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sonate pour roos

Verdwijnen
Pays-bas - 2017 - 1h32
sorti en France le 18 avril 2018
compétition festival du cinéma européen des Arcs 2017
film - version originale sous-titrée en français
de

Boudewijn Koole

scénario : Jolein Laarman
direction de la photographie : Melle van Essen
musique ou chansons : Alex Simu
avec : Rifka Lodeizen (Roos), Jakob Oftebro (Johnny), Elsie de Brauw (Louise), Marcus Hanssen (Bengt)
séances : semaine du mercredi 18 avril 2018
mercredi 18 jeudi 19 vendredi 20 samedi 21 dimanche 22 lundi 23 mardi 24
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séance spéciale :
* samedi 11h00 matinale 3,50 €
séances : semaine du mercredi 25 avril 2018
mercredi 25 jeudi 26 vendredi 27 samedi 28 dimanche 29 lundi 30 mardi 1er
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16:30*
séance spéciale :
* lundi 16h30 dernière séance

synopsis

Roos rejoint la Norvège tous les ans afin de rendre visite à son jeune frère et sa mère pianiste. Entre les deux femmes, d’anciennes tensions enfouies empêchent toute communication. Cette année, Roos souhaite pourtant partager une nouvelle essentielle...

notes de production

C’est sur les terres givrées de la Norvège que le Néerlandais Boudewijn Koole a puisé la matière, poudreuse et aussi volatile qu’un flocon, pour distiller sa Sonate pour Roos. Une mélodie magnifiée par un drame, dont la trame initiale trouve sa genèse dans l’expérience personnelle du réalisateur. Observant les relations tourmentées entre sa mère et ses deux sœurs, il en extrait une histoire profondément intime, épineuse, et pourtant commune. Une peinture des affects dont la prégnance se loge dans la nature, des étendues enneigées comme des êtres, et les sons, de l’environnement et de la chair. Le titre français trouve ainsi toute sa mesure avec Sonate pour Roos qui injecte davantage de poésie au film que la version anglaise, Disappearance, fait assez rare pour le souligner.
Il s’agit pourtant bien de disparition, au sens littéral et métaphorique du terme. Un double jeu entre la (non)présence des relations familiales et une fin annoncée, inéluctable. Un dessein que laisse rapidement percevoir Roos, incarnée avec beauté par Rifka Lodeizen, dans ses intentions et actes non traduits. L’aveu demeure le ressort dramatique de l’histoire créant une tension palpable à chaque échange. Et une fois celui-ci exposé, le trouble du secret laisse place à la peur, la colère et la douleur, mais avec une pudeur contenue, surtout chez la mère Louise, trahissant les blessures du passé. Des failles qu’elles tentent alors de refermer afin de trouver l’apaisement et la liberté, une mort physique pour une renaissance émotionnelle.
Par le prisme de cette tragédie de la vie, Boudewijn Koole explore, mais tente surtout de comprendre les rapports que les différents membres d’une famille peuvent entretenir. Car avant que le spectre mortuaire ne lève son voile sur les incompréhensions diverses, mère et fille demeurent campées dans leur position, incapable de communiquer, encore moins de faire acte d’amour. Dans la peau de Louise, Elsie de Brauw contient avec justesse toute la froideur d’une mère absente, éprise par sa passion pour le piano, tenant pour responsable sa fille de leur chaos affectif. Un rôle taillé dans un monolithe gelé aussi vrai que nature. Face à cette relation figé, Roos cherche à briser la glace mais sa propre incapacité à comprendre sa mère la retient dans sa rancune enfouie malgré ses espérances. Deux personnages animés par des passions artistiques, la musique pour Louise, la photographie pour Roos, au caractère solitaire, qui pourtant ne parlent pas le même langage. En guise de traducteur, le petit frère joué par Marcus Hanssen essaie de créer un pont entre les deux femmes. À l’inverse de sa mère qui maintient une distance proche de l’indifférence à l’égare de Roos, Bengt entretient avec sa grande sœur une complicité touchante, sous forme de complémentarité créative, ayant tout deux un regard contemporain sur le monde. Des différences entre le trio qui résonnent de manière intrinsèque à chacun et se trouvent dépeintes avec délicatesse dans la nature...
http://www.lebleudumiroir.fr/critique-sonate-pour-roos-disappearance/

