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hiroshima mon amour

ciné répertoire
France, Japon - 1959 - 1h32
sorti en France le 10 juin 1959
film - film francophone
de

Alain Resnais

scénario : Marguerite Duras
direction de la photographie : Michio Takahashi, Sacha Vierny
musique ou chansons : Georges Delerue, Giovanni Fusco
avec : Emmanuelle Riva (Elle), Eiji Okada (Lui), Bernard Fresson (le soldat allemand), Stella Dassas (la mère), Pierre Barbaud (le père)
séances : semaine du mercredi 7 février 2018
mercredi 7 jeudi 8 vendredi 9 samedi 10 dimanche 11 lundi 12 mardi 13
18:30*
séance spéciale :
* film couplé avec "Mon oncle d'Amérique" - tarif préférentiel : 2 films = 7 €

synopsis

Une actrice française à l'identité inconnue se rend à Hiroshima, après les bombardements atomiques, afin d'y tourner un film pour la paix. Elle y rencontre un Japonais qui devient momentanément son amant, mais aussi son confident. Il lui parle de sa vie et lui répète : « tu n'as rien vu à Hiroshima ». Elle lui parle de son adolescence à Nevers pendant la seconde guerre mondiale, de son amour pour un soldat allemand et de l'humiliation qu'elle a subie à la Libération lorsqu'elle a été tondue...

notes de production

A 37 ans, Alain Resnais signe avec Hiroshima mon amour son premier long-métrage de fiction. Auparavant, il s’est fait connaître en réalisant de nombreux courts-métrages et documentaires, parmi lesquels Nuit et brouillard (1), Les Statues meurent aussi (2), Toute la mémoire du monde (2) ou encore Guernica (3).
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Nuit_et_Brouillard_(film)
(2) http://www.citebd.org/spip.php?film1882
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Guernica_(film,_1950)
A l’origine, Alain Resnais devait réaliser, en collaboration avec Chris Marker (4), un documentaire sur la bombe atomique. Mais Marker s’étant retiré du projet, Resnais a finalement réalisé, seul, une fiction.
(4) http://www.citebd.org/spip.php?film1005

C’est la première fois que Marguerite Duras travaille pour le cinéma, même si René Clément avait porté à l’écran son roman (5) Barrage contre le Pacifique (6). L’écrivain sera ensuite scénariste sur Une aussi longue absence (7) de Colpi, Mademoiselle (8) de Tony Richardson, Moderato cantabile (9) que réalise Peter Brook d’après un de ses romans. Elle passe derrière la caméra en 1967 avec La Musica (10), et réalisera huit ans plus tard son film le plus célèbre, India song (11). En 2001, Jeanne Moreau incarnera Marguerite Duras dans Cet Amour-là (12) de Josée Dayan.
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Un_barrage_contre_le_Pacifique
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Barrage_contre_le_Pacifique
(7) http://www.citebd.org/spip.php?film1634
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Mademoiselle_(film,_1966)
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/Moderato_cantabile_(film)
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Musica_(film)
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/India_Song
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/Cet_amour-l%C3%A0_(film)

Écarté de la compétition pour ne pas déplaire aux Usa, Hiroshima mon amour a tout de même été présenté, avec succès, au festival de Cannes en 1959 (13). Il y décroche le prix de la presse internationale, ainsi que le prix de la société des écrivains. André Malraux, alors Ministre de la Culture, estime pour sa part n’avoir jamais vu de plus beau film.
(13) https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_de_Cannes_1959
Quatre ans plus tôt, déjà, Alain Resnais avait vu son film Nuit et brouillard (1) interdit de festival de Cannes, à la suite de pressions exercées par l’Allemagne de l’ouest.
Paradoxalement, Hiroshima mon amour obtient le prix du cercle de la critique de New York en 1960, et, l’année suivante, le prix des Nations-Unies aux Bafta britanniques (14) et le scénario de Marguerite Duras est nommé aux Oscar.
(14) https://fr.wikipedia.org/wiki/14e_c%C3%A9r%C3%A9monie_des_British_Academy_Film_Awards

