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le jour oû la terre s’arrêta

ciné répertoire
The Day the earth stood still
Usa - 1951 - 1h32
sorti en France le 18 septembre 1952
film - version originale sous-titrée en français
de

Robert Wise

scénario : Edmund H. North
d'après l'oeuvre de : Harry Bates
direction de la photographie : Leo Tover
musique ou chansons : Bernard Herrmann
avec : Michael Rennie (Klaatu/Carpenter), Patricia Neal (Helen Benson), Hugh Marlowe (Tom Stevens), Sam Jaffe (professeur Jacob Barnhardt), Billy Gray (Bobby Benson), Frances Bavier (madame Barley), Lock Martin (Gort), Elmer Davis (lui-même), H. V. Kaltenborn (lui-même), Drew Pearson (lui-même), Gabriel Heatter (lui-même), Fay Roope (le major-général), Edith Evanson (madame Crockett), Harry Harvey (chauffeur de taxi)
séances : semaine du mercredi 22 novembre 2017
mercredi 22 jeudi 23 vendredi 24 samedi 25 dimanche 26 lundi 27 mardi 28
18:30*
séance spéciale :
* film couplé avec "Solaris" - 2 films = 7 € - dans le cadre du festival "le Rayon fantastique" (organisé en partenariat avec Hidden circle, La Nef, le Pôle image Magelis, le Lisa, l'Alpha, Cinescop-Mégarama).

synopsis

Lors d’une journée d’été ordinaire, une soucoupe volante traverse les cieux étatsuniens et se pose à Washington. La population, prise de panique, ne sait comment réagir face à cet évènement. Deux êtres sortent du vaisseau : Gort, un robot à l’allure redoutable, et Klaatu, un extra terrestre aux apparences de terrien. Ce dernier essaie d’entrer en relation avec les hommes qui, se sentant menacés, finissent par le blesser. Emmené à l’hôpital, Klaatu rencontre des responsables politiques avec qui il tente de discuter du danger du surarmement. Se heurtant à un mur d’incompréhension, il décide de fuir et de transmettre son message au monde entier...

notes de production

31 janvier 1950 : le président Harry Truman (1) autorise la fabrication de la bombe à hydrogène (2). A compter de cette date, les tensions entre les deux pôles (menés par l’Urss et les Usa) ne cessent de s’amplifier et un climat de peur s’instaure, tant sur l’échiquier politique que sur la scène artistique : alors que les époux Rosenberg (3) sont condamnés à mort pour avoir livré des secrets nucléaires à l’ennemi, Hollywood lutte contre la menace soviétique en publiant sa fameuse liste noire (4). Au cœur de ces années troubles, les studios produisent un grand nombre de spectacles manifestement anti-communistes. Les films d’invasion aliens trustent alors les écrans et matraquent le public avec le même message : le danger vient de Mars, la planète Rouge, continuez à surveiller le ciel !
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Harry_S._Truman
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Bombe_H
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Ethel_et_Julius_Rosenberg
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_noire_de_Hollywood
Au cœur de ce maelström de méfiance, certains artistes tentent d’imposer une autre vision. Parmi ces hommes, le jeune Robert Wise, collaborateur de Welles (5) et réalisateur du très remarqué The Set up (6), est en attente d’un script à la thématique pacifique. Lorsqu’on lui propose l’adaptation d’une nouvelle Farewell of the master (7), il imagine le premier film de science fiction mettant en scène un alien non belliqueux. Disposant d’un budget assez limité (995 000 $), Wise ne peut élaborer des plans de foule impressionnants, ni espérer voir une pléiade de stars à l’affiche de son projet. Mais n’est-ce pas dans ces conditions que l’on reconnaît les hommes de talent ? Wise le prouve grâce à une réalisation intelligente et efficace...
(5) http://www.citebd.org/spip.php?film1831
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Nous_avons_gagn%C3%A9_ce_soir
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Farewell_to_the_Master
http://www.dvdclassik.com/critique/le-jour-ou-la-terre-s-arreta-wise

