alien, le 8ème passager - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
familles et jeune public groupes scolaires et parascolaires visiteurs en situation de handicap
FR | EN
musée : pour préserver l’intégrité des œuvres, une température de 20° est requise au sein des espaces d’exposition, aussi prévoyez de vous couvrir pour passer une agréable visite dans nos murs !
accueil > à l'affiche au cinéma > alien, le 8ème passager

alien, le 8ème passager

Alien
Usa, Gb - 1979 - 1h56
sorti en France le 12 septembre 1979
interdit aux moins de 12 ans
film - version originale sous-titrée en français
de

Ridley Scott

scénario : Dan O'Bannon, Walter Hill
direction de la photographie : Derek Vanlint
musique ou chansons : Jerry Goldsmith
avec : Tom Skerritt (capitaine A. J. Dallas, commandant de bord du Nostromo), John Hurt (officier en second G. W. Kane), Sigourney Weaver (lieutenant Ellen L. Ripley), Veronica Cartwright (navigatrice J. M. Lambert), Ian Holm (officier scientifique Ash), Yaphet Kotto (ingénieur J. T. Parker), Harry Dean Stanton (technicien S. E. Brett), Bolaji Badejo, Eddie Powell, Roy Scammell (l'alien), Helen Horton (Maman, l'ordinateur de bord)
séances : semaine du mercredi 23 novembre 2016
mercredi 23 jeudi 24 vendredi 25 samedi 26 dimanche 27 lundi 28 mardi 29
21:00*
séance spéciale :
* ciné mardi : "aliens à bord !" - séance présentée par Hidden circle dans le cadre du festival "Le Rayon fantastique" - couplé avec "La Planète des vampires" - tarif préférentiel 2 films = 7 €

synopsis

En 2122, le remorqueur interstellaire Nostromo retourne vers la Terre lorsque l'ordinateur de bord (appelé "Maman") interrompt le trajet et réveille l'équipage maintenu en biostase. Surpris de ne pas être arrivés à destination, les sept astronautes apprennent qu'un signal sonore inconnu a été capté à mi-chemin, émis depuis un planétoïde. Leur contrat stipulant qu'ils sont tenus d'enquêter sur toute possibilité de vie extraterrestre, ils décrochent la remorque du vaisseau et se rendent sur la petite planète LV-426. L'atterrissage, rendu difficile par le relief, provoque des avaries. Pendant que le lieutenant Ripley, l'officier scientifique Ash, l'ingénieur Parker et le technicien Brett restent à bord pour effectuer les réparations et guider leurs coéquipiers, le capitaine Dallas, l'officier en second Kane et la navigatrice Lambert s'aventurent vers la source du signal...

notes de production

Étudiants en cinéma à l’Université de Californie du Sud, Dan O’Bannon (1) et son camarade John Carpenter (2) ont créé une comédie de science fiction de fin d’études appelée Dark star (3), sorti en 1974, avec l’aide de Ron Cobb (4) également. O’Bannon (1) a ensuite écrit un début de brouillon de scénario reprenant la même idée, quelques astronautes dans un vaisseau spatial avec une entité extraterrestre, mais en film d’horreur plutôt qu’une comédie. Il l’appela Starbeast. Entre temps, le producteur Ronald Shusett (5) venait d’obtenir les droits pour ce qui deviendra Total recall (1), et ayant aimé le brouillon de scénario de O’Bannon (1), ils décident de se lancer dans ce projet d’abord puisqu’ils déterminent qu’il demandera un budget moins élevé. Alejandro Jodorowsky (6), qui travaillait sur une adaptation du roman Dune (7), avait été impressionné par Dark star (3) et a invité O’Bannon (1) à venir en Europe où se faisait le tournage. Ce dernier a alors pu rencontrer plusieurs artistes qui travailleront par la suite pour Alien. Il rencontre notamment H. R. Giger (8) lors d’une exposition à Paris et est immédiatement séduit par ses dessins qui inspireront largement l’aspect final de la créature dans Alien.
(1) http://www.citebd.org/spip.php?film1624
(2) http://www.citebd.org/spip.php?film1544
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Dark_Star
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Ron_Cobb
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Ronald_Shusett
(6) http://www.citebd.org/spip.php?film1683
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Dune_(roman)
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Hans_Ruedi_Giger

