120 battements par minute - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
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120 battements par minute

France - 2017 - 2h23
sorti en France le 23 août 2017
grand prix, prix Fipresci Cannes 2017 - prix Louis Delluc 2017 - César 2018 du meilleur film (Robin Campillo), du meilleur acteur dans un second rôle (Antoine Reinartz), du meilleur espoir masculin (Nahuel Pérez Biscayart), du meilleur scénario original (Robin Campillo), de la meilleure musique originale (Arnaud Rebotini), du meilleur montage (Robin Campillo) - prix Toscan-du-Plantier* 2018 (Marie-Ange Luciani, Hugues Charbonneau)
avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
film - film francophone
de

Robin Campillo

scénario : Robin Campillo, Philippe Mangeot
direction de la photographie : Jeanne Lapoirie
musique ou chansons : Arnaud Rebotini
avec : Nahuel Perez Biscayart (Sean), Arnaud Valois (Nathan), Adèle Haenel (Sophie), Antoine Reinartz (Thibault), Felix Maritaud (Max), Aloïse Sauvage (Eva), Simon Guélat (Markus), Coralie Russier (Muriel), Ariel Borenstein (Jérémie), Simon Bourgade (Luc), Mehdi Touré (Germain), Catherine Vinatier (Hélène), Théophile Ray (Marco), Jérôme Clément-Wilz (Etienne), Jean-François Auguste (Fabien), Saadia Bentaïeb (mère de Sean), Samuel Churin (Gilberti, directeur de Melton pharm), Yves Heck (le prof de français), Emmanuel Menard (le proviseur), François Rabette (Michel Bernin), Caroline Piette (représentante de Arcat), Naelle Dariya (Léa), Pascal Tantot (chercheur du Anrs), Rahim-Silvioli Mehdi (Medhi), Julien Herbin (Julien), Sabrina Aliane (Sabrina), Erwan Codevelle (vendeur de t-shirts), Zoé Besmond de Senneville (militante Act-up)
séances : semaine du mercredi 31 janvier 2018
mercredi 31 jeudi 1er vendredi 2 samedi 3 dimanche 4 lundi 5 mardi 6
11:00*
20:30
20:45*
séance spéciale :
* Festival Télérama / Afcae à Angoulême du 31 janvier au 6 février 2018. En échange du Pass, complété de vos noms et adresses, une carte valable pour 2 personnes durant toute la durée de la manifestation vous sera remise à la caisse du cinéma. Sur présentation de cette carte, tous les films du festival Télérama / Afcae sont au tarif de 3,50 € la place (par personne). Tarif unique 3,50 € pour tous grâce au Pass (valable pour 2 personnes) à découper dans le magazine Télérama.
* lundi 20h45 dernière séance

synopsis

Début des années 90. Alors que le sida tue depuis près de dix ans, les militants d'Act-up Paris multiplient les actions pour lutter contre l'indifférence générale. Nouveau venu dans le groupe, Nathan va être bouleversé par la radicalité de Sean...

notes de production

Act-up (1) est une association militante luttant contre le sida ayant vu le jour à la fin des années 80 aux Usa. Ce modèle a été suivi en France avec la création d’Act-up Paris en 1989. Le réalisateur Robin Campillo a rejoint cette association en 1992, 10 ans après le début de l’épidémie : en tant que gay, j’avais vécu les années 80 assez difficilement dans la peur de la maladie. Au début des années 90, je tombe sur une interview télévisée de Didier Lestrade (2), l’un des fondateurs de l’association. Il y parle de « communauté sida » composée, selon lui, des malades, de leurs proches et du personnel médical qui affrontent cette épidémie dans une forme d’indifférence de la société. Ce discours rompait un silence qui avait duré presque dix ans. C’est à ce moment-là que je décide de rentrer à Act-up, confie le cinéaste.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Act_Up-Paris
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Didier_Lestrade

Même si Robin Campillo s’est inspiré de son expérience au sein de l’association Act-up (1), le réalisateur affirme que le film n’est pas autobiographique : j’ai essayé de reconstituer pas mal de débats et d’actions qui avaient eu lieu alors, je les ai agencés librement par rapport à la vérité historique. On peut reconnaître ici ou là différents traits de caractère de personnalités qui ont marqué l’histoire du groupe. Pour construire les personnages, l’inspiration est moins venue de telle ou telle personne réelle que des tensions qui les opposaient, explique le metteur en scène.