Au début des années 50, le producteur Julian Blaustein (La Flèche brisée) (8) souhaite financer un film de science-fiction abordant frontalement la guerre froide et l’ère atomique. Après avoir référencé plus de 200 nouvelles, il jette son dévolu sur Farewell to the master (7) de Henry Bates publié en Octobre 1940 dans la revue Astounding science fiction (9). Darryl F. Zanuck, patron de la 20th Century Fox (10), donne son feu vert au projet. Edmund H. North, scénariste pour Michael Curtiz (11) et Nicholas Ray (12), est chargé de l’adaptation. Le romancier de science-fiction Raymond F. Jones (13) peaufine le script sans être crédité. Le réalisateur Robert Wise accepte cette commande en raison de ses convictions antimilitaristes et sa croyance envers les Ovni (14). Spencer Tracy (15) refuse d’incarner le personnage de Klaatu. Claude Rains (16), occupé à Broadway renonce également au rôle, tout comme Jack Palance (17) qui aurait du incarner le robot Gort. Après avoir vu Michael Rennie dans un théâtre Londonien, Zanuck le suggère auprès de Wise pour le rôle principal. Lock Martin, ancien portier au Chinese theatre (18) de Los Angeles décroche le rôle de Gort en raison de sa grande taille. Patricia Neal hérite du premier rôle féminin après le refus de Anne Baxter (19). Grâce à l’appui de Zanuck, Blaustein parvient à imposer le comédien Sam Jaffe, malgré sa présence sur la liste noire du sénateur McCarthy. Billy Gray et Hugh Marlowe complètent la distribution.
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Fl%C3%A8che_bris%C3%A9e_(film)
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/Analog_Science_Fiction_and_Fact
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/20th_Century_Fox
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Curtiz
(12) http://www.citebd.org/spip.php?film1357
(13) https://fr.wikipedia.org/wiki/Raymond_F._Jones
(14) https://fr.wikipedia.org/wiki/Objet_volant_non_identifi%C3%A9
(15) https://fr.wikipedia.org/wiki/Spencer_Tracy
(16) http://www.citebd.org/spip.php?film577
(17) https://fr.wikipedia.org/wiki/Jack_Palance
(18) https://fr.wikipedia.org/wiki/Grauman%27s_Chinese_Theatre
(19) https://fr.wikipedia.org/wiki/Anne_Baxter
Alors que Lyle R. Wheeler (20) et Addison Hehr (21) se chargent des décors, l’armée refuse d’aider la production après lecture du scénario...
(20) https://fr.wikipedia.org/wiki/Lyle_Wheeler
(21) http://www.imdb.com/name/nm0373832/
À l’instar du Godzilla (22) de Ishirô Honda, l’œuvre de Robert Wise reste encore aujourd’hui l’une des plus brillantes allégories du péril nucléaire. Le Jour où la terre s’arrêta traduit l’affection du cinéaste pour les figures à contre-courant des modèles dominants de l’American way of life (23). Ici une veuve et son enfant vivant modestement. Cet humanisme brisé omniprésent dans la filmographie du cinéaste démontre une véritable sensibilité personnelle dans la lignée des artistes progressistes ayant émergé au lendemain de la seconde guerre mondiale (24) et soucieux d’un avenir plus juste. Aidé par le chef opérateur Leo Tover, Wise joue sur une mise en scène subtilement iconoclaste. Le réalisme des scènes de jours, la violence des coupes, la lumière naturelle et le cadre épuré où apparait la soucoupe volante confèrent à l’ensemble un aspect documentaire cohérent avec la dimension anthropologique de son sujet. Les scènes nocturnes sont l’occasion pour le cinéaste de convoquer son passif dans le cinéma d’horreur et son attrait pour l’expressionnisme, via le débullé et l’obscurité lors de la première apparition de Klaatu dans la pension de famille, ou lors des intérieurs dans le vaisseau...
(22) https://fr.wikipedia.org/wiki/Godzilla_(film,_1954)
(23) https://fr.wikipedia.org/wiki/American_way_of_life
(24) https://fr.wikipedia.org/wiki/Seconde_Guerre_mondiale
https://www.screenmania.fr/film-critique/le-jour-ou-la-terre-sarreta-robert-wise-1951/

