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high-rise

Gb - 2015 - 1h52
sorti en France le 6 avril 2016
interdit aux moins de 12 ans
film - version originale sous-titrée en français
de

Ben Wheatley

scénario : Amy Jump
d'après l'oeuvre de : J. G. Ballard
direction de la photographie : Laurie Rose
musique ou chansons : Clint Mansell
avec : Tom Hiddleston (Dr Robert Laing), Luke Evans (Richard Wilder), Sienna Miller (Charlotte Melville), Elisabeth Moss (Helen Wilder), Jeremy Irons (Anthony Royal), James Purefoy (Pangbourne), Stacy Martin (Faye), Augustus Prew (Munrow)
séances : semaine du mercredi 8 juin 2016
mercredi 8 jeudi 9 vendredi 10 samedi 11 dimanche 12 lundi 13 mardi 14
18:30*
séance spéciale :
* ciné mardi : "coexistence pas si fixe" - couplé avec "Les Ardennes" - tarif préférentiel : 2 films = 7 € - en partenariat avec Hidden circle

synopsis

1975. Le Dr Robert Laing, en quête d’anonymat, emménage près de Londres dans un nouvel appartement d’une tour à peine achevée; mais il va vite découvrir que ses voisins, obsédés par une étrange rivalité, n’ont pas l’intention de le laisser en paix. Bientôt, il se prend à leur jeu. Et alors qu’il se démène pour faire respecter sa position sociale; ses bonnes manières et sa santé mentale commencent à se détériorer en même temps que l’immeuble : les éclairages et l’ascenseur ne fonctionnent plus mais la fête continue ! L’alcool est devenu la première monnaie d’échange et le sexe la panacée...

notes de production

High-rise est l’adaptation du roman (1) éponyme de J.G. Ballard, écrivain de science-fiction anglais dont l’œuvre a marqué de nombreux artistes, aussi bien au cinéma que dans la musique. Ce n’est donc pas la première fois qu’une de ses œuvres est portée à l’écran : Crash (2) de David Cronenberg, déjà produit par Jeremy Thomas (3), a été sacré prix du jury au festival de Cannes en 1996 (4). Auparavant, Steven Spielberg a réalisé Empire du soleil (5).
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/I.G.H.
Publié en 1975, le roman High-rise de J.G. Ballard est une des œuvres d’anticipation parmi les plus noires de sa décennie. Connu en France sous le nom de I.G.H, il relate le glissement progressif des locataires d’une grande tour d’habitation vers une barbarie sanguinaire et festive. Chose étonnante, le chaos n’a pas ici de véritable point de départ, il s’agit plutôt d’une évolution naturelle. C’est dans cette absence de début manifeste que se tient toute la portée d’une œuvre oscillant entre allégorie et satire, visant à décrire un mode de vie occidental voué à sombrer dans la violence la plus totale. Plus qu’une descente, il s’agit ainsi d’une montée en enfer. En commençant par la fin de la même manière que le roman, le film de Ben Wheatley s’ouvre sur la présentation du Docteur Laing, installé au sommet de la tour alors qu’il se prépare à manger un chien...
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Crash_(film,_1996)
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeremy_Thomas_(producteur)
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_de_Cannes_1996
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_du_soleil

Amy Jump, qui a écrit le film, est la femme de Ben Wheatley et une collaboratrice de longue date de ce dernier ; la scénariste s’est rappelée de nombre de ses propres souvenirs du Londres des années 1970 à l’écriture du scénario de High-rise. Il y a certainement des gens mieux placés pour comprendre la philosophie et les intentions formelles de Ballard mais je sais ce que c’est que d’être perdue dans cet immeuble… Certains des souvenirs qui résonnent à travers les conduits hors d’usage de la tour du film sont les miens, déclare-t-elle.

La bande originale de High-rise est signée Clint Mansell, ancien leader du groupe Pop will eat itself (6) et compositeur historique de Darren Aronofsky (7). Fan du réalisateur, il a bien failli ne pas faire partie du projet faute de temps. Le groupe Portishead (8) a également contribué à l’univers sonore du film en reprenant la chanson Sos d’Abba (9).
(6) https://en.wikipedia.org/wiki/Pop_Will_Eat_Itself
(7) http://www.citebd.org/spip.php?film751
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Portishead_(groupe)
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/ABBA

C’est dans les villes de Belfast (10) et Bangor (11) que les équipes du film ont pu reconstituer le Londres (12) des années 1970 le plus fidèlement possible.
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/Belfast
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Bangor_(pays_de_Galles)
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/Londres

