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free to run

Suisse, France, Belgique - 2016 - 1h39
sorti en France le 13 avril 2016
documentaire - film francophone
de

Pierre Morath

direction de la photographie : Thomas Queille
musique ou chansons : Kevin Queille
voix : Philippe Torreton
séances : semaine du mercredi 15 mars 2017
mercredi 15 jeudi 16 vendredi 17 samedi 18 dimanche 19 lundi 20 mardi 21
20:30*
séance spéciale :
* en partenariat avec l’association Grand Angoulême athlétisme - tarif 3,50 €

synopsis

Des rues de New York aux sentiers des Alpes suisses, hommes et femmes, champions ou anonymes… Ils sont chaque année des dizaines de millions à courir. Il y a 40 ans, la course à pied était encore considérée comme un acte marginal, une pratique quasi déviante cantonnée aux athlètes masculins et à l’enceinte des stades...

notes de production

Journaliste suisse, déjà auteur de plusieurs documentaires destinés à la télévision (la plupart pour Arte, qui a de fait participer au financement de son projet), Pierre Morath réalise pour la première fois un film destiné au grand écran. La course à pied est un sport qu’il exerce lui-même depuis son adolescence, et lui consacrer une étude sociologique est une idée potentiellement passionnante tant sa pratique est devenue quelque chose de commun. Avec l’appui de Philippe Torreton, qui prête sa voix à la narration, Free to run retrace donc la manière dont le jogging, exercice de mise en forme pour les uns, expérience mystique pour les autres, est devenu, en un demi-siècle, un phénomène de société. Pour cela, le réalisateur s’axe sur plusieurs récits, et en particulier sur les histoires de trois individus qui ont contribué à la démocratisation de ce sport individuel autrefois réservé à quelques marginaux...
https://www.cineseries-mag.fr/free-to-run-un-film-de-pierre-morath-critique-55557/

La course à pied n’a pas toujours été aussi prisée. Ce sport devient à la fin des années 1960 symbole de contre-culture et de lutte contre le pouvoir établi, alors qu’il n’est à l’origine réservé qu’à quelques marginaux ; les femmes sont même interdites de toute compétition officielle. Naît alors un mouvement en faveur de la course populaire.

Le réalisateur Pierre Morath a découvert la course en 1985, alors qu’il n’avait que 15 ans. Toutefois, c’est bien plus tard qu’il a pris connaissance de l’histoire étonnante du running, alors qu’il écrivait un livre avec un sociologue sur les 30 ans de la Course de l’escalade (1), très réputée en Suisse. Il faudra attendra encore un peu avant que Free to run voie finalement le jour.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Course_de_l’Escalade

Free to run n’est pas un film sur la performance ; les protagonistes du documentaire ne sont ainsi pas tous de grands champions, mais ont chacun milité pour le droit de courir et révolutionné l’image d’un sport avant réservé aux athlètes de haut niveau.

Avant d’être Free to run, le film de Pierre Morath était intitulé On the road, en hommage à la Beat generation (2) étatsunienne et au mouvement d’émancipation de la course à pied, depuis le stade jusqu’aux routes et chemins extérieurs. Le choix de Free to run fait écho à la liberté des coureurs, thème central du film.
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Beat_Generation

Free to run nous décrit, avec un souci minutieux, le chemin laborieux de ce sport pour s’affranchir de la marginalité de sa pratique (les Runners quotidiens n’étaient pas bien vus et les athlètes nationaux étaient affublés d’un statut amateur imposé), sous le prisme des témoignages et portraits de ses différentes figures, jusqu’à devenir le phénomène de société qui perdure encore actuellement. Avec sa mécanique narrative bien huilée, le film nous entraine irrésistiblement, comme un tourbillon, vers le constat implacable que toute pratique populaire finit par être capitalisée, pour devenir un produit de consommation. Il nous est en effet conté comment un groupe de personnes a transformé une association amateur et passionnée en un business international incarné par la puissante New York road runners (3), générant toutes sortes de produits dérivés (et notamment la collaboration, dans les années 1970, avec la jeune société Nike). Capitalisation également politique, puisque la pratique du footing est devenue le fer de lance d’une société écologique prônant une hygiène de vie saine et un rapprochement vers la nature...
http://www.critikat.com/actualite-cine/critique/free-to-run/
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/New_York_Road_Runners

C’était l’époque où les coureurs n’avaient pas besoin de la playlist spécial running de Deezer pour se motiver, ni de montre connectée qui bipe à chaque foulée pour surveiller le rythme cardiaque et connaître la quantité de calories dépensées. Leurs corps n’étaient pas moulés dans des tenues qui ressemblent à celles des skieurs de fond - le look du coureur, c’était plutôt Dustin Hoffman dans Marathon man (4) - et leurs esprits n’étaient pas soumis à l’impératif de performance sportive...
http://www.causeur.fr/marathon-course-running-free-to-run-pierre-morath-37684.html
(4) http://www.citebd.org/spip.php?film1532

