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chez nous

France, Belgique - 2016 - 1h58
sorti en France le 22 février 2017
film - film francophone
de

Lucas Belvaux

scénario : Lucas Belvaux, Jérôme Leroy
direction de la photographie : Pierric Gantelmi d'Ille
musique ou chansons : Frédéric Vercheval
avec : Émilie Dequenne (Pauline Duhez), André Dussollier (Philippe Berthier), Guillaume Gouix (Stéphane Stankowiak), Catherine Jacob (Agnès Dorgelle), Anne Marivin (Nathalie Leclerc), Patrick Descamps (Jacques Duhez), Charlotte Talpaert (Nada Belisha), Michel Ferracci (Dominique Orsini), Mateo Debaets (Tom), Coline Marcourt (Lili), Corentin Lobet (Yo), Thibault Roux (Max), Stéphane Caillard (Victoire Vasseur), Cyril Descours (Jean-Baptiste Verhaeghe), Julien Roy (Bernard Tovi), Bernard Mazzinghi (Alexandre de Mareuil), Gérard Dubouche (François Marcillac), Bernard Eylenbosch (Erwann), Christophe Moyer (Éric), Tom Robelin (Cyril), Manon Wathelier (Anaïs), Ludovic Molière (Jean), Evelyne El Garby Klaï (madame Oumaouche), Iman Amara-Korba (Djamila Oumaouche), Jeannine Le Gru (madame Rolin), Jean-Louis Sbille (M. Biaggi), Pierre Degand (skieur)
séances : semaine du mercredi 26 avril 2017
mercredi 26 jeudi 27 vendredi 28 samedi 29 dimanche 30 lundi 1er mardi 2
21:00*
séance spéciale :
* ciné mardi : "aux urnes citoyens" - couplé avec "Le Dictateur" - tarif 2 films = 7 € - soirée en partenariat avec Hidden circle

synopsis

A Hénart, dans le Pas-de-Calais, Pauline Duhez est infirmière libérale. Tous les jours, elle est confrontée à la misère sociale, à la disparition des services publics, tout en jonglant avec une vie personnelle bien remplie : son père, ancien métallurgiste malade de l'amiante dont elle s'occupe, et ses enfants, qu'elle élève seul. Un jour, le docteur Philippe Berthier, médecin fortuné et ancien député européen, lui propose de se présenter aux élections municipales en tête de la liste du Rassemblement national populaire (RNP), un parti d'extrême droite fondé par Agnès Dorgelle. Réticente, Pauline se laisse séduire par le discours de la présidente du RNP, à la fibre sociale et en appelant au peuple, du docteur Berthier, qui évoque la notoriété et l'empathie de Pauline, et le soutien de ses amis, dont certains se révèlent ouvertement racistes. Après avoir accepté d'être candidate, la vie de Pauline change radicalement, certains de ses proches se détournent d'elle et elle n'est plus la bienvenue chez certains de ses patients...

notes de production

Le film décrit l’implantation d’un parti d’extrême droite dans le Nord de la France, ce qui suscite plusieurs réactions de dirigeants du Front national (1).
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Front_national_(parti_fran%C3%A7ais)

Lucas Belvaux explique dans un entretien au journal Le Monde, que son film porte l’ambition de décrire dans sa complexité l’implantation d’un parti en quête de respectabilité. Il se définit comme un cinéaste de gauche, mais refuse que son étiquette politique colle à son film. A ses yeux, le Fn (1) est un parti pétainiste [...], fasciste, antisémite, raciste qui aime une France morte. Il reconnaît également qu’on s’est dépêché pour être prêt à temps avant l’élection présidentielle afin de participer au débat.

Jérôme Leroy, co-scénariste du film, est aussi l’auteur en 2011 du livre remarqué Le Bloc (2) qui mettait en scène un parti d’extrême droite.
(2) http://salon-litteraire.linternaute.com/fr/poche/review/1796649-le-bloc-le-polar-de-jerome-leroy-sur-l-extreme-droit-et-les-identitaires

Le titre du film est une reprise du slogan On est chez nous ! fréquemment scandé dans les meetings et manifestations d’extrême droite.

Le rôle de Catherine Jacob qui incarne la cheffe d’un parti nationaliste fait référence à la femme politique Marine Le Pen (1). Pour les besoins de ce rôle, elle a les cheveux blonds coupés au carré et porte des tenues similaires à celles que porte la présidente du Front national.