Lorsque le tournage de Dune (9) s’est effondré, O’Bannon (1) est retourné sans argent aux Usa avec l’intention de vendre un scénario. Il se remet alors pendant environ trois mois à l’écriture du scénario de Starbeast et décide de l’appeler Alien. Pour faire en sorte que l’extraterrestre arrive dans le vaisseau, Ron Cobb (4) lui soumet l’idée qu’un membre de l’équipage est fécondé, une originalité qui plut énormément à O’Bannon (1) et au producteur Ronald Shusett (5). Ils ont ensuite cherché une société pour produire le film, avec des difficultés. Le scénario est finalement tombé entre les mains de David Giler (10), Walter Hill (11) et Gordon Carroll (12) de la toute nouvelle société de production Brandywine films (13). David Giler a initialement trouvé le scénario très mauvais mais a été encouragé de le lire jusqu’à la scène du chestburster (14) qui l’a convaincu. Il l’a ensuite apporté à Alan Ladd Jr. (15), alors président de la Fox (16), qui était intéressé. Toutefois, Giler (10) et Hill (11) ont réécrit une bonne partie du scénario, rajoutant notamment l’androïde Ash. Avec l’immense succès de Star wars (17) sorti en 1977, la Fox (16) voulait rapidement enchainer avec un autre film de science-fiction, et avec le scénario d’Alien disponible, ils ont alors approuvé le commencement de la production.
(9) http://www.citebd.org/spip.php?film1616
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/David_Giler
(11) http://www.citebd.org/spip.php?film1331
(12) http://www.imdb.com/name/nm0140826/
(13) https://fr.wikipedia.org/wiki/Brandywine_Productions
(14) https://fr.wikipedia.org/wiki/Alien_(cr%C3%A9ature)
(15) https://fr.wikipedia.org/wiki/Alan_Ladd_Jr.
(16) https://fr.wikipedia.org/wiki/20th_Century_Fox
(17) https://fr.wikipedia.org/wiki/Star_Wars

Walter Hill (11) est le premier réalisateur choisi par la production pour réaliser Alien, mais il se désiste, estimant qu’il n’a pas le talent nécessaire pour les effets spéciaux. L’équipe de production négocie alors avec plusieurs réalisateurs célèbres comme Robert Aldrich (18), Peter Yates (19) et Jack Clayton (20), mais elle se heurte leur manque de motivation pour réaliser un film de monstres qui n’est pas en accord avec la vision sérieuse et grandiose qu’en a Carroll (12). D’autres réalisateurs célèbres refusent en arguant du manque de crédibilité de Brandywine films (13). Puis David Giler (10) visionne au festival de Cannes (21) le premier long-métrage réalisé par Ridley Scott, Les Duellistes (22), et il le fait voir aux autres membres du projet qui apprécient la profondeur et la richesse de la mise en scène. Ils envoient alors le scénario à Scott, qui accepte immédiatement. Scott passe trois semaines à écrire le storybook du film, où il dit avoir été influencé par la vision de l’espace dans 2001, l’odyssée de l’espace (23) et Star wars (17), mais également par le magazine français de science-fiction Métal hurlant (24) et l’œuvre du dessinateur français Jean Giraud (alias Moebius) (25). Ce dernier est engagé en 1977 par Ridley Scott pour participer à la conception graphique de certaines parties du film. Quand Jean Giraud (25) présente son travail à la production, il voit son budget doublé, passant de 4,2 à 8,4 millions. Pour éduquer Scott en matière de films de science-fiction horrifique, Ronald Shusett (5) lui fait voir des vieux classiques comme It ! the terror from beyond space (26), qui ont déplu à Scott, lequel s’est plutôt inspiré de Massacre à la tronçonneuse (27).
(18) http://www.citebd.org/spip.php?film1170
(19) https://fr.wikipedia.org/wiki/Peter_Yates
(20) http://www.citebd.org/spip.php?film1702
(21) https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_de_Cannes_1977
(22) http://www.citebd.org/spip.php?film588
(23) http://www.citebd.org/spip.php?film1636
(24) https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9tal_hurlant
(25) https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Giraud
(26) http://www.cinemafantastique.net/It-The-Terror-from-Beyond-Space.html
(27) http://www.citebd.org/spip.php?film1350

