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pour une poignée de dollars

ciné môme - ciné répertoire
Per un pugno di dollari
Espagne, Allemagne, Italie - 1964 - 1h40
sorti en France le 16 mars 1966
accessible à partir de 8 ans
film - version originale sous-titrée en français
de

Bob Robertson (alias Sergio Leone)

scénario : Sergio Leone, Fulvio Morsella, Luciano Vincenzoni
direction de la photographie : Massimo Dallamano
musique ou chansons : Ennio Morricone
avec : Clint Eastwood (l'homme sans nom), Gian Maria Volontè (Ramón Rodos), Sieghardt Rupp (Esteban Rodos), Wolfgang Lukschy (John Baxter, le shérif de San Miguel), Marianne Koch (Marisol), José Calvo (Silvanito, le tavernier), Joseph Egger (Peripero, le fabricant de cercueils), Antonio Prieto (Don Miguel Benito Rodos), Margarita Lozano (Consuelo Baxter), Daniel Martín (Julián), Mario Brega (Chico), Benito Stefanelli (Rubio), Bruno Carotenuto (Antonio Baxter), Lorenzo Robledo (un membre du clan Baxter, tué par Joe), Luis Barboo (un membre du clan Baxter, tué par Joe), Umberto Spadaro (Miguel, membre du clan Baxter, tué par Joe), Julio Pérez Tabernero (un membre du clan Baxter, tué par Joe), Frank Braña (un membre du clan Baxter), Antonio Molino Rojo (un membre du clan Baxter), Aldo Sambrell (un membre du clan Rodos), Álvaro de Luna (un membre du clan Rodos), Antonio Moreno (Jean de Dieu, le sonneur de cloches), Fernando Sánchez Polack (un membre du clan Rodos, écrasé par un tonneau), Nino Del Arco (Jesus, le fils de Julián et Marisol)
séances : semaine du mercredi 17 mai 2017
mercredi 17 jeudi 18 vendredi 19 samedi 20 dimanche 21 lundi 22 mardi 23
14:00*
14:30
14:30
séance spéciale :
* film inscrit au dispositif "Collège au cinéma" - tarif unique 3,50 €

synopsis

Une petite ville mexicaine isolée proche de la frontière avec les États-Unis… Un étranger sans nom arrive. Il observe d'abord d'un air indifférent un gamin et son père se faire rosser par des brutes, puis il se dirige vers le centre. Le sonneur de cloche lui indique qu'ici on devient riche ou on meurt. Peu après, trois hommes s'amusent à tirer dans les jambes de son mulet. L'étranger atterrit alors dans une auberge minable où le tenancier lui donne un repas et lui ordonne de partir, lui expliquant que cette ville est un cimetière. Entre-temps, l'étranger aperçoit le croque-mort joyeux préparer ses cercueils...

notes de production

A l’origine, le film devait s’appeler L’Étranger magnifique. Ce n’est que 3 jours à peine avant sa sortie que Sergio Leone l’a rebaptisé Pour une poignée de $.

Ce film marque la première collaboration de Sergio Leone et du compositeur Ennio Morricone.

Le fameux regard plissé de Clint Eastwood, qui deviendra sa marque de fabrique, était en fait dû à la forte lumière du soleil et des projecteurs sur le plateau.

Plusieurs clins d’œil sont adressés à Clint Eastwood dans Retour vers le futur 3 (1). Michael J. Fox se fait appeler ainsi au far-west, et lors de son duel face à Buford Tannen, il dissimulera une plaque en fonte sous son poncho pour se protéger (un subterfuge utilisé par Clint Eastwood dans Pour une poignée de $).
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Retour_vers_le_futur_3

Ce film est le premier volet de la trilogie du dollar, qui comprend également Et pour quelques dollars de plus (2) et Le Bon, la brute et le truand (3).
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Et_pour_quelques_dollars_de_plus
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Bon,_la_Brute_et_le_Truand
Pour l’anecdote, le budget du film fut identique à la somme recherchée par Blondin et Tuco dans le troisième volet de la trilogie Le Bon, la brute et le truand : 200 000 $.

Sergio Leone signe le film sous le pseudonyme de Bob Robertson, en hommage à son père Vincenzo Leone, qui prit en son temps celui de Roberto Roberti. De même que l’acteur Gian Maria Volontè est crédité au générique sous le nom de John Wells.

