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corps et âme

A Teströl és lélekröl
Hongrie - 2017 - 1h56
sorti en France le 25 octobre 2017
Ours d'or Berlin 2017
avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
film - version originale sous-titrée en français
de

Ildiko Enyedi

scénario : Ildiko Enyedi
direction de la photographie : Máté Herbai
musique ou chansons : Adam Balazs
avec : Alexandra Borbély (Mária), Morcsányi Géza (Endre), Réka Tenki (Klára), Zoltán Schneider (Jenö), Ervin Nagy (Sándor), Itala Békés (Zsóka), Pál Mácsai (enquêteur), Éva Bata (femme de Jenős), Julia Nyako (Rózsi), Tamas Jordan (docteur), Gusztáv Molnár (serveur), István Kolos (chirurgien)
séances : semaine du mercredi 13 décembre 2017
mercredi 13 jeudi 14 vendredi 15 samedi 16 dimanche 17 lundi 18 mardi 19
18:30
11:00*
20:45
séance spéciale :
* samedi 11h00 matinale 3,50 €
séances : semaine du mercredi 20 décembre 2017
mercredi 20 jeudi 21 vendredi 22 samedi 23 dimanche 24 lundi 25 mardi 26
14:00
21:00
18:45
20:45*
séance spéciale :
* mardi 20h45 dernière séance

synopsis

Mária, nouvelle responsable du contrôle de qualité et Endre, directeur financier de la même entreprise, vivent chaque nuit un rêve partagé, sous la forme d'un cerf et d'une biche qui lient connaissance dans un paysage enneigé. Lorsqu'ils découvrent ce fait extraordinaire, ils tentent de trouver dans la vie réelle le même amour que celui qui les unit la nuit sous une autre apparence...

notes de production

Corps et âme est né de l’envie de Ildikó Enyedi de parler de sa vision de la condition humaine et de nos choix de vie. La cinéaste avait aussi envie de raconter une histoire d’amour passionnelle qui nous emporte, de la manière la moins passionnelle et la moins spectaculaire possible.

Plus précisément, c’est un poème de l’auteur hongrois Ágnes Nemes Nagy qui a été le vrai point de départ du projet. Voici quatre vers de ce poème qui ont guidé Ildikó Enyedi pendant l’écriture du scénario :
Le cœur, flamme vacillante,
Le cœur, pris dans d’épais nuages de neige,
Et pourtant, à l’intérieur, des flocons se consument dans leur vol,
Comme les flammes éternelles des lueurs de la ville.

Elle explique : étant moi-même assez taciturne, je sais tout ce qui peut se dissimuler derrière un visage parfaitement lisse - d’infinies souffrances, des aspirations et des passions - en un mot, l’héroïsme du quotidien. En arpentant les rues, j’observe les passants et je suis consciente que même le visage le plus ennuyeux, le plus stupide et le plus disgracieux peut cacher des merveilles. Par conséquent, je voulais évoquer cette situation où rien n’est visible à l’œil nu, alors qu’il y a tant de choses à découvrir à l’intérieur !

L’entreprise où se déroule le film n’est pas un abattoir vieillot et maculé de sang mais un espace moderne, impeccable et bien organisé, respectant scrupuleusement le règlement. Ildikó Enyedi raconte : elle est le miroir de la société occidentale. Après avoir perdu le confort du cadre rituel de la religion - pour la plupart d’entre nous en tout cas -, nous ne savons absolument pas comment affronter les étapes les plus importantes de la vie : la naissance, l’amour, la mort. Les rituels sacrés nous permettaient autrefois de vivre pleinement ces moments. En perdant ces repères de stabilité, la société a cherché à aborder ces étapes avec pragmatisme. Une telle approche vous transforme en objet et transforme vos proches en objets.

Ildiko Enyedi et son équipe ont tourné dans un vrai abattoir pendant une semaine. Le propriétaire de ce lieu est un autodidacte qui a d’abord été boucher, puis a progressé et a ensuite conçu lui-même le bâtiment. L’équipe de tournage a été émue par le respect instinctif et la tendresse dont ces salariés font preuve à l’égard des bêtes - par la manière dont ils touchent ces animaux et dont ils parlent avec eux. La cinéaste se rappelle : une fois acheminé sur place, le bétail passe une journée dans l’abattoir avant de mourir. Le plus bouleversant n’était pas la mise à mort, puis le découpage et le procédé par lequel un être complexe est transformé en objet en quelques minutes, mais ces animaux bien vivants assis, en silence, attendant d’être tués. Leurs yeux… Ce que j’y ai vu - cette fraternité indicible, cette alliance entre tueur et victime, entre animaux et employés - a un rapport avec les connaissances des cultures tribales : ils chassaient l’animal, le tuaient puis le remerciaient pour la viande qu’il leur procurait. Ils remerciaient l’animal de contribuer à leur survie.

