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album de famille

Albüm
Turquie, France, Roumanie - 2016 - 1h43
sorti en France le 3 mai 2017
semaine de la critique Cannes 2016
film - version originale sous-titrée en français
de

Mehmet Can Mertoğlu

scénario : Mehmet Can Mertoğlu
direction de la photographie : Marius Panduru
avec : Şebnem Bozoklu (Bahar Bahtiyaroğlu), Murat Kılıç (Cüneyt Bahtiyaroğlu), Müfit Kayacan (Cemal), Muttalip Müjdeci (Komiser), Rıza Akın (Rıfat), Mihriban Er (Selma), Binnaz Ekren (Saadet), Sencar Sağdıç (İhsan), Cem Zeynel Kılıç (Yasin), Mustafa Ragıp Adıgüzel (Polis)
séances : semaine du mercredi 5 juillet 2017
mercredi 5 jeudi 6 vendredi 7 samedi 8 dimanche 9 lundi 10 mardi 11
20:30
21:00
18:45
11:00*
séance spéciale :
* dimanche 11h00 matinale 3,50 € - dernière séance

synopsis

On suit les jours d’un couple quadra de la classe moyenne qui adopte un bébé mais fait tout pour faire croire à son entourage que l’enfant est biologiquement le leur : photos de l’épouse faussement enceinte, rendez-vous secrets avec les institutions de l’adoption, etc. Première info : au pays d’Erdogan, il est manifestement un peu honteux d’adopter, c’est-à-dire d’être stérile...

notes de production

Avec Album de famille, Mehmet Can Mertoğlu souhaitait avant tout raconter la façon dont une histoire peut être réécrite. Pour ce, la construction d’une famille constitue un postulat de départ idéal selon le metteur en scène, qui précise : la manière dont mes personnages recréent leur passé et lui substituent un récit artificiel, en usant de photographies comme d’autant de fausses preuves, m’intéressait beaucoup : ce faisant, ils rédigent en quelque sorte leur histoire "officielle".

Mehmet Can Mertoğlu et les deux acteurs principaux Şebnem Bozoklu et Murat Kılıç ont fait beaucoup de répétitions en travaillant principalement sur le langage corporel, la façon d’être assis, de se tenir debout et de se positionner dans l’espace. Cela étant, 95% des dialogues présents dans le film étaient écrits à l’avance et seuls les 5% restants relèvent de l’improvisation.

En Turquie, la faculté de procréer est toujours considérée comme quelque chose de crucial. C’est pour cette raison que les deux personnages du film tentent à tout prix de garder secrète l’adoption d’un bébé. L’infertilité est vue, plus que comme un simple défaut, comme un motif de déconsidération, voire de honte. Cela n’a d’ailleurs rien à voir avec le statut social : des académiciens, des gens très éduqués, se livrent au même raisonnement, explique Mehmet Can Mertoğlu.

Mehmet Can Mertoğlu a en premier lieu choisi le comédien Murat Kiliç parce qu’il avait joué dans des films similaires à Album de famille comme par exemple Il était une fois en Anatolie (1). Son visage, son nez notamment, étaient très importants pour moi ! C’était mon premier choix, j’ai d’ailleurs écrit le scénario en pensant à lui, se souvient le réalisateur, en poursuivant : Şebnem Bozoklu, qui interprète son épouse, est quant à elle très connue en Turquie, principalement pour ses nombreux rôles dans des séries télévisées.
(1) http://www.citebd.org/spip.php?film765

Via, entre autres, ce couple s’inquiétant de l’apparence "kurde" ou "syrienne" d’une fillette qu’on leur propose d’adopter, Album de famille est également une satire plutôt virulente d’une société flirtant allègrement avec le racisme. Mehmet Can Mertoğlu confie : le racisme est une réalité de la société turque, même si ceux qui s’en rendent coupables n’en ont pas vraiment conscience. C’est plutôt comme un réflexe : une personne qui n’aurait pas l’idée de se montrer hostile ou insultante à l’égard d’un Noir dans la rue pourra soudain recourir, devant un match de football, à une terminologie raciste. C’est une chose très commune, très répandue, et les gens n’ont pas nécessairement conscience du fait que c’est à travers ces formules toutes faites que se perpétue le racisme.

Mehmet Can Mertoğlu a fait appel au directeur de la photographie Marius Panduru, qui avait officié sur Policier, adjectif (2) et 12h08 à l’est de Bucarest (3), deux films du Roumain Corneliu Porumboiu dont le travail semblait à même de servir le propos d’Album de famille selon le cinéaste turc. J’aime aussi beaucoup les films de Cristi Puiu et de Cristian Mungiu, ce sont pour moi des sources d’inspiration, note par ailleurs Mertoğlu.
(2) http://www.citebd.org/spip.php?film447
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/12_h_08_%C3%A0_l%27est_de_Bucarest

Entretien avec Mehmet Can Mertoglu
La structure de votre film est peu conventionnelle. Pourriez-vous nous en dire plus sur la structure narrative et le montage du film ?
Je pense que la fiction peut offrir de multiples situations et certainement plus d’une histoire à la fois. Dans Album de famille, j’ai opté pour diverses ellipses narratives supportées par des images et un rythme en pointillés faisant passer certains détails sous silence. Filmé avec un stock limité de 35mm peut être vu comme une limite, mais au contraire, cela m’a permis de construire le rythme du film sur le tournage...
http://www.semainedelacritique.com/fr/articles/entretien-avec-le-realisateur-mehmet-can-mertoglu

Mehmet Can Mertoglu
Né le 25 août 1988 à Akhisar (Turquie).
http://www.imdb.com/name/nm3172532/

Marius Panduru
http://www.imdb.com/name/nm1857454/

Şebnem Bozoklu
http://www.imdb.com/name/nm3427444/

Murat Kılıç
http://www.imdb.com/name/nm1815954/

Müfit Kayacan
http://www.imdb.com/name/nm7373703/

Muttalip Müjdeci
http://www.imdb.com/name/nm6659652/

extrait(s) de presse

àVoir-àLire - Un film sans concession sur l’adoption d’un enfant par un couple turque. En creux, "Album de famille" brosse le portrait d’une société malade.
Le Figaro - Plans-séquences efficaces, acteurs étonnants de vérité et humour noir garanti.
L'Humanité - Un premier long métrage qui pose un regard distancé sur la classe moyenne turque.
Libération - (...) l’humour est quasi constant dans cette fable satirique, mais il est si distant et acerbe qu’il rend le film plus implacable encore. La froideur des décors, la lumière d’aquarium, l’aspect clinique de la mise en scène (étonnamment assurée pour un premier film) figent le rire dans la description impitoyable d’une certaine horreur contemporaine, qui dépasse largement les frontières de la Turquie.
Positif - La Turquie de Mertoglu reflète la vulgarité régressive de nos sociétés contemporaines. De ce fait, l’humour noir de son premier long métrage suscite parfois un vrai rire jaune...
Les Inrocks - Avec ses plans-séquences larges et fixes, Mertoglu construit son récit comme un enchaînement de tableaux du quotidien, tour à tour impassibles, goguenards, mystérieux, voire tout cela à la fois. Il ne juge pas ses protagonistes, ne les héroïse ni ne les fustige, laissant le spectateur décider par lui-même.
Critikat - Chaque plan apparaît comme une cellule qui enserre des personnages déjà dévitalisés par un récit qui ne leur laisse aucune chance.
Télérama - Le réalisateur est très doué pour dénoncer la médiocrité, la bêtise, l'obscurantisme...