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le secret de la chambre noire

ダゲレオライプの女
France, Belgique, Japon - 2016 - 2h11
sorti en France le 8 mars 2017
film - film francophone
de

Kiyoshi Kurosawa

scénario : Kiyoshi Kurosawa, Catherine Paillé
direction de la photographie : Alexis Kavyrchine
musique ou chansons : Grégoire Hetzel
avec : Tahar Rahim (Jean), Constance Rousseau (Marie Hégray), Olivier Gourmet (Stéphane Hégray), Mathieu Amalric (Vincent), Malik Zidi (Thomas), Valérie Sibilia (Denise)
séances : semaine du mercredi 8 mars 2017
mercredi 8 jeudi 9 vendredi 10 samedi 11 dimanche 12 lundi 13 mardi 14
18:30
21:00
14:00
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11:00*
14:30
18:45
21:00
11:00*
14:30
19:15
18:30
21:00
18:30
séance spéciale :
* samedi 11h00 matinale 3,50 €
* dimanche 11h00 matinale 3,50 €
séances : semaine du mercredi 15 mars 2017
mercredi 15 jeudi 16 vendredi 17 samedi 18 dimanche 19 lundi 20 mardi 21
16:00
14:30
14:30
séances : semaine du mercredi 22 mars 2017
mercredi 22 jeudi 23 vendredi 24 samedi 25 dimanche 26 lundi 27 mardi 28
14:00
16:00
14:30
14:30
20:30*
séance spéciale :
* mardi 20h30 dernière séance

synopsis

Stéphane, ancien photographe de mode, vit seul avec sa fille qu'il retient auprès de lui dans leur propriété de banlieue. Chaque jour, elle devient son modèle pour de longues séances de pose devant l'objectif, toujours plus éprouvantes. Quand Jean, un nouvel assistant novice, pénètre dans cet univers obscur et dangereux, il réalise peu à peu qu'il va devoir sauver Marie de cette emprise toxique...

notes de production

Kiyoshi Kurosawa a choisi de tourner ce long métrage en France au début de l’année 2015, avec des acteurs français, Constance Rousseau, Tahar Rahim, Olivier Gourmet, Malik Zidi et Mathieu Amalric : c’est un rêve qui se réalise, je ne pensais pas avoir l’occasion un jour de tourner en France. C’est d’ailleurs le rêve de tout réalisateur japonais de pouvoir travailler en France ou aux Usa. Le hasard a voulu que par chance, je puisse réaliser un film en France et je ne peux que m’en réjouir. Durant le tournage, ce qui m’a marqué reste le fait qu’il n’y a pas du tout de différence entre le Japon et la France, l’équipe était très sensible à mes volontés artistiques et faisait tout pour me satisfaire en ce sens et j’en suis très heureux. Idéalement, j’aimerais beaucoup alterner des tournages en France et au Japon, a déclaré le metteur en scène.

S’il y a souvent des fantômes dans mes films, c’est parce qu’ils sont une représentation de la mort aisément compréhensible, et qu’ils permettent de rendre le passé visible dans le présent, explique le réalisateur. Mais il est aussi vrai que j’ai du mal à croire que les morts soient totalement dénués de substance et n’aient aucune relation avec nous autres vivants. En effet, Kiyoshi Kurosawa est hanté par la figure du fantôme, très présente dans nombre de ses films (de Kaïro (1) à Retribution (2) en passant par Vers l’autre rive) (3). C’est également le cas dans Le Secret de la chambre noire : par l’intermédiaire du daguerréotype (4), j’ai compris que l’apparition d’un fantôme ne devait pas forcément être fondée sur la relation traditionnelle tuer/être tué, et qu’il était tout à fait possible de l’envisager dans les termes photographier/être photographié, confie le cinéaste japonais.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Ka%C3%AFro
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9tribution
(3) http://www.citebd.org/spip.php?film1596
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Daguerr%C3%A9otype

L’idée du film est venue à Kiyoshi Kurosawa après avoir vu une exposition au Japon sur les débuts de la photographie : la première chose qui a attiré mon attention est la prise de vue d’une rue déserte de Paris, vieille de presque deux cents ans. Pourquoi cette rue était-elle déserte ? Simplement parce que si l’on effectue une prise de vue avec un temps d’exposition long de plusieurs dizaines de minutes, tout ce qui bouge disparaît de l’image. Par ailleurs, bien qu’il fut en noir et blanc, la précision de ce cliché était surprenante et surpassait celle des photographies numériques d’aujourd’hui. Un court instant, j’ai eu la vision d’un futur proche, une ville habitée par la mort. Je suis resté médusé devant l’image qui était exposée ensuite. C’était le portrait d’une jeune fille. Son visage avait une expression étrange, dont il était difficile de dire si elle relevait de la douleur ou de l’extase. C’était là encore dû au temps de pose ; le dos de la jeune fille était attaché afin que son corps soit maintenu absolument immobile. L’appareil qui avait servi pour tenir la pose était lui aussi exposé à côté de la photographie, se souvient le cinéaste.

C’est la jeune comédienne Constance Rousseau (Tout est pardonné (5), L’Année prochaine (6)) qui tient le rôle principal de Le Secret de la chambre noire. L’actrice devait porter une sorte d’armature assez oppressante pour les scènes où elle se fait photographier via un daguerréotype (4). Cette technique demande en effet un immobilisme total.
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Tout_est_pardonn%C3%A9_(film)
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/L’Ann%C3%A9e_prochaine

Avant d’être baptisé Le Secret de la chambre noire, le film avait pour titre La Femme de la plaque argentique.

C’est la scénariste Catherine Paillé, bien connue pour sa participation à de nombreux films d’auteurs français (Les Ogres (7), Tonnerre (8), La Belle vie (9), Tempête) (10), qui s’est chargée d’adapter dans la langue de Molière (11) le scénario écrit par Kiyoshi Kurosawa.
(7) http://www.citebd.org/spip.php?film1688
(8) http://www.citebd.org/spip.php?film1214
(9) http://www.citebd.org/spip.php?film1236
(10) http://www.citebd.org/spip.php?film1682
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Moli%C3%A8re

Très concentré lors de la préparation des plans, Kiyoshi Kurosawa donne des indications très précises aux techniciens et aux acteurs par traductrice interposée, relayées par sa première assistante, tandis que son épouse reste constamment à ses côtés, souvent assise derrière le combo avec lui. Ce sont les deux seuls Japonais sur le tournage, qui se déroule dans une atmosphère extrêmement studieuse et calme. Kurosawa est attentif au moindre détail, mais son regard semble percer quelque chose de beaucoup plus profond et lointain, relate le journaliste et critique de cinéma Olivier Père (12), sur le site d’Arte.
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/Olivier_P%C3%A8re

Le Secret de la chambre noire a été tourné dans le Val-de-Marne, dans la commune de Saint-Maur-des-Fossés (13). L’équipe du film y a notamment transformé un vieil atelier d’usine en studio de photographie.
(13) https://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Maur-des-Foss%C3%A9s

Kiyoshi Kurosawa explique sa fascination pour la figure du fantôme : s’il y a souvent des fantômes dans mes films, c’est d’une part parce qu’ils sont une représentation aisément compréhensible de la mort, et d’autre part parce qu’ils permettent de rendre le passé visible dans le présent. Toutefois, la vraie raison de mon attachement aux fantômes est la suivante : j’ai du mal à croire que les morts soient totalement dénués de substance et n’aient aucune relation avec nous autres vivants. Je considère en effet que le corps et l’esprit existent à des niveaux différents. L’idée que l’esprit est réduit à néant dès lors que le corps disparaît me semble bien trop simpliste. D’abord, le corps n’est pas inerte comme une pierre, c’est un système mouvant. Il a été observé que la matière dont le corps est constitué, y compris le cerveau, se renouvelle d’une année sur l’autre. La conception du corps comme unique habitat de l’esprit semble donc erronée dès le début.

Kiyoshi Kurosawa explore une autre facette du thème du fantôme depuis Vers l’autre rive (3) ; il ne s’agit plus de mettre en scène des revenants vengeurs : par l’intermédiaire du daguerréotype, j’ai compris que l’apparition d’un fantôme ne devait pas forcément être fondée sur la relation traditionnelle tuer / être tué, et qu’il était tout à fait possible de l’envisager dans les termes photographier / être photographié. J’étais certain qu’il pouvait exister une histoire de fantôme qui ne soit pas un simple récit de vengeance.
Pour Kaïro (1), j’ai eu l’idée d’une situation un peu incroyable dans laquelle les gens deviennent peu à peu des fantômes tout en étant encore en vie. D’une certaine façon, le modèle qui pose pour les daguerréotypes (4) se situe dans le prolongement de cette idée. Balzac (14) était, dit-on, terrifié par le daguerréotype : il prétendait qu’à chaque fois que l’on posait pour un daguerréotype (4), on pouvait sentir les couches de son essence constitutive se détacher une à une
.
(14) https://fr.wikipedia.org/wiki/Honor%C3%A9_de_Balzac

La totalité de l’équipe technique et du casting de Le Secret de la chambre noire est française. Kiyoshi Kurosawa a donc fait appel à un interprète français/japonais afin de communiquer au mieux avec ses comédiens et ses techniciens.

Kiyoshi Kurosawa nous livre sa vision du cinéma : bien qu’il soit déjà vieux de plus de cent ans, le cinéma reste un art jeune comparé à la peinture, à la littérature ou au théâtre. On pourrait même dire qu’il est immature. Il est plus proche des jeux vidéo, de la bande-dessinée ou du rock, que des arts établis depuis longtemps. Je pense que c’est justement son charme. Je suis très heureux du fait que les salles de cinéma soient aujourd’hui encore l’un des principaux lieux de rendez-vous amoureux. Ce projet est pour moi une métaphore du cinéma lui-même. Au Japon, il m’arrive souvent d’avoir l’impression que le cinéma est à l’agonie. Ce n’est la faute de personne en particulier. Pourtant le cinéma se dirige vers une fin tragique et il ne pourra plus redevenir ce qu’il était à l’origine. Est-il sur le point de s’effondrer ? Peut-être.
Et je crois que si plusieurs imprévus se succèdent, cette « mort » arrivera plus vite qu’on ne le croit. Mais heureusement, le cinéma est encore jeune. Il est possible qu’il soit anéanti pour un temps, mais si quelques traces subsistent comme un fil tendu, peut-être que dans plusieurs dizaines d’années un rai de lumière pourra percer. Le cinéma peut mourir, mais il peut encore espérer quelque chose. C’est dans ce but qu’aujourd’hui, même si je dois me faire arracher une à une les couches de mon être, je veux utiliser le cinéma pour fixer le plus possible des modestes portraits qui, je l’espère, dureront pour l’éternité.

Entretien avec Kiyoshi Kurosawa
"Le Secret de la chambre noire" est autant une histoire de fantômes que de vampirisation, à travers l’emprise que ce père photographe exerce sur sa fille. Il absorbe toute la substance vitale de son modèle. Êtes-vous d’accord avec cette lecture ?
C’est un point de vue très intéressant. Jusqu’à présent, je n’avais jamais mis en scène une relation aussi profonde entre un père et sa fille. Parmi les films occidentaux que j’ai pu voir - pas seulement français - , j’ai souvent remarqué ces rapports où un père domine sa fille et où elle tente de se libérer de cette emprise, tout en aimant profondément son père. Je n’ai pas le souvenir d’avoir vu un conflit aussi intense dans des films japonais. J’ai donc décidé de l’intégrer à mon film. Quand j’ai présenté le projet, j’ai demandé à mon entourage si cette relation était concevable en France et on m’a répondu par l’affirmative. C’était vraiment la première fois que je traitais ce genre de relation, ce qui représentait un défi. Du coup, je trouve très intéressant que vous compariez cela à une relation de vampirisation...
Sandrine Marques in La Septième obsession n° 9 (mars - avril 2017)

Entretien avec Tahar Rahi
Tourner avec Kiyoshi Kurosawa est-il dépaysant ?
D’un point de vue cinématographique,oui, mais pas culturellement, parce que le cinéma de Kiyoshi n’est pas seulement japonais,il est un genre en soi. C’est un cinéma fondé sur la croyance, sur la foi en l’invisible. Alors, bien sûr, il reste un cinéaste japonais, ne serait -ce que parce que le fantôme, dans la représentation japonaise, est très important, mais il utilise des codes qui relèvent du genre, et qui se transposent facilement en Occident...
Sophie Avon in Sud ouest (8 mars 2017)

Kiyoshi Kurosawa
voir fiche du film Vers l’autre rive
http://www.citebd.org/spip.php?film1596

Alexis Kavyrchine
voir fiche du film Tous au larzac
http://www.citebd.org/spip.php?film737
http://www.imdb.com/name/nm1132563/

Grégoire Hetzel
voir fiche du film Incendies
http://www.citebd.org/spip.php?film540

Tahar Rahim
voir fiche du film The Cut
http://www.citebd.org/spip.php?film1385

Constance Rousseau
Née le 13 août 1989 à Paris.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Constance_Rousseau

Olivier Gourmet
voir fiche du film La Fille inconnue
http://www.citebd.org/spip.php?film1775

Mathieu Amalric
voir fiche du film La Loi de la jungle
http://www.citebd.org/spip.php?film1710

Malik Zidi
voir fiche du film Un Enfant de toi
http://www.citebd.org/spip.php?film1000

Valérie Sibilia
voir fiche du film Aux yeux de tous
http://www.citebd.org/spip.php?film870

extrait(s) de presse

Film de culte - "Le Secret de la chambre noire" est là pour vous faire prendre des vessies pour des lanternes - avec d'ailleurs une certaine malice. Et cela fonctionne...
Les Inrocks - Un film complexe et paradoxal, à l’image de tout son cinéma. Kurosawa n’est pas un cinéaste d’action carré tournant des scènes haletantes, mais quelqu’un qui cultive la déviance, la noirceur, le vide, les décombres...
Culturebox - Entre deux mondes, ésotérique, "Le Secret de la chambre noire", distille le mystère vénéneux du romantisme noir. Il l’adapte à l’époque contemporaine, avec comme sujet de fond l’énigme de la création, dans le sillage d’un Edgar Poe. Envoûtant.
Sud ouest - En artiste accompli, le cinéaste japonais Kiyoshi Kurosawa n’a besoin d’aucun artifice pour faire des merveilles et réaliser un film fantastique.
Télérama - Grâce à son mystère, le nouveau film fantastique, très réussi, de Kiyoshi Kurosawa devient une grande tragédie romantique.
Critikat - Atmosphérique et lumineux, entre Poe, Barthes et "Vertigo", "Le Secret de la chambre noire" est l'un des plus beaux films de fantômes qu'on ait vus depuis bien longtemps.
L'Humanité - Kurosawa s’empare avec maestria de cette réalité. Deux hommes, deux femmes, et des fascinations amoureuses ou vengeresses qui vont intensifier le drame.