant sur ces personnages qui sont devenus, malgré eux, des sentinelles du milieu environnemental.

Ce qui intéresse Pierre Pezerat, ce sont ces hommes et ces femmes qu’on n’entend jamais nulle part, qui du haut de leur commune absence du moindre diplôme, nous délivrent quelques messages où l’intelligence, en plus du sentiment de révolte, s’est invitée au premier rang. Le metteur en scène poursuit : ce qui, à l’heure où certains écoutent avec intérêt les discours simplistes basés sur la haine de l’autre, est un contre-point réconfortant. D’autre part, face au rouleau compresseur de la pensée, qu’est le dogme de la consommation-croissance, ils réaffirment des principes fondamentaux de la vie en société. Rien ne justifie qu’on mette la vie d’autrui en danger, et surtout pas les bénéfices financiers. Jouer sur la peur de faire perdre son emploi à quelqu’un, le forcer à accepter ainsi des conditions de travail qui détruisent sa santé et même sa fierté d’être humain, est quelque chose de criminel, n’en déplaise aux tenants de la dérégulation économique. Et ce sont les sentinelles qui le disent.

Au moment où deux études françaises montrent que 30% des oiseaux ont disparu en 15 ans, au moment où l’on apprend que l’année 2017 a été la plus émettrice de CO2, il est de plus en plus urgent de convaincre tout un chacun que l’urgence absolue se trouve là, devant notre nez, fatale, irrémédiable si l’on ne fait rien. Il faut donc que chacun comprenne la nécessité de changer ses comportements et ses pratiques. Les agriculteurs, d’abord, qu’il faut aider à abandonner le plus vite possible, l’utilisation de produits qui tuent les insectes, les oiseaux, et les tuent eux-mêmes. Les consommateurs, qui, par leurs choix, ont le pouvoir de faire abandonner ces pratiques mortifères aux producteurs d’aliments, mais aussi aux multinationales de la distribution, employeurs de salariés déshumanisés. Enfin et surtout, les citoyens que nous sommes, en nous emparant de ce sujet de façon quotidienne dans son cercle social et familial. En suscitant la réflexion, l’engagement et au bout du compte le changement du rapport de force qui seul, permettra d’arrêter cette course folle de production concurrentielle et d’hyper-consommation qui sont en train d’emmener l’humanité dans le mur.
Combien de temps encore va-t-on se laisser empoisonner ? C’est la question que posent Les Sentinelles, c’est la question vitale que chacun d’entre nous a le devoir de poser autour de lui. Ce n’est pas une question facile, certes, et les films qui parlent par exemple de l’intelligence des arbres et ne portent pas cette charge anxiogène, attirent plus de public que Les Sentinelles, je m’en rends compte. Mais nous ne saurons arrêter cette folie que si nous la combattons et mettons cette question-là au centre du débat politique. Et c’est ce que font tous ces militants associatifs, que je veux remercier ici, qui se démènent pour organiser des projections-débats, sont parfois déçus du faible nombre de personnes qui se sont déplacées, mais sont toujours très heureux de l’accueil du film et du débat qui le suit. Bravo à eux.

Pierre Pézerat
https://www.les-sentinelles.org/

Entretien avec Pierre Pézerat
Comment vous est venue l’idée de faire ce film ?
J’ai rencontré les personnages de mon film, Josette Roudaire, Jean-Marie Birbès et Paul François pendant les assemblées générales de l’association Henri Pézerat [du nom de son père, décédé en 2009]. J’ai été impressionné par leur stature intellectuelle et morale. Ils avaient un discours emprunt de sens de la justice et de dignité. Ce sont des gens simples dont la vie a été bouleversée, et ils ont dû prendre un nouveau chemin. Josette et Jean-Marie, par exemple, se sont battus pour défendre leur santé après avoir travaillé des années dans l’amiante, et ils ont attaqué ceux qui les ont empoisonnés. Paul, lui, a dû complètement changer de paradigme agricole : après avoir été intoxiqué aux pesticides, il a remis en cause tout ce en quoi il croyait. Tous les trois étaient peu connus, et j’ai pensé qu’il fallait dresser leur portrait.
Leur point commun, c’est qu’ils ont connu mon père, Henri Pézerat. Il est intimement lié à chacune de leurs histoires. C’est comme ça que s’est construit le film...

https://www.francetvinfo.fr/sante/affaires/scandale-de-l-amiante/entretien-avec-pierre-pezerat-realisateur-des-sentinelles_2459756.html

extrait(s) de presse

Fiches du cinéma - Un documentaire essentiel et éclairant.
àVoir-àLire - (...) le film se justifie largement dans sa démarche citoyenne, combative, le choix scrupuleux de ses témoignages, et surtout la pertinence de sa lutte, universelle au-delà de la thématique française (...).
Le Nouvel obs - Tous parlent, racontent leurs luttes contre Monsanto ou le lobby de l'amiante, et c'est tout le lot de destins brisés qui est recueilli par la caméra : toxicologues, journalistes, membres de la coopérative Nutréa-Triskalia témoignent. Question : la consommation, le confort doivent-ils nécessairement être payés par un désastre écologique ?
Première - Le réalisateur défend la santé au travail via un documentaire à la fois informatif et essentiel sur ces ouvriers qui veulent obtenir justice.
Télérama - Un documentaire utile et humain, qui prend ouvertement le parti des victimes.
Reporterre - "Les Sentinelles" est un film grave, mais il évite le pathos...