Jeremy Thomas (3) a acquis les droits de High-rise (1) en 1975 sans parvenir à trouver comment l’adapter pendant quatre décennies. Il avait dans un premier temps envisagé à la réalisation Nicolas Roeg (13), dont il a produit trois films (Enquête sur une passion, Eureka et Une Nuit de réflexion).
(13) http://www.citebd.org/spip.php?film1231

Le roman original (1) a été écrit dans les années 1970, mais le film de 2016 est parfaitement en accord avec la société actuelle, selon le réalisateur Ben Wheatley : Ballard avait vu juste sur un tas de choses : les réseaux sociaux, l’industrialisation des images, l’émergence de Youtube etc... Bref, il avait prédit que la dépendance à la technologie créerait de gros changements dans nos comportements et nos façons de penser comme d’agir. Il défendait l’idée que les gens se comportaient comme des machines et se définissaient par leur travail, qu’ils [...] refusaient d’avoir des liens personnels si ce n’est avec la technologie et les choses matérielles. C’était vrai en 1975. C’est encore plus vrai aujourd’hui !
Il y a vingt ans, David Cronenberg avait choisi d’embrasser pleinement la perversité des personnages de Crash (14) (autre roman de Ballard intégrant ce qui est désormais connu sous le nom de trilogie de béton) au point d’en vider le contenu narratif. Il avouait d’ailleurs n’avoir découvert le roman que très tard, et le trouver trop dense. Son envie se résumait plutôt à restituer l’étrangeté de l’œuvre, à rester fidèle à sa puissance de subversion plutôt que d’en adapter son contenu. Se proclamant très grand admirateur de l’œuvre de Ballard, Ben Wheatley opte pour la démarche opposée, décidant de coller au plus près de la trame originale aussi chargée soit-elle. Si Crash (2) était un travail sur le vide, High-rise opte ainsi pour l’opulence.
http://www.critikat.com/actualite-cine/critique/high-rise.html
(14) https://fr.wikipedia.org/wiki/Crash_!

Soutenu par un casting cinq étoiles en très grande forme, High-rise, pardonnez le jeu de mots, atteint des sommets. Tom Hiddleston confirme qu’il est un des acteurs les plus intéressants de sa génération et Sienna Miller trace une carrière singulière tout en douceur et discrétion. Jeremy Irons retrouve les sommets de son art en étant sur le toit de cet immeuble improbable, entre la pyramide et le HLM.
La liberté de ton du film en agacera certains, d’autres critiqueront le désordre ambiant qui semble affecter la mise en scène. Mais ce n’est pas sans rappeler le précédent film du réalisateur : A Field In England (15). Manifeste anarcho-punk psychédélique complètement barré dont on ne sort pas indemne. Wheatley injecte autant de folie et d’inventivité dans son immeuble au récit (presque) classique que dans son petit film expérimental. Le résultat est détonnant, déroutant, enthousiasmant… pour qui accepte son destin et se laisse porter par la créature hybride qu’est High-rise, odyssée dévastatrice, onde de choc, murmure, bref, une œuvre un peu inclassable mais bouleversante car elle parle à notre être profond.
http://www.grand-ecart.fr/cinema/jg-ballard-high-rise-ben-wheatley/
(15) https://fr.wikipedia.org/wiki/English_Revolution

C’est un des films que certains d’entre nous attendaient le plus cette année, nouvel opus de Ben Wheatley, connu en France pour sa comédie grinçante très british Touristes (16), moins connu pour son film horrifique Kill list (17) (qui avait eu une sortie plus discrète), et alors pas connu du tout pour ses deux autres films qui ne sont même pas sortis en France, A Field In England, film médiéval surréaliste, et Down terrace (18), mélange improbable et pourtant réussi entre Mike Leigh (19) et les frères Coen (20) (à noter qu’il fut aussi producteur du très sophistiqué et sexy Duke of burgundy (21), de Peter Strickland, un autre britannique à suivre). Pour ce cinéaste aux multiples facettes fan de Zardoz (22), adapter le roman culte de J. G. Ballard I.G.H (1). (Immeuble de Grande Hauteur, High-rise en anglais), c’était l’éléphant dans la pièce, le gratte-ciel dans la banlieue pavillonnaire...
http://www.cinemas-utopia.org/toulouse/index.php?id=3059&mode=film
(16) http://www.citebd.org/spip.php?film1015
(17) https://fr.wikipedia.org/wiki/Kill_List
(18) http://www.imdb.com/title/tt1489167/
(19) http://www.citebd.org/spip.php?film1352
(20) http://www.citebd.org/spip.php?film1188
(21) https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Duke_of_Burgundy
(22) https://fr.wikipedia.org/wiki/Zardoz