Avec ses directrices de casting, Sarah Teper (3) et Leïla Fournier (4), Robin Campillo a cherché à reproduire la diversité d’Act-up (1). Ils ont ainsi pris du temps pour composer un casting assez hétéroclite, un mélange d’acteurs professionnels venant du cinéma comme du théâtre, des gens plus proches du cirque ou de la danse, mais aussi des personnes également trouvées sur Facebook (1) ou dans les boîtes de nuit. Par ailleurs il était assez logique que, dans un film sur un groupe qui a fait de la visibilité l’une de ses armes, la plupart des acteurs soient eux-mêmes gays, et qu’ils le soient ouvertement, selon le réalisateur.
(3) http://www.imdb.com/name/nm0855284/
(4) http://www.imdb.com/name/nm1355035/
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Facebook

Pour Robin Campillo, 120 battements par minute revient à une époque sans téléphone mobile, sans internet, sans réseaux sociaux. Une époque avec des fax et des minitels. Une époque où les associations n’avaient pas, comme aujourd’hui, la possibilité de diffuser massivement leurs propres images, et où la télévision conservait une place centrale - ce qui engageait largement la façon dont Act-up (1) mettait en scène ses actions.

Avec internet et les réseaux sociaux, on peut avoir aujourd’hui le sentiment de se retrouver dans une sensibilité ou une lutte communes, mais ce type de convergence peine à s’incarner. À l’époque du film, pour se retrouver, il fallait se réunir et se confronter. Act-up Paris (1) est l’une des rares associations à avoir rassemblé chaque semaine tous ses membres, dans une réunion publique et ouverte à tous.

Avec sa directrice de la photographie, Jeanne Lapoirie, Robin Campillo a élaboré une méthode de tournage pour les séquences de réunions dans les amphis : tourner, le plus vite possible, avec trois caméras, une scène in extenso dans sa continuité. Les lumières ne sont pas complétement au point, l’ingénieur du son est inquiet, mais il faut y aller. De là, tous les problèmes apparaissent. Et c’est par petites touches que l’équipe corrige, de prise en prise. Cela donne une fluidité. Sur une telle durée, les gens, et tout particulièrement les figurants, s’abandonnent à la scène, ils ne réagissent plus sur commande. Les acteurs, au départ, peuvent se tromper sur leur texte. Ces moments de maladresse intéressent beaucoup Campillo : je peux ainsi bénéficier de tout le spectre de rushes que ce type de méthode permet : à la fois les accidents des premières prises et l’efficacité des prises finales. Et au montage, je module la scène en passant de moments erratiques à des moments où la parole et les postures sont au contraire nettes et maîtrisées. Autre avantage de cette méthode : elle m’a libéré du fétichisme du cadre. Pour mon premier long-métrage, Les Revenants (6), j’étais obsédé par le contrôle de l’image. Avec Eastern boys (7), j’ai accepté de lâcher prise, un peu comme le personnage du film, d’ailleurs : j’ai décidé de me laisser envahir par le film plutôt que de le contrôler.
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Revenants_(film)
(7) http://www.citebd.org/spip.php?film1392

Arnaud Valois avait arrêté sa carrière de comédien depuis 5 ans avant que Robin Campillo ne fasse appel à lui pour camper Nathan dans 120 bpm. Le jeune homme était devenu masseur ; il a été convaincu de reprendre du service pour jouer dans ce film en lisant le scénario et en voyant Eastern boys, le dernier film de Campillo.
120 battements par minute a fait une énorme sensation à Cannes (8), suscitant un enthousiasme quasi unanime. Il remportera finalement le grand prix, se faisant souffler la Palme d’or par The Square (9) de Ruben Östlund.
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_de_Cannes_2017
(9) http://www.citebd.org/spip.php?film1982