La difficulté majeure pour l’équipe de production et Scott consiste à concevoir une apparence appropriée pour la créature. O’Bannon (1) présente à Scott l’œuvre de H. R. Giger (8) et Scott est immédiatement convaincu par la beauté terrifiante de sa créature dans la peinture appelée Necronom IV (28), qu’il décrit comme un insecte biomécanique avec des connotations sexuelles. Scott rencontre Giger (8) chez lui à Zurich et lui demande de concevoir aussi l’apparence de l’œuf, du facehugger (14), et du chestburster (14). Pour le design de la créature, Giger (8) lui enlève les yeux, pour le rendre plus effrayant car on ne sait pas où il regarde. La créature du film est aussi inspirée du Ixtl, une créature extra-terrestre du roman La Faune de l’espace de A. E. van Vogt (29). Une fois terminée la conception graphique des créatures, Giger (8) travaille sur les décors de la planète. O’Bannon (1) rassemble une équipe de conception visuelle comprenant Giger (8), Ron Cobb (4) et Chris Foss (30). Cobb (4) avait initialement dessiné des vaisseaux pour accompagner le script ainsi que les premières ébauches du monstre qui ne sont pas retenues par la suite. Il conçoit finalement l’intérieur du vaisseau, très réaliste, alors que Foss (30) conçoit l’extérieur du vaisseau.
(28) http://www.syfantasy.fr/18658-Necronom_iV_loeuvre_dHR_Giger_qui_inspira_alien
(29) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Faune_de_l%27espace
(30) https://fr.wikipedia.org/wiki/Chris_Foss
La maquette utilisée pour filmer le vaisseau lorsque celui-ci se pose sur la planète mesure plus de 2,40 m, pèse près de trois tonnes et est manipulée par une grue. Quant aux décors intérieurs, ils sont réalisés aux studios Shepperton (31).
(31) https://fr.wikipedia.org/wiki/Studios_de_Shepperton

Avec uniquement sept ou huit rôles à distribuer, Ridley Scott souhaitait initialement les meilleurs acteurs possibles qui toutefois n’avaient pas besoin de lui pour lancer leur carrière, étant donné qu’il souhaitait se concentrer sur l’aspect visuel du film. Ainsi il ne souhaitait pas non plus une star reconnue du cinéma. Mary Selway (32) s’est occupée du casting car elle avait déjà travaillé avec Scott pour Les Duellistes (22). Le casting pour Alien était cependant très différent car il ne nécessitait pas d’acteurs de genre. Le scénario demandait toutefois à ce que les rôles soient vivants et clairement définis puisqu’il s’agit essentiellement d’un huis clos avec peu de personnages.
(32) http://www.imdb.com/name/nm0783620/

Le scénario était initialement écrit pour des hommes uniquement, mais au cas où la production souhaiterait que le film soit plus commercial, les scénaristes ont précisé que l’équipage du vaisseau serait unisex ; les rôles interchangeables entre hommes ou femmes. Les scénaristes n’avaient pourtant jamais considéré faire du personnage principal Ellen Ripley une femme, chose jamais vue dans un film d’horreur et de science-fiction, jusqu’à ce que David Giler (10) le propose, estimant que ça rendrait le personnage plus intéressant. La production a accepté souhaitant jouer sur cette originalité. Meryl Streep (33) a été approchée pour interpréter le rôle de Ripley. À l’époque, Sigourney Weaver était une actrice de théâtre montante, à Broadway. Elle a reçu le scénario et était initialement dubitative, puisqu’elle avait en tête une vision cliché de film de monstre coloré. Finalement, elle fut convaincue par son agent de passer une audition à New York, et en la voyant Ridley Scott était immédiatement séduit par sa carrure haute et son caractère. Comme elle était la dernière auditionnée, elle a pu faire des auditions directement dans les scènes en construction. Les producteurs ont montré les essais de Sigourney Weaver à leur secrétariat féminin pour avoir une opinion féminine sur sa performance, et avec la réaction positive de celle-ci, ils ont décidé de la choisir pour le rôle.
(33) http://www.citebd.org/spip.php?film641
Une actrice pour interpréter Lambert était plus difficile à trouver. Veronica Cartwright fut auditionnée initialement à Los Angeles pour jouer le rôle de Ripley. L’équipe de casting était impressionnée par son intensité et son physique peu conventionnel, et elle fut finalement choisie pour jouer Lambert. Elle n’a toutefois pas été mise au courant avant les essayages de costumes, et elle était au départ agacée de devoir jouer le rôle d’une femme faible, constamment en pleurs, mais la production l’a convaincu en lui expliquant que Lambert représentait le public, notamment sa frayeur.