Entretien avec Ben Wheatley
Vos films semblent généralement circuler autour de l’idée de la lutte des classes. C’est peut-être plus évident que jamais dans "High-rise", mais on sentait déjà l’influence qu’avait ce concept dans "A Field in England" (15) ou encore "Sightseers" (16). Diriez-vous qu’il s’agit d’un geste conscient de votre part ou plutôt d’une inévitabilité ?
Je pense que ça a à voir avec l’idée d’honnêteté. Je crois qu’il existe dans nos sociétés un discours officiel selon lequel tout le monde est satisfait du statu quo, selon lequel nous sommes tous très heureux - même si on nous rappelle constamment que certaines personnes réussissent beaucoup mieux que nous. Mais si l’on s’oppose à ce discours officiel, alors on est soi-disant de mauvaise foi, on refuse soi-disant de s’intégrer à la société. Ça, je n’y crois tout simplement pas. Je pense que les choses sont injustes… alors pourquoi dirais-je autre chose ? Pourquoi n’aurais-je pas le courage de le dire tout haut et sans décorum ? D’un autre côté, j’aime les personnages contradictoires. J’aime qu’ils soient capables d’être attentionnés et affectueux, mais aussi jaloux et colériques, voire violents. D’un point de vue purement personnel, égoïste même, c’est quelque chose qui les rend plus crédibles à mes yeux ; et je pense, de surcroît, que ça reflète mieux ce que j’observe autour de moi...
https://www.erudit.org/culture/images1058019/images02398/80953ac.html?vue=resume&mode=restriction

Ben Wheatley
voir fiche du film Touristes
http://www.citebd.org/spip.php?film1015

Amy Jump
http://www.imdb.com/name/nm4207229/

J. G. Ballard
Né James Graham Ballard le 15 novembre 1930 à Shanghai, décédé le 19 avril 2009 à Londres.
L’œuvre de Ballard est étrange et sophistiquée et a été très influente malgré son faible succès commercial...
https://fr.wikipedia.org/wiki/J._G._Ballard

Laurie Rose
http://www.imdb.com/name/nm1124802/

Clint Mansell
https://fr.wikipedia.org/wiki/Clint_Mansell

Tom Hiddleston
Né Thomas William le 9 février 1981 à Londres.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Tom_Hiddleston

Luke Evans
Né le 15 avril 1979 à Pontypool (Pays de Galles).
https://fr.wikipedia.org/wiki/Luke_Evans

Sienna Miller
Née Sienna Rose Miller le 28 décembre 1981 à New York.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Sienna_Miller

Elisabeth Moss
Née le 24 juillet 1982 à Los Angeles.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Elisabeth_Moss

Jeremy Irons
voir fiche du film Margin call
http://www.citebd.org/spip.php?film966

James Purefoy
Né le 3 juin 1964 à Taunton (Gb).
https://fr.wikipedia.org/wiki/James_Purefoy

Stacy Martin
Née le 1er janvier 1991 à Paris.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Stacy_Martin

Augustus Prew
Né le 17 septembre 1987 à Hammersmith.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Augustus_Prew

extrait(s) de presse

Première - La métaphore paraît parfois simpliste, mais la puissance des visions orchestrées par Wheatley persiste longtemps en mémoire, accompagnées d’un humour discret mais caustique, réminiscence d’"Orange mécanique" et ça n’est sûrement pas par hasard.
àVoir-àLire - "High-rise" nous invite dans son univers oppressant et rétrofuturiste. Un trip non conventionnel, violent et poétique.
Paris match - Fidèle à l'esprit du roman, Ben Wheatley ne donne pas de clé de lecture, filmant le chaos comme un gigantesque happening où toutes les dérives sont permises...
Mondociné - Sur le fond, "High-rise" est une réussite totale. Avec tout son sens de l’audace et son non-conformisme intransigeant, Ben Wheatley signe un portrait terriblement noir de l’être humain et ses capacités à vivre en société...
Filmosphère - Ben Wheatley, livre un véritable film de sale gosse qui ne va jamais chercher à brosser le spectateur dans le sens du poil et cherchera même à se le mettre à dos, provoquant une réaction épidermique pour mieux imposer la puissance de feu de son propos...
Le Monde - "High-rise": anarchie à tous les étages...
Cinéma teaser - (...) dans ce rétro futur qui rappelle autant "Playtime" que "Brazil", le cinéaste continue de déployer avec un plaisir assez communicatif son humour du macabre et un style extrêmement personnel où son sens du cinéma fait souvent mouche...
Cinéséries - Wheatley signe donc son meilleur film depuis "Kill list"...