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que dios nos perdone

Espagne - 2016 - 2h06
sorti en France le 9 août 2017
Prix du jury du meilleur scénario (Isabel Peña) San Sebastian 2016 - Goya 2017 du meilleur acteur (Roberto Álamo)
interdit aux moins de 12 ans avec avertissement
film - version originale sous-titrée en français
de

Rodrigo Sorogoyen

scénario : Rodrigo Sorogoyen, Isabel Peña
direction de la photographie : Alejandro de Pablo
musique ou chansons : Olivier Arson
avec : Antonio de la Torre (détective Velarde), Roberto Álamo (détective Alfaro), Javier Pereira (Andrès Bosque), Luis Zahera (Alonzo), Raúl Prieto (Bermejo), María Ballesteros (Rosario), Maria De Nati (Nati), Teresa Lozano (Amalia), Rocio Munoz-Cobo (Juana), José Luis García Pérez (Sancho), Andrés Gertrudix (Padre Raul), Ciro Miró (Gabriel), Josean Bengoetxea (Mariño), Monica Lopez (Amparo), Rocío Muñoz (Juana), Angelo Olivier (policier)
séances : semaine du mercredi 10 janvier 2018
mercredi 10 jeudi 11 vendredi 12 samedi 13 dimanche 14 lundi 15 mardi 16
20:30*
séance spéciale :
* ciné mardi : "que viva España !" - film couplé avec "Psiconautas" - tarif préférentiel : 2 films = 7 €

synopsis

Madrid, été 2011. La ville, plongée en pleine crise économique, est confrontée à l’émergence du mouvement des « indignés » et à la visite imminente du Pape Benoît XVI. C’est dans ce contexte hyper-tendu que l'improbable binôme que forment Alfaro et Velarde se retrouve en charge de l'enquête sur un serial-killer d’un genre bien particulier. Les deux inspecteurs, sous pression, sont de surcroît contraints d’agir dans la plus grande discrétion. Une course contre la montre s’engage alors, qui progressivement les révèle à eux-mêmes ; sont-ils si différents du criminel qu'ils poursuivent ?

notes de production

C’est en partie pour détourner les traditionnels codes du thriller que Rodrigo Sorogoyen a réalisé Que dios nos perdone. Le metteur en scène explique : tout a déjà été fait dans le cinéma de genre. Le pervertir un peu me stimule et j’espère que cela a le même effet sur les spectateurs. 8 citas (1) et Stockholm (2) étaient des films qui suivaient des schémas pour mieux basculer dans des sentiers moins balisés dans leur seconde moitié. Ce principe est encore plus présent dans Que dios nos perdone. C’est une sorte de motivation personnelle pour surprendre les gens… Même si je sais que je n’invente rien avec ces ruptures.
(1) http://cineuropa.org/f.aspx?t=film&l=fr&did=84274
(2) http://cineuropa.org/nw.aspx?t=newsdetail&l=fr&did=237028

Que dios nos perdone se déroule à Madrid en août 2011, au moment des manifestations sur la place de La Puerta del sol (3) et de la visite du Pape dans le cadre des Journées mondiales de la jeunesse (4). Pour Rodrigo Sorogoyen, ce contexte particulier était idéal pour raconter cette histoire de tueur en série de vieilles dames bigotes. Le réalisateur précise : nous avions vécu ce mois d’août si particulier, qui est devenu une véritable expérience de vie par le chaos qui s’est alors emparé de Madrid, très inhabituel pour cette ville. Cette situation très singulière, voire, d’une certaine manière, historique, aura mis en lumière la transition entre la tradition d’une Espagne très catholique et l’apparition d’une nouvelle génération d’espagnols qui l’est beaucoup moins. C’était le cadre parfait pour notre histoire : la visite du Pape attendue par des fervents catholiques, une partie de la population de la ville contre cette venue, et la police au milieu. Il nous fournissait une dramaturgie parfaite autour d’un tueur commettant des actes atroces mais que la police ne pouvait pas ébruiter pour ne pas amplifier la polémique autour du séjour du Pape.
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Puerta_del_Sol_(Madrid)
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9es_mondiales_de_la_jeunesse_2011

