familles et jeune public groupes scolaires et parascolaires visiteurs en situation de handicap
FR | EN

musée : pour préserver l’intégrité des œuvres, une température de 20° est requise au sein des espaces d’exposition, aussi prévoyez de vous couvrir pour passer une agréable visite dans nos murs !
accueil > à l'affiche au cinéma > une famille syrienne

une famille syrienne

Insyriated
Belgique, France - 2017 - 1h26
sorti en France le 6 septembre 2017
label Europa cinémas du meilleur film européen Berlin 2017 - compétition officielle festival du film francophone Angoulême 2017
interdit aux moins de 12 ans
film - film francophone
de

Philippe Van Leeuw

scénario : Philippe Van Leeuw
direction de la photographie : Virginie Surdej
musique ou chansons : Jean-Luc Fafchamps
avec : Hiam Abbass (Oum Yazan), Diamand Bou Abboud (Halima), Juliette Navis (Delhani), Mohsen Abbas (Abou Monzer), Moustapha Al Kar (Samir), Elias Khatter (Karim), Alissar Kaghadou (Yara), Ninar Halabi (Aliya), Mohammad Jihad Sleik (Yazan)
séances : semaine du mercredi 23 août 2017
mercredi 23 jeudi 24 vendredi 25 samedi 26 dimanche 27 lundi 28 mardi 29
19:30*
11:00
13:00
16:30
séance spéciale :
* mer 23 à 19h30 (cinéma de la Cité) - jeu 24 à 11h00 (auditorium Le Nil) - ven 25 à 13h00 (espace Franquin) - sam 26 à 16h30 (cinéma de la Cité)

synopsis

Dans la Syrie en guerre, d'innombrables familles sont restées piégées par les bombardements. Parmi elles, une mère et ses enfants tiennent bon, cachés dans leur appartement. Courageusement, ils s’organisent au jour le jour pour continuer à vivre malgré les pénuries et le danger, et par solidarité, recueillent un couple de voisins et son nouveau-né. Tiraillés entre fuir et rester, ils font chaque jour face en gardant espoir...

notes de production

Le titre initial du film était Nous resterons à Damas.

L’idée de faire ce film centré sur la journée d’une famille syrienne vivant confinée dans son appartement est venue à Philippe Van Leeuw d’un sentiment d’injustice. Le metteur en scène explique : quand la Communauté Internationale s’est engagée en Libye avec tous les moyens nécessaires, militaires et politiques (1), au même moment, en Syrie, les manifestations pacifiques étaient réprimées par la terreur, et là, personne n’a bougé. Comme pour mon premier film, Le Jour où Dieu est parti en voyage (2), qui abordait le génocide au Rwanda, je suis parti de cette colère, de ce sentiment d’impuissance face à des choses terribles qui se passent sous nos yeux.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Intervention_militaire_de_2011_en_Libye
(2) http://www.citebd.org/spip.php?film347

Si la réalité de la guerre est très présente dans Une Famille syrienne, elle reste essentiellement hors-champ. On voit ainsi beaucoup d’images des conflits armés à la télévision, mais on ne voit pas comment les gens se débrouillent au quotidien dans cette réalité dont ils sont otages. Philippe Van Leeuw confie : dans Une Famille syrienne, je voulais mettre des images sur ces personnes qui subissent la guerre au jour le jour, quelles que soient leurs convictions politiques. Qu’on ne se méprenne pourtant pas, je pense bien entendu que Bachar Al-Assad (3) est un tortionnaire, que ceux qui le soutiennent sont encore pires que lui. Mais dans Une famille syrienne, je ne fais pas de politique, ou plutôt j’essaie de me situer en dehors des polémiques partisanes, ce n’est pas mon propos. Je veux être au cœur de l’humain, avec un contexte historique et géopolitique aussi réduit que possible.
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Bachar_el-Assad

L’idée du huis clos est venue à Philippe Van Leeuw d’une amie chef opératrice syrienne, avec laquelle il avait travaillé au Liban. Lorsqu’elle était de passage à Paris, elle a dit au réalisateur qu’elle n’a pas de nouvelles de son père, qui habite à Alep (une grande ville de Syrie), depuis trois semaines, si ce n’est qu’il vit dans son appartement dont il ne peut sortir à cause des bombardements.

