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le diabolique docteur z

Miss muerte
France, Espagne - 1966 - 1h26
sorti en France le 13 septembre 1967
interdit aux moins de 12 ans
film - film francophone
de

Jesús Franco

scénario : Jean-Claude Carrière, Jesús Franco
direction de la photographie : Alejandro Ulloa
musique ou chansons : Daniel White
avec : Estella Blain (Nadja / miss Muerte), Mabel Karr (Irma Zimmer), Howard Vernon (docteur Vicas), Fernando Montes (docteur Phillippe Brighthouse), Guy Mairesse (Hans Bergen), Antonio Jiménez Escribano (docteur Zimmer), Marcelo Arroita Jáuregui (docteur Moroni), Cris Huerta (docteur Kallman), Lucia Prado (Barbara, assistante du docteur Zimmer), Daniel White (inspecteur Green) Jesús Franco (le notaire), Vicente Roca (un policier), Ana Castor (Juliana)
séances : semaine du mercredi 29 novembre 2017
mercredi 29 jeudi 30 vendredi 1er samedi 2 dimanche 3 lundi 4 mardi 5
18:30*
séance spéciale :
* rétrospective "Gaumont et merveilles" : tarif 3,50 € - dans le cadre du festival "le Rayon fantastique" (organisé en partenariat avec Hidden circle, La Nef, le Pôle image Magelis, le Lisa, l'Alpha, Cinescop-Mégarama)

synopsis

Le docteur Zimmer se livre à d'étranges expériences sur le cerveau humain. Violemment critiqué par ses confrères, il succombe à un malaise cardiaque mais fait promettre à sa fille de mener à bien ses travaux. Cette dernière entreprend une série de machinations diaboliques afin de supprimer les savants qui se sont opposés à son père...

notes de production

Après L’Horrible docteur Orlof (1) et Les Maîtresses du docteur Jekyll (2), Jess Franco tente une nouvelle incursion dans l’univers des savants fous, héritée du chef d’œuvre de Georges Franju : Les Yeux sans visage (3), qui aura inspiré moult cinéastes dans le cinéma de genre. Pimenté là aussi d’un érotisme léger, Le Diabolique docteur Z innove cette fois en mettant deux femmes en vedette. L’une, Irma Zimmer, est le cerveau criminel, une femme assoiffée de vengeance, cruelle, sans pitié, et déterminée à aller jusqu’au bout dans la promesse faite à son père, allant jusqu’à sacrifier son amour pour un médecin afin de suivre la destinée qu’elle s’est imposée. L’autre, Nadia / miss Muerte, personnifie l’instrument de la vengeance, la Veuve noire, belle, froide et implacable, contrôlée par Irma. Artiste de cabaret, exécutant un spectacle alliant charme et esthétisme, elle magnétise les hommes, et son nom de scène, Miss Muerte, va lui coller à la perfection dès lors qu’elle aura pour mission d’exécuter, grâce à ses ongles acérés enduits de curare, tous ceux qui ont causé (même si c’est involontairement) la mort de Zimmer. Après les serviteurs difformes et défigurés de L’Horrible docteur Orlof et des Maîtresses du docteur Jekyll, Miss Muerte propose une alternative radicalement différente, un zombie charismatique et troublant comme on n’en avait jamais vu.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Horrible_Docteur_Orlof
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Ma%C3%AEtresses_du_Docteur_Jekyll
(3) http://www.citebd.org/spip.php?film499
Le Diabolique docteur Z constitue l’un des Franco première époque, dans sa période de productions franco-espagnoles qui s’est avérée particulièrement riche et intéressante, et durant laquelle le metteur en scène a démontré une constance dans la qualité, ce qui ne lui arrivera que trop rarement par la suite. L’Horrible docteur Orlof, Le Sadique baron Von Klaus (4), Les Maîtresses du docteur Jekyll et Le Diabolique docteur Z témoignent de la passion que porte Franco envers ses inspirateurs : les films de la Universal (5), Fritz Lang (6), Georges Franju (7)... un patchwork hétéroclite réuni par cet amour de Franco pour le cinéma. Cette période savants fous est un hommage au Fu Manchu (8) de Charles Brabin, et au Docteur Mabuse (9) de Fritz Lang. Le noir et blanc magnifie ce film d’aventures, mêlant fantastique, horreur et science-fiction, et malgré un rythme inégal, le travail effectué par le scénariste Jean-Claude Carrière, qui travaillera avec Bunuel (10) en plusieurs occasions, est dans l’ensemble satisfaisant. La musique, due encore une fois à l’inséparable complice de Franco : Daniel White, est évidemment jazzy.
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Sadique_Baron_Von_Klaus
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Universal_Pictures
(6) http://www.citebd.org/spip.php?film1692
(7) http://www.citebd.org/spip.php?film499
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Masque_d%27or
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/Docteur_Mabuse
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/Luis_Bu%C3%B1uel
Pour ce qui est des acteurs, outre Estella Blain et Mabel Karr (...), notons la présence des deux complices, White et Franco, en inspecteurs de police placides et désinvoltes...
http://www.psychovision.net/films/critiques/fiche/274-diabolique-docteur-z-le