Dès les premières phases du projet Tom Skerritt était intéressé mais estimait que le film devait avoir un budget suffisant pour que la vision soit réalisée. Lorsqu’il apprit que Ridley Scott le réaliserait avec un budget acceptable il était immédiatement convaincu, et a été choisi pour le rôle du Capitaine Dallas.
John Hurt a d’abord été approché pour jouer le rôle de Kane toutefois il s’était engagé dans un autre projet, ainsi son rôle fut d’abord donné à Jon Finch (34), qui avait impressionné Ridley Scott par sa performance dans Macbeth (35) de Roman Polanski. Toutefois, au premier jour de tournage John Finch (34) a eu une crise de diabète et a dû quitter le plateau. Scott a alors pu retrouver John Hurt qui était désormais disponible et l’a convaincu en une soirée d’accepter le rôle. Hurt a commencé le tournage le lendemain matin.
(34) https://fr.wikipedia.org/wiki/Jon_Finch
(35) https://fr.wikipedia.org/wiki/Macbeth_(film,_1971)

Ian Holm était surtout connu pour des rôles de théâtre, et a finalement été choisi pour jouer le rôle de l’androïde Ash, qui ne ressemblait à aucun rôle qu’il ait joué auparavant.
Enfin, Bolaji Badejo, un étudiant londonien en design graphique originaire de Somalie, est l’acteur qui s’est glissé dans le costume de la créature xénomorphe (14). Il aurait été repéré dans un pub de Londres en 1978 par l’agent Peter Archer pour sa démarche particulière et son physique atypique, mesurant 2 mètres 18 pour un tour de taille très fin. Le réalisateur Ridley Scott voulait donner l’impression qu’aucun humain normal ne pouvait rentrer dans le costume.

Le tournage débute en juillet 1978 et se déroule jusqu’en octobre 1978. Il a lieu dans les studios de Shepperton (31) près de Londres. Les scènes avec des miniatures (notamment le vaisseau spatial) ont été réalisées aux Bray studios (36) à Windsor.Afin de faire des économies sur les coûts de production, ce sont les enfants de Ridley Scott qui ont endossé des scaphandres de taille réduite lors de la scène du Space jockey (37), rendant ainsi le décor plus monumental. Le tournage s’est révélé éprouvant pour toute l’équipe du film, soumise à un planning particulièrement serré et aux contraintes d’un budget réduit. Ainsi, Ridley Scott a un jour crevé un plafond d’un coup de poing, dans un excès de colère face aux visites de producteurs extérieurs au film.
(36) https://fr.wikipedia.org/wiki/Bray_Studios
(37) https://fr.wikipedia.org/wiki/Univers_d%27Alien

À l’origine, Ridley Scott voulait travailler avec Isao Tomita (38) pour la musique d’Alien. Mais les producteurs de la Fox (16) en ont décidé autrement. Ils voulaient quelqu’un de formation plus classique. Leur choix s’est porté sur Jerry Goldsmith, qui avait auparavant travaillé sur Freud (39). Pour autant, les relations entre le compositeur, le monteur Terry Rawlings (40) et le réalisateur ont été difficiles, puisque non content d’écarter une partie de la partition écrite spécialement pour le film par Goldsmith, Ridley Scott a conservé un morceau de la musique de Goldsmith pour Freud, passions secrètes (39), qui servait de musique temporaire et a également utilisé pour le générique final la Symphonie n° 2 en ré bémol majeur Romantique de Howard Hanson (41). Ce thème musical n’apparaît pas dans le disque de la bande originale.
(38) https://fr.wikipedia.org/wiki/Isao_Tomita
(39) https://fr.wikipedia.org/wiki/Freud,_passions_secr%C3%A8tes
(40) https://fr.wikipedia.org/wiki/Terry_Rawlings
(41) https://fr.wikipedia.org/wiki/Symphonie_n%C2%BA_2_de_Hanson
Le compositeur, Jerry Goldsmith, à qui l’on doit de célèbres musiques de films (La Planète des singes (42) , Patton (43), La Malédiction (44), ...) a fourni un travail long et compliqué pour Alien. Le fait est que Goldsmith et Ridley Scott n’avaient pas toujours la même vision du projet. Alors, l’un et l’autre devaient trouver des compromis. Le morceau d’ouverture, qui insiste sur la vulnérabilité de l’équipage du Nostromo et sur l’immensité du vide spatial qui les entoure, n’a, par exemple été composée qu’en toute fin du développement du film ; Goldsmith ayant prévu un autre morceau à l’origine (c’est celle qui figure sur le disque).
(42) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Plan%C3%A8te_des_singes_(film,_1968)
(43) https://fr.wikipedia.org/wiki/Patton_(film)
(44) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Mal%C3%A9diction_(film,_1976)
Les conditions qui ont présidé à la création de la bande originale d’Alien ont d’ailleurs été tellement mauvaises que, pendant longtemps, le compositeur a renié son œuvre. Celui-ci alla jusqu’à désapprouver totalement sa réédition en CD. Pourtant, depuis sa réédition en 2007, il apparaît aujourd’hui très clairement que cette bande originale fait partie des grands classiques de la musique de film.