Je suis parti de là : imaginer cet homme dans son appartement. En me disant : et si cela m’arrivait à moi ? Quels seraient mes propres ressorts, comment fait - on pour tenir ? Pour répondre à de telles questions, pas besoin d’aller enquêter en Syrie, de se documenter ou de lire des témoignages. L’important est de plonger dans l’humain. L’idée était de raconter le quotidien d’une famille ordinaire en imaginant les pénuries avec lesquelles il faut composer pour que ce quotidien conserve une apparence de normalité. Normalité qui est le seul faux-fuyant contre le déchaînement de violence qui s’abat indistinctement et sans crier, se rappelle le cinéaste.

Une Famille syrienne a été tourné à Beyrouth parce qu’il était impossible pour Philippe Van Leeuw de réaliser son film en Syrie et qu’il voulait garder une proximité socio-culturelle aussi forte que possible avec ce pays. Il précise : aussi bien au niveau de la langue ou de l’histoire récente que des détails du quotidien tels qu’une cafetière, un meuble... Le Liban étant le jardin – ou la cour – de la Syrie, l’idée d’y tourner s’est imposée tout de suite. Et puis j’avais déjà fait deux films à Beyrouth en tant que chef opérateur, je connaissais bien la ville.

La célèbre comédienne israélienne Hiam Abass explique comment elle est arrivée sur ce projet par le biais du rôle de Oum Yazan, une femme qui fait face à sa vie, à son destin, au destin de sa famille et de cette voisine qui vient trouver refuge chez elle : Philippe Van Leeuw pensait à moi en écrivant, en tout cas, c’est ce qu’il m’a dit ! Et quand, à un moment donné, il m’a fait lire son scénario, j’ai dit : « il faut le faire ! ». Il n’avait pas encore le budget, il n’était pas encore sûr de pouvoir réaliser le film mais on a gardé le contact, il me tenait au courant des avancées du projet. Il y a eu une vraie rencontre avec Philippe autour de ce projet très important pour moi politiquement. La guerre en Syrie dure et continue de durer, on ne comprend pas très bien ce qui se passe, on se demande si et quand elle va s’arrêter.

Entretien avec Philippe Van Leeuw
Vivre normalement en temps de guerre, c’est une folie, ou le seul moyen de rester sain d’esprit ?
Il n’y a pas de normalité en temps de guerre, il n’y a que des évènements exceptionnels, qu’on subit sans avoir aucune prise sur eux. On est otage, et tout peut arriver, une bombe peut tomber sur la maison, et en 5 mn tout le monde disparait. En attendant, il faut préparer à manger, faire la lessive, se battre contre la poussière, c’est un monde de poussière. Cette femme, incarnée par Hiam Abbas défend bec et ongle son intérieur. C’est chez elle, c’est sa maison. Elle a construit sa vie autour de sa maison, et cette guerre ne va pas l’empêcher de continuer à vivre là où elle a décidé de vivre. Chez les Syriens sur les routes ou réfugiés, ou ceux qui sont resté là-bas, il y a ce désir, cette volonté profonde et tellement légitime, de garder sa maison, ou d’y retourner...
http://cineuropa.org/it.aspx?t=interview&l=fr&did=329578

Philippe Van Leeuw
voir fiche du film Le Jour où Dieu est parti en voyage
http://www.citebd.org/spip.php?film347

Virginie Surdej
voir fiche du film Much loved
http://www.citebd.org/spip.php?film1514

Jean-Luc Fafchamps
Né à Bruxelles en 1960.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Luc_Fafchamps

Hiam Abbass
voir fiche du film Dégradé
http://www.citebd.org/spip.php?film1700

Diamand Bou Abboud
http://www.imdb.com/name/nm3612526/

Juliette Navis
http://www.imdb.com/name/nm2312840/

extrait(s) de presse

Critique - (...) On ne manquera pas d’ajouter que le réalisateur Philippe de Leeuw fait preuve de grandes qualités cinématographiques et que la distribution est superbe.
Cineuropa - L’expérience de Van Leuuw a certainement alimenté le concept. Ce dernier a su tirer le meilleur de l’espace limité, aux côtés de la directrice de la photographie Virginie Surdej, apportant une touche rafraichissante à ce sous-genre.