Sonate pour Roos est une expérience d’action lente qui doit attendre le bon endroit et le bon moment pour créer une relation intime avec le spectateur, mais il y parvient bel et bien. Koole nous livre un film délicat dont la légèreté de trait permet à sa force dramatique de vraiment s’exprimer. Le scénario, écrit par Jolein Laarman (qui avait déjà collaboré avec Koole sur Kauwboy), s’intéresse à la frontière très mince qui sépare présence et perte, arrivée et disparition, vie et mort, et pose des questions auxquelles il est impossible d’apporter une réponse. Le film souligne aussi combien il est difficile de trouver le moment juste pour vraiment s’exprimer et parler de quelque chose d’aussi sensible qu’une mort prochaine, surtout avec ses proches, ceux qui vont devoir surmonter le deuil après.
La relation mère-fille intense que le film construit avec une précision remarquable est assez subtile et contribue à augmenter la tension émotionnelle qui ressort du récit. Grâce aux performances captivantes de Lodeizen et Brauw, celui-ci ne tombe jamais dans le mélodrame, mais reste toujours réaliste et riche en substance. Les contours de cette relation font discrètement écho à la Sonate d’automne d’Ingmar Bergman, mais l’allusion est formulée comme un hommage. Les paysages nordiques magnifiques, photographiés par Melle van Essen, renforcent l’impact de l’histoire : le contraste entre les grands espaces glacés et le caractère fragile et sensible du film produit une impression d’intimité que les mots ne sauraient décrire. L’œuvre est exécutée avec une froide précision par Koole, et malgré tout le résultat est chaleureux et poignant. En dépit de son sujet très glauque, Sonate pour Roos laisse derrière lui une involontaire étincelle d’espoir pour le futur...
http://cineuropa.org/nw.aspx?t=newsdetail&l=fr&did=334421
https://fr.wikipedia.org/wiki/Sonate_d%27automne

Entretien avec Boudewijn Koole
Quelle a été votre inspiration pour raconter cette histoire ?
Pour moi, l’histoire a commencé avec l’exposition du travail d’une photographe britannique, Leonie Hampton. Elle est restée avec sa mère pendant une année entière et a réalisé une exposition sur son séjour. Cette exposition m’a vraiment touché. L’intimité des personnages dans son travail m’a fait penser à mes instants les plus personnels - avec mes deux sœurs pendant mon enfance. L’intimité qui existe au sein d’une famille est une forme d’amour qui ne cesse de me fasciner et qui m’intrigue. Cela nous dépasse et c’est à la fois positif et négatif. Dans mon film, la relation entre le frère et la sœur est fluide et pleine de vie, tandis que la relation entre la mère et la fille est constamment freinée. J’ai ressenti le besoin d’exprimer tout ce que j’ai remarqué durant mon enfance et de raconter une histoire sur des personnages qui tentent au moins de se comprendre, d’y parvenir, de changer...
http://cineuropa.org/it.aspx?t=interview&l=fr&did=334427

Boudewijn Koole
http://www.imdb.com/name/nm2673025/
voir aussi fiche du film Little bird
http://www.citebd.org/spip.php?film1038

Jolein Laarman
http://www.imdb.com/name/nm0479268/
voir aussi fiche du film Little bird
http://www.citebd.org/spip.php?film1038

Melle van Essen
http://www.imdb.com/name/nm0261346/

Alex Simu
http://www.imdb.com/name/nm6226948/

Rifka Lodeizen
http://www.imdb.com/name/nm0517054/

Jakob Oftebro
Né le 12 janvier 1986 à Oslo.
http://www.imdb.com/name/nm1939580/

Elsie de Brauw
http://www.imdb.com/name/nm0105984/

extrait(s) de presse

Just focus - le film, original et peu vu au cinéma, saura conquérir les adeptes d’un septième art différent, loin des sentiers battus...
Le Bleu du miroir - Un film tendre et dur, où la mort paradoxalement devient l’antidote qui pansera les tensions familiales.