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alain resnais tout court

ciné répertoire
France - 2017 - 1h04
court(s) métrage(s) - film francophone
de

Alain Resnais

séances : semaine du mercredi 5 avril 2017
mercredi 5 jeudi 6 vendredi 7 samedi 8 dimanche 9 lundi 10 mardi 11
20:00*
séance spéciale :
* séance organisée par le Festival du film court d'Angoulême - tarif 2,50 €

synopsis

Un aperçu de l'œuvre d'Alain Resnais à travers quelques uns de ses courts métrages...

notes de production

En amont de son premier long métrage, l’important Hiroshima mon amour, sorti en 1959, Alain Resnais a accompli avec autant de passion et de sérieux des films courts, sans jamais voir en cette forme un chemin logique vers le long. Il en a tourné 26, bien davantage que ses camarades de la "Nouvelle vague".
Traversés par les mêmes thématiques (la mémoire, l’histoire), exécutés avec la même élégance (travelling, musique, voix off), les courts métrages de commande, institutionnels ou d’art de Resnais sont un trésor que le festival a voulu cette année porter à vos yeux.

http://www.filmcourtangouleme.com/programme.pdf

Les Statues meurent aussi
France 1953, 30’
prix Jean-Vigo 1954
https://fr.wikipedia.org/wiki/Prix_Jean-Vigo
réalisation
Alain Resnais
http://www.citebd.org/spip.php?film919
Chris Marker (+ scénario)
http://www.citebd.org/spip.php?film1005
Ghislain Cloquet
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ghislain_Cloquet
musique Guy Bernard
https://fr.wikipedia.org/wiki/Guy_Bernard
narrateur Jean Négroni
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_N%C3%A9groni
Quand les hommes sont morts, ils entrent dans l’histoire. Quand les statues sont mortes, elles entrent dans l’art. Cette botanique de la mort, c’est ce que nous appelons la culture.
C’est ainsi que commence ce documentaire controversé qui pose la question de la différence entre l’art nègre et l’art royal mais surtout celle de la relation qu’entretient l’Occident avec cet art qu’elle vise à détruire sans même s’en rendre compte...
Il fut commandité par la revue Présence africaine (1). Partant de la question : pourquoi l’art nègre se trouve-t-il au musée de l’Homme (2) alors que l’art grec ou égyptien se trouve au Louvre ? (3), les réalisateurs dénoncent le manque de considération pour l’art africain dans un contexte de colonisation. Le film a fait l’objet d’une interdiction en France durant huit ans.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_statues_meurent_aussi
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9sence_africaine
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Mus%C3%A9e_de_l%27Homme
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Mus%C3%A9e_du_Louvre
Quant à eux, ils savaient tout ce qui se passait en Afrique et nous étions même très gentils de ne pas avoir évoqué les villages brûlés, les choses comme ça ; ils étaient tout à fait d’accord avec le sens du film, seulement (c’est là où ça devient intéressant), ces choses-là, on pouvait les dire dans une revue ou un quotidien, mais au cinéma, bien que les faits soient exacts, on n’avait pas le droit de le faire. Ils appelaient ça du viol de foule. L’interdiction eut des conséquences très graves pour le producteur. Quant à nous - est-ce un hasard ? - ni Chris Marker ni moi ne reçûmes de propositions de travail pendant trois ans.
Alain Resnais
De nombreux stéréotypes et lieux communs sont pointés du doigt et soutenus par un texte fort et provocateur : le nègre sportif c’est encore de l’art ! (…) Non, nous ne sommes pas quitte en enfermant le noir dans sa célébrité et rien ne nous empêcherait d’être ensemble les héritiers de deux passés si cette égalité se retrouvait dans le présent. Du moins est elle préfigurée par l’égalité qu’on ne refuse à personne, celle de la répression !
https://www.africavivre.com/afrique/a-voir/documentaires/les-statues-meurent-aussi-un-film-qui-traverse-les-ages.html