Leone avait d’abord souhaité confier le rôle principal à une vedette hollywoodienne ; le rôle fut proposé à Henry Fonda (4), James Coburn (5) et Charles Bronson (6), mais ceux-ci étaient trop chers pour le budget du film. La production se tourna alors vers Richard Harrison (7), un acteur américain installé en Italie et spécialisé à l’époque dans les péplums, qui refusa à son tour. Les producteurs, ayant à leur disposition une liste d’acteurs américains inconnus en Europe, sollicitèrent plus tard l’avis de Richard Harrison, qui suggéra d’engager Clint Eastwood, parce que ce dernier savait monter à cheval.
(4) http://www.citebd.org/spip.php?film333
(5) http://www.citebd.org/spip.php?film1695
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Bronson
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Harrison

Ce film est une transposition dans le monde du western du film Yojimbo (8) d’Akira Kurosawa. Les producteurs, qui n’avaient pas prévu que le film remporterait un succès international, ont négligé de négocier les droits de Yojimbo pour le monde entier. Un procès a retardé la sortie du film aux Usa (1967), à l’issue duquel Kurosawa s’est vu accorder les droits du film pour l’exploitation au Japon.
(8) http://www.citebd.org/spip.php?film1665
Une dizaine d’années plus tard, le réalisateur avoua s’en être largement inspiré sans aucun complexe. Il déclare à un journaliste : j’ai vu un film de Kurosawa : Yojimbo. On ne peut pas dire que c’était un chef-d’œuvre. Il s’agissait d’un démarquage de "La Moisson rouge" (9) de Dashiell Hammett. Pourtant, le thème me plaisait : un homme arrive dans une ville où deux bandes rivales se font la guerre. Il se place entre les deux camps pour démolir chaque gang. J’ai songé qu’il fallait replacer cette histoire dans son pays d’origine : l’Amérique. Le film de Kurosawa se passait au Japon. En faire un western permettait de retrouver le sens de l’épopée. Et comme ce récit s’inspirait également d’Arlequin (10), serviteur de deux maîtres de Goldoni (11), je n’avais aucun complexe d’être italien pour opérer cette transplantation. Sans compter que l’inventeur du western n’est autre qu’Homère (12). Sans oublier que le western est un genre universel parce qu’il traite de l’individualisme.
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Moisson_rouge
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/Arlequin
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Carlo_Goldoni
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/Hom%C3%A8re

Le film de Kurosawa eut d’autres adaptations parmi lesquels :
- 1966 : Django de Sergio Corbucci
http://www.citebd.org/spip.php?film1069
- 1996 : Dernier recours de Walter Hill
https://fr.wikipedia.org/wiki/Dernier_Recours_(film)
- 1999 : Inferno de John G. Avildsen
https://fr.wikipedia.org/wiki/Inferno_(film,_1999)
- 2006 : Slevin de Paul McGuigan
https://fr.wikipedia.org/wiki/Slevin

La scène du massacre des soldats mexicains par Ramon montre une mitrailleuse dont les canons sont montés comme sur la Montigny (13) (à action manuelle), or le tireur semble l’utiliser comme une Maxim (14) (arme réellement automatique). On peut également voir la même mitrailleuse dans Django de Sergio Corbucci, Django.
(13) https://fr.wikipedia.org/wiki/Mitrailleuse_Montigny
(14) https://fr.wikipedia.org/wiki/Mitrailleuse_Maxim

Lorsque Clint Eastwood fait mordre la poussière aux hommes de Baxter dans Pour une poignée de $, la scène est censée se situer dans une petite ville mexicaine proche de la frontière des Usa. Or que nenni ! Pour sa trilogie du dollar, Sergio Leone est allé tourner dans le désert de Tabernas (15), situé dans la province d’Almería en Espagne. Soit un décor naturel semi-aride, qui ressemble pour beaucoup aux déserts de type Far West américain avec ses dunes, ses steppes, ses canyons. Berceau du western-spaghetti, Almería abrite encore Fort Bravo, anciennement baptisé Texas Hollywood (16), un village-décor toujours en activité pour le septième art. Outre-Atlantique, des sites comme Monument Valley, la Vallée de la Mort, Alabama Hills ou White Sands au Nouveau-Mexique sont les terrains de jeu privilégiés du genre.
http://www.programme-tv.net/news/cinema/56919-pour-une-poignee-de-dollars-c8-les-ingredients-d-un-bon-western-spaghetti/
(15) https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9sert_de_Tabernas
(16) https://fr.wikipedia.org/wiki/Texas_Hollywood