Souvent considéré comme la première œuvre d’envergure de science-fiction dans le cinéma étatsunien et sortant en pleine guerre froide (la guerre de Corée (25) venait d’éclater), Le Jour où la Terre s’arrêta a laissé une impression marquante par sa façon d’associer entre elles les deux hantises majeures de son époque, la course aux armements nucléaires et les Ovni (14).
(25) https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_Cor%C3%A9e

Le film a parfois été perçu comme une allégorie chrétienne :
- comme Jésus, Klaatu est envoyé sur Terre avec un message de paix ;
- il se fait appeler Carpenter (charpentier), ce qui fait référence à la profession de Jésus dans sa vie terrestre ;
- il est incompris, se fait assassiner, ressuscite et retourne dans les cieux.
Mais Aeon J. Skoble (26) conteste cette interprétation, dans la mesure où d’une part il ne prêche pas que nous devons nous aimer les uns les autres : les humains peuvent s’entretuer, tant qu’ils ne menacent pas la sécurité des autres planètes et, d’autre part le Jésus de l’évangile ne menace pas d’éradiquer toute vie sur Terre si ses commandements ne sont pas suivis.
Le système établi par l’organisation de planètes de Klaatu est en effet le suivant : chaque planète doit être en sécurité absolue et ne doit pouvoir en aucun cas être menacée par une autre planète. Pour atteindre cet objectif, l’organisation a mis au point des robots aux pouvoirs absolus et illimités, à l’image de Gort, qui patrouillent de planète en planète pour faire régner la sécurité. Leur pouvoir ne peut être révoqué et est supérieur à tout pouvoir de toute planète. Au premier signe de violence, ils agissent automatiquement contre l’agresseur, jusqu’à éventuellement détruire entièrement la planète belliqueuse. Mais les robots n’interviennent pas dans les affaires internes de chaque planète, aussi violentes soient-elles, et Klaatu ne porte aucun jugement moral sur les Terriens, si ce n’est dans la mesure où ils peuvent menacer la sécurité d’autres planètes.
(26) https://www.wikiberal.org/wiki/Aeon_J._Skoble

- Ringo Starr utilisera les décors du film pour la couverture de son album Goodnight Vienna (27).
(27) https://fr.wikipedia.org/wiki/Goodnight_Vienna
- dans la bédé Picsou écrite et dessinée par Don Rosa (28), Les abominables monstres de l’espace attaquent, Donald face à une extraterrestre fait un salut Vulcain et tente de communiquer en utilisant la formule Klaatu barada nikto (30).
(28) https://fr.wikipedia.org/wiki/Don_Rosa
(29) https://fr.wikipedia.org/wiki/Salut_vulcain
(30) dans le film, Klaatu indique à Helen qu’il faut dire cette phrase à Gort s’il lui arrive quelque chose. Klaatu étant tué peu après, Helen dit cette phrase à Gort. Cette phrase, devenue culte, n’a pas d’interprétation ou de traduction officielle. Citée dans Evil dead III : l’armée des ténèbres (31), c’est la formule magique censée annuler la malédiction du Necronomicon.
(31) https://fr.wikipedia.org/wiki/Evil_Dead_3
- nombreuses références dans The Rocky horror picture show (32) et particulièrement dans la chanson Double feature.
(32) http://www.citebd.org/spip.php?film2002
- En 1977 George Lucas lui rend hommage en nommant trois des personnages de sa célèbre trilogie (33) Klaatu, Barada, Nikto.
(33) https://fr.wikipedia.org/wiki/Star_Wars
- Le remake (34) de ce film culte est sorti en France le 10 décembre 2008, avec Keanu Reeves dans le rôle de Klaatu et Scott Derrickson derrière la caméra. Il a toutefois reçu un accueil mitigé tant de la part de la critique que des spectateurs.
(34) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Jour_o%C3%B9_la_Terre_s%27arr%C3%AAta_(film,_2008)
- Utilisation du thérémine (35) pour créer une atmosphère inquiétante.
(35) https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9r%C3%A9mine
https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Jour_o%C3%B9_la_Terre_s%27arr%C3%AAta_(film,_1951)

Robert Wise
voir fiche du film La Maison du diable
http://www.citebd.org/spip.php?film622