Le réalisateur n’en parle pas. Mais comment ne pas y penser en voyant, au cœur de son film, la terrible image de la suissesse Gabriela Andersen-Schiess (5), ravagée par les crampes, la fatigue et la déshydratation, franchissant l’arrivée en titubant. Il n’empêche, l’épreuve avait été magnifiquement remportée par l’étasunienne Joan Benoît (5). C’était en 1984, lors des Jeux Olympiques de Los Angeles (5). Des jeux particuliers parce que marqués par une victoire des femmes ; elles venaient seulement d’être admises aux épreuves de fond supérieures à 1500 mètres...
http://www.cine-feuilles.ch/films/details/7/47342.html
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Gabriela_Andersen-Schiess

Entretiens avec Pierre Morath
Historien du sport de formation, dans quelle mesure considérez-vous que la course à pied est liée aux mouvements contestataires des années 60 ?
Un des éléments qui m’a beaucoup intéressé, qui m’intéresse en général dans ma manière de traiter le sport en tant que cinéaste, c’est le côté miroir, de constater à quel point le sport dans plusieurs de ses aspects peut être un miroir agrandissant de la société. Ces quarante dernières années, la course à pied a été un véritable miroir de l’évolution de la révolution de mai 68 et de ses conséquences. Il est clair que mai 68 et les mouvements sociaux post années 60, la place des femmes, le Mlf, la lutte pour la contraception, pour l’indépendance et l’autonomie sont au cœur de cette révolution et se retranscrivent dans la course à pied, à travers l’histoire de Kathrine Switzer par exemple. Il est aberrant de voir qu’il y a quarante ans les femmes n’avaient pas le droit de courir sur des distances libres. C’est pourtant tellement simple, tellement basique. Et c’était il n’y a pas si longtemps que cela…
http://zone-critique.com/2016/04/14/free-to-run-de-pierre-morath/
Et comment expliquer que cette histoire soit si méconnue ?
Je pense qu’une fois qu’on acquiert les choses, on les oublie vite. On vit à une époque où le sens de l’histoire se perd peu à peu. L’information de masse, quant à elle, est complètement saturée. Elle est de plus en plus pléthorique, se transmet de plus en plus vite, se répète sur toute une panoplie de différents médias... Il y a une quantité d’informations à gérer qui ne cesse de grandir, ce qui fait qu’à un certain moment, les « disques durs de l’humanité » saturent. Et nos racines, notre passé, s’oublient progressivement au profit de l’actualité. Pourtant, il n’y a rien de plus important que notre histoire pour comprendre et réagir face aux problématiques de notre temps. Il y a des pays où ce film devrait être montré aujourd’hui, justement à cause de l’aspect militant et avant-gardiste qu’il véhicule. Ces pays où on empêche les individualités de s’exprimer, où les femmes ne sont pas mises au même niveau que les hommes, où l’interdiction fait partie du quotidien...
http://www.freetorun.be/fr/la-thematique

Pierre Morath
Né le 10 mai 1970 à Genève.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Morath

Thomas Queille
http://www.thomasqueille.com/

Kevin Queille
http://www.imdb.com/name/nm4206326/

Philippe Torreton
voir fiche du film Présumé coupable
http://www.citebd.org/spip.php?film667

extrait(s) de presse

Le Poinr - Ode au dépassement de soi, à la nature et à la liberté, le documentaire de Pierre Morath retrace la belle histoire du "running boom". On y court !
Vsd - "Free to run" (libre de courir) appa­raît donc comme un docu­men­taire vibrant. (...) Il met en pers­pec­tive une ques­tion intem­po­relle, que Pierre Morath voudrait que chaque coureur se pose : « quelles valeurs je porte à travers la manière dont je cours ? ».
Culturopoing - S’il n’y a plus de combat politique et social à mener, oubliez vos montres, nous dit "Free to run", courez en regardant les arbres et le ciel, faites en sorte que cela reste un acte de liberté.
Télérama - Le film génère une telle énergie et prône si ardemment le progrès social qu'on en oublie ses faiblesses formelles.
Libération - La leçon du film tient en cette idée que, selon Morath, « les révolutions naissent à partir de pionniers courageux qui luttent contre les conservatismes, les points de vue établis. (...) ». À méditer.
Le Parisien - Le nouveau film de Pierre Morath est un hymne à la gloire de la course libre et de ceux qui la font exister.
L'Express - L'esthétique globale se révèle accrocheuse et efficace et la passion de Pierre Morath pour le sport et le cinéma, totalement communicative.
La Croix - Ce documentaire passionnant et intime retrace l’histoire haletante de la course à pied comme miroir de notre société (...) mêlant entretiens et images d’archive inédites, aussi habilement choisies que mises en scène.