(...) Avec Pour une poignée de $, Sergio Leone donne naissance à un nouveau style d’antihéros. Personnage laconique et solitaire au regard d’acier, nonchalant mais d’une vitesse d’exécution redoutable quand il s’agit de refroidir ses adversaires, mâchonnant un vieux bout de cigarillo, Apollon ténébreux et mal rasé, Yankee portant un poncho mexicain pour brouiller les cartes, à l’affût de son environnement en observant le monde par-dessous son chapeau qui lui descend presque sur les yeux, mi-cowboy mi-truand, l’Homme sans nom voit le jour sous nos yeux éberlués. Il faudrait ici apporter une précision : bien que l’on considère Pour une poignée de $ comme le premier segment d’une trilogie informelle mettant en scène l’Homme sans nom, le personnage de ce film a bien un nom, Joe. L’Homme sans nom est en fait une pure création émanant de la promotion américaine des premiers films de Sergio Leone. Il n’était d’ailleurs même pas question de trilogie à l’origine. Cela dit, pour une fois on peut faire bon usage d’un outil promotionnel puisque ce patronyme possède une justification a posteriori au vu des trois premiers westerns du cinéaste qui partagent un grand nombre de points communs et mettent en avant un héros moderne qui deviendra une icône universelle. Son charisme naturel et le fait qu’il soit quasi uniquement entouré de prédateurs cruels et d’êtres humains abominables nous le rendent immédiatement sympathique bien qu’il véhicule un mélange d’humour noir et de mort qui devrait nous rendre méfiants. En même temps que ce personnage inédit c’est bien sûr Clint Eastwood qui, d’une certaine façon, naît au cinéma. Inconnu en 1964, si ce n’est des spectateurs de la série westernienne à succès Rawhide (17), Eastwood, âgé de 34 ans à l’époque, a été façonné par Leone pour interpréter à la perfection cet antihéros qui répondait par ailleurs aux aspirations du comédien à incarner un nouveau type de rôle. Impossible d’imaginer aujourd’hui un autre acteur dans la peau de l’Homme sans nom - il faut remercier la providence pour le fait que Henry Fonda (4) et James Coburn (5) (trop chers), les deux premiers choix de Leone, de même que Charles Bronson (6) (peu attiré par le script) n’aient pu endosser le poncho. Le magnétisme naturel d’Eastwood, sa classe incarnée, sa minéralité, son aptitude à exprimer beaucoup en très peu de mots faisaient de lui l’interprète idéal pour transmettre l’état d’esprit qui animait Sergio Leone. Cynisme et pessimisme font bon ménage dans la pensée et la carrière de ce cinéaste qui se définissait comme un socialiste déçu et un anarchiste modéré...
http://www.dvdclassik.com/critique/pour-une-poignee-de-dollars-leone
(17) https://fr.wikipedia.org/wiki/Rawhide_(s%C3%A9rie_t%C3%A9l%C3%A9vis%C3%A9e)

Sergio Leone
Né le 3 janvier 1929 à Rome où il est décédé le 30 avril 1989.
Père du western spaghetti, c’est avec un péplum (Le Colosse de Rhodes) qu’il se fait connaitre...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Sergio_Leone

Fulvio Morsella
http://www.imdb.com/name/nm0607694/

Luciano Vincenzoni
Né à Trévise le 7 mars 1926 et décédé le 22 septembre 2013 à Rome.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Luciano_Vincenzoni

Massimo Dallamano
Né le 17 avril 1917 à Milan, décédé le 14 novembre 1976 à Rome.
http://www.imdb.com/name/nm0198014/

Ennio Morricone
voir fiche du film Les Moissons du ciel
http://www.citebd.org/spip.php?film518