Edmund H. North
Né Edmund Hall North le 12 mars 1911 à New York, décédé le 28 août 1990 à Santa Monica.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Edmund_H._North

Harry Bates
http://www.imdb.com/name/nm0060915/

Leo Tover
Né Leopold Tover à New Haven le 6 décembre 1902, décédé à Los Angeles le 30 décembre 1964.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Leo_Tover

Bernard Herrmann
voir fiche du film Les Nerfs à vif
http://www.citebd.org/spip.php?film1655

Michael Rennie
Né Eric Alexander Rennie le 25 août 1909 à Idle, décédé le 10 juin 1971 à Harrogate.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Rennie
voir aussi fiche du film Prince Vaillant
http://www.citebd.org/spip.php?film553

Patricia Neal
Née Patsy Louise Neal le 20 janvier 1926 à Packard, décédée le 8 août 2010 dans le Massachusetts.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Patricia_Neal

Hugh Marlowe
Né Hugh Herbert Hipple le 30 janvier 1911 à Philadelphie, décédé le 2 mai 1982 à New York.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Hugh_Marlowe

Sam Jaffe
Né le 10 mars 1891 à New York, décédé le 24 mars 1984 à Beverly hills.
Victime du maccarthysme, son rôle du Doc Erwin Riedenschneider dans Quand la ville dort de John Huston reste gravé dans les mémoires...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Sam_Jaffe_(acteur)

Billy Gray
http://www.imdb.com/name/nm0336474/

Frances Bavier
Née Frances Elizabeth Bavier le 14 décembre 1902 à New York, décédée le 6 décembre 1989 à Siler city.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Frances_Bavier

Lock Martin
http://www.imdb.com/name/nm0552696/

Elmer Davis
http://www.imdb.com/name/nm0204570/

H. V. Kaltenborn
http://www.imdb.com/name/nm0436225/
voir aussi fiche du film Mr Smith au sénat
http://www.citebd.org/spip.php?film1997

Drew Pearson
http://www.imdb.com/name/nm0669241/

Gabriel Heatter
http://www.imdb.com/name/nm0372789/

Fay Roope
Né à Boston le 20 octobre 1893, décédé à Port Jefferson le 13 septembre 1961.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Fay_Roope

Edith Evanson
Née le 28 avril 1896 à Tacoma, décédée le 29 novembre 1980 dans le Comté de Riverside.
http://www.imdb.com/name/nm0263330/

Harry Harvey
Né le 10 janvier 1901 dans le Territoire indien (actuel Oklahoma), décédé le 27 novembre 1985 à Los Angeles.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Harry_Harvey

extrait(s) de presse

àVoir-àLire - "Le Jour où la terre s'arrêta" est de ces films que le temps polit pour en faire un modèle du genre, un fleuron de cette époque où la science-fiction servait d'exutoire aux angoisses imposées par la guerre froide et mettait en abyme l'insécurité du monde...
Cinéma choc - L'air de rien, "Le Jour où la Terre s'arrêta" est une oeuvre éminemment complexe qui nécessite plusieurs niveaux d'analyse...
Dvdclassik - Aujourd’hui "The Day the earth stood still" reste aussi efficace et son message n’a malheureusement pas vieilli.
Cinéma fantastique - (...) "Le Jour où la Terre s’arrêta" se distingue par la qualité de sa mise en scène et la crédibilité conférée à ses effets visuels...
Vodkaster - Bon film de SF des années 50, l'homme est un loup pour l'homme...Message humaniste et unniversel...
Screenmania - "Le Jour où la terre s’arrêta" demeure un chef d’œuvre intemporel et une œuvre importante dans la filmographie de Robert Wise. Témoin de son temps et visionnaire, précurseur dans son approche de la science-fiction au cinéma, toujours aussi passionnant à suivre, n’ayant pas pris une ride. Il demeure un modèle de cinéma humaniste.
Libre savoir - "Le Jour où la Terre s’arrêta" frappa les esprits, car il utilisait le genre de la science-fiction pour traiter du contexte historique et politique de l’époque...
Mystère & insolite - Un film qui parvient à la fois à tenir en haleine et à délivrer un message social.