Pour s’immerger totalement dans cet univers particulier, Ildikó Enyedi et son équipe déjeunaient dans un restaurant voisin appartenant également au propriétaire de l’abattoir. Le ragoût qui y était servi était préparé à partir de la viande des animaux abattus sur place. La réalisatrice confie : je crois qu’il s’est agi d’une importante leçon de vie pour nous tous : il fallait qu’on sache comment ces plats succulents arrivaient dans notre assiette. Il faut qu’on prenne conscience de la trajectoire que suit le steak qu’on déguste à table, tout comme on doit savoir comment notre iPhone ou les vêtements qu’on vient de s’acheter sont fabriqués. Fort de ces informations, on doit pouvoir décider quoi manger, quoi acheter et quelle éthique de vie adopter.

Géza Morcsányi est très célèbre en Hongrie, mais pas pour ses talents d’acteur. Patron de la plus importante maison d’édition pendant vingt ans, il a été très influent dans la vie littéraire du pays.
C’est un homme fort et charismatique qui a beaucoup de points communs avec Endre : l’élégance, l’intégrité, l’humour à froid et la personnalité. Grâce à lui, on comprend très bien comment ce type vieillissant et introverti, qui a travaillé dans cet endroit sinistre toute sa vie, peut incarner notre héros, précise Ildiko Enyedi.

Ildiko Enyedi sur l’actrice Alexandra Borbély : la plupart de ceux qui ont vu Alexandra Borbély sur scène ne l’ont tout simplement pas reconnue dans le film. Le film témoigne de toute l’étendue de son registre. Dans la vie, et dans son travail, il s’agit d’une jeune femme exubérante, dynamique, spontanée, sensuelle et sexy. Je ne sais pas bien ce qui m’a fait dire qu’elle s’imposait dans le rôle - j’avais sans doute une grande confiance dans son talent. Je trouve qu’elle est non seulement une magnifique comédienne mais qu’elle est aussi l’une de nos très rares grandes actrices. Elle a dû faire un énorme travail d’introspection pour créer Mária de l’intérieur. (...) Son rôle est d’autant plus difficile que dans ses scènes les plus éprouvantes - et les plus centrales -, elle est seule et qu’elle ne peut donc se nourrir de l’énergie de son partenaire. Le personnage de Mária connaît une évolution majeure, comme une forme d’apprentissage émotionnel et sensuel.

Le Président du jury Paul Verhoeven (1) a remis l’Ours d’or (2) au long métrage hongrois Corps et âme de Ildiko Enyedi.
(1) http://www.citebd.org/spip.php?film1865
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Berlinale_2017

Ildiko Enyedi
Née le 15 novembre 1955 à Budapest.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ildik%C3%B3_Enyedi

Máté Herbai
http://www.imdb.com/name/nm1030033/

Adam Balazs
http://www.imdb.com/name/nm1263096/

Alexandra Borbély
http://www.imdb.com/name/nm3730253/

Morcsányi Géza
http://www.imdb.com/name/nm1573967/

Réka Tenki
http://www.imdb.com/name/nm2757249/

Zoltán Schneider
http://www.imdb.com/name/nm1343442/

Ervin Nagy
http://www.imdb.com/name/nm0619453/

Itala Békés
http://www.imdb.com/name/nm0126766/

Pál Mácsai
http://www.imdb.com/name/nm0617225/

Éva Bata
http://www.imdb.com/name/nm2598032/

Julia Nyako
http://www.imdb.com/name/nm0638453/

Tamas Jordan
http://www.imdb.com/name/nm0430298/

Gusztáv Molnár
http://www.imdb.com/name/nm3764447/

István Kolos
http://www.imdb.com/name/nm0464324/

extrait(s) de presse

àVoir-àLire - Une belle réussite.
Culturebox - La réalisatrice Ildiko Enyedi privilégie le mystère, une magie du monde. L’on tombe sous le charme de ces deux êtres en mal d’amour, dans un film sensible onirique et touchant aux acteurs vibrants.
Le Parisien - Film à strates, "Corps et âme" plaira à tous ceux qui vont au cinéma pour cueillir d'ineffaçables souvenirs.
Fiches du cinéma - Défilant à une vitesse fulgurante malgré son tempo lent, ce sixième long métrage de la réalisatrice hongroise est tout simplement envoûtant.
L'Humanité - On est saisi par ce mélange de froideur et de romantisme, agrémenté par un sens poétique du détail. Ou comment le rêve peut dynamiter un univers trop fonctionnel.
Télérama - La Hongroise met l’intelligence de sa maturité dans cette réflexion sur le couple où rêve et psychanalyse font bon ménage. Elle ose le romantisme poétique comme le réalisme brutal. Elle célèbre la beauté d’une union possible sans cacher les blessures qui l’accompagnent. C’est ça, l’amour.