vent du nord - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
FR | EN
accueil > à l'affiche au cinéma > vent du nord

vent du nord

Belgique, France, Tunisie - 2018 - 1h29
sorti en France le 28 mars 2018
film - film francophone
de

Walid Mattar

scénario : Walid Mattar, Leyla Bouzid, Claude Le Pape
direction de la photographie : Martin Rit
musique ou chansons : Malek Saied
avec : Philippe Rebbot (Hervé Lepoutre), Mohamed Amine Hamzaoui (Foued Ben Slimane), Kacey Mottet Klein (Vincent Lepoutre), Corinne Masiero (Véronique Lepoutre), Abir Bennani (Karima), Khaled Brahmi (Chiheb), Thierry Hancisse (Bernard)
séances : semaine du mercredi 7 mars 2018
mercredi 7 jeudi 8 vendredi 9 samedi 10 dimanche 11 lundi 12 mardi 13
20:30*
séance spéciale :
* avant-première en présence de Walid Mattar
séances : semaine du mercredi 28 mars 2018
mercredi 28 jeudi 29 vendredi 30 samedi 31 dimanche 1er lundi 2 mardi 3
14:00
16:30
20:45
18:30
20:30
18:30
21:00
11:00*
14:30
16:30
21:00
11:00*
14:30
16:30
18:30
20:30
18:30
séance spéciale :
* samedi 11h00 matinale 3,50 €
* dimanche 11h00 matinale 3,50 €
séances : semaine du mercredi 4 avril 2018
mercredi 4 jeudi 5 vendredi 6 samedi 7 dimanche 8 lundi 9 mardi 10
20:30
18:30
18:45
14:30
11:00*
16:30
20:30
séance spéciale :
* dimanche 11h00 matinale 3,50 €
séances : semaine du mercredi 11 avril 2018
mercredi 11 jeudi 12 vendredi 13 samedi 14 dimanche 15 lundi 16 mardi 17
14:00
16:30
20:30
16:30
18:45
14:00
16:30*
séance spéciale :
* mardi 16h30 dernière séance

synopsis

Nord de la France. L'usine d'Hervé est délocalisée. Il est le seul ouvrier à s'y résigner car il poursuit un autre destin : devenir pêcheur et transmettre cette passion à son fils. Banlieue de Tunis. L'usine est relocalisée. Foued, au chômage, pense y trouver le moyen de soigner sa mère, et surtout de séduire la fille qu'il aime. Les trajectoires de Hervé et Foued se ressemblent et se répondent...

notes de production

Walid Mattar a grandi à Hammam-Lif (1), une banlieue ouvrière de Tunis située en bord de mer, dans laquelle la vie animée des quartiers populaires est marquée par la difficulté pour les familles de joindre les deux bouts. Le metteur en scène explique : au rythme des marées, les hommes passent leurs journées au café, les femmes aux fourneaux, et les rendez-vous amoureux ont lieu en cachette, à la plage. Les perspectives sont réduites, les rêves simples. Et la seule solution semble être l’argent. Pour des raisons familiales, je suis parti vivre en France et j’ai découvert le Nord Pas-de-Calais, plus exactement Wimereux (2), une petite ville côtière proche de Boulogne-sur-Mer. J’ai été frappé par le mode de vie si semblable à celui de ma ville natale. Tout me semblait familier : le rapport à la mer, l’horizon limité, l’importance du café ou du bar du coin et les difficultés liées au travail.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Hammam_Lif
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Wimereux

Le réalisateur Walid Mattar a alors pris conscience que les gens se réunissaient davantage en fonction de leur classe sociale que de leur origine géographique. De ce constat est né l’un des paris du film : montrer la proximité qui existe entre deux mondes qui sont supposés être si loin l’un de l’autre. Il se rappelle : j’ai fait des études supérieures en Tunisie, en génie industriel, puis j’ai eu un poste dans une usine de câblage électrique. J’étais ambitieux et je voulais changer les choses, appliquer ce que j’avais appris. Seulement, en Tunisie, la gestion de la production ne prend en compte aucune gestion du personnel. L’entreprise signe un contrat avec l’ouvrier via un sous-traitant : elle garde ainsi la liberté de le licencier à tout moment, sans la moindre indemnité. Le chômage aidant, le turn-over est de règle. En tant que cadre dans cette usine, on attendait de moi que je fasse « le dur »… mais je n’y arrivais pas. J’ai fini par quitter ce travail. De mes expériences est née l’envie de faire ce film.