En 2001, le Japonais Nobuhiro Suwa tourne un film inspiré par ce classique de Resnais. Il s’agit de H story (15), dans lequel un réalisateur tente de tourner un remake d’Hiroshima mon amour, avec pour héroïne Béatrice Dalle.
(15) https://fr.wikipedia.org/wiki/H_Story

Eiji Okada, qui ne parlait pas un mot de français et a donc appris le texte phonétiquement, a dû revenir en France après le tournage. En effet, pour des problèmes de son, il fallut que les comédiens doublent le film. Après avoir cherché, en vain, un autre comédien japonais susceptible de le remplacer, le cinéaste a finalement demandé à son acteur de refaire le voyage.

On voit dans Hiroshima mon amour des images d’ Hiroshima (16), film japonais de 1953, dans lequel apparaît déjà Eiji Okada, le héros du film de Alain Resnais.
(16) https://fr.wikipedia.org/wiki/Hiroshima_(film)

Le raccord "léopard" ou "panthère" est cette expression étrange inventée par Alain Resnais et son monteur Henri Colpi (7), pour désigner un raccord très particulier consistant à entrecouper une même action par une très légère ellipse afin de créer un petit "bond" dans le temps. C’est l’image d’un félin bondissant vers l’avant qui donna l’idée aux deux hommes d’appeler ce raccord comme cela, terme bien connu des étudiants en cinéma et autres cinéphiles.

Le scénario d‘Hiroshima mon amour est d’abord censé naître de Françoise Sagan (17), auteur au succès fulgurant à la fin des années 1950. Le producteur Anatole Dauman (18) envisage en 1958 de lui confier l’écriture d’une fiction sur la bombe atomique mais échoue à plusieurs reprises à lui en parler : l’écrivain oublie une première fois, puis lors d’une seconde occasion, de se rendre au rendez-vous parisien qui a été fixé avec le producteur et Alain Resnais, dont la carrière vient d’être lancée par Nuit et brouillard (1) et qui est pressenti pour la réalisation. Simone de Beauvoir (19) est un temps envisagée mais, sur la suggestion de Resnais, c’est vers Marguerite Duras que la production se tourne ensuite. Resnais apprécie son œuvre théâtrale et a autrefois songé à adapter Moderato cantabile (9) au grand écran.
(17) https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7oise_Sagan
(18) https://fr.wikipedia.org/wiki/Anatole_Dauman
(19) https://fr.wikipedia.org/wiki/Simone_de_Beauvoir

Confrontée à la sortie du film à des critiques sur son contenu, Marguerite Duras le reprécise dans une lettre ouverte : nous n’avons eu, en faisant ce film, aucun objectif patriotique ou antipatriotique. Nous avons voulu faire un film sur l’amour. Nous avons voulu peindre les pires conditions de l’amour, les conditions les plus communément blâmées, les plus répréhensibles, les plus inadmissibles. Un même aveuglement règne du fait de la guerre sur Nevers et sur Hiroshima. Un même aveuglement, dont l’on retrouve une trace dans l’un des titres initialement envisagés pour le film : Tu n’as rien vu.

Le tournage se fait dans un très court laps de temps : deux semaines au Japon suffiront en août 1958. Dans un premier temps, Resnais visite la ville et continue d’échanger avec Duras restée en France : il lui envoie des lettres accompagnées des photos prises sur place tandis qu’elle lui répond par des enregistrements sonores dans lesquels elle propose de nouvelles répliques. En attendant l’arrivée de l’interprète principale, Emmanuelle Riva, Resnais use d’une marionnette en bois qu’il conduit au son des bandes que lui a envoyées Duras.