André Dussollier et Guillaume Gouix incarnent des membres du Bloc patriotique qui sont les deux faces opposées et contradictoires de ce parti extrémiste : le premier un médecin en costard-cravate au discours policé qui tente de dédiaboliser son parti, tandis que le second en blouson en cuir scande des propos xénophobes et tabasse la nuit des immigrés.

Le film se déroule dans la région Hauts-de-France (3) (participation à un match du Racing club (4) de Lens au stade Bollaert (5), terrils du bassin minier environnant, maisons en brique rouge, domaine skiable de Nœux-les-Mines (6), etc.) où Marine le Pen est conseillère régionale. L’histoire se passe dans la commune fictive d’Hénard, mais on y devine une transposition de la commune d’Hénin-Beaumont (7) dirigée par le Front national (1), commune dont le nom jusqu’en 1971 était Hénin-Liétard. C’est ce dernier nom contracté (Hénin-Liétard) qui sert pour la commune fictive.
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Hauts-de-France
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Racing_Club_de_Lens
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Stade_Bollaert-Delelis
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/N%C5%93ux-les-Mines
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9nin-Beaumont

La bande-annonce du film a suscité de nombreuses polémiques, notamment sur les réseaux sociaux, de la part du Front national (1). Pauvre Marine Le Pen, qui est caricaturée par ce pot à tabac de Catherine Jacob. Un sacré navet en perspective !, a notamment lancé Steeve Briois (8), maire FN d’Hénin-Beaumont. Lucas Belvaux a rapidement réagi à ces attaques, en insistant sur le fait que son film n’a pas pour but de provoquer le Fn mais plutôt de créer de la discussion en se centrant sur la manière dont les gens s’engagent en politique.
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Steeve_Briois

Lucas Belvaux retrouve Emilie Dequenne qu’il avait dirigée dans Pas son genre (9), son précédent long métrage. Par ailleurs, Patrick Descamps est un grand habitué du metteur en scène puisqu’il a joué dans Cavale (10), Après la vie (11), La Raison du plus faible, Rapt (12) et 38 témoins (13).
(9) http://www.citebd.org/spip.php?film1242
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/Cavale_(film,_2002)
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Apr%C3%A8s_la_vie
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Raison_du_plus_faible
(13) http://www.citebd.org/spip.php?film303
(14) http://www.citebd.org/spip.php?film791

Si Agnès Dorgelle (campé par Catherine Jacob) peut faire penser à Marine Le Pen (1), Lucas Belvaux y voit davantage un écho qu’un portrait. Le réalisateur explique tout de même avoir travaillé sur des marqueurs forts de ce personnage comme sa blondeur et sa brutalité. Il explique : pour ce personnage, je m’en suis tenu à la face publique. On ne la voit pas dans l’intimité (même si on la voit chez elle), mais uniquement dans son rapport au politique, en meeting, en réunion… C’est donc l’image qu’elle veut donner d’elle, celle qu’elle a choisie et travaille, qui m’a intéressée. C’est une image sans nuance pour être efficace. Presque un slogan en soi.

Lucas Belvaux revient sur le personnage de Pauline campée par Emilie Dequenne, une jeune infirmière dévouée qui se confronte à la misère sociale et affective : elle est seule, avec deux enfants, en manque d’amour… Et puis elle est à la croisée de souffrances multiples. Elle est au contact quotidien de la souffrance des autres, souffrance physique ou sociale. Elle dit au début du film : "je fais avec". C’est un personnage empathique. Elle s’attache aux gens qu’elle voit tous les jours, qui sont fragiles. Et puis, elle a ses souffrances propres, intimes. On sent qu’avec son père, quelque chose ne va pas. D’ailleurs le rapport au père, qu’il soit défaillant ou conflictuel, traverse tout le film. Je pense que l’adhésion à un parti populiste, extrémiste, quel qu’il soit, a un rapport direct avec ça, l’image du père.

André Dussolier a été choisi pour se glisser dans la peau de Berthier, le médecin entraînant Pauline dans l’extrême droite, pour sa capacité à passer d’une émotion relevant du registre du chaleureux à une dimension très inquiétante.

Lucas Belvaux n’a pas voulu que le spectateur s’identifie au personnage de Pauline. Il a davantage cherché à faire en sorte qu’il comprenne sa démarche en essayant de se mettre à sa place. Il poursuit : il y a un cinéma totalitaire, qui impose ses points de vue en instrumentalisant ses personnages, les « bons » comme les « méchants ». Et qu’il y a un cinéma qui raconte les histoires « démocratiquement », où le cinéaste ne cache pas son point de vue, mais laisse assez de liberté au spectateur pour qu’il puisse développer le sien.