Rodrigo Sorogoyen a voulu, dans Que dios nos perdone, aborder le sujet de la violence, notamment via les personnages de Velarde, Alfaro et Bosque qui vivent dans un état de frustration et de colère permanent. Le metteur en scène développe : la violence a été un sujet présent dès l’origine du film. Nous voulions aborder ses divers aspects : tant celle des hommes que celle des sociétés occidentales. Leur héritage hétéro-patriarcal fait qu’elle a toujours été pratiquée par des hommes. Il était donc fondamental qu’elle soit au cœur de Que dios nos perdone.

C’est pour retranscrire au mieux le chaos de l’été 2011 à Madrid que Rodrigo Sorogoyen a utilisé le format scope (5) en caméra à l’épaule pendant la première heure du film. Pour la seconde, le réalisateur a opté pour une image beaucoup plus stylisée. Il confie : cela nourrit le plaisir que j’ai lorsque je tourne, de bousculer les choses, d’aller à rebours de ce qui était prévu. La première partie de Que dios nos perdone est formellement plus rugueuse, je dirais presque plus « sale », mais on n’y est pas encore confronté à la violence. Cette première heure est surtout une mise en exposition, quasi-documentaire des personnages. C’était nécessaire pour pouvoir les plonger, dans la deuxième partie, dans un puits sans fond. L’esthétique plus stylisée de cette seconde partie est volontaire. Elle permet de faire ressortir les conséquences de la violence, aussi bien des personnages que de la société. Mais elle permet aussi, en montrant des images ou des scènes dérangeantes et en rentrant plus clairement dans la tête de ces trois personnages, d’insister sur le fait que l’on est tous partagés entre le rapport rationnel que l’on a à la violence (qui est de s’en protéger) et la fascination que l’on peut avoir pour elle.
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/CinemaScope

A l’instar des thrillers espagnols récents tels que La Isla minima (6) ou La Colère d’un homme patient (7), Que dios nos perdone est très réaliste, renouant ainsi avec le sens du détail, du naturalisme ou du social du cinéma espagnol des années 1950-1960. Rodrigo Sorogoyen explique à ce sujet : il y a effectivement quelque chose qui tient d’un cinéma néo-Noir espagnol, mais le hasard fait que les réalisateurs des films dont vous parlez ont tous grandi (moi y compris) ou découvert le cinéma avec ces films des années 50-60, comme ceux de Luis García Berlanga (8) par exemple. C’est quasiment une forme d’héritage culturel. Inconsciemment ou pas, s’en inspirer ou revendiquer leur influence, c’est une manière d’affirmer d’où l’on vient, de conserver ce lien. Mais c’est généralement le cas de toute nouvelle génération de cinéastes, quel que soit leur pays. Regardez votre "nouvelle vague" (9) : elle s’est construite en réaction au cinéma populaire de leur époque, mais surtout sous l’influence du cinéma américain qu’elle adorait, non ?
(6) http://www.citebd.org/spip.php?film1492
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Col%C3%A8re_d%27un_homme_patient
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Luis_Garc%C3%ADa_Berlanga
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/Nouvelle_Vague

Que dios nos perdone est une très bonne surprise de ce milieu d’été. Filmé d’abord caméra à l’épaule dans la première partie, avec des scènes de la vie quotidienne des protagonistes, il trouve ensuite un rythme peut-être plus classique sans effet de manche dans une deuxième partie, comme pour mieux se concentrer sur le mal et la noirceur ; il s’éloigne en cela de La Isla miníma (6) qui était avant tout basé sur une certaine ambiance visuelle. En revanche, il est à rapprocher du Seven (10) de David Fincher sur bien des points, non pas qu’il en soit une pâle copie, mais parce que tout comme dans le film de l’américain, une part importante est accordée à la psychologie des deux policiers et à une étude attentive et réussie de leur relation. Avec sa construction originale que l’on se gardera bien de révéler, sa fin parfaite, son rythme soutenu, l’inquiétante musique du français Olivier Arson, et bien sûr l’excellent jeu des acteurs principaux, Que dios nos perdone est un excellent film à ne rater sous aucun prétexte.
https://www.cineseries-mag.fr/critiques-films/que-dios-nos-perdone-106988/
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/Seven_(film)