Toute la mémoire du monde
France 1956, 21’
réalisation Alain Resnais
http://www.citebd.org/spip.php?film919
scénario Rémo Forlani
https://fr.wikipedia.org/wiki/Remo_Forlani
production Pierre Braunberger
https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Braunberger
musique Maurice Jarre
http://www.citebd.org/spip.php?film1579
narrateur Jacques Dumesnil
http://www.citebd.org/spip.php?film1253
participation
François-Régis Bastide
https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois-R%C3%A9gis_Bastide
Agnès Varda
http://www.citebd.org/spip.php?film1443
Lucia Bosé
https://fr.wikipedia.org/wiki/Lucia_Bos%C3%A8
L’organisation au sein de la Bibliothèque nationale (4), mémoire du monde. Un hommage à tous les employés qui répertorient, classent et entretiennent tous les ouvrages qui s’y trouvent, et sans qui ce trésor serait inaccessible.....
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Biblioth%C3%A8que_nationale_de_France
La musique du film a été le fruit d’une collaboration entre Maurice Jarre pour la composition et Georges Delerue (5) pour la conduite d’orchestre.
(5) http://www.citebd.org/spip.php?film888
Alain Resnais a une approche presque clinique de cette vénérable institution (1) : il montre le contenant, puis le contenu, avant de décortiquer méthodiquement ses principes de fonctionnement...
http://films.blog.lemonde.fr/2016/07/22/toute-la-memoire-du-monde/
Dans les années cinquante, la Bibliothèque nationale (4) traverse une période marquante de son histoire : Julien Cain (6), son administrateur au long cours (1930-1940 et 1945-1964), historien et homme de réseaux très lié à la gauche parlementaire, conduit une politique de modernisation, d’extensions des bâtiments et d’expositions, rompant avec l’image devenue poussiéreuse de la maison de la rue de Richelieu. Au départ, le projet d’un film sur la Bibliothèque nationale est porté par la RTF, avec le Ministère des affaires étrangères pour co-producteur. Encore débutant à la télévision, Jacques Krier (7) est l’auteur du synopsis...
https://1895.revues.org/1062
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Julien_Cain
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Krier
Le film devait être un documentaire sur la Bibliothèque nationale (1) : c’est devenu une réflexion sur la culture. (…) Cette longue marche à travers des couloirs, des rayons, des escaliers et des ascenseurs accompagne la réception d’un livre dans ce bâtiment dont il ne sortira plus. Ce lent cheminement de fichier en fichier, de service en rayonnage, orchestré en un mouvement continu, (…) aboutit à une impression d’étouffement progressif, celle d’un emprisonnement définitif. Cet irrémédiable cloisonnement de la connaissance exprimé tout au long des images n’a certes pas été apprécié par le commanditaire, qui a exigé de nombreuses coupures et des modifications dans le texte.
http://www.telerama.fr/cinema/films/toute-la-memoire-du-monde,10401.php
Le film préfigure L’Année dernière à Marienbad (8) avec ses longs couloirs labyrinthiques et ses étranges occupants. Goût de Resnais pour les bandes dessinées : qui sait ce qui, demain, témoignera le plus surement de notre civilisation ? s’interroge la voix off et la caméra semble lui répondre en filmant les bandes dessinées de Mandrake (9). Et, parmi les fabuleux trésors de la Bn (4) : Harry Dickson (10), à égalité avec Pascal (11), Hugo (12) ou Zola (13).
http://www.cineclubdecaen.com/realisat/resnais/toutelamemoiredumonde.htm
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Ann%C3%A9e_derni%C3%A8re_%C3%A0_Marienbad
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/Mandrake_le_Magicien
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/Harry_Dickson
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Blaise_Pascal
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/Victor_Hugo
(13) https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89mile_Zola

Le Chant du styrène
France 1958, 14’
réalisation Alain Resnais
http://www.citebd.org/spip.php?film919
scénario Raymond Queneau
https://fr.wikipedia.org/wiki/Raymond_Queneau
production Pierre Braunberger
https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Braunberger
musique Pierre Barbaud
https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Barbaud
photo Sacha Vierny
http://www.citebd.org/spip.php?film604
narrateur Pierre Dux
participation
Sacha Vierny (l’ouvrier)
Du bol en plastique au pétrole, toute la chaîne industrielle conduisant à la fabrication des objets en plastique...
Ce film documentaire a été commandité par le groupe Pechiney (14). Le commentaire dit en voix off a été écrit par Raymond Queneau en alexandrins (15), tandis que la musique a été composée par Pierre Barbaud, créateur de la musique algorithmique (16). Le court métrage débute par une citation ironique du poème de Victor Hugo (12) : ce siècle est grand et fort. Un noble instinct le mène tiré du recueil Les Voix intérieures.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Chant_du_styr%C3%A8ne
(14) https://fr.wikipedia.org/wiki/Pechiney
(15) http://lac.premiersplans.org/wp-content/uploads/versionschantdustyrene.pdf
(16) https://fr.wikipedia.org/wiki/Musique_algorithmique
Filmé en gros plan, le polystyrène (17) multicolore prend soudain la forme d’un hippocampe ou d’un champignon hallucino­gène. Sublime surgissement de l’organique dans le chimique, qui annonce les ­méduses d’On connaît la chanson (18) ou la neige de L’Amour à mort (19).
http://www.telerama.fr/cinema/films/le-chant-du-styrene,8457.php
(17) https://fr.wikipedia.org/wiki/Polystyr%C3%A8ne
(18) https://fr.wikipedia.org/wiki/On_conna%C3%AEt_la_chanson
(19) https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Amour_%C3%A0_mort
Le Chant du styrène est un objet esthétique d’une impressionnante perfection, mais aussi un objet très paradoxal, où l’accumulation des contraintes engendre de surprenantes solutions.
http://www.filmsdujeudi.com/fr/catalogue-film-chant-du-styrene-DCHAN02.html
Preuve qu’il s’agit bien d’un véritable phénomène de société, Roland Barthes (20) lui consacre l’une de ses Mythologies (21) un an auparavant (éditions du Seuil, 1957). Sous la plume du sémiologue, l’article Plastique se lit comme un scénario potentiel pour le futur film de Resnais, l’humour y compris. Malgré ses noms de berger grec - Polystyrène, Phénoplaste, Polyvinyle, Polyéthylène - , le plastique […] est essentiellement une substance alchimique, écrit Roland Barthes. Il est en somme un spectacle à déchiffrer, ajoute-t-il, et c’est précisément ce à quoi s’attache le film de Resnais...
http://www.revue-eclipses.com/le-chant-du-styrene/revoir/arpenteur-de-l-image-lunaire-5.html
(20) https://fr.wikipedia.org/wiki/Roland_Barthes
(21) https://fr.wikipedia.org/wiki/Mythologies_(recueil)