Réalisé en 1966 par le très prolifique cinéaste espagnol Jess Franco (auteur du cultissime Vampyros lesbos (11) ou encore des très bons Eugénie (12) et Eugénie de Sade) (13), représentant du bis (voire du Z) par excellence, Le Diabolique docteur Z est un film français qui mérite à tous points de vue d’être signalé.
En effet, ce film, qui est du Jess Franco première manière, constitue un film fantastique relativement classique, dans la veine de L’Horrible docteur Orlof (1). Surtout, dans ce film, Jess Franco ne se contente pas de copier le chef d’œuvre de Franju que constitue Les Yeux sans visage (3).
Adaptant directement un roman qu’il a concocté pour l’occasion sous un pseudo (David Kuhne), Jess Franco réalise un film fantastique relativement délirant, qui surfe quelque part sur le succès des James Bond (14). On est d’abord aux prises avec le docteur Zimmer (le fameux docteur Z), une sorte de savant fou, qui a comme idée de faire des expériences sur l’être humain afin de séparer la zone du cerveau qui est celle du bien et celle du mal ! Rien que ça. Comme on dit, plus c’est gros, plus ça passe. Après le décès de Zimmer, qui a été humilié par plusieurs de ses confrères pour ses idées complètement folles, sa fille Irma va poursuivre son œuvre et s’évertuer à supprimer un à un les docteurs qui sont directement ou indirectement à l’origine de la mort de son père...
http://dejantesducine.canalblog.com/archives/2008/09/20/10162213.html
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Vampyros_Lesbos
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Inassouvies
(13) https://fr.wikipedia.org/wiki/Eug%C3%A9nie_de_Sade
(14) https://fr.wikipedia.org/wiki/James_Bond

Produit par le duo Michel Safra (15) / Serge Silberman (16), et co-écrit par le jeune Jean-Claude Carrière, tous trois respectivement producteurs et scénariste du Journal d’une femme de chambre (17) de Luis Buñuel, il était d’ores et déjà inscrit que ce Docteur Z se démarquerait ostensiblement de la proéminente filmographie francienne. Nouvelle relecture de L’Horrible docteur Orlof (1) après le mitigé Les Maîtresses du docteur Jekyll (2), le long métrage s’éloigne de l’original et du classique (3) de Georges Franju pour se diriger vers l’érotisme halluciné des années à venir. En marge du gothique d’un Mario Bava (18), en proposant aux amateurs du genre une version à la fois surréaliste, telle la scène où Mabel Karr se protégeant d’une chaise fait tâter du fouet à l’incontrôlable et sauvage Estella Blain, et expressionniste à l’image de la photographie d’Alejandro Ulloa, Jesús Franco dresse un large éventail de ses multiples influences et (auto) références cinématographiques.
(15) http://www.imdb.com/name/nm0755900/
(16) https://fr.wikipedia.org/wiki/Serge_Silberman
(17) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Journal_d%27une_femme_de_chambre_(film,_1964)
(18) http://www.citebd.org/spip.php?film1201
Disposant d’un faible budget comme à l’accoutumée, le cinéaste espagnol tire cependant allègrement son épingle du jeu. Thriller fantastique doté d’éléments visuels inspirés, Franco est également secondé au scénario par un malicieux Jean-Claude Carrière assaisonnant cette vengeance filiale de quelques bons mots judicieux. Évoquant autant l’âge doré des monstres et autres laboratoires de savant fous made in Universal (5), que Les Vampires (19) de Louis Feuillade, Miss Muerte distille un doux parfum macabre à l’atmosphère expressionniste. Relevé par l’habituel humour distancié francien qui accompagne l’enquête policière, le commissaire est interprété cette fois-ci par Franco himself.
(19) https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Vampires_(film)

La référence au feuilleton de Feuillade (19), et en particulier à la belle Musidora (20), muse des Surréalistes (21), est loin d’être anecdotique, et est au contraire au centre du récit de Franco et Carrière. Au delà de la simple substitution de prénom entre la fille du professeur Zimmer et Irma Vep, le personnage de Miss Death de par son costume et sa fonction fait ainsi le lien entre l’héroïne des Vampires (19), et l’instrument de la vengeance d’Irma Zimmer. De même, le numéro de cabaret de Miss Death, nue sous son collant en maille glissant sur une toile d’araignée afin de séduire un mannequin, apparaît comme l’acte fondateur ou le prélude à la vampirisation francienne des années 70. Faisant directement écho au numéro de Soledad Miranda dans Vampyros lesbos (11), cette théâtralisation symbolise à elle-seule le destin tragique des héroïnes franciennes. Cette danseuse devenue simili robot aux ongles empoisonnés, représente le premier pas vers la figure féminine du vampire francien, ou la jonction entre le futur personnifié par les personnages de Soledad et Lina Romay, et le passé incarné par la force brute d’Hans Bergen ou le Morpho de docteur Orlof (1)...
http://www.therockyhorrorcriticshow.com/2013/03/le-diabolique-docteur-z-miss-muerte.html
(20) https://fr.wikipedia.org/wiki/Musidora_(actrice)
(21) https://fr.wikipedia.org/wiki/Surr%C3%A9alisme