Sans perdre de temps, sans détour et surtout sans prendre de gants, Que dios nos perdone nous embarque dans une enquête policière haletante aux confins du glauque, alors qu’un duo de flics amusement improbable, se lance sur les traces d’un serial killer violeur de vieilles dames. Le tout dans une Espagne troublée par la crise économique, et dans un Madrid tendu par l’imminente visite du Pape Benoît XVI. Et comme dans les meilleurs polars, l’implacable course au meurtrier va demander un abandon de soi, la frontière entre le Bien et le Mal va se troubler, et les âmes ne vont pas en ressortir indemnes. Malin, habile et surtout très couillu, Rodrigo Sorogoyen signe un film à la maîtrise fascinante, une cathédrale oppressante aux recoins sans cesse surprenants, dirigé par une tension palpable alourdie par la radicalité d’une histoire sordide et inconfortable. Il fallait oser tourner autour d’un sadique sexuel qui s’en prend aux grands-mères en les souillant de la pire des manières. Sorogoyen a osé, et son Que dios nos perdone est une petite claque à la fois brutale et captivante. Le genre de polar qui respecte les codes du genre, qui les titille un peu en poussant le bouchon un poil loin, qui nous bouscule avant de nous foutre au tapis. C’est peut-être pas du niveau d’un Seven (10) mais l’idée y est. Excellent !
http://mondocine.net/que-dios-nos-perdone-critique-film/#

Entretien avec Rodrigo Sorogoyen
Vous n’avez pas eu de limites à ne pas franchir en ce qui concerne la violence ?
Ce n’est pas comme cela que je l’ai vécu : le scénario est violent, que cela vous plaise ou non. En fait, une compagnie de distribution française n’a pas acheté le film pour cette raison. C’est là qu’une petite voix intérieure m’a conseillé de ne pas aller trop loin, mais sans limites à ne pas franchir : nous avons fait en fonction des moyens. Le film n’est pas non plus une ode à la violence, on y voit des choses dures, mais le film aurait pu être beaucoup plus brutal...
http://cineuropa.org/it.aspx?t=interview&l=fr&did=315356

Rodrigo Sorogoyen
Né le 16 septembre 1981 à Madrid.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Rodrigo_Sorogoyen

Isabel Peña
http://www.imdb.com/name/nm3124294/

Alejandro de Pablo
http://www.imdb.com/name/nm3995362/

Olivier Arson
http://www.imdb.com/name/nm8018162/

Antonio de la Torre
voir fiche du film La Isla mínima
http://www.citebd.org/spip.php?film1492

Roberto Álamo
voir fiche du film La Piel que habito
http://www.citebd.org/spip.php?film754

Javier Pereira
Né le 5 novembre 1981 à Madrid.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Javier_Pereira

Luis Zahera
http://www.imdb.com/name/nm0951958/

Raúl Prieto
http://www.imdb.com/name/nm0991987/

María Ballesteros
http://www.imdb.com/name/nm1169622/

Maria De Nati
http://www.imdb.com/name/nm7328813/

Teresa Lozano
http://www.imdb.com/name/nm0523625/

Rocio Munoz-Cobo
http://www.imdb.com/name/nm1863999/

José Luis García Pérez
http://www.imdb.com/name/nm0305825/

Andrés Gertrudix
http://www.imdb.com/name/nm0314980/

Ciro Miró
http://www.imdb.com/name/nm2503135/

Josean Bengoetxea
http://www.imdb.com/name/nm1322246/

Monica Lopez
http://www.imdb.com/name/nm0530286/

Angelo Olivier
http://www.imdb.com/name/nm4414609/

extrait(s) de presse