Jean-Luc Godard (20) a déclaré avoir été jaloux du film : je me souviens avoir été très jaloux de Hiroshima mon amour. Je me disais : ça c’est bien et ça nous a échappé, on n’a pas de contrôle là dessus.
(20) http://www.citebd.org/spip.php?film1276

Michel Ciment (21) cite le film dans sa « cinémathèque imaginaire » : avec Hiroshima, mon amour, j’ai eu la sensation de n’avoir jamais vu cela au cinéma, j’en tremblais. Resnais a fait avec ce film un peu comme Picasso avec Les Demoiselles d’Avignon. Il y avait là un objet cinématographique qui rendait tout le reste classique. Il y avait une réelle nouveauté qui m’avait à l’époque complètement électrisé. Cette réflexion sur l’histoire, le fait de mêler l’intime, qui d’ailleurs à l’époque avait beaucoup choqué, l’individuel au collectif, l’histoire et le destin individuel, dans un style absolument soufflant de fluidité m’a complètement bouleversé. J’ai eu l’impression qu’on ne faisait plus du cinéma de la même façon.
(21) http://www.citebd.org/spip.php?film668

Alain Resnais et Marguerite Duras n’étant pas d’accord sur la fin du film (à savoir si elle allait rester ou non à Hiroshima), ils ont décidé de la laisser ouverte.

Alain Resnais
voir fiche du film Aimer, boire et chanter
http://www.citebd.org/spip.php?film1217

Marguerite Duras
voir fiche du film Une aussi longue absence
http://www.citebd.org/spip.php?film1634

Michio Takahashi
http://www.imdb.com/name/nm0847163/

Sacha Vierny
voir fiche du film Le Ventre de l’architecte
http://www.citebd.org/spip.php?film604

Georges Delerue
voir fiche du film Le Dernier métro
http://www.citebd.org/spip.php?film1412

Giovanni Fusco
Né le 10 octobre 1906 à Sant’Agata de’ Goti, décédé à Rome le 1er juin 1968.
http://www.imdb.com/name/nm0006090/

Emmanuelle Riva
voir fiche du film Amour
http://www.citebd.org/spip.php?film933

Eiji Okada
Né le 13 juin 1920 à Chōshi, décédé le 14 septembre 1995 à Tōkyō.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Eiji_Okada

Bernard Fresson
voir fiche du film Max et les ferrailleurs
http://www.citebd.org/spip.php?film798

Stella Dassas
http://www.imdb.com/name/nm0202072/

Pierre Barbaud
Né le 10 octobre 1911 à Saint-Eugène (Algérie), décédé le 10 septembre 1990 à Nice.
Inventeur de la musique algorithmique...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Barbaud

extrait(s) de presse

àVoir-àLire - Resnais réussit donc le pari de transformer une traditionnelle love affair en une réflexion sans concessions sur les traumatismes de la guerre tout en révolutionnant le langage du 7e art.
Critikat - Ne montrant jamais la bombe, la cause de la souffrance, Resnais créait alors des chemins aussi sinueux que poétiques, lunaires, pour mettre à nu deux corps, et deux mémoires qui ne crèvent l’écran que par espoir, par folie de vivre.
Télérama - L'émotion des personnages est si forte qu'elle devient vertige, balancement continu des contraires. Riva est inoubliable en femme moderne, adultérine et hagarde. Terrassée par la maladie de l'amour.
Dvd classik - (...) "Hiroshima mon amour" en fait la puissante démonstration, il n’est en la matière de meilleurs "voyants" que ceux qui sont agis par « l’évidente nécessité de la mémoire. »
Sens critique - "Hiroshima mon amour" c'est aussi une putain de leçon de cinema...
Cinéclub de Caen - Ecriture éclatée, dialogues incantatoires : Resnais et Duras ouvraient des voies nouvelles au langage cinématographique...
La Croix - Fruit d’une collaboration étroite entre Alain Resnais et Marguerite Duras, ce film marque un tournant dans l’histoire du cinéma...
Réseau canopé - À partir de "Hiroshima mon amour", Resnais sera estampillé grand réalisateur, et enchaînera des longs métrages formellement très audacieux...