- le film fut également exploité en France sous le titre Dans les griffes du maniaque.
- originellement, le rôle de Miss Death aurait dû être interprété par la vedette du Crazy horse saloon (22), Rita Renoir (23). Mais les producteurs n’ont pas suivi le souhait de Franco.
(22) https://fr.wikipedia.org/wiki/Crazy_Horse_(cabaret)
(23) https://fr.wikipedia.org/wiki/Rita_Renoir

Réalisateur, scénariste, compositeur de musique, acteur occasionnel, Franco est un véritable homme-orchestre et multiplie les pseudonymes, composant parfois à lui tout seul la moitié du générique du film. Sa débrouillardise devient rapidement légendaire, ce qui pousse Orson Welles à l’engager comme assistant-réalisateur sur Falstaff (24), qu’il tourne en Espagne. C’est d’ailleurs Franco qui sauvera le film en trouvant in extremis un nouveau financier alors que le tournage risquait de s’interrompre. Mais il avait négligé d’avertir Welles avant d’agir : fâché, le réalisateur enlèvera du générique le nom de son assistant. Ils se réconcilieront plus tard et Franco présentera même en 1993 un montage (diversement apprécié) des scènes tournées par Welles pour son Don Quichotte (25) inachevé...
http://www.nanarland.com/acteurs/acteur-jesusfranco-jesus-franco.html
(24) https://fr.wikipedia.org/wiki/Falstaff_(film,_1965)
(25) https://fr.wikipedia.org/wiki/Don_Quichotte_(film,_1992)

Jesús Franco
Né Jesús Franco Manera dle 12 mai 1930 à Madrid et décédé le 2 avril 2013 à Malaga.
Spécialisé dans les films mêlant horreur et érotisme, il a travaillé sous de nombreux pseudonymes dont Clifford Brown, Adolf M. Frank, J.P. Johnson, David Khune et Jess Frank...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jes%C3%BAs_Franco

Jean-Claude Carrière
voir fiche du film L’Artiste et son modèle
http://www.citebd.org/spip.php?film1036

Alejandro Ulloa
Né le 4 septembre 1926 à Madrid où il est décédé le 14 mai 2002.
http://www.imdb.com/name/nm0022112/

Daniel White
Né le 22 mai 1912 à Malakoff, décédé le 24 mai 1997 à Paris.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_White

Estella Blain
Née Micheline Estellat le 30 mars 1930 à Paris et décédée le 1er janvier 1982 à Port-Vendres.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Estella_Blain

Mabel Karr
Née le 7 octobre 1934 à Buenos Aires, décédée à Madrid le 5 mai 2001.
http://www.imdb.com/name/nm0440075/

Howard Vernon
voir fiche du film Delicatessen
http://www.citebd.org/spip.php?film943

Fernando Montes
http://www.imdb.com/name/nm0599549/

Guy Mairesse
voir fiche du film L’Important c’est d’aimer
http://www.citebd.org/spip.php?film888

Antonio Jiménez Escribano
http://www.imdb.com/name/nm0422859/

Marcelo Arroita Jáuregui
http://www.imdb.com/name/nm0037375/

Cris Huerta
http://www.imdb.com/name/nm0400084/
voir aussi fiche du film Django
http://www.citebd.org/spip.php?film1069

Lucia Prado
http://www.imdb.com/name/nm0695034/

Vicente Roca
http://www.imdb.com/name/nm0733576/

Ana Castor
http://www.imdb.com/name/nm0145397/

extrait(s) de presse

Psychovision - (...) ne boudons pas notre plaisir, le film recèle suffisamment d'agréables surprises pour qu'il constitue au final un spectacle satisfaisant.
Les déjantés du ciné - "Le Diabolique docteur Z" constitue à n'en pas douter un des meilleurs films dans la filmographie très conséquente de Jess Franco.
The rocky horror critic show. - "Le Diabolique docteur Z" marque une seconde étape importante dans la filmographie de Jesús Franco, et semble en tout point être un bon début pour celui ou celle qui voudrait découvrir l'un des plus abordables films de ce cinéaste attachant.
Also-known-as - On sent que ce réalisateur, qui rappelons-le, a été l'assistant d'Orson Welles, a un certain talent...
Série bis - D’un point de vue dramatique, le film est d’une grande efficacité et on ne s’ennuie pas une seconde...