Ce que l’on voit de l’extrême droite dans Chez nous est très documenté. Ainsi, le fait que des responsables du parti ressemblent à des chasseurs de tête cherchant des candidats propres sur eux est quelque chose de très répandu dans la réalité. Lucas Belvaux développe : il y a toujours, dans tous les partis politiques, une forme de marketing, de publicité, de propagande... C’est même l’objet d’une campagne électorale. Ce qui différencie le Fn (1), c’est qu’il est face à deux problématiques singulières : montrer une image respectable et pouvoir présenter des candidats partout, alors qu’ils manquent de cadres. C’est aussi pour cela qu’il y a autant de jeunes et de femmes sur les listes des partis d’extrême droite, et c’est vrai dans tous les pays d’Europe. Il faut donner l’image d’un parti jeune, souriant, proche du peuple, un parti du « renouveau ». Et pour les candidats « novices », ceux qui n’ont aucun parcours politique préalable, cela représente une reconnaissance et une ascension rapide au sein d’une formation politique, alors que dans les partis traditionnels, c’est plutôt bouché.

(...) Belvaux retisse les différents fils qui composent un tel parti, de son passé néo-nazi à un présent composé de jeunes hauts diplômés d’études de commerce. Le film pourra dès lors sembler cocher toutes les cases nécessaires à sa démonstration. Mais il s’avère que Chez nous est plus subtil qu’il y paraît. Le personnage principal, certes, cumule un peu trop les attributs nécessaires au récit - on peut reprocher à Belvaux d’avoir artificiellement opposé son engagement politique à son amour pour un skinhead - mais une fois encore Émilie Dequenne s’empare de ce personnage avec une telle force existentielle que les clichés sont dépassés. C’était déjà le cas dans leur précédente collaboration, Pas son genre (9), qui abordait avec une vraie sensibilité un sujet rebattu : la relation entre un intellectuel et une coiffeuse.
Chloé Rolland in Fiches du cinéma n° 2105 (février 2017)

Entretiens avec Lucas Belvaux
"Chez nous" sort en pleine affaire Fillon (15) qui contribue à faire augmenter les intentions de vote en faveur du Front national. Dans ce contexte qu’attendez-vous du film ?
C’est difficile de mesurer l’impact. Il y a des jours, je suis angoissé à l’idée que le film pourrait même les renforcer quelque part. Ils jouent tellement sur l’affrontement entre les élites, la diabolisation qu’on serait censé leur faire. Je me dis que quoi qu’on fasse, cela apporte de l’eau à leur moulin. Donc par moments, cela m’inquiète assez. D’un autre côté, j’ai fait le film pour faire un portrait le plus objectif possible du parti. C’est un peu l’effet Dracula : quand on met de la lumière dessus, peut-être qu’on le révèle pour ce qu’il est vraiment. J’ai essayé de montrer le parti tel qu’il est vraiment, ce dont on ne parle plus tant que ça, c’est-à-dire son Adn idéologique épouvantable. C’est vrai qu’on en parle encore beaucoup dans les médias mais ça n’a plus de prise sur les gens. Je me suis dit que par le biais de la fiction, cela serait plus accessible que par les documentaires...
https://blogs.mediapart.fr/laura-tuffery/blog/170217/entretien-avec-lucas-belvaux-pour-la-sortie-de-chez-nous
(15) https://www.mediapart.fr/journal/france/dossier/dossier-laffaire-fillon
C’est la première fois que, pour le cinéma, vous co-écrivez un scénario, en l’occurrence avec l’écrivain Jérôme Leroy. Pour quelles raisons avez-vous ressenti ce besoin de ne pas écrire seul ?
Pour deux raisons. La première, c’est que mon envie de travailler sur ce sujet a trouvé une première formalisation à travers un roman remarquable de Jérôme Leroy, intitulé "Le Bloc" (2). L’adaptation de ce roman m’a paru impossible. Mais j’en ai gardé une certaine façon d’aborder le sujet. D’autre part, j’avais besoin de quelqu’un qui connaissait très bien le sujet. Intimement presque. « Techniquement » en tous cas, qui en connaisse les rouages, la mécanique, et l’histoire. En plus, Jérôme vit dans le Nord. Il sait de quoi on parle...
http://cameo-nancy.fr/horaires-par-film/129-entretien-avec-le-realisateur/9776-chez-nous-entretien-lucas-belvaux