Une version director’s cut (45) est sortie au cinéma en 2003. Elle ne présente que de légères différences avec l’œuvre originelle. Certains plans ont été élagués afin d’améliorer le rythme et deux scènes ont été ajoutées : une dispute entre Lambert et Ripley, et la découverte par Ripley du capitaine Dallas enfermé dans un cocon. À l’origine, Ridley Scott et le monteur Terry Rawlings (40) n’avaient pas souhaité garder cette deuxième scène car ils estimaient qu’elle ralentissait sérieusement le rythme. À ce moment du film, Ripley cherche à s’échapper et cette digression fait retomber la peur que le spectateur doit alors ressentir pour elle.
(45) https://fr.wikipedia.org/wiki/Director%27s_cut
Il est à noter que le montage du film sorti dans les salles en 1979 est celui que Ridley Scott a toujours préféré.

Le vaisseau extra-terrestre écrasé sur la planète LV-426, dont l’apparence est étrangement osseuse et arrondie, véhicule un message : celui d’une menace, d’un danger imminent, d’un avertissement. Sa structure d’acier et de résine biologique semble d’ailleurs endormie plutôt qu’inerte, vivante plutôt que morte. À la vue de cet univers biomécanique, hostile et moite, l’on ressent deux envies : fuir, ou explorer ce monde fascinant et si différent, qui s’adresse à l’inconscient du spectateur.

Lorsque l’équipage du Nostromo explore LV-426, ce sont eux les étrangers par rapport à la race du pilote décédé. Puis, lorsque l’alien erre dans le vaisseau des humains (vaisseau dont le style est beaucoup plus fonctionnel, ordinaire, que celui du pilote extra-terrestre), c’est lui l’étranger et on comprend qu’il était déjà alien dans le vaisseau écrasé. À la seconde vision, on comprend alors que le pilote extra-terrestre est mort de la même manière que Kane, sa cage thoracique éclatée par un xénomorphe (14).

Le système de reproduction de l’alien, ainsi que les différentes phases d’évolution avant d’atteindre son stade adulte, sont des points forts de la mythologie de la série : tout commence par la ponte d’œufs par une reine ; œufs desquels jaillissent des parasites arachnéens (appelé Facehugger (14)) qui s’agrippent à la tête de tout être passant à proximité. Les parasites implantent alors un œuf à l’intérieur du corps de la victime (dans l’estomac par le biais de l’œsophage, ce qui justifie l’attaque à la bouche de la victime) puis se détachent de la victime après un laps de temps et meurent. Il faut également noter que ce parasite utilise une sorte de queue qu’il enroule autour de cou de la victime, si celle-ci tente de retirer le parasite de son visage, la queue se resserre et étrangle la victime, l’obligeant alors à se laisser faire. L’embryon ainsi implanté grandit, alors que la victime se réveille après avoir perdu connaissance, puis après une gestation très rapide (quelques heures), perfore violemment la cage thoracique de son hôte pour s’en échapper. Le bébé alien, de taille réduite, mais complètement formé, peut alors grandir à sa guise en traquant ses proies.