En réalisant Vent du nord, Walid Mattar a cherché à raconter le parcours de deux ouvriers, Hervé et Foued, l’un en France, l’autre en Tunisie. A travers l’histoire de la délocalisation d’une usine, le spectateur découvre le tissage de deux sociétés qui finissent presque par se confondre dans les mêmes espoirs brisés. Le metteur en scène raconte : sans thèse formulée a priori, le film donne à voir les ressemblances entre deux populations de pays pourtant très différents politiquement. Dans les deux cas, l’administration n’est pas adaptée aux besoins des gens. D’un côté, Hervé est bloqué par les diverses normes et régularisations qu’il ne maîtrise pas et qui l’empêchent de se débrouiller par ses propres moyens, de se reconvertir et de suivre une formation adéquate. De l’autre, Foued est confronté à un État totalement démissionnaire, inexistant. Trop de règles d’un côté, pas assez de l’autre : avec ces logiques bureaucratiques floues, absurdes, rien ne permet à nos deux héros de faire face aux difficultés et de trouver leur place. Quelles sont dès lors les libertés qui s’offrent à Hervé et à Foued ?

Vent du nord traite de l’échange et de la circulation des personnes, des choses et des valeurs. La structure du film est née de la volonté de raconter cette circulation, qui régit le monde. Nous suivons le mouvement de délocalisation de l’usine, nous revenons avec les chaussures, nous faisons un aller-retour via les vacances bradées du couple, nous repartons avec Vincent dans la marine, puis revenons avec Foued qui immigre illégalement. Cette circulation trame l’histoire, unit les destins de Hervé et Foued dans des trajectoires en miroir, qui révèlent finalement tout l’absurde de la situation. Cette structure est le défi formel du film, qui est tout sauf un montage en parallèle mais l’histoire de deux personnages unis sans se connaître. Bien que séparés géographiquement, leurs expériences sont intimement liées. Un lien d’espoirs, d’émotions et de désirs. On ne voit souvent qu’une image réduite des délocalisations, le côté factuel qui banalise les choses. Il manque des morceaux de vie. La structure de Vent du nord agrandit, j’espère, le champ de vision, en témoignant du quotidien des gens avant et après l’usine, précise Walid Mattar.

Walid Mattar
Né à Tunis en 1980. Après avoir fait des études en Tunisie, il obtient un Master 2 en Productique à Paris et commence à étudier le cinéma. Membre de la Fédération Tunisienne des cinéastes amateurs depuis l’âge de 13 ans, il a été chef opérateur sur plusieurs courts-métrages et a réalisé son premier, Le Cuirassé Abdelkarim, en 2003...
http://www.imdb.com/name/nm4438253/

Leyla Bouzid
https://fr.wikipedia.org/wiki/Leyla_Bouzid
voir aussi fiche du film À peine j’ouvre les yeux
http://www.citebd.org/spip.php?film1599

Claude Le Pape
http://www.agencesartistiques.com/Fiche-Artiste/552074-claude-le-pape.html
voir aussi fiche du film Les Combattants
http://www.citebd.org/spip.php?film1316

Martin Rit
http://www.imdb.com/name/nm1262093/

Philippe Rebbot
voir fiche du film Des Plans sur la comète
http://www.citebd.org/spip.php?film1906

Mohamed Amine Hamzaoui
https://fr.wikipedia.org/wiki/Mohamed_Amine_Hamzaoui#Cin%C3%A9ma

Kacey Mottet Klein
voir fiche du film L’Échange des princesses
http://www.citebd.org/spip.php?film2035

Corinne Masiero
voir fiche du film Discount
http://www.citebd.org/spip.php?film1295

Abir Bennani
http://www.imdb.com/name/nm3156520/

Thierry Hancisse
voir fiche du film La Forêt de quinconces
http://www.citebd.org/spip.php?film1728

extrait(s) de presse

àVoir-àLire - Humour et humanité se conjuguent pour dénoncer les absurdités d’un système économique mondial qui broie les individus.
Le Figaro - Un film humaniste sans misérabilisme qui rend hommage à la dignité de l'homme.
Fiches du cinéma - Ce premier long métrage de Walid Mattar est un drame intimiste attachant, audacieux dans ses choix techniques et parfait dans sa distribution.
Télérama - En trouvant le ton juste pour cette comédie tout en retenue, le réalisateur célèbre la quête d’une vie heureuse, contre vents et marées. Et parle avec finesse des désillusions du présent comme de l’utopie jamais vaincue.
Le Parisien - Un regard implacable et émouvant sur la condition ouvrière à travers deux destins.
Première - Loin de l’objet théorique et figé, cette fable contemporaine fait au contraire la part belle aux changements de tonalités : plus facétieuse dans sa partie française (où brille Philippe Rebbot en pêcheur exalté) et plus axée sur le désir amoureux dans sa partie tunisienne, cette œuvre polyphonique porte haut la lutte quotidienne pour la dignité et l’affranchissement.