Lucas Belvaux
voir fiche du film 38 témoins
http://www.citebd.org/spip.php?film791

Jérôme Leroy
Né le 29 août 1964 à Rouen.
https://fr.wikipedia.org/wiki/J%C3%A9r%C3%B4me_Leroy_(%C3%A9crivain)

Pierric Gantelmi d’Ille
voir fiche du film Rock the casbah
http://www.citebd.org/spip.php?film1100

Frédéric Vercheval
voir fiche du film Pas son genre
http://www.citebd.org/spip.php?film1242

Émilie Dequenne
voir fiche du film Pas son genre
http://www.citebd.org/spip.php?film1242

André Dussollier
voir fiche du film Aimer, boire et chanter
http://www.citebd.org/spip.php?film1217

Guillaume Gouix
voir fiche du film Jimmy Rivière
http://www.citebd.org/spip.php?film570
https://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_Gouix

Catherine Jacob
Née à Paris le 16 décembre 1956.
Son rôle de Marie-Thérèse dans La Vie est un long fleuve tranquille reste inoubliable...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Catherine_Jacob

Anne Marivin
Née le 23 janvier 1974 à Senlis.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Anne_Marivin

Patrick Descamps
Né le 13 décembre 1956 à Mons.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Patrick_Descamps

Charlotte Talpaert
http://www.agencearlettepetitjean.fr/portfolio/charlotte-talpaert/

Michel Ferracci
Né le 11 mars 1967 à Ajaccio.
http://www.citebd.org/spip.php?film1139
https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Ferracci

Corentin Lobet
voir fiche du film Une Estonienne à Paris
http://www.citebd.org/spip.php?film961

Thibault Roux
http://www.agencesartistiques.com/Fiche-Artiste/577493-thibault-roux.html

Stéphane Caillard
voir fiche du film Juillet août
http://www.citebd.org/spip.php?film1716

Cyril Descours
Né le 15 juillet 1983 à Francfort-sur-le-Main (Allemagne).
https://fr.wikipedia.org/wiki/Cyril_Descours

Julien Roy
http://www.imdb.com/name/nm7061404/

Bernard Mazzinghi
http://www.agencesartistiques.com/Fiche-Artiste/324689-bernard-mazzinghi.html

Gérard Dubouche
http://www.agencesartistiques.com/Fiche-Artiste/320922-gerard-dubouche.html

Bernard Eylenbosch
http://www.agencesartistiques.com/Fiche-Artiste/336053-bernard-eylenbosch.html

extrait(s) de presse

Le Nouvel obs - Si aucun film ne peut prétendre modifier les opinions, le cinéma est fait pour donner à s'interroger. En cela, "Chez nous" atteint ses objectifs.
Culturopoing - Lucas Belvaux est chabrolien de coeur et c’est en véritable géographe qu’il sonde les âmes autant que les terroirs, ces espaces entremêlés où s’ancrent rancœurs, colères et frustrations, c’est « chez nous » et Chez Nous.
Culturebox - Alors "Chez nous", brûlot anti-FN ? Le mélange entre fiction et réalité fonctionne. Mais c’est dans la fiction que le film s’en tire encore le mieux. Il en résulte une impression romanesque, au-delà de tout jugement politique, où le cinéma reprend ses droits.
Bande à part - Le populisme a ceci de singulier, qu’il s’habille sans monstruosité, et c’est d’abord ce qui frappe dans le film de Lucas Belvaux : la respectabilité et l’amabilité. Il n’y a ni fous furieux, ni idéologues dangereux, mais l’extrême normalité d’une France déboussolée, en crise, se sentant exclue, reléguée, se raccrochant à d’impossibles chimères.
Télérama - Dans ce film irrégulier, il y a toujours une scène inattendue pour relancer l'intérêt (...).
Europe 1 - Le Front national s'insurge contre le fait que le long métrage de Lucas Belvaux ait été financé par des fonds publics. C'est pourtant le cas de tous les films en France...
Cinéséries - Contrairement à ce que tout le monde laisse sous entendre, "Chez nous" n’est pas un film à proprement parler sur le Front national...
Critikat - "Chez nous" est évidemment, par son titre, une mise en lumière interne et subjective d’une perception du monde, qui semble a priori politique : celle des locaux...