Clint Eastwood
Né le 31 mai 1930 à San Francisco.
Connu pour ses rôles d’antihéros volontiers redresseur de torts, une rétrospective lui a été consacrée à Angoulême en 1986...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Clint_Eastwood#Filmographie

Gian Maria Volontè
Né le 9 avril 1933 à Milan, décédé le 6 décembre 1994 à Flórina (Grèce).
Surnommé le Laurence Olivier italien, il décède au cours du tournage du film Le Regard d’Ulysse de Theo Angelopoulos...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Gian_Maria_Volont%C3%A8

Sieghardt Rupp
Né le 14 juin 1931 à Bregenz (Autriche), et décédé le 20 juillet 2015 à Vienne.
http://www.imdb.com/name/nm0750482/

Wolfgang Lukschy
Né le 19 octobre 1905 à Berlin où il est décédé le 10 juillet 1983.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Wolfgang_Lukschy

Marianne Koch
Née à Munich le 19 août 1931.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Marianne_Koch

José Calvo
Né le 3 mars 1916 à Madrid et décédé le 16 mai 1980 à Las Palmas de Gran Canaria.
http://www.imdb.com/name/nm0130952/

Joseph Egger
Né le 22 février 1889 à Donawitz, décédé le 29 août 1966 à Gablitz.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Egger

Margarita Lozano
Née à Tétouan (Maroc) le 14 février 1931.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Margarita_Lozano

Mario Brega
Né le 5 mars 1923 à Rome, où il est décédé le 23 juillet 1994.
http://www.imdb.com/name/nm0103828/

Benito Stefanelli
http://www.imdb.com/name/nm0824934/

Bruno Carotenuto
http://www.imdb.com/name/nm0139206/

Lorenzo Robledo
Né le 3 juillet 1921 à Madrid où il est décédé en septembre 2006.
http://www.imdb.com/name/nm0696468/

Luis Barboo
Né le 20 mars 1927 à Vigo et décédé le 30 septembre 2001 à Madrid.
http://www.imdb.com/name/nm0053719/

Umberto Spadaro
Né le 8 novembre 1904 à Ancône et décédé le 12 octobre 1981 à Rome.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Umberto_Spadaro

Julio Pérez Tabernero
http://www.imdb.com/name/nm0702028/

Frank Braña
http://www.imdb.com/name/nm0106394/

Antonio Molino Rojo
http://www.imdb.com/name/nm0590158/

Aldo Sambrell
http://www.imdb.com/name/nm0759757/

Álvaro de Luna
http://www.imdb.com/name/nm0209968/

Fernando Sánchez Polack
http://www.imdb.com/name/nm0844765/

Nino Del Arco
http://www.imdb.com/name/nm0033858/

extrait(s) de presse

àVoir-àLire - (...) Sergio Leone parvient par la seule puissance de sa mise en scène à dynamiter le western traditionnel et à créer un sous-genre à lui tout seul. Du grand cinéma populaire.
Dvd classik - (...) "Pour une poignée dollars" n'a rien perdu de son aura de film précurseur en termes de forme, de ton et d'approche sociale.
Fenêtre sur écran - Grand classique, le film rassemble tous les bons ingrédients pour aboutir à un excellent western.
Télérama - (...) ce western, orchestré comme un opéra, annonce les principales composantes du style Leone : outrance ironique des postures, gros plans pétrifiants, verve iconoclaste et regard cru sur la réalité du Far West.
Le Blog du cinéma - "Pour une poignée dollars" intervient à un moment charnière de la filmographie de Sergio Leone, car il marque son désintérêt pour les péplums kirschs qu’il réalisait jusqu’ici, afin de se concentrer sur des westerns de plus en plus cyniques...
Les Inrocks - En associant son antihéros vénal à un autre chasseur de primes, Leone ouvre avec … "Et pour quelques dollars de plus" une perspective essentielle dans son œuvre : l’amitié virile...
Cinéséries - "Pour une poignée de dollars" est un film jouissif, presque cathartique, les véritables premiers pas d’un maître de la mise en scène, et le film a permis aussi de faire connaître à l’internationale le nom de Clint Eastwood, lançant une des carrières les plus exceptionnelles du cinéma contemporain.
Le Monde des avengers - "Pour une poignée de dollars" reste un des grands classiques du western encore aujourd’hui...