Robin Campillo revient sur le choix du titre de son film, 120 battements par minute : c’est notamment une référence à la "house music" (10) de l’époque que j’aimais beaucoup et qui est à 124 battements par minute. Je voulais rendre hommage à cette musique qui accompagnait l’époque. C’était une musique à la fois festive et inquiète, comme la situation vécue par la communauté gay à l’époque.
Bon, tout le monde n’adorait pas la house musique, et tout le monde ne se retrouvait pas en boîte après les actions, il faut être honnête. Mais ce hold-up musical m’a permis de retrouver quelque chose du moment. Je ne peux pas m’empêcher de penser que cette musique, à la fois festive et inquiète, est un peu la bande originale de cette époque. Il n’y a en fait qu’un seul morceau qui lui soit directement emprunté : "What about this love" de Mr Fingers (11). Le reste a été composé par Arnaud Rebotini, qui avait déjà travaillé sur Eastern boys (7).
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/House_music
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Larry_Heard
Arnaud est DJ, il a une culture énorme de la musique des années 1990 et possède tous les instruments de l’époque. Ses morceaux évoquent donc la house que nous écoutions alors. Mais il a aussi cette aptitude, caractéristique de l’électro d’aujourd’hui, à passer d’une musique à l’autre, à faire surgir d’un morceau bucolique des éléments plus techno, à jouer de ces métamorphoses que je cherchais à montrer. Il y a toutefois une exception : "Smalltown boy" (12) de Jimmy Somerville. L’un de mes premiers souvenirs d’"Act-up" est un concert magnifique qu’avait donné Somerville pour l’association, au Cirque d’Hiver. "Smalltown boy" date de 1984, il évoque plutôt les premières années de l’épidémie. C’est l’une des premières chansons ouvertement, se souvient Robin Campillo.
(12) Smalltown boy est une superbe chanson du groupe Bronski beat adroitement accompagnée d’un clip très éloquent.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Smalltown_Boy

Entretien avec Robin Campillo
Quel est au départ votre lien personnel avec "Act-up" ?
Mon lien avec Act-up a commencé à se tisser avant qu’Act-up (1) n’existe. C’est l’épidémie qui a provoqué mon engagement. Je suis entré à Act-up alors que le sida m’obsédait depuis dix ans. Je n’avais en fait pas beaucoup d’amis gays, même si je le suis moi-même. J’habitais à Aix-en-Provence et je ne faisais pas vraiment partie de la communauté. Mais je voyais bien que certains parmi ceux que je connaissais allaient à l’hôpital. Il y avait un sentiment d’étrangeté, la vie quotidienne semblait devenir irréelle. J’étais dans le déni. Mais comme toujours les dénis pompent une énergie indescriptible. Ma vie, dans ces années-là, c’est très précisément ce que raconte le personnage de Nathan dans le film. Quand il parle de son copain mort qu’il n’a pas été voir à l’hôpital. Je suis entré à Act-up de façon indirecte. En fait j’étais monteur à la télé. Et je montais les sujets concernant Act-up. Je regardais tous les rushs. Ce qui me permettait de voir tous les à-côtés des actions. Je trouvais cela fascinant. Je suis entré à Act-up en 1992. J’y suis resté assez longtemps, dont trois années où j’ai été très actif...
http://www.avantscenecinema.com/entretien-robin-campillo-120-battements-par-minute/

*Créé en 2008, le prix Toscan-du-Plantier, qui distingue une productrice ou un producteur du cinéma français ayant marqué l’année, est attribué par un collège électoral composé de 51 membres de l’Académie, et des artistes et techniciens ayant fait l’objet d’une nomination pour les César depuis la création du prix, soit 1 171 votants cette année. Il a été décerné parmi les producteurs et productrices des 46 sociétés des 37 films qui ont reçu au moins une nomination pour les César 2018.

Robin Campillo
voir fiche du film Eastern boys
http://www.citebd.org/spip.php?film1392

Philippe Mangeot
https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Mangeot

Jeanne Lapoirie
voir fiche du film Lola Pater
http://www.citebd.org/spip.php?film1930

Arnaud Rebotini
https://fr.wikipedia.org/wiki/Arnaud_Rebotini

Nahuel Perez Biscayart
voir fiche du film Au fond des bois
http://www.citebd.org/spip.php?film527

Arnaud Valois
https://fr.wikipedia.org/wiki/Arnaud_Valois

Adèle Haenel
voir fiche du film Orpheline
http://www.citebd.org/spip.php?film1861

Antoine Reinartz
https://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine_Reinartz

Felix Maritaud
http://www.agencesartistiques.com/Fiche-Artiste/661853-felix-maritaud.html

Aloïse Sauvage
http://www.imdb.com/name/nm7943224/

Simon Guélat
http://www.imdb.com/name/nm3757586/

Coralie Russier
http://www.vma.fr/fiche.cfm/639741_coralie-russier

Simon Bourgade
http://www.agence-callback.com/fiche.cfm/669897_simon-bourgade

Catherine Vinatier
http://www.agencesartistiques.com/Fiche-Artiste/4056-catherine-vinatier.html

Jérôme Clément-Wilz
http://www.imdb.com/name/nm3328284/

Jean-François Auguste
http://www.agencesartistiques.com/Fiche-Artiste/3983-jean-francois-auguste.html

Saadia Bentaïeb
http://www.vma.fr/fiche.cfm/659114_saadia-bentaieb
voir aussi fiche du film D’après une histoire vraie
http://www.citebd.org/spip.php?film1990

Samuel Churin
https://fr.wikipedia.org/wiki/Samuel_Churin

Yves Heck
voir fiche du film L’Avenir
http://www.citebd.org/spip.php?film1704

François Rabette
http://www.agencesophielemaitre.com/artiste.cfm/149426-fran%C3%83%C2%A7ois-rabette.html?&modLg=en

Caroline Piette
http://www.imdb.com/name/nm1906360/
voir aussi fiche du film 3 cœurs
http://www.citebd.org/spip.php?film1315

Naelle Dariya
http://www.imdb.com/name/nm8091742/

Pascal Tantot
http://www.agencesartistiques.com/Fiche-Artiste/640734-pascal-tantot.html
voir aussi fiche du film Lola Pater
http://www.citebd.org/spip.php?film1930

Rahim-Silvioli Mehdi
http://www.vma.fr/fiche.cfm/683041_mehdi-rahim-silvioli

Sabrina Aliane
http://www.imdb.com/name/nm4150299/

extrait(s) de presse

CinemaTeaser - Film de lutte, de bande, d'amour tragique, "120 Battements par minute" n'a peur de rien. Ni du romanesque, ni du politique, ni même d'en faire du cinéma.
Critikat - "120 battements par minute" vibre à chaque plan, exulte d’un désir de vivre et de se battre, de donner à voir et à entendre, de rendre visible.
Culturopoing - Du collectif à l'individu, le flux de "120 battements par minute" coule, vrille, se tord mais toujours repart. En pleine épidémie du sida, Robin Campillo propose un film de vie, d'amour et de combat.
Lci - Avec ce grand film pulsatile, Campillo radiographie le désir, montre le sexe, sonde l'ivresse, communique le spleen. C'est beau et triste comme le tube "Smalltown boy" de Bronski Beat dont la simple évocation dévaste...
Le Nouvel obs - Grand prix du jury, ce film moderne, politique et bouleversant n'a pas eu, à Cannes, la palme d'or qu'on espérait. Qu'importe. Il tient désormais à chacun d'en faire le grand film populaire qu'il doit être avant tout.
Les Inrocks - Sous ses airs naturalistes, le film est travaillé, en filigrane, par une structure narrative sophistiquée, qui va du général vers le particulier, de la collectivité vers l’individu, seul face à la mort (…) : "120 battements par minute" est l’un des plus beaux films de l’année.
L'Express - Le film est si réussi, si passionnant, si emballant, si émouvant qu'il semble échapper à tout, et notamment aux calculs. 120 BPM est en état de grâce, poussé par sa propre énergie, son propre désir. II touche chacun au plus profond. Cela s'appelle une grande oeuvre.
Télérama - Le film impressionne par la fluidité de sa montée en puissance, la sophistication discrète de sa structure.