Le système de reproduction incluant une Reine fait penser à un type de société de genre insectoïde, par exemple une colonie de fourmis. C’est une invention du réalisateur James Cameron (46). En effet, la version longue du premier film montre que la victime de l’alien se transforme petit à petit en cocon, comme l’avait imaginé Giger, le tout formant un cycle : l’œuf donne un facehugger (14), qui féconde une victime, qui elle-même donne naissance à un alien, qui lui-même transforme une autre victime en œuf, et ainsi de suite. On le voit avec le personnage de Brett, lorsque Ripley retrouve le commandant Dallas, qui est à un stade de transformation avancée.
(46) http://www.citebd.org/spip.php?film1477
L’alien a un physique très particulier qui, sur de nombreux points, possède un aspect phallique : son crâne allongé tout d’abord ; sa langue, un organe massif et puissant avec lequel il perfore le corps de ses victimes, et au bout duquel se situe une seconde bouche ; enfin une longue queue à l’extrémité acérée qu’il utilise comme une lance. Son corps possède tellement d’atouts, que dans le film Alien vs. Predator (47), un predator fabrique des armes improvisées avec le crâne de l’alien en tant que bouclier et la pointe de la queue de l’alien au bout d’un os de sorte à en faire une lance.
(47) https://fr.wikipedia.org/wiki/Alien_vs._Predator_(film)
Le système de défense de l’alien est tout aussi remarquable. Il comprend l’épaisse carapace, mais également une particularité physique diablement efficace : son sang. Celui-ci est un véritable acide, qui dissout le métal le plus dur et peut brûler intensément l’épiderme de quiconque a le malheur de rentrer en contact physique avec l’alien, en lui infligeant une blessure à main nue par exemple, ou bien en étant éclaboussé par le sang de l’alien. Ce qui rend l’alien encore plus redoutable, c’est sa propre connaissance de son acidité sanguine, à un tel point qu’un alien pourrait pratiquer l’automutilation pour tuer ses ennemis. La virulence de cet acide est soulignée dans le premier film, où l’on voit qu’il peut traverser plusieurs planchers du vaisseau spatial les uns en dessous des autres avant de perdre sa puissance corrosive. Ou bien dans Alien, la résurrection (48), lorsque deux aliens tuent leur camarade de cellule pour s’échapper.
(48) https://fr.wikipedia.org/wiki/Alien,_la_r%C3%A9surrection

notules
Nostromo (49) est le nom d’un roman de Joseph Conrad (22) publié en 1904.
(49) https://fr.wikipedia.org/wiki/Nostromo
Le film reprend les grandes lignes de l’intrigue de La Planète des vampires (50) de Mario Bava.
(50) http://www.citebd.org/spip.php?film1793
Ridley Scott avait envisagé que l’équipage développe des relations gay ou lesbiennes à la suite d’une promiscuité en huis clos s’étendant sur une longue période de temps passé dans l’espace. Il a déclaré que s’il avait à refaire le film aujourd’hui, c’est une direction qu’il développerait. Le thème de l’homosexualité latente chez certains personnages de la saga est largement abordé, voire mis en évidence, dans le scénario Alien 5 eternity (51) de Greg Orson.
(51) http://www.lexpress.fr/culture/cinema/cinq-histoires-possibles-pour-alien-5_1657841.html
L’équipe des costumes avait oublié de munir les faux scaphandres de trous pour respirer, de sorte que Veronica Cartwright, John Hurt et Tom Skerritt inhalaient rapidement du gaz carbonique. Tom Skerritt faillit s’évanouir et l’intervention d’une infirmière fut nécessaire, John Hurt souffrant de claustrophobie.
Pas moins de 120 personnes ont travaillé pendant 6 mois pour créer les décors du film.
La substance visqueuse du film est du Slimy, produit créé par le Joker group.
On ne connaît de chacun des sept astronautes que le nom, le prénom n’étant jamais mentionné. On apprendra au début du troisième film - ou à la fin de la version longue du second - que Ripley, seule survivante du Nostromo et héroïne des trois films suivants, se prénomme Ellen.

À la fin de La Folle histoire de l’espace (52) de Mel Brooks (53) (parodiant plusieurs films de science-fiction dont Star wars (17)), les deux héros se retrouvent dans un bar spatial et assistent à l’éclosion d’un mini alien qui sort du ventre d’un des clients joué par John Hurt en personne. L’alien prend un canotier et une canne et interprète une chanson à la manière de Fred Astaire (54) avant de disparaître.
(52) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Folle_Histoire_de_l%27espace
(53) http://www.citebd.org/spip.php?film1777
(54) https://fr.wikipedia.org/wiki/Fred_Astaire

La carcasse sur laquelle le docteur Ash pratique une autopsie est composée de fruits de mer, afin de recréer visuellement les organes internes de l’arachnée (55).
(55) https://fr.wikipedia.org/wiki/Arachn%C3%A9
La plupart des dialogues du film n’ont pas été écrits. Les acteurs ont en effet énormément eu recours à leur talent d’improvisation, en connaissant par avance les grandes lignes d’une scène, et en la jouant ensuite en communauté.

Alien est l’un des deux films de science-fiction dans lequel joue Ian Holm et où l’un des personnages du film est nommé Dallas, le deuxième étant Le Cinquième élément (56) (où Bruce Willis jouait le rôle de Corben Dallas).
(56) https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Cinqui%C3%A8me_%C3%89l%C3%A9ment

Ridley Scott rapporte souvent qu’il aurait souhaité mettre en scène une fin beaucoup plus sombre au film Alien. Il voulait que la créature tue sauvagement le lieutenant Ripley lors du face-à-face final dans la nacelle spatiale, puis que l’alien s’assoit et prenne la voix de Ripley en envoyant un message rassurant d’arrivée sur la planète Terre. Mais la société de production 20th century fox (16) n’était pas très enjouée à l’idée d’une fin aussi désespérée.

Une rumeur selon laquelle les acteurs ne savaient pas ce qui allait se produire au moment où le bébé alien sort en explosant le torse de Kane (John Hurt) est née après l’exploitation en salles du premier volet de la saga Alien. Elle n’est qu’en partie vraie. John Hurt avait été évidemment mis au courant du déroulement de la scène, tandis que les grandes lignes avaient été expliquées au reste des acteurs composant l’équipage, mais ils n’avaient pas été mis au courant des détails de la scène. Par exemple, Veronica Cartwright ne s’attendait pas à être aspergée de sang, ce qui rend son dégoût et son effroi à l’écran bien plus réalistes.

Alien, le 8ème passager fut en 1979 le premier volet d’une saga devenue mythique dans l’histoire du cinéma. En 1986, James Cameron signe Aliens le retour (57), une suite résolument plus musclée et axée sur les armes que son prédécesseur. David Fincher (58) reniera dans un premier temps être à la tête de la mise en scène d’Alien 3 (59), en raison d’un nombre conséquent de problème entre lui et le studio (il n’a pas réussi à obtenir le final cut) (60). Enfin, Jean-Pierre Jeunet (61) réalisait en 1997 l’actuel dernier volet de la saga, avec Alien, la résurrection (48), qui fut un grand succès international bien que les recettes furent tièdes aux Usa. Doté d’un budget de 70 millions $, celui-ci n’en rapporta en effet qu’à peine 48 sur le sol américain.
(57) https://fr.wikipedia.org/wiki/Aliens,_le_retour
(58) http://www.citebd.org/spip.php?film533
(59) https://fr.wikipedia.org/wiki/Alien_3
(60) https://fr.wikipedia.org/wiki/Final_cut_(cin%C3%A9ma)
(61) http://www.citebd.org/spip.php?film943

Bien que sa renommée ne se soit pas faite sur cette récompense, Alien, le 8ème passager s’est vu remettre en 1980 un Oscar (62) pour ses effets spéciaux, tandis que lui échappait la récompense de la Meilleure direction artistique.
(62) https://fr.wikipedia.org/wiki/52e_c%C3%A9r%C3%A9monie_des_Oscars
Le rôle du lieutenant Ellen Ripley devait être à l’origine jouée par Veronica Cartwright, qui finalement interprètera le personnage de Lambert. La décision d’accorder le rôle à Sigourney Weaver, alors jeune débutante (ce n’était que son troisième film, et son premier rôle, dans Manhattan ne dépassait pas les six secondes), est revenue aux producteurs du film, qui lui ont préféré son physique plus androgyne.

La partie frontale du corps de l’alien a été réalisé à partir d’un moulage effectué sur un vrai crâne humain.
Une scène d’amour plus ou moins explicite entre Dallas et Ripley était prévue dans le script original, mais celle-ci n’a jamais été tournée.

Le premier volet de la saga Alien, qui ne couta à l’époque que 11 millions $, remporta un énorme succès international : plus de 80 millions $ de recettes aux Usa et trois millions d’entrées en France. Le succès de ce volet, outre ses trois célèbres suites, entraînera l’édition d’une multitude de jeux vidéos.
L’immense succès du premier volet de la saga a entraîné, outre ses trois suites célèbres, des films fantastiques copiant allègrement sur son modèle. Parmi eux, on peut citer Leviathan (63), qui recadrait l’horreur dans les profondeurs sous-marines, ainsi que Un Cri dans l’océan (64), dont l’action se déroulait sur un bateau.
(63) https://fr.wikipedia.org/wiki/Leviathan_(film,_1989)
(64) https://fr.wikipedia.org/wiki/Un_cri_dans_l%27oc%C3%A9an

Le titre d’introduction d’Alien se présente sous la forme de sept traits, avant de composer finalement l’appellation définitive du long métrage. Un graphisme épuré et surtout volontaire, le titre révélant ainsi le nombre de victimes de la créature dans le film.

Je vais faire le prochain Alien : Covenant (65), qui sera la prochaine évolution connectée avec le premier film, a déclaré Ridley Scott au cours d’un entretien accordé à The Hollywood reporter (66). Au réalisateur de poursuivre : quand j’aurais terminé, j’en ferais un autre, puis encore un autre, ce qui nous conduira au fur et à mesure vers le tout début de la saga en 1979, explique Ridley Scott. En gros, pourquoi il y a ce space jockey et pourquoi il avait un alien au sein de lui. Ces questions trouveront leurs réponses, promet celui qui a dominé le box-office américain avec sa dernière production Seul sur Mars (67).
http://toutlecine.challenges.fr/cinema/l-actu-cinema/0003/00032455-ridley-scott-annonce-qu-il-y-aura-bien-une-nouvelle-trilogie-alien.html
(65) https://fr.wikipedia.org/wiki/Alien:_Covenant
(66) https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Hollywood_Reporter
(67) https://fr.wikipedia.org/wiki/Seul_sur_Mars_(film)

Ridley Scott
voir fiche du film Les Duellistes
http://www.citebd.org/spip.php?film588

Dan O’Bannon
voir fiche du film Total recall
http://www.citebd.org/spip.php?film1624

Walter Hill
voir fiche du film Les Guerriers de la nuit
http://www.citebd.org/spip.php?film1331

Derek Vanlint
Né le 7 novembre 1932 à Londres, décédé le 23 février 2010 à Toronto.
http://www.imdb.com/name/nm0889169/

Jerry Goldsmith
voir fiche du film L’Ultimatum des trois mercenaires
http://www.citebd.org/spip.php?film1170

Tom Skerritt
voir fiche du film Harold et Maude
http://www.citebd.org/spip.php?film1196

John Hurt
voir fiche du film Le Joueur de flûte
http://www.citebd.org/spip.php?film1468

Sigourney Weaver
Née Susan Weaver le 8 octobre 1949 à New York.
Première apparition à l’écran dans Annie Hall de Woody Allen...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Sigourney_Weaver

Veronica Cartwright
voir fiche du film Les Oiseaux
http://www.citebd.org/spip.php?film1787

Ian Holm
voir fiche du film Frankenstein (1994)
http://www.citebd.org/spip.php?film642

Yaphet Kotto
voir fiche du film Blue collar
http://www.citebd.org/spip.php?film1382

Harry Dean Stanton
voir fiche du film Paris, Texas
http://www.citebd.org/spip.php?film1454

Bolaji Badejo
Né le 23 août 1953 à Lagos (Nigeria) où il est décédé le 22 décembre 1992.
Sa quasi-disparition après cet unique rôle au cinéma a donné lieu à de nombreux articles et rumeurs diverses...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bolaji_Badejo

Eddie Powell
Né le 9 mars 1927 à Londres et décédé à Berkshire le 11 août 2000.
Doublure de Christopher Lee pour la Hammer, il tourna également dans quelques James Bond...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Eddie_Powell

Roy Scammell
http://www.imdb.com/name/nm0768882/

Helen Horton
http://www.imdb.com/name/nm0395600/

extrait(s) de presse

Critikat - "Alien", ce ne sont évidemment pas que les ravages d’une grosse bébête stylisée. C’est aussi une atmosphère d’étrangeté en germe dès les premières images et qui se muera au fil du film en terreur pure...
Film de culte - Fondateur, effrayant, génial, "Alien" a fait entrer son monstre dans le panthéon des affreux du cinéma et son interprète principale, la divine Sigourney, dans celui des rôles légendaires. Sur la Terre tout le monde peut vous entendre crier.
àVoir-àLire - "Alien" est une réussite sombre et magnifique, à l’image de cet "étranger" implacable...
On rembobine - "Alien appartient à la légende du septième-art et n’en finira jamais de terroriser des générations entières de nouveaux amateurs contents de trouver dans cette pierre angulaire tout ce que les ainés leur ont promis.
Citizen poulpe - (...) le scénario de Alien, le huitième passager a été pensé et travaillé pendant plusieurs années, et cela se ressent...
Dvdclassik - "Alien", au-delà de ses qualités évidentes, s’impose comme une lutte acharnée de l’homme face à l’inconnu...
Films horreur - Sous la supervision de Ridley Scott, l’histoire se transforme à l’écran en une lente montée en tension ponctuée de soubresauts terrifiants et au service d’un climax final à couper le souffle...
Avenue de l'horreur - Tourné dans les années 70, période où les Américains perdus entre Watergate et Vietnam se sentent trahis par un gouvernement qui leur ment, Alien traduit comme beaucoup de film d’ l’époque cette